Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 17:22
Le Conseil national de la Résistance est l'organe qui dirigea et coordonna les différents mouvements de la Résistance intérieure française, de la presse, des syndicats et des membres de partis politiques hostiles au gouvernement de Vichy à partir de mi-1943.
Son premier président fut Jean Moulin, délégué du Général de Gaulle. Ce Conseil était voulu par De Gaulle afin d'unifier les différents mouvements de résistance qui s'étaient spontanément constitués depuis la défaite et son appel du 18 juin 1940, le lendemain de la demande d'armistice par le Maréchal Pétain.
Parmi les mesures envisagées et appliquées à la Libération, citons la nationalisation de l'énergie, des assurances et des banques, la création de la Sécurité Sociale, l'indépendance des syndicats. Ces actions ont constitué jusqu'à aujourd'hui une grande partie des acquis sociaux de la seconde partie du XXe siècle qui, hélas, ont été grignotés ces trente dernières par une politique économique ultra-libérale soumise à la loi de la piraterie financière internationale.
Parce que cette bataille est toujours d’actualité, quelques vétérans de ces mouvements de résistance ont à nouveau lancé un appel, 60 ans après. 
A nous de reprendre le flambeau.
 
Voici cet appel :
 
" CREER, C'EST RESISTER. RESISTER, C'EST CREER " 
 
Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.
Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :
Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des "féodalités économiques", droit à la culture et à l'éducation pour tous, presse délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau "Programme de Résistance" pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.
Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : "Créer, c'est résister. Résister, c'est créer".
Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant et Maurice Voutey.
Voir aussi la version vidéo
 
Le programme du Conseil National de la Résistance (1945) : lien
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 12:35

Ségolène Royal a déclaré au quotidien Le Monde que Dominique Strauss-Kahn "pourrait être un très bon Premier ministre".

"Un homme talentueux et imaginatif"
"Dominique est présent à mes côtés à sa demande et je m'en félicite. C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon Premier ministre, si tel est mon choix", dit-elle dans cet entretien que le quotidien publie lundi.

La candidate socialiste à l'élection présidentielle a déjeuné la semaine dernière avec l'ancien ministre de l'Economie, qui avait été, avec Laurent Fabius, son rival malheureux dans la course à l'investiture présidentielle du PS à l'automne dernier.

Accord de gouvernement avec Bayrou
Dans le même entretien, Ségolène Royal redit qu'elle ne s'interdit pas de prendre François Bayrou comme Premier ministre si elle est élue et de sceller un accord de gouvernement avec toutes les composantes d'une majorité présidentielle.

La candidate socialiste précise qu'il y aura des accords de désistement aux élections législatives en juin si le dirigeant centriste rejoint sa majorité présidentielle. "Si une majorité présidentielle se constitue, ainsi qu'un gouvernement, il faudra un accord entre organisations pour constituer une majorité parlementaire, capable de mettre en oeuvre le pacte présidentiel", explique-t-elle.

Selon elle, c'est aujourd'hui à François Bayrou de se définir. "S'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi", dit-elle.

Priée de dire si, à ses yeux, le Parti socialiste est prêt à de tels accords, Ségolène Royal répond : "C'est la dynamique politique qui va le définir. Là, je construis une majorité présidentielle dans la cohérence, la clarté, le respect des partenariats et les valeurs du progrès économique, social et écologique."

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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 12:27
Par Chris - Publié dans : profencampagne
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 12:16
 
Pour Ségolène Royal et contre Nicolas Sarkozy
 
     
Pour, parce que Ségolène Royal porte la parole et la promesse d'une gauche qui a appris de ses échecs et de ses divisions, qui s'est remise en cause, réinventée et renouvelée. Son pacte présidentiel, sa campagne participative et ses engagements socialistes l'ont montré : elle incarne une France qui ne renonce ni à ses valeurs sociales ni à ses ambitions démocratiques, une France en mouvement, ouverte et créative. Pour, parce qu'elle place la question sociale au centre de ses préoccupations, soucieuse du sort des travailleurs et opposée à l'oligarchie financière. Parce qu'elle s'engage sur une rénovation profonde de nos institutions, mettant fin à l'abus de pouvoir présidentiel et restaurant la démocratie parlementaire. Parce qu'elle représente une France nouvelle, féministe et écologiste, métissée et universaliste, protectrice et dynamique. Parce qu'elle veut une République de tous et de chacun(e), associant l'intérêt général au droit des minorités, combattant toutes les formes de discrimination, soucieuse du sort des autres et de la paix du monde.
 
Contre, parce que Nicolas Sarkozy incarne une droite durcie et radicalisée, sous le poids de l'extrême droite, de ses peurs et de ses haines. Sa campagne, ses excès et ses provocations l'ont montré, comme l'avait déjà illustré sa virulence au sein de son propre camp face à ses rivaux. Ses discours opportunistes et ses promesses fallacieuses ne sauraient faire illusion : tout lui est bon pour conquérir le pouvoir. Et tout lui sera bon pour le garder. Car nous le savons d'expérience : tant que nos institutions n'auront pas changé, l'Elysée restera un fortin inexpugnable. Confier la présidence de la République à un tel démagogue, c'est donc prendre le risque d'une confiscation durable du pouvoir au profit d'une caste, d'une bande ou d'un clan. Contre, parce que, loin d'apaiser les crises dont souffre la France, l'élection de Nicolas Sarkozy les aggraverait. La crise sociale d'abord, parce qu'il entend donner beaucoup plus à ceux qui ont déjà trop, augmenter les privilèges privés et réduire les solidarités publiques. La crise politique ensuite, parce qu'il veut renforcer le pouvoir présidentiel, se donner les pleins pouvoirs au détriment de tous les contre-pouvoirs. La crise identitaire enfin, parce qu'il a une vision ethnique, communautariste, voire religieuse, de la politique, celle-là même qui nourrit le désastreux choc des civilisations.
Aux électeurs du Parti communiste et de l'extrême gauche, qui portent une exigence sociale et internationaliste, aux électeurs des Verts et de José Bové, qui portent une exigence écologiste et altermondialiste, aux électeurs de François Bayrou, qui portent une exigence démocratique et éthique, aux électeurs de droite et du centre, qui portent une exigence de sérieux et de modération, nous disons que seule l'élection de Ségolène Royal peut garantir l'ouverture de ces possibles et le dialogue de ces espérances, dans le respect de leur diversité.
Voter contre Nicolas Sarkozy, c'est éviter le péril d'une France en guerre contre elle-même, en conflit et en crise, divisée et déchirée.
Voter pour Ségolène Royal, c'est faire le pari d'une France réconciliée avec elle-même, en dialogue et en ouverture, élevée et apaisée.
 
Signataires : Marc Abélès, anthropologue, Gabriel Aghion, réalisateur, Paul Alliès, politiste, Louis Astre, syndicaliste, Raymond Aubrac, Marc Augé, anthropologue, Jean-Pierre Azéma, historien, Jean-Pierre Bacri, comédien, Jeanne Balibar, comédienne, Sébastien Balibar, physicien, Christian Baudelot, sociologue, Guy Bedos, artiste, Samuel Benchetrit, écrivain-réalisateur, Charles Berling, comédien, Carmen Bernand, anthropologue, Dominique Besnehard, producteur, Philippe Besson, écrivain, Mario Bettati, juriste, Didier Bezace, metteur en scène, Luc Boltanski, sociologue, Daniel Borrillo, juriste, Jacques Bouveresse, philosophe, Michel Broué, mathématicien, André Burguière, historien, Marilyne Canto, comédienne-réalisatrice, Arnaud Cathrine, écrivain, Philippe Caubère, comédien, Stéphane Célérier, distributeur, Claude Chambard, écrivain, Noëlle Châtelet, écrivain, Monique Chemillier-Gendreau, juriste, Patrice Chéreau, metteur en scène, Christine Citti, comédienne, Albert Cohen, mathématicien, Catherine Corsini, réalisatrice, Constantin Costa-Gavras, réalisateur, Pierre-Louis Curien, mathématicien-informaticien, Olivier Delbosc, producteur, Robert Delpire, éditeur, François Dubet, sociologue, Bernard Faivre d'Arcier, ex-directeur du Festival d'Avignon, Cynthia Fleury, philosophe, Antoinette Fouque, psychanalyste, Gérard Fromanger, peintre, Françoise Gaspard, sociologue, Julie Gayet, comédienne, Christian Gilain, historien des mathématiques, Christophe Girard, producteur, Jean-Yves Girard, mathématicien, Christine Gozlan, productrice, Anouk Grinberg, comédienne, Etienne Guyon, physicien, Françoise Héritier, anthropologue, Stéphane Hessel, ambassadeur de France, Liêm Hoang-Ngoc, économiste, Angélique Ionatos, musicienne, Jean Jamin, anthropologue, Catherine Jeandel, océanographe, Philippe Joutard, historien, Axel Kahn, généticien, Cédric Kahn, réalisateur, Marcel-Francis Kahn, médecin, Sam Karmann, comédien-réalisateur, Camille Kouchner, juriste, Julia Kristeva, psychanalyste, Catherine Lamour, journaliste, Nicole Lapierre, sociologue, Armelle Le Bras-Chopard, politologue, Michèle Leduc, physicienne, François Luciani, réalisateur, Dominique Méda, sociologue, Eric Michaud, historien de l'art, Jean-Pierre Mignard, avocat, Marc Missonnier, producteur, Ariane Mnouchkine, metteur en scène, Sarah Moon, photographe, Jeanne Moreau, comédienne, Janine Mossuz-Lavau, politologue, Georges Moustaki, musicien, Gérard Noiriel, historien, François Ozon, réalisateur, Michelle Perrot, historienne, Christine Petit, biologiste, Thomas Piketty, économiste, Evelyne Pisier, juriste, Marie-France Pisier, comédienne, Denis Podalydès, comédien, Michèle Ray-Gavras, productrice, Natacha Régnier, comédienne, Joël Roman, éditeur, Jean-Paul Scarpitta, metteur en scène, Fabienne Servan-Schreiber, productrice, Philippe Sollers, écrivain, Marc Soriano, acteur-auteur, Dan Sperber, philosophe, Maria Stavrinaki, historienne de l'art, Benjamin Stora, historien, Bernard Stora, cinéaste, Martine Storti, écrivaine, Pierre Tambourin, biologiste, Bernard Teissier, mathématicien, Sylvie Testud, comédienne, Alexandre Tharaud, pianiste, Irène Théry, sociologue, Philippe Torreton, comédien, Pierre V. Tournier, démographe, Jacques Treiner, physicien, Lucette Valensi, historienne, Eliane Viennot, historienne, Daniel Vigne, réalisateur, Fabienne Vonier, productrice, Emmanuel Wallon, sociologue, Patrick Weil, historien, Lambert Wilson, comédien.
 
Site : www.appel6mai.net
Par Chris - Publié dans : profencampagne
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 09:59

« Je crois que toutes les pressions qui ont eu lieu, notamment sur un système médiatico-financier auquel Nicolas Sarkozy est très lié, n’ont aucune raison d’être dans un pays démocratique ».
Ségolène Royal

« J’ai parlé, de la part de Nicolas Sarkozy, d’intimidation et de menace, c’est exactement là qu’on en est. Alors qu’en sera-t-il si il est élu ? »
François Bayrou

Il se passe quelque chose

La vie politique connaît parfois quelques moments d’accélération où les consciences évoluent à un rythme tellement rapide, qu’aucun sondage, même quotidien, peut en mesurer la traduction arithmétique. Nous vivons l’un de ces moments forts de dynamique politique. Nul ne peut dire aujourd’hui quelle en sera l’issue. Mais il place la victoire de Ségolène Royal à portée de militantisme échevelé.

Au point où nous en sommes, il est possible de discerner dans les dernières heures qui viennent de s’écouler quatre séquences décisives quoi déjà, ont fait bouger les lignes.

Première séquence : le résultat du premier tour. Le raz de marée de la participation est d’une telle puissance que le 22 avril 2007 s’inscrit lui aussi dans la lignée des votes d’insurrection civique qu’ont été ceux des régionales ou du référendum européen. C’est un nouveau vote contre un système à bout de souffle, mais qui cette fois, s’exprime en positif, pour un renouveau. Son message résume en quelques mots : la politique peut et doit servir à quelque chose. Il s’accompagne d’un codicille capital pour qui croit en la démocratie : le changement passe par le vote et pas par des voitures brûlées. Il se prolonge par le refus des votes protestataires qui contribuaient à maintenir le système en place et à bloquer toute évolution.


Ce vote débouche donc logiquement sur un deuxième tour qui verra la confrontation entre deux projets de société radicalement opposés en tous points.

A gauche, le score haut de Ségolène Royal conjure enfin le drame du 21 avril. D’abord parce qu’il assure nettement la présence de la gauche au second tout bien sûr. Mais aussi parce qu’il marque la réconciliation du PS avec l’électorat populaire qui lui avait tant fait défaut. Les faibles scores de la gauche de la gauche confirment à la fois l’impact du vote utile et le dépassement du clivage du oui et du non. Enfin, au passage, celles et ceux qui n’ont eu de cesse de parier depuis un an et demi sur l’éclatement de ce qu’ils appelait la « bulle Ségolène » auront sûrement compris qu’elle n’éclatera jamais puisqu’elle n’en a jamais été une …

A droite, le score haut obtenu par Sarkozy s’est effectué aux dépens du FN qui s’écroule, mais au prix d’une droitisation extrême de l’UMP désormais Berlusconisée. Cela réduit considérablement ses réserves en vue du second tour.

Au centre, le score haut obtenu par Bayrou le place devant ses responsabilités et constitue un gros souci pour Sarkozy. Si le rapport de force gauche-droite traditionnel est par effet d’optique défavorable à la gauche, l’ampleur du vote Bayrou brouille sa lecture véritable. Composé d’électeurs de gauche, comme d’électeurs de droite qui ne veulent pas de Sarkozy, il regorge aussi d’électeurs qui ne parviennent pas eux-mêmes à se définir en fonction du clivage historique. Conjugué à l’effet de la participation de masse qui rend difficile la comparaison des chiffres du premier tour avec ceux des précédents scrutins, ce melting pot du vote Bayrou rend hypothétique la transformation de l’avance de Sarkozy en victoire de la droite au second tour.

Deuxième séquence : l’audacieuse prise de risque de Ségolène Royal. Dès le soir du premier tour, à peine les résultats connus, l’ensemble de la gauche Traditionnelle appelle sans sourciller ses électeurs à voter pour Ségolène Royal le 6 mai. Ils savent bien que la purge sociale que mènerait un Sarkozy élu n’autorise aucune ambiguïté, même tactique. Pour certains, comme Arlette Laguiller, c’est historique. Et Ségolène, en meeting à Valence, à fait acclamer longuement les prises de position claires et qui les honore de José Bové, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Dominique Voynet et Arlette Laguiller.

La gauche, toute la gauche est rassemblée pour la victoire de Ségolène Royal.

Aussi, forte de son ancrage populaire, forte du soutien de toute la gauche, Ségolène Royal s’engage dès le lendemain du premier tour dans l’élargissement de ce grand rassemblement des forces de progrès en tendant la main aux électeurs de François Bayrou. Le procédé est totalement novateur, dans le droit fil de la démarche participative : la candidate propose à celui qui n’a eu de cesse de pilonner Sarkozy de débattre avec lui en toute transparence afin de vérifier les convergences et les divergences existantes, sur la base du pacte présidentiel. Pour quoi faire ? Créer les conditions de la victoire. Sur quelles bases ? Celles du pacte présidentiel. Dans quelle perspective ? La recherche de l’intérêt général.

Nous voilà donc à 10000 lieus des combinaisons de couloir de la VI7me République : la transparence garantit le respect des citoyens, sans arrangement politicien et avec pour seul objectif d’aider à clarifier le choix des électeurs, sur le fond et seulement sur le fond.

Nous voilà très loin d’un renversement d’alliance ou d’une droitisation du PS : Parce que les socialistes ont reconquis le vote populaire et parce que l’ensemble de la gauche s’est joint à eux face à Sarkozy, l’interpellation de Ségolène Royal aux électeurs de François Bayrou s’inscrit dans un élargissement de l’arc de rassemblement dont le PS est le centre de gravité politique. Ségolène Royal l’a doté d’un joli nom : l’arc en ciel. Grand écart ? Il suffit d’écouter les discours des uns et des autres pour se rendre compte de l’importance des convergences entre les forces qui composent l’arc en ciel qui va de Besancenot à Bayrou face au bloc Berlusconien qui va de Santini à Le Pen.

Nous voilà enfin en pleine fidélité avec les textes d’orientation issus du congrès du PS : chercher à élaborer un contrat de gouvernement avec toutes celles et ceux qui rejoignent le Pacte Présidentiel. Cela n’était possible qu’après le 1er tour, contrairement à ce qu’avaient proposé certains avant le 22 avril.

Car c’est le premier tour qui détermine le rapport de force politique. Et c’est sur la base de ce rapport de force que le rassemblement du second tout peut s’opérer. Inverser cet ordre, c’était prendre le risque de brouiller l’identité du PS et en conséquence, mettre en danger sa présence au second tout en semant le doute dans les esprits de gauche.

On constate donc que cette démarche nouvelle et toute politique n’a pas grand chose en commun avec la logique de débauchage individuel pratiquée en 1988 par Michel Rocard avec les résultats que l’on sait et à laquelle nous nous étions alors opposés, ce que nous ne regrettons pas.

Troisième séquence : le faux non-choix de François Bayrou. Il n’aura pas fallu dix minutes pour que chacun réalise, en regardant la conférence de presse de Bayrou que dans son non choix, il y avait un choix. D’abord parce que les mots extrêmement durs employés pour qualifier le programme et la personnalité de Sarkozy se passent de commentaires. Ensuite parce que Bayrou a clairement accepté la proposition de Ségolène Royal de débattre ensemble pour aider les électeurs à se faire une idée. Enfin parce que l’annonce concomitante de la mue de l’UDF en Parti Démocrate, comme pour se défaire des derniers oripeaux qui faisaient du Parti de Bayrou un supplétif du RPR valide ce qu’a dit Ségolène Royal lors de sa très bonne prestation sur le plateau de « A vous de juger » : « François Bayrou a évolué ».

Il faut aussi ajouter que pour garder L’illusion de ne pas choisir, François Bayrou a fait semblant de croire que le programme économique de Ségolène Royal était celui d’une gauche archaïque, caricaturalement Etatiste. C’est faux bien sûr, et il le sait. Le pacte présidentiel s’inscrit dans le socialisme du XXIème siècle : ancré à gauche, y compris avec de nouveaux services publics comme celui de la petite enfance mais aussi profondément rénovateur pour rendre toute son efficacité à l’action publique , avec de nouveaux principes : la décentralisation juste et aboutie, la clarification des compétences, la précocité, le suivi individuel.

La nécessité de contenir la dette n’est pas niée. Mais le pacte présidentiel distingue les déficits passifs et les déficits actifs nécessaire à la relance de la croissance car c’est justement cette croissance, par les rentrées fiscales qu’elle générera, qui pourra juguler la dette sur le long terme. Les purges budgétaires auront l’effet inverse : en atrophiant la consommation, l’emploi et l’activité, elles aggraveront la situation des finances publiques, exactement de la même façon que les cadeaux fiscaux sans contreparties distribués aux entreprises comme aux ménages le plus aisés depuis 2002 ont creusé la dette comme jamais depuis 20 ans. Gageons que le débat de samedi pourra clarifier ce point décisif.

Car ce n’est pas la gauche qui a mis les finances publiques dans le rouge, mais bien la droite de l’UMP, qui confond le budget de l’Etat avec une cagnotte d’aide au CAC 40.

Quatrième séquence : tout est possible surtout le pire ou la politique par la preuve. En totale opposition – même la-dessus il y a bien différence diamétrale entre Ségolène Royal et le candidat de l’UMP - avec la démarche d’ouverture transparente et sur le fond de la candidate de la gauche, l’UMP a usé des pires méthodes, menaces et intimidations en direction des élus UDF. Cela n’a pas amélioré l’ambiance. Mais surtout, les grossières et scandaleuses tentatives avortées d’empêchement du débat public transparent Ségolène Royal/François Bayrou achèvent de démontrer ce que tout le monde sait déjà : si Sarkozy l’emporte, le pays sera muselé.

Ainsi, les Lexomil et les calmants divers et variés n’auront pas fait effet jusqu’au bout de la campagne. A peine l’homme des Hauts de Seine n’est plus au cœur des débats qu’il perd ses nerfs. On le comprend. Car c’est sûr, depuis lundi, il se passe quelque chose. Quoi ? Une dynamique.

Eric Benzekri

Par Chris - Publié dans : profencampagne
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