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PROF EN CAMPAGNE

Samedi 5 juillet 2008
A la veille du départ du Tour de France, vendredi 4 juillet, à Brest, les coureurs sont venus dire aux journalistes de les croire sur parole : " Le Tour sera meilleur".
L'Olympique lyonnais finit par lâcher Grégory Coupet à l'Atletico Madrid
 
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Samedi 5 juillet 2008


Bogota, de nuit
http://hostalcampobello.com/images/bogota_pano.jpg

Les informations à la télévision française sont des instruments au service de la propagande sarkoziste.


LDDC - L'énigme colombienne
envoyé par michelgalibert

Il est tout de même lamentable de constater à quel point les médias français sont à côté de la plaque au sujet de l’Amérique latine (centrale et du sud) qui, pourtant, est en train de bouger politiquement, socialement et économiquement et qui affiche sa volonté de s’émanciper de la tutelle encombrante des Etats-Unis d’Amérique. Alors que le continent sud américain entre dans une nouvelle phase de son histoire, que les Etats-Unis d’Amérique ne sont plus en mesure de poursuivre


Concernant par exemple la Colombie, et plus largement l’Amérique latine, on est à jeun d’analyses de fond qui permettraient de comprendre ce qui s’y passe. Au lieu de ça, nous sommes constamment submergés par les manifestations de compassion autour de la captivité d’Ingrid Bétancourt. C’est comme si la France s’était transformée en un gigantesque fan club où se pressent people et bonnes âmes.

Ce qui permet, entre autre, aux journalistes les moins scrupuleux de perpétuellement s’en prendre au Président vénézuélien Hugo Chavez en le présentant comme un dictateur sans foi ni loi, et d’épargner Alvaro Uribe le Président colombien (ultra conservateur comme Nicolas Sarkozy ou George Bush).

Face à ce milieu de requins, il faut souligner l’habileté et l’intelligence d’Astrid Bétancourt, la soeur d’Ingrid, qui est souvent obligée de modérer les ardeurs des journalistes si prompts à la caricature. Elle sait le rôle déterminant de Chavez dans la libération de Clara Rojas et de Consuelo Gonzalez. Elle sait probablement ce que les familles d’otages lui doivent. Elle donne aussi le change à l’Elysée pour ne pas indisposer le Leader Minimo qui ne rêve que d’une chose : exploiter la libération d’Ingrid Bétancourt pour faire pleurer dans les chaumières et faire oublier l’inanité de sa politique de destruction de l’Etat providence et de régression sociale. Astrid Bétancourt ménage également, autant que faire se peut, la susceptibilité d’Uribe. Elle encourage enfin les efforts des FARC en vue de la libération des otages et refuse de les réduire à ce terme générique qui a fait florès depuis le 11 septembre 2001 mais qui ne veut rien dire en soi : «terroristes».

En d’autres termes, Astrid Bétancourt a une attitude politique responsable. Elle ménage chacune des parties parce qu’elle espère ainsi sauver sa soeur. La caricature, les approximations, elle les laisse à certains journalistes qui s’évertuent à vouloir lui faire dire des choses qu’elle ne souhaite pas. Là où Astrid met en évidence la complexité de l’histoire et de la situation politiques de la Colombie, ces journalistes y substituent un manichéisme (le bon Uribe contre le mauvais Chavez ; le bon gouvernement colombien contre les vilains FARC ; les incorruptibles de Bogota contre les narco-trafiquants marxistes de la jungle). On retrouve cette partialité idéologique par exemple en ce qui concerne la Chine. Quand la télévision évoque le terrible problème des travailleurs migrants en Chine, on met en évidence le cynisme du régime « communiste » chinois alors que depuis bien longtemps ce régime s’est transformé, de fait et de droit, en un régime capitaliste ultralibéral qui prône le développement économique tous azimuts, la loi de la jungle, l’écrasement des plus faibles par les plus forts.

Même chose pour la Colombie. On ne voit jamais ou presque (cf vidéo plus bas) à la télévision des journalistes et des spécialistes expliquant d’où viennent les FARC, ce qu’ils veulent, pourquoi ils sont reclus dans la Jungle depuis plus de 40 ans maintenant. De même, on ne voit jamais des journalistes et des spécialistes en train d’analyser les origines de la violence en Colombie, son économie, les grandes étapes de son histoire. Il a fallu que l’une de nos compatriotes soit hélas kidnappée pour qu’on découvre soudainement l’existence de ce pays.

la doctrine du big stick qui a profondément modelé les rapports entre les deux Amériques durant tout le XXème siècle, les médias français, eux, continuent à se complaire dans le franco-centrisme, dans le people, le transitoire, la pacotille, le « bling bling », dans une fascination obsessionnelle pour Nicolas Sarkozy. Hier, ils ont léché le candidat. Aujourd’hui, ils commencent à le lâcher. Demain, ils le lyncheront. Tout leur temps y sera consacré tandis que le monde bouge autour de nous et que nous sommes appelés à bouger avec lui.

http://www.lozere-socialiste.fr/archives/80
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Samedi 5 juillet 2008



Au cas où il se trouverait encore quelqu’un qui ne le saurait pas, Ingrid Betancourt est libre et en bonne santé. Réjouissons-nous tous de cette bonne nouvelle !

On voudra bien noter cependant que le Vatican n’a pas encore parlé de canonisation de l’ex-otage. Normal, Ingrid Betancourt est vivante. Pourtant, certains semblent vivre déjà dans l’attente d’un miracle de Sainte-Ingrid : faire remonter le Leader Minimo dans l’opinion publique, lequel végète, depuis des mois, dans les profondeurs de l’impopularité.

Au moment où son gouvernement s’attaque aux 35 heures, remet en cause les acquis sociaux, gère pitoyablement l’accident de Carcassonne, est incapable de juguler la hausse des carburants et de relancer le pouvoir d’achat, et s’apprête de surcroît à faire main basse sur l’audiovisuel public, la libération d’Ingrid Betancourt fait partie de ces bonnes nouvelles que Sarkozy aurait tort de ne pas exploiter politiquement.

L’émotionnel est son registre favori. C’est celui qui lui a permis de bercer les Français de douces illusions et de se faire élire à la présidence de la République. Pour l’instant, l’Elysée avance avec prudence. D’abord parce que la libération de Betancourt a surpris le pouvoir exécutif qui n’y a jamais été associé par les autorités colombiennes. Ensuite parce que les Français sont échaudés par un an de fiascos ininterrompus. Une récupération trop voyante de la libération de Betancourt par l’Etat UMP serait assurément très mal ressentie.

Seulement voilà, si Sarkozy et sa bande s’emploient à freiner difficilement leurs ardeurs, les zélateurs du pouvoir, par contre, ne se retiennent plus et en font des tonnes. Depuis hier, ils n’arrêtent pas dans leurs commentaires dithyrambiques, larmoyants, voire mystiques qui sidèrent même les journalistes colombiens en poste à Paris. Les comparaisons incongrues abondent. Les médias hexagonaux ont ainsi conféré à Ingrid Betancourt un statut politique équivalent à ceux de Nelson Mandela, Andrei Sakharov, Aung San Suu Kyi, etc. Quant aux analyses politiques sur la Colombie, elles demeurent toujours aussi sommaires que caricaturales (mais, de toute manière, la Colombie n’a jamais été un centre d’intérêt dans cette douloureuse affaire qui, fort heureusement, s’est bien terminée).

Il ne faut surtout pas mettre ce qui va suivre sur le compte d’on ne sait quel esprit chagrin ou négatif, mais dans cette atmosphère d’hystérie médiatique, qui forme comme un écran de fumée sur la dureté des mesures gouvernementales, il est difficile, concernant Ingrid Betancourt, de ne pas relever les atouts considérables dont elle a pu bénéficier: être issue de la haute bourgeoisie colombienne, fille et ex-femme de diplomate, et amie de Dominique Villepin. Forcément, cela a permis à ses parents, ses enfants et ses proches d’ouvrir quantité de portes qui se seraient fermées au simple quidam. Les portes du pouvoir. Les portes du mécénat pour soutenir la cause de l’ex-otage. Et celles des médias. De les ouvrir certes, mais aussi de les maintenir ouvertes.

La lucidité oblige à dire que si notre compatriote Ingrid Betancourt avait été une anonyme, on peut être sûr que la diplomatie française n’en aurait rien eu à cirer, et que l’on ne ferait pas pleurer sur son sort dans les chaumières.

Prenons deux exemples. Celui de Michaël Blanc qui, dans la quasi indifférence générale, croupit dans une geôle dans l’île de Bali (Indonésie) pour un trafic de drogue qu’il conteste et celui de Florence Cassez qui a été condamnée au Mexique il y a quelques mois à 96 ans (!) de prison pour avoir, elle aussi, participé soi-disant à un trafic de drogue et à quatre enlèvements. Tous deux crient leur innocence, et dénoncent des instructions essentiellement à charge ainsi qu’une absence de procès équitables.

Si les motifs des calvaires de Betancourt, Blanc et de Cassez ne sont pas comparables, ils ont le même effet : la privation de liberté. Sauf que là, ce sont des Etats qui séquestrent et non une guérilla. A priori, les moyens de pression sont beaucoup plus étendus que lorsqu’on a pour interlocuteurs des milliers de soldats disséminés au fin fond de la jungle. En face, il y a des pouvoirs publics, un appareil d’Etat, une diplomatie, etc.

Parle-t-on de Florence et de Michaël ? Très peu. C’est con à dire, mais s’ils étaient issus du même milieu social qu’Ingrid Betancourt, avec le même réseau relationnel, s’ils avaient été des intimes de Sarkozy ou de Villepin, peut-être aurait-on pu envisager pour eux une édition spéciale sur TV Bouygues ou sur France2 ?

http://www.lozere-socialiste.fr/archives/316

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Samedi 5 juillet 2008


http://www.guilba.com/catalog/images/C414205.gif

LE QUÉBEC ne réussit pas aux Français. Il doit régner dans la Belle Province un petit air qui les grise et les fait trébucher sur les mots.

En visite sur place, Ségolène Royal n'a pas pu s'empêcher d'envoyer une pique à Nicolas Sarkozy à propos de la libération d'Ingrid Betancourt. Cela lui a valu en retour cinq cents coups de poignard, de gauche comme de droite.

Le dérapage de la présidente de Poitou-Charentes a permis à François Fillon de détourner l'attention de la bourde qu'il venait lui-même de commettre en qualifiant le Québec de "pays", après avoir inutilement évoqué le "Vive le Québec libre !" du général de Gaulle. Pour se rattraper, le premier ministre a pédalé dans la choucroute : "Pays a plusieurs sens... Pour moi, c'est un endroit où il y a des paysans... Je suis président du pays de la vallée de la Sarthe."

Mais le président Fillon a été très clair, ensuite : "Nous ne voulons en aucun cas nous mêler des affaires intérieures du Canada."

La vallée de la Sarthe reconnaît la souveraineté de ce pays et le défendra contre tout agresseur, à commencer par le Poitou-Charentes.

Robert Solé

http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2008/07/05/pequenots-par-robert-sole_1066870_3232.html

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Samedi 5 juillet 2008


http://altermondialisme.free.fr/royal/segolene_royal_33.jpg

Pour les jeunes et leurs familles

« Alors que les vacances commencent à peine, la Région est déjà prête pour la rentrée scolaire. Nous innovons encore à la rentrée 2008-2009 avec la possibilité pour les apprentis de Poitou-Charentes de faire des stages professionnels en Europe au même titre que les étudiants de l'université ou des grandes écoles car il n'y a aucune raison qu'ils soient exclus des échanges européens.

Chèques livres pour 7 000 lycéens et apprentis, boîte à outils fournie à 7 500 lycéens de l'enseignement professionnel, des bourses de rentrée et ordinateurs portables pour 194 nouveaux étudiants en sciences, un animateur culturel et un animateur « nouvelles technologies » dans chaque lycée : nous continuons à agir pour que la rentrée se passe au mieux pour chaque jeune et pour que la vie chère ne pénalise pas les familles. »

Ségolène Royal
Présidente de la Région Poitou-Charentes

                                                                   ____________________________

La Région prépare la rentrée

Pour renforcer la qualité de la formation et pour une meilleure égalité des chances, la Région met en place des aides pour la rentrée 2008.

La mobilité des apprentis, une action novatrice avec l'ouverture à la mobilité européenne. Une première expérimentation permettra à cent apprentis d'intégrer, dès janvier 2009, le dispositif Erasmus. Cette aide leur donne maintenant un droit similaire à celui des étudiants de l'université ou des grandes écoles : 215 d'entre eux seront aidés cette année au titre de la mobilité internationale en formation ou en stage professionnel grâce aux bourses régionales de la découverte ou dans le cadre des programmes européens Leonardo de Vinci et Erasmus.

Les aides régionales reconduites

7 495 lycéens de l'enseignement professionnel équipés : outre la gratuité des manuels scolaires pour tous les lycéens et tous les apprentis hors enseignement supérieur avec le chèque livre reconduit pour la rentrée 2008, la Région financera de nouveau le premier équipement de travail aux nouveaux lycéens de l'enseignement professionnel afin que ces dépenses ne soient pas un frein à leur scolarité. En 2007, 150 000 chèques livres et 7 000 équipements professionnels ont été attribués.

Une bourse régionale annuelle de 1 000 € versée jusqu'à l'obtention du premier diplôme d'enseignement supérieur avec le prêt d'un ordinateur portable à l'entrée en première année des filières scientifiques pour 194 nouveaux étudiants dans le cadre du Plan d'éducation prioritaire. Depuis 2006, 370 nouveaux bacheliers ont déjà bénéficié de cette aide.

560 jeunes accompagnés pour lutter contre le décrochage scolaire : quatre établissements soutenus par la Région dans leur mission éducative et d'accompagnement jusqu'à la fin de la scolarité et leurs actions contre le décrochage scolaire et l'insertion professionnelle. Trente opérations ont été soutenues par la Région en 2007, soit 2 600 élèves concernés.

Ces projets seront proposés aux élus lors de la prochaine Commission permanente du 7 juillet.

http://www.poitou-charentes.fr/fr/exergue/newsletters/144/index.dml

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Samedi 5 juillet 2008
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Samedi 5 juillet 2008


http://www.deux-sevres.pref.gouv.fr/fichiers/droitsfemmes/egalite_pro_fichiers/LOGO%20EGALITE.jpg

Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, a déclaré jeudi que "la France "n'a pas pris part" à l'opération qui a permis mercredi soir la libération de l'ex-otage fraco-colombienne Ingrid Betancourt.

Il a d'ailleurs enfoncé le clou sur France 3 en réaffirmant que "dans cette opération précise, les Français n'ont pas pris part", saluant l'armée colombienne.

Il a également rappelé que Nicolas Sarkozy n'était pas favorable à la stratégie d'intervention sans négociation engagée avec succès par le président colombien, M. Uribe.

Ségolène Royal est manifestement de l'avis de ce proche de Nicolas Sarkozy, dressant le même constat tout en se félicitant de l'heureuse issue à ce long calvaire, de la libération de Ingrid Betancourt et de ses retrouvailles avec sa famille.

Minimisant ainsi l'action du président de la République, Claude Guéant serait-il allé trop loin?

http://www.lepost.fr/article/2008/07/04/1219084_betancourt-et-sarkozy-claude-gueant-est-il-alle-trop-loin.html

Ségolène Royal, en ne faisant que dire ce qu'affirme l' Elysée, s'est faite "massacrer"...

Curieux non?

Christophe

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Samedi 5 juillet 2008

Ségolène Royal - 1994 - L'Heure de Vérité partie 1
envoyé par axiomn

Ségolène Royal
L'heure de vérité
A2 - 26/06/1994 - 00h51m58s (partie 1/2)


Invité de : "l'heure de vérité" au lendemain de la démission de Michel ROCARD de son poste de premier secrétaire du PS, Ségolène ROYAL sera longuement interrogée par Olivier MAZEROLLES sur les circonstances du départ du dirigeant socialiste, sur les courants et les clans qui minent le fonctionnement interne du parti, sur l'avenir du socialisme en France dans l'après MITTERRAND et sur le nouveau projet de la gauche démocratique. A tout cela l'ancien ministre de l'environnement répond avec calme et sérénité.

"Tout s'est passé dignement" déclare-t-elle et maintenant il faut pacifier le PS et le remettre en mouvement. Le choix d'henri EMMANUELLI est bon car c'est un homme qui fonce, mais il faut reformer les structures du PS pour pouvoir élire ses chefs démocratiquement.

- Albert DUROY interrogera Ségolène ROYAL sur les startegies électorales à venir du PS et ses rapports avec le MRG de Bernard TAPIE.

- Il abordera ensuite l'épineux problème de la politique africaine de la France. Evoquant les déclarations de MITTERRAND lors de son discours à La Baule Ségolène ROYAL semble approuver la position de la France face au problème du Rwanda mais reconnaît que la situation est très complexe et ne peut être jugée avec des critères "Européens".


                                            ___________________________________________________

Très signifiant dès 1994!

Christophe
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Vendredi 4 juillet 2008


http://leslionsdu8.free.fr/Site%20web%202007/Logos-clubs_ligue/point_d_interrogation.jpg

L
e récit de la libération des otages est digne des meilleurs scénarios hollywoodiens. Le président colombien, Alvaro Uribe, a même évoqué une "épopée épique". L'euphorie retombée, des zones d'ombre subsistent quant à la version officielle donnée par l'armée colombienne du déroulement de l'opération. Les doutes portent notamment sur l'éventuel paiement d'une rançon aux deux guérilleros tombés dans le piège de l'armée colombienne, les geôliers Gerardo Antonio Aguilar, alias "Cesar", et Enrique Gafas, ainsi que sur le degré d'implication des services de renseignement étrangers, israéliens en premier lieu.

Y A-T-IL EU PAIEMENT DE RANÇON ?

La Radio suisse romande affirme que des dirigeants des FARC auraient touché 20 millions de dollars pour la libération et que l'opération de l'armée n'aurait été qu'une "mise en scène". Citant "une source proche des événements, fiable et éprouvée à maintes reprises ces vingt dernières années", la radio publique suisse, dont le pays avait était mandaté par Alvaro Uribe pour une mission de médiation avec les FARC, affirme que les Etats-Unis sont "à l'origine de la transaction". La radio explique que c'est l'épouse de l'un des gardiens des otages qui a servi d'intermédiaire pour la transaction, après avoir été arrêtée par l'armée colombienne. Réintégrée au sein des FARC, elle aurait obtenu de son mari qu'il change de camp. La "mise en scène" de la libération des otages aurait ainsi permis au président Uribe, selon la radio suisse, "de s'en tenir à sa ligne qui exclut toute négociation avec les rebelles tant que les otages ne sont pas libérés". Bogota n'a pas réagi.

"Ceci n'est pas un sauvetage. C'est une opération de remise d'otages pour laquelle une rançon a été versée", affirme également la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, ancienne médiatrice entre la guérilla et le président Hugo Chavez. Interrogée par le quotidien argentin Clarin, la sénatrice affirme ne pas avoir de preuves tangibles au sujet du paiement d'une rançon, mais se baser sur les déclarations des autorités colombiennes. Après l'annonce de la mort de l'ancien numéro un des FARC, Manuel Marulanda, Alvaro Uribe avait lui-même affirmé qu'un responsable de la guérilla avait contacté les services de renseignement colombiens pour négocier la remise en liberté d'Ingrid Betancourt, à condition de ne pas être extradé.

QUEL RÔLE A JOUÉ LE RENSEIGNEMENT ISRAÉLIEN ?

Immédiatement après sa libération, Ingrid Betancourt a comparé sa libération à une opération israélienne de libération d'otages. Des médias israéliens affirment vendredi que des conseillers hébreux sont impliqués dans l'opération.

Selon la radio militaire israélienne, deux conseillers militaires auraient participé aux préparatifs. Mais aucun détail supplémentaire concernant leur rôle précis n'a été dévoilé. Selon
Haaretz, l'aide israélienne, qui a impliqué plusieurs dizaines d'experts en sécurité, a été coordonnée par Global CST, une société privée de conseil en sécurité, dirigée à Bogota par deux officiers supérieurs à la retraite depuis peu, Israël Ziv et Yossi Kuperwasser. L'aide israélienne ne serait d'ailleurs pas récente. Selon le quotidien Yediot Aharonot, un groupe de conseillers militaires israéliens a reçu l'année dernière l'accord du ministère de la défense d'Israël pour apporter de l'aide à l'armée colombienne, en particulier aux unités spéciales. Et Global CST a d'ailleurs décroché un contrat de 10 millions de dollars en Colombie pour aider les forces spéciales dans leur lutte contre les FARC.

"Nous avons aidé
[l'armée colombienne] à combattre le terrorisme, à concevoir des stratégies et leur mise en application", a déclaré une source proche de la société Global CST qui s'est exprimée dans Haaretz. Pour Israël Ziv, il ne faut pas "exagérer" l'implication de l'armée israélienne dans le succès colombien.

Le Monde.fr (avec AFP)

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Vendredi 4 juillet 2008



Découvrez en exclusivité, le premier chapitre du livre de Ségolène Royal et Alain Touraine "Si la gauche veut des idées" en librairie le 8 juillet.

MIEUX COMPRENDRE POUR MIEUX AGIR

Le contact : surtout ne jamais le perdre –
J’apprécie profondément l’idée, la démarche généreuse et l’originalité de votre proposition, Alain Touraine. Vraiment, je suis touchée par la façon dont vous me décrivez en disant : « elle est apparue à des millions d’électeurs comme la figure de l’innovation, de l’ouverture et de la volonté d’agir ». Je voudrais vous dire avec quelle énergie j’ai voulu, en effet, faire bouger les lignes pendant cette période politique très intense. Ces réflexions croisées sur les mêmes sujets sont précieuses car elles interviennent à un moment où les Français se demandent, parfois désespérément, si la politique sert encore à quelque chose.

C’est pourquoi, comme vous le dites, Alain Touraine, la connaissance renouvelée du monde est si cruciale, ainsi que l’expérience personnelle, pour appuyer l’action. J’y ajouterai, si vous le permettez, les Français. Ces milliers et ces milliers de regards, de pensées, de corps, de mouvements, de paroles mais aussi ces contacts plus discrets, ces plaintes presque murmurées, les remerciements timides, qui font que j’aime tant la politique. Je sillonne la France depuis vingt-cinq ans de vie politique – conseillère auprès de François Mitterrand, parlementaire pendant vingt ans, ministre pendant six ans, présidente de Région, et bien sûr faisant campagne pour la présidentielle, mais aussi, pendant ces années les campagnes pour les autres. Avec toujours mon fil à plomb : la morale de l’action et le plaisir du contact populaire. Mieux comprendre pour mieux décider.

Tout cela pour dire que pour la première fois, en vingt-cinq années de vie politique, j’ai rencontré, là, en 2008, lors de la campagne des municipales où j’ai soutenu de nombreux candidats, quelque chose d’inquiétant et de différent : partout cette impression que l’avenir nous file entre les doigts, partout la blessure de sentir que nous ne sommes plus maîtres de notre destinée.

« M’dame, je n’ai pas peur de l’avenir, j’ai peur de ne plus en avoir. » La phrase claque et laisse ceux qui l’entendent comme en suspens. Car tout est dit dans cet appel que m’a lancé un jeune d’une vingtaine d’années. Je crois aujourd’hui la crise bien plus profonde qu’on ne veut bien le dire. Les gens le sentent. Et la politique reste terriblement conformiste. Alors que le monde qui vient devrait être empoigné et modelé de toutes nos forces en un monde vraiment meilleur.

Souvenons-nous du « monde d’hier » de Stefan Zweig où l’auteur décrit l’incroyable confort matériel, moral et intellectuel des milieux littéraires, politiques et artistiques européens à la veille de la seconde Guerre mondiale qui allait déchirer l’Europe. La raison de mon engagement politique est là : est-il possible que nous soyons aussi aveugles que nos aînés face aux signaux que l’on reçoit du monde ? Crise alimentaire, pandémies, choc climatique, OGM, pollutions marine ou terrestre, déplacements de populations...

Et pourtant nos comportements prédateurs changent si peu, notre indifférence au gouffre entre quelques pays riches et le reste du monde nous reviendra en boomerang, nos certitudes d’Occidentaux alors que le monde devient multipolaire nous aveuglent.

Faire avec vous, Alain Touraine, un bout de chemin de la connaissance est à la fois passionnant et rigoureux parce que vous portez cette exigence qui empêche les facilités du commentaire politique habituel. Mais à quoi bon réfléchir, si c’est pour ne prendre aucun risque ! C’est pour avoir manqué d’attention sur l’évolution de la société que la gauche n’a pas su remettre en cause certains de ses dogmes.

Ce livre n’est pas polémique et, vous le dites, c’est un livre ouvert, ouvert à toutes les réflexions, ouverts à tous les prolongements.

Vous êtes le sociologue qui a inspiré à toute une génération une vision plus dynamique du rôle des acteurs sociaux et individuels. Une génération de chercheurs, mais aussi une génération de militants. Vous avez conçu un lien entre votre travail de sociologue et votre participation au débat public, entre vos enquêtes de terrain et votre engagement citoyen. Vous avez été au cœur des débats entre la première et la deuxième gauche. Je ressens aujourd’hui la nécessité de dépasser ces clivages. Mais, au-delà de tout, vous êtes pour moi le sociologue de la société perçue comme sujet vivant.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai répondu à votre amicale sollicitation.

Mais commençons par l’individu puisque vous choisissez dès l’ouverture de poser la question de la place de l’individu, cette donnée fondamentale et ambivalente d’aujourd’hui. L’émergence de l’individu, le recul des communautés pour permettre l’autonomie des personnes, c’est toute l’histoire de nos sociétés modernes.

J’aime bien d’ailleurs la façon dont vous décrivez parfois avec des mots simples le nouvel individualisme : « de vivre, de protester, et de défendre la liberté pour soi et les autres ». Les sociétés traditionnelles soumettaient les individus à la communauté, à Dieu, au monarque, au chef de famille. La société industrielle intégrait l’individu à la classe sociale ou à la nation ? La révolution des années 60 et 70, que les sociologues appellent la « deuxième modernité », a rompu avec la logique de la société traditionnelle comme avec celle de la révolution industrielle. Les Lumières et le droit contemporain avaient préparé le terrain. C’est une longue histoire qui poursuit son chemin. Nous avons gagné le droit à l’épanouissement individuel – c’est heureux, mais nous avons aussi désormais le devoir de nous inventer chaque jour – c’est difficile. Dans ce mouvement qui a porté la victoire de l’idée individuelle et démocratique s’est aussi développé ce que Marcel Gauchet appelle « la démocratie contre elle-même», c’est-à-dire la difficulté à se gouverner collectivement, à avoir prise sur le destin collectif.

Le nouvel individualisme doit aider à l’invention de soi contre le repli sur soi – Ce sont les personnes elles-mêmes qui doivent maintenant donner sens à la leur propre vie. Ce n’est plus seulement la société, la classe sociale, la religion, les institutions ou la nation qui structurent la vie d’un individu. Celui-ci n’a plus un rôle social unique, défini par une entreprise ou une institution tout au long de sa vie ; il doit, de façon de plus en plus fréquente, changer de rôle. Dans sa vie professionnelle et dans sa vie personnelle. Le philosophe allemand Peter Sloterdijk évoque ainsi le passage d’une société des appartenances à une société des options. Cette « invention de soi »   est certes une liberté, mais une liberté lourde à porter qui peut conduire à une certaine fatigue, à un repli sur soi et au chacun pour soi. Enfin cette liberté de s’inventer, de se construire, n’est absolument pas la même pour tous dans la société : elle est distribuée de façon profondément inégale, selon le milieu social d’origine, le niveau d’éducation, la nature et le nombre des relations sociales, le handicap, le genre ou la couleur de peau.

La fatigue d’être soi peut aboutir à la nostalgie d’un ordre social traditionnel et génère ainsi une nouvelle demande de normes sociales, que l’on ne peut ni ignorer, ni mépriser. Plus on est libre de faire ce que l’on veut, plus les repères sont indispensables. C’est pourquoi je tiens l’ordre juste qui se conjugue avec le désir d’avenir de chacun et avec le progrès pour tous, comme les trois piliers d’un projet cohérent. C’est le désordre social, économique et écologique qui est aujourd’hui oppressif ; les règles concernant les droits et les devoirs de chacun doivent être reposées.

La plus dure des inégalités dans notre société réside entre celles et ceux qui ont la possibilité de construire leur vie ou qui même malgré les difficultés ont encore la main sur leur destin et une certaine maîtrise de leur devenir, et ceux qui ont perdu la main – qui ne se sentent plus sujets de leur existence. Cela ne concerne pas que les « exclus », mais des pans entiers et grandissants des milieux populaires et des classes moyennes qui se croyaient à l’abri et qui maintenant se demandent quel sort on réserve à leurs enfants.

Le socialisme écrase-t-il l’individu ? Le mot est-il trop marqué par la confusion avec les régimes communistes de l’ancienne Europe de l’Est ? A nous de lui donner sa vraie valeur.

L’épanouissement de l’individu est au cœur et à l’origine de la pensée socialiste. Jean Jaurès l’affirmait avec force : « Pour les socialistes, la valeur de toute institution est relative à l’individu humain. C’est l’individu humain, affirmant sa volonté de se libérer, de vivre, de grandir, qui donne désormais vertu et vie aux institutions et aux idées. C’est l’individu humain qui est la mesure de toute chose, de la patrie, de la famille, de la propriété, de l’humanité, de Dieu. Voilà la logique de l’idée révolutionnaire. Voilà le socialisme. » Le projet que Jean Jaurès assigne au socialisme est donc d’œuvrer à la création de garanties collectives en faveur de la réussite et de l’épanouissement individuel de chacun. Le socialisme n’a jamais eu d’autre projet que de rendre autonomes les individus, de leur offrir à tous des chances égales de réaliser leurs aspirations. C’est son dévoiement qui a eu d’autres effets.

On est surpris en relisant ce texte de Jean Jaurès et on aurait le même étonnement en relisant le discours de Léon Blum en 1946, qui va très exactement dans le même sens. On est surpris parce que l’idée est tellement ancrée que la gauche, c’est le primat du collectif sur l’individuel, de l’égalitarisme sur la liberté que l’on en vient à oublier qu’il faut aussi savoir être ensemble pour que chacun puisse devenir unique.

A cela, il y a plusieurs raisons. Le dévoiement du socialisme qui promettait un « homme nouveau » a conduit au Goulag et à la pauvreté dans les pays du « communisme réel » ; cette tragédie pèse dans les esprits et la droite a longtemps exploité cet amalgame (les « socialo-communistes »). Mais il y a une autre raison à cette distance entre la gauche et l’individu, qui intéresse directement le socialisme démocratique dont nous sommes les continuateurs.

La pensée libérale porte en effet de longue date une conception d’un « individu autonome » dans laquelle la gauche ne se reconnaît pas. Le grand mythe de la droite libérale sur l’individu, c’est de penser qu’il se construit seul, qu’il peut réussir tout seul. Au bout de cette logique, il y a l’idée qu’il y a des gagnants et des perdants qui sont responsables de leur réussite et de leur échec. Cette conception de la réussite sociale conduit à les expliquer par « le mérite » et « l’effort » en oubliant ce que toute réussite personnelle doit aussi à l’environnement social et familial. D’où une politique conçue d’abord pour récompenser les gagnants – les chanceux et les bien nés. L’objectif est de justifier les inégalités. On en arrive ainsi à une société du mépris, de l’égoïsme et de la reproduction sociale, et qui sait, à une sorte d’eugénisme social. Car il s’agit aussi de protéger les castes de la promotion sociale de «ceux d’en bas ».

La conception libérale traditionnelle est une fiction : un individu, en effet, n’existe et ne se construit jamais seul. Un individu est d’abord un être social, il subit ou bénéficie des pesanteurs sociales et familiales. Chacun le sait : le capital culturel, le niveau de formation, et son capital social– ses relations, jouent un rôle central dans son destin.

L’individualisme de droite est donc fondé sur une erreur de perspective. De ce fait, il est aussi restrictif : l’épanouissement de l’individu est réduit à la poursuite de son intérêt personnel, dont la traduction ultime sera sa réussite matérielle et financière. La gauche n’est pas égalitariste, mais elle ne peut se satisfaire d’une telle définition de la finalité de l’homme et de la société. Une société qui érige le matérialisme en critère principal, voire unique, de la réussite et de l’épanouissement court à sa perte. C’est une machine à frustrations, source d’un malaise individuel et social grave.

La méfiance et l’hostilité de la gauche à l’égard de la notion d’individu viennent de là, d’où une confusion entre individualisme et égoïsme. Dans une économie de marché et une société d’hyperconsommation qui encouragent et entretiennent la compétition et le besoin d’argent, cette fiction est malheureusement parfois efficace : elle trouve des points d’appui dans les aspirations de chacun. La gauche ne doit surtout pas nier le mérite et l’effort, elle doit même les soutenir et les reconnaître, mais elle se bat pour rappeler que les garanties collectives, la sécurité sociale et personnelle, conditionnent pour certains l’initiative individuelle. Bâtissons toutes les fondations de la réussite de chacun. Les analyses de l’élection présidentielle ont souligné que, lors de la campagne, la droite avait fait écho aux aspirations individuelles des Français, dans une partie des classes moyennes ou des milieux populaires : gagner plus et devenir propriétaire. « Gagner plus, devenir propriétaire » sont des aspirations légitimes. Aujourd’hui, ceux qui ont cru à ces promesses déchantent cruellement car aucun de ces deux objectifs n’a reçu le commencement d’une réalisation.

Cet échec de la droite ne nous dispense pas d’une réflexion approfondie sur la façon dont la gauche peut et doit répondre aux aspirations individuelles qui caractérisent aujourd’hui notre société. En reconnaissant et en valorisant les formes les plus variées des compétences, en permettant ainsi une plus juste reconnaissance des talents et une mobilité sociale plus forte.

"Si la gauche veut des idées", Ségolène Royal, Alain Touraine. Ed. Grasset, 320p, 20€

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