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"Seul le bourdonnement frénétique des mouches troublait le silence de la pièce. L’homme assis sur la chaise ne bougeait pas. Cela faisait un moment qu’il
n’avait pas bougé. D’ailleurs, on ne pouvait plus guère le qualifier d’homme. Pas si l’on voulait parler d’un être vivant, qui respire et éprouve des sentiments. Cet homme-ci se trouvait réduit à
l’état de nourriture.
Un refuge pour les larves et les insectes.
Les mouches volaient en épaisses nuées autour du corps immobile. Se posaient. Leurs trompes aspiraient. Puis elles s’envolaient. Tournoyaient. Cherchaient
un autre endroit où s’installer. Elles tâtaient le terrain. Se bousculaient. La plaie sur le crâne de l’homme les intéressait particulièrement. L’odeur métallique de sang avait disparu depuis
longtemps, remplacée par une autre, plus douceâtre, légèrement putride.
Le sang avait coagulé. Au début, il avait coulé le long de la nuque, le long du dossier de la chaise, jusqu’au sol où il s’était finalement figé en une
grosse flaque rouge, pleine de globules sanguins vivants. Désormais, elle avait changé de couleur. Le liquide visqueux qui coule normalement dans les veines d’un homme était devenu
méconnaissable. Il n’était plus qu’une matière noire et collante.
Quelques mouches tentaient de sortir à l’air libre. Elles étaient rassasiées. Satisfaites. Les oeufs étaient pondus. Leurs trompes avaient travaillé dur,
avaient calmé la faim. Maintenant elles voulaient sortir. Elles se précipitaient sur le carreau. Essayaient en vain de franchir la barrière invisible, en produisant un petit crépitement quand
leurs ailes heurtaient la vitre. Tôt ou tard elles abandonneraient. La faim se ferait de nouveau sentir et elles retrouveraient le chemin de cette chair morte qui un jour avait été un homme. Tout
au long de l’été, Erica avait gravité autour du sujet qui occupait continuellement ses pensées. Elle avait pesé le pour et le contre, avait failli se lancer plusieurs fois, sans jamais aller plus
loin que le pied de l’escalier du grenier. Elle aurait pu prétexter que ces derniers mois avaient été très remplis. Le contrecoup du mariage, le chaos chez eux quand Anna et les enfants
habitaient encore là. Mais ce n’était pas toute la vérité. Elle avait tout simplement peur. Peur de ce qu’elle pourrait trouver. Peur de commencer à fouiller et à exhumer des événements qu’elle
aurait préféré ignorer.
Erica savait que, plusieurs fois, Patrik avait été sur le point de lui poser la question. De toute évidence, il se demandait pourquoi elle ne lisait pas les
carnets qu’ils avaient trouvés au grenier. Mais il n’avait rien dit. De toute façon, elle n’aurait pas eu de réponse à lui fournir. Elle serait peut-être obligée de modifier sa perception de la
réalité, c’était sans doute ce qui l’effrayait le plus. L’image qu’elle avait de sa mère et de son comportement vis-à-vis de ses filles n’était pas très positive. Mais c’était son image, elle la
connaissait. C’était une vision qui avait résisté au temps, comme une vérité immuable sur laquelle elle pouvait s’appuyer. Elle serait peut-être confirmée. Renforcée même. Mais que se
passerait-il si sa représentation se trouvait bouleversée ? s’il lui fallait affronter une toute nouvelle réalité ? Elle n’avait pas eu le courage de sauter le pas, pas jusqu’à aujourd’hui. Erica
posa un pied sur la première marche. Le salon retentit du rire joyeux de Maja qui se faisait chahuter par Patrik. Un bruit rassurant. Elle monta une nouvelle marche. Encore cinq, et elle serait
arrivée.
La poussière vola quand elle ouvrit la trappe et entra dans le grenier. Ils avaient discuté la possibilité d’aménager les combles, pour Maja, quand elle
serait grande et qu’elle voudrait un espace où se retirer. Mais pour l’instant ce n’était qu’un grenier avec un plancher de bois brut, un toit incliné et une charpente nue. Un fatras d’objets
occupait une bonne moitié de l’espace. Des décorations de Noël, des vêtements devenus trop petits pour Maja, des cartons pleins à craquer de trucs trop laids pour avoir leur place dans la maison,
mais trop chargés de souvenirs pour être jetés.
Le coffre se trouvait dans un coin au fond du grenier. Un modèle ancien en bois et tôle, le genre de malle bombée qu’on utilisait autrefois pour voyager.
Elle s’en approcha et s’assit par terre. Passa sa main sur le bois. Après une profonde inspiration, elle souleva le couvercle. Une odeur de renfermé s’en échappa et elle fronça le
nez.
L’émotion qu’elle avait ressentie lorsque Patrik et elle avaient trouvé le coffre et en avaient examiné le contenu était encore vive. Ce jour-là, elle avait
sorti les affaires tout doucement, les unes après les autres. Des dessins qu’Anna et elle avaient faits. De petits objets qu’elles avaient fabriqués en travaux pratiques à l’école. Qu’Elsy avait
gardés. Elsy, leur mère qui pourtant ne semblait jamais s’intéresser aux bibelots que ses filles mettaient tant d’application à réaliser. De nouveau, Erica les sortit et les posa sur le plancher.
Puis ses doigts rencontrèrent enfin le tissu qu’elle cherchait au fond du coffre. Elle le saisit avec précaution. La petite brassière avait été blanche autrefois mais, en la levant vers la
lumière, elle vit que les années l’avaient jaunie. Les traces marron dont elle était constellée l’intriguaient particulièrement. Elle les avait tout d’abord prises pour des taches de rouille,
avant de réaliser que ce devait être du sang. Le contraste entre la brassière de bébé et le sang séché lui serra le coeur. Comment cette brassière s’était-elle retrouvée ici ? A qui avait-elle
appartenu ? Et pourquoi sa mère l’avait-elle gardée ? Erica posa doucement le petit vêtement à côté d’elle. Lorsqu’ils l’avaient trouvé, un objet était enveloppé à l’intérieur, mais il ne se
trouvait plus dans la malle. C’est la seule chose qu’elle avait retirée. Une médaille nazie, protégée par le tissu souillé de la brassière. Elle avait été surprise par sa propre réaction. Les
battements de son coeur s’étaient accélérés, sa bouche s’était asséchée et sur sa rétine s’étaient mises à défiler des séquences de films documentaires de la Seconde Guerre mondiale. Que faisait
une médaille nazie ici à Fjällbacka ? Dans sa maison ? Parmi les affaires de sa mère ? Tout ça était absurde. Elle avait voulu remettre la médaille dans le coffre et refermer le couvercle. Mais
Patrik avait insisté pour qu’ils la montrent à un expert, histoire d’en savoir plus, et elle avait cédé, de mauvaise grâce. C’était comme si elle entendait des chuchotements en elle, des voix
funestes et prémonitoires. Quelque chose lui avait dit qu’elle ferait mieux d’occulter l’insigne et de l’oublier. Mais la curiosité avait pris le dessus. Début juin, elle avait déposé la médaille
chez un spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, et avec un peu de chance ils seraient bientôt renseignés sur son origine.
Mais de tout ce que contenait la malle, c’était autre chose qui avait interpellé Erica. Quatre carnets bleus dissimulés tout au fond. Elle avait reconnu
l’écriture de sa mère sur la couverture, penchée à droite, avec des entrelacs, mais d’une main plus jeune et mieux assurée. Erica les sortit et laissa son index glisser sur le premier. Tous
portaient l’inscription “Journal intime”. Ces mots éveillèrent des sentiments contradictoires en elle. De la curiosité, de l’excitation, de l’empressement. Mais aussi de la crainte, de
l’hésitation et un fort sentiment de violer une sphère privée. Avait-elle le droit de lire ces cahiers ? Avait-elle le droit de prendre part aux pensées et aux sentiments secrets de sa mère ? Par
essence, un journal intime n’est pas destiné aux yeux d’autrui. Sa mère ne l’avait pas écrit pour qu’une autre personne en partage la teneur. Peut-être n’aurait-elle pas voulu que sa fille le
lise. Mais Elsy était morte, et Erica ne pouvait pas lui demander la permission. Elle serait seule pour prendre sa décision et déterminer quelle attitude adopter.
— Erica ?
La voix de Patrik vint interrompre ses pensées.
— Oui ?
— Les invités sont là !
Erica regarda sa montre. Déjà trois heures ! C’était le premier anniversaire de Maja, et leurs amis les plus proches et la famille étaient conviés au
goûter. Patrik avait dû croire qu’elle s’était endormie au grenier.
— J’arrive !
Elle épousseta ses vêtements, emporta les carnets et la brassière après un instant d’hésitation et descendit l’escalier raide du grenier. Elle entendait le
brouhaha des invités en bas.
— Bonjour ! Soyez les bienvenus !
Patrik s’écarta pour laisser le passage à Johan et Elisabeth, un couple dont le fils avait le même âge que Maja et l’adorait de tout son être, même si son
empressement se faisait parfois un peu brutal. Encore à l’instant, dès qu’il avait aperçu sa copine, William s’était rué sur elle comme un bulldozer et l’avait abordée avec la délicatesse d’un
joueur de hockey sur glace. Fou de joie, il s’était retrouvé à califourchon sur Maja, qui hurlait. Les parents durent se précipiter pour le déloger."
http://www.navi-mag.com/l-entraide-des-parents-d-eleves-id-3435.html
Le nouveau ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a trouvé un public conquis au 66e congrès national de la FCPE ce samedi aux Sables d'Olonne.
Opération séduction. Le nouveau ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a déclaré ce samedi qu'il serait "toujours et d'abord le ministre des élèves", lors du congrès national de la FCPE, la première fédération de parents d'élèves, aux Sables d'Olonne (Vendée).
Opération séduction. Le nouveau ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a déclaré ce samedi qu'il serait "toujours et d'abord le ministre des élèves", lors du congrès national de la FCPE, la première fédération de parents d'élèves, aux Sables d'Olonne (Vendée).
"Ce qui guidera notre travail, ce sera toujours et d'abord l'intérêt des élèves (...) Je serai toujours et d'abord le ministre des élèves", a-t-il déclaré, lors de sa première intervention publique devant une organisation depuis sa nomination il y a dix jours.
Parlant d'un "ministère de mission" et regrettant "les tensions" accumulées ces dernières années dans le système éducatif, Vincent Peillon a rappelé son cap, "la refondation de l'Ecole de la République", et la méthode qu'il souhaite mettre en oeuvre, "transparence, concertation et débat".
Pour la rentrée 2012, "nous nous concerterons, dès la communication en conseil des ministres qui aura lieu mercredi prochain, avec l'ensemble des partenaires pour faire en sorte que la casse programmée par la droite, et sur laquelle malheureusement nous n'aurons pas les moyens de revenir, loin de là, puisse être quand même affaiblie", a-t-il déclaré.
Standing ovation
Le gouvernement précédent a programmé 14 000 suppressions de postes à la rentrée prochaine dans l'ensemble de l'Education nationale. Pour en limiter l'effet, Vincent Peillon va recruter 1000 professeurs de plus que prévu dans les écoles primaires et leur répartition sera décidée dans les jours qui viennent.
Sans annonce nouvelle, son discours a été longuement applaudi, par une salle debout, alors que la FCPE avait vigoureusement contesté la politique éducative du quinquennat Sarkozy. Pendant le discours, des parents avaient déployé des banderoles indiquant "Argent public = Ecole publique", "Le changement, c'est maintenant!" ou encore "Urgence Rased", en référence aux milliers de postes d'enseignants spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire qui doivent disparaître à la rentrée.
Rythmes scolaires
Sur les rythmes scolaires, le ministre s'est "réjoui" d'un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France selon lequel 67% des Français approuvent le retour à la semaine de quatre jours et demi, même si 55% des parents ayant effectivement des enfants en primaire le désapprouvent.
http://www.lexpress.fr/education/peillon-je-serai-le-ministre-des-eleves_1119103.html
http://www.mediapart.fr/journal/france/250512/deces-du-lyceen-otage-de-la-loi-anti-casseurs-en-1979
L’un des protagonistes de l’impressionnante manifestation des sidérurgistes lorrains à Paris, le 23 mars 1979, s’est éteint récemment. Alors lycéen sans histoires, Gilles Desraisses, 18 ans, avait été arrêté avec 120 autres personnes, après les incidents survenus en fin de manifestation, dans le quartier de l’Opéra, marqués par des affrontements très violents entre « autonomes » et forces de police (on peut visionner le reportage de TF1 ici, et des films du fonds audiovisuel du PCF là).
Le jeune Gilles Desraisses, lui, a été jugé avec d'autres manifestants, 32 en tout, en vertu de la sinistre loi « anti-casseurs » de 1970. Une véritable législation d’exception, permettant d’engager la responsabilité pénale de chaque manifestant ou presque en cas d’incidents (voir ici l'intervention de François Mitterrand à l'Assemblée, en 1970), et qui a été abolie par la gauche dès son arrivée au pouvoir en 1981.
Le 27 mars 1979, lors de son procès, l’élève de 1re B du lycée Paul-Valéry (XIIe arrondissement parisien), est accusé d’avoir jeté une grille d’arbre sur la vitrine d’un magasin, sur la foi d’une déposition de policiers... alors qu'il n'y a pas d'arbre à cet endroit.
Face aux juges de la 23e chambre correctionnelle, Gilles Desraisses proteste de son innocence, et explique que s’il avait un foulard rouge sur le visage, c’était seulement pour se protéger des gaz lacrymogènes. A la barre, deux témoins prennent sa défense, et attestent de son innocence.
Mais le tribunal laisse tomber sa lourde sentence : 15 mois de prison, dont 8 ferme.
Le lycée Paul-Valéry est occupé nuit et jour pendant plus d’une semaine par les élèves, les parents et les enseignants. Même le proviseur prend sa défense, et relate que Gilles n'est « pas un violent », mais un garçon « poli » et « plutôt lymphatique ». L’un des rares élèves à dire bonjour.
De grandes manifestations de lycéens se déclenchent un peu partout. La gauche s’en mêle. Michel Foucault prend lui aussi la défense du lycéen et des autres victimes de la loi anti-casseurs, dans un texte intitulé « La stratégie du pourtour », que publie le Nouvel Observateur du 28 mai 1979.
Pourtant, le ministère de la justice demande une peine plus lourde encore contre Gilles Desraisses, et la cour d'appel de Paris suit ces instructions. Le 10 mai, le jeune homme voit sa peine portée à 18 mois avec sursis dont 8 ferme.
Le député (PS) de Saône-et-Loire, Pierre Joxe, s’en indigne, dans une lettre enflammée au ministre de la justice Alain Peyrefitte – celui-ci entendait faire libérer le lycéen « dès les premiers jours de juillet » –, et que l’on peut lire ici.
Après avoir assisté à un des procès en appel, Pierre Joxe écrit ceci à Peyrefitte : « Je suis encore plus indigné de la manœuvre de grande envergure que vous semblez diriger contre des jeunes qui apparaissent de plus en plus comme des otages. »
Après plusieurs mois de détention, Gilles Desraisses avait recouvré la liberté, et était revenu à l’anonymat. A ses amis, il ne parlait que très peu de l’épreuve de la prison, qui l’avait pourtant profondément meurtri. Doté d’un tempérament calme, modeste et convivial par nature, cet homme cultivé et curieux a longtemps travaillé dans un fameux bar à vin proche du marché d’Aligre, à Paris, pendant que ses amis de lycée démarraient pour la plupart des études supérieures.
Au début des années 1980, ce doux rêveur avait aussi commencé à apprendre la « plastination » auprès d'un parfait inconnu, l’anatomiste Gunther von Hagens, cela au grand étonnement de ses proches. Sans en tirer de gloriole particulière, Gilles Desraisses a été le premier, en France, à effectuer ce travail étrange de plastination. Un nouveau procédé chimique d’embaumement des corps, qui a pour effet de conserver l'aspect et la souplesse des tissus. Cette découverte a d’abord servi dans les écoles vétérinaires, puis les écoles de médecine, avant de donner lieu, ces dernières années, à des expositions de corps très controversées.
Ces dernières années, Gilles Desraisses travaillait au département d’anatomie de l’université René-Descartes. Frappé par la maladie, il s’était retiré discrètement en Crète en 2011. Il s'y est éteint le 3 janvier dernier, à 50 ans à peine. La nouvelle de sa disparition commence seulement à se répandre à Paris, par l’intermédiaire de ses amis artistes, musiciens, photographes et autres amateurs de bon vin.
http://www.mediapart.fr/journal/france/250512/deces-du-lyceen-otage-de-la-loi-anti-casseurs-en-1979
Si 2012 est l’année du changement, 2012 est aussi l’année de Pisa.
L’enquête démarre et ses résultats en France seront attendus ici comme ailleurs. Que nous disait entre autres la dernière enquête ? Entre 2000 et 2009, la
proportion d’élèves très faibles est passée de 15 à 20%. Ce chiffre brut traine derrière lui des réalités que les acteurs et les observateurs de l’école perçoivent celle de l’inégalité scolaire.
Trois ans après, nul besoin d’être devin pour le prévoir, cette nouvelle enquête devrait constater une aggravation de cette inégalité marquée de l’empreinte du milieu socio-économique. A
l’encontre de la plupart des pays qui se sont appuyés sur les résultats de Pisa pour rénover leur système éducatif, la France s’est entêtée dans une voie conservatrice. Certains atouts comme la
scolarisation précoce ont même un temps vacillé. La logique économique à court terme a pris le pas sur une vision d’un avenir construit par des jeunes citoyens, tous les jeunes citoyens,
formés pour vivre et contribuer à une société du XXIe siècle où le savoir est synonyme de prospérité. Bien sur, Pisa n’est qu’une évaluation et ses comparaisons ne valent que si elles sont
croisées avec d’autres données, d’autres analyses, des études et des recherches qui la corrobore ou la nuance, l’éclaire dans tous les cas. L’enquête construit toutefois un panorama de l’état de
l’école situé dans un contexte international. Elle conduit aussi l’Ocde à formuler des recommandations. En 2009, on y lisait l’importance de la formation des enseignants, la nocivité des
redoublements ou encore la croyance en l’éducabilité de tous les élèves. Sur ces trois points, la politique du gouvernement précédent a posé un film d’indifférence, préférant miser sur
l’excellence et décousant avec minutie la préparation au métier d’enseignant.
Les résultats de Pisa sont attendus mais doit on se réjouir d’un constat d’échec prévisible ? Les inégalités scolaires qui se creusent, ce sont avant tout
des enfants, des jeunes qui en pâtissent, au prix de leur avenir. Un système scolaire qui se délite, ce sont tous ses acteurs qui en paient le prix avec une difficulté à vivre leur métier au
quotidien, voire des souffrances au travail.
Et que fera t’on des résultats ? La politique éducative s’en trouvera t’elle profondément changé au risque de bouleverser le cadre et de risquer une
réforme en profondeur. En visite dans une école portugaise, je remarquais une affiche sur Pisa. L’enseignante qui m’accompagnait m’expliqua que les résultats de Pisa avait été un coup de semonce
pour le Portugal. Des mesures ont été prises en particulier sur l’accompagnement des élèves en difficulté. Peu après, elle me dressait le constat des effets de la crise et les efforts mis à
mal par les restrictions drastiques.
Pisa 2012 révèlera cela aussi : la difficile conciliation entre la nécessité de faire évoluer l’école, de considérer l’éducation comme un véritable
investissement sur l’avenir, et les impérieuses exigences d’une rigueur dont les Etats ne détiennent pas toutes les clés.
Monique Royer Pisa 2009, le dossier du Café Pédagogique
Par fjarraud , le vendredi 25 mai 2012.
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/05/25052012Article634735275603583935.aspx
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