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PROF EN CAMPAGNE

Vendredi 4 juillet 2008


http://www.ville-sevran.fr/upload/gestionFichiers/Inscription_897.jpg

Le ministre de l’Education Xavier Darcos a multiplié les réformes, essentiellement dans le primaire désormais présenté comme un maillon faible du système. A la rentrée, l’école ne sera donc plus tout à fait la même. Revue des nouveautés, alors que depuis ce matin les élèves du primaire sont en vacances, jusqu’au 2 septembre.

Le samedi, c’est fini

Il n’y aura plus cours le samedi matin. Une mesure plébiscitée par les parents, se félicite Xavier Darcos. La plupart du temps, il est vrai, les enfants ne venaient pas. Les familles aisées partaient en week-end, et les parents séparés en profitaient pour se passer le relais. Les enseignants, qui se retrouvaient devant des classes vides, n’ont pas protesté. En revanche l’idée a été critiquée par les chronobiologistes.

Des horaires allégés

De vingt-six heures, la semaine passe à vingt-quatre heures pour les élèves de maternelle et de primaire. Les académies peuvent les répartir sur huit demi-journées (à raison de six heures de cours quotidiennes) ou sur neuf (avec le mercredi matin et des journées moins lourdes). A Paris, ce sera la semaine de quatre jours.«Nous avons voulu éviter d’entrer en conflit avec les dispositifs périscolaires très riches de la Ville de Paris, souligne l’inspecteur chargé du premier degré Edouard Rosselet, et puis le mercredi il faut demander l’accord de l’évêché.» Les enseignants, eux, continueront de travailler 26 heures : les deux heures en plus iront à de l’aide personnalisée aux élèves en difficulté.

Du soutien en petits groupes

Là aussi, le ministère a laissé le choix aux écoles pour caser ces deux heures de soutien, pour 3 à 6 élèves maximum. A Paris cela se fera durant «la pause méridienne» (la coupure du déjeuner de deux heures dans la capitale, une heure et demie souvent en province). Certaines écoles ont opté pour la fin de matinée - entre 11 h 40 et 12 h 10 par exemple -, d’autres juste avant la reprise à 13 h 30. En province, certaines académies ont préféré des soutiens d’une heure en fin d’après-midi deux fois par semaine, ou le matin avant les cours, de trente minutes quatre fois par semaine.

La mesure est contestée par des enseignants et par des parents. Elle risque de stigmatiser les «mauvais» élèves, estiment les opposants. De plus le midi, les enfants ont faim et ont besoin de se détendre. Enfin, elle risque de fragiliser encore plus le sort des Rased, ces réseaux de maîtres spécialisés dans le soutien des élèves en difficulté.

L’école après 16 heures

L’accompagnement éducatif, introduit à la rentrée 2007 dans les collèges de l’éducation prioritaire, sera étendu aux écoles classées de même. Il s’agit de proposer deux heures par jour, quatre fois par semaine, de l’aide aux leçons, ainsi que des activités sportives et culturelles. Une mesure de justice sociale pour le ministre, afin de compenser les petits cours que peuvent se payer les gosses de riches. L’élève comme l’enseignant devra être volontaire.

Là encore il y a contestation. La mesure risque de rater sa cible, disent les opposants : l’élève le plus en difficultés n’aura aucune envie de rester après l’école. De plus la journée sera longue pour des enfants dont la concentration est limitée. Enfin cette année dans les collèges, l’accompagnement s’est souvent limité à de l’aide aux devoirs, sans l’ouverture culturelle promise. Enfin dans les grandes villes comme Paris, ce dispositif vient se superposer avec d’autres qui fonctionnent déjà bien - les ateliers ou les études financés par la mairie, les interventions d’associations. «On ne va rien supprimer», assure-t-on. Mais cela ressemble à un puzzle.

Des stages de remise à niveau

En CM1 et en CM2, les élèves les plus faibles se verront proposer des stages gratuits d’une semaine, en petits groupes à raison de trois heures par jour, pendant les vacances. Ils seront animés par des profs volontaires payés en heures sups. Une première expérience a déjà eu lieu à Pâques. Elle a été très réussie, clame le ministère qui met en avant aussi le souci de justice sociale : 85 000 enfants y ont participé dans toute la France, et cela aurait permis de redonner confiance à des élèves en perdition. On risque encore de stigmatiser, dénoncent les opposants pour qui la «remédiation» doit se faire dans le cadre de la classe, de préférence par le maître. Mais pour cela il faudrait plus de moyens, des effectifs moins lourds.

Du par cœur et des arts

Les anciens programmes de 2002 finissaient à peine de se mettre en place que de nouveaux arrivent. Plus courts, plus clairs, plus à l’ancienne aussi. L’enseignement est recentré sur les «fondamentaux», le français et les maths. La récitation et la rédaction sont remises au goût du jour. En histoire il faudra apprendre toute une série de dates. Mais le ministre est revenu sur certaines exigences : l’élève n’aura plus à savoir distinguer le cristal de Baccarat de celui de Bohême…

Pour les opposants, c’est un retour en arrière, une victoire des conservateurs «déclinologues» sur les «pédagogues». Ils redoutent une baisse de qualité avec la diminution des horaires et la semaine de quatre jours, un rythme qui ne respecte pas celui des enfants. Les matières «annexes» vont en faire les frais - l’histoire-géo, l’anglais. Enfin les vingt heures annuelles d’histoire des arts chère à Nicolas Sarkozy risquent d’empiéter sur les pratiques artistiques déjà réduites.

Des élèves plus évalués

Le ministre s’est fixé un objectif chiffré : réduire de moitié d’ici trois ans l’échec à la fin du CM2 - 15 % des élèves ne maîtrisent pas la lecture et le calcul et 25 % ont des acquis fragiles. Pour cela il faut des données chiffrées. Les élèves seront donc évalués de façon plus méthodique - en CE1 et en début de CM2. Si on repère de graves lacunes, ils seront orientés vers un dispositif de soutien. Sans être supprimé, le redoublement sera découragé. Enfin les enseignants eux-mêmes seront désormais évalués en fonction des «progrès» de leurs élèves. Une mesure qui semble à beaucoup parfaitement irréaliste. On ignore d’ailleurs la procédure retenue.

Le service minimum

Il devrait bientôt être inscrit dans la loi. Le Sénat l’a déjà adopté en première lecture, l’Assemblée nationale devrait voter à la mi-juillet. A partir de 20 % d’enseignants grévistes dans le primaire, la commune sera tenue d’organiser un service d’accueil. Les syndicats dénoncent l’atteinte au droit de grève. Les maires protestent, estimant que l’Etat se décharge sur eux d’une de ses responsabilité et qu’ils n’ont pas toutes les garanties juridiques nécessaires, notamment en cas d’accident.

http://www.liberation.fr/actualite/societe/336860.FR.php

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Vendredi 4 juillet 2008


http://www.kezako.eu/blog/images/07%2002/blabla.jpg

Informé très tard, l’Elysée a réuni la famille Betancourt en urgence autour du Président.

Surfer sur le consensus national sans en rajouter.

Au Creusot (Saône-et-Loire), où il débarque hier en fin de matinée, très en retard, pour une visite consacrée à la politique énergétique et industrielle (lire page 19), Nicolas Sarkozy a la mine des bons jours. Dans un rare unanimisme, la classe politique française réagit de manière positive à la libération d’Ingrid Betancourt et l’opinion publique est submergée d’émotion. Même le PCF lui a rendu hommage. Le chef de l’Etat n’a plus qu’à capitaliser en évitant l’écueil de la récupération. Un jeu d’enfant pour lui…

Il aurait pourtant tout lieu de faire la fine bouche tant il a été simple spectateur de l’opération qui a conduit à la libération de la franco-colombienne. Etait-il au courant ces derniers jours, ces dernières heures, qu’une opération se tramait ? «A votre avis…» a répondu bien mystérieusement le Président depuis l’usine ArcelorMittal où il venait de discourir, l’esprit ailleurs, devant les ouvriers. Une manière de laisser entendre qu’il savait, alors qu’il n’était en réalité pas dans la confidence. Le président Alvaro Uribe, avec qui les relations étaient un temps devenues exécrables, l’a tout juste appelé mercredi soir pour lui confirmer ce que ses collaborateurs de la cellule diplomatique venaient d’apprendre avant lui : Betancourt n’est plus otage des Farc. «Dans cette opération, les Français n’ont pas pris part», a indiqué hier le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant.

Crise.

Depuis l’échec de l’envoi d’un avion médicalisé pour rapatrier Ingrid Betancourt en avril 2008, la France, qui avait un temps joué la carte des Farc via le président vénézuélien Hugo Chavez, se contentait de maintenir la pression sur le gouvernement colombien pour éviter une opération militaire qui mettrait en danger la vie des otages. En revanche, le courant rompu avec les Farc venait tout juste d’être réactivé, comme l’avait reconnu en aparté voilà quelques jours le conseiller diplomatique du chef de l’Etat, Jean-David Lévitte. Nicolas Sarkozy se trouvait dans le XVIe arrondissement de Paris, chez son épouse Carla Bruni, lorsqu’il a appris mercredi vers 21 heures la nouvelle de la libération d’Ingrid Betancourt. Retour à l’Elysée en catastrophe pour monter une opération de communication de crise, réunir autour de lui les enfants Betancourt et dépêcher un avion en Colombie avec Kouchner, la famille et les proches. Désireux d’avoir tout le clan Betancourt autour de lui avant de s’exprimer, il retardera sa déclaration d’une quarantaine de minutes mercredi soir avant d’avoir l’ex-otage au téléphone dès son atterrissage à Bogotá. C’est l’ambassadeur de France qui lui a tendu un téléphone avec le président français au bout du fil. «Elle m’a téléphoné en arrivant à la base militaire de Bogotá. Elle a parlé à Carla», racontait hier Nicolas Sarkozy, qui dit avoir conversé «un quart d’heure avec elle». Selon lui, «elle parlait bien, avait l’air en forme… enfin aussi bien qu’on peut l’être après six années d’enfer». Ingrid Betancourt a ensuite remercié Carla Bruni d’avoir participé à une action de soutien en sa faveur. «Elle était très au courant de tout ce qui s’est passé. J’ai été stupéfait de voir à quel point elle savait», racontait hier Nicolas Sarkozy. «Ça m’a fait plaisir de lui parler. Je ne la connaissais pas avant…»

«Reposer».

Profil bas et modestie de circonstance, le chef de l’Etat ajoutait que «tout le monde en France est heureux de l’accueillir et qu’elle vienne se reposer ici». Et comme l’ex-otage des Farc lui a confirmé son souhait de venir au plus vite en France, il ira la chercher à Villacoublay à sa descente d’avion. Mais au fait, pourquoi n’est-il pas allé en Colombie ? «Parce qu’aujourd’hui j’étais attendu au Creusot.»


                                              _____________________________________________

Cet article dit exactement la même chose que ce qu' a déclaré Ségolène Royal. Elle a eu parfaitement raison de rappeler que le Président de la République n'était pour rien dans cette libération. On sait trop que la "com" a remplacé depuis longtemps l' information! Et elle dit tout haut, en répondant d'ailleurs à une question d'un journaliste, ce que TOUT LE MONDE pense tout bas. Le "bla bla", ça suffit!

Christophe

Voir ici pour complêter:

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Vendredi 4 juillet 2008


http://users.telenet.be/pipo2007/pipo/logo/pipo.gif

Hollywood aura du mal à scénariser la libération d'Ingrid Betancourt. Le gouvernement colombien, avec l'aimable participation des Etats-Unis et d'anciens des services secrets israéliens, s'est déjà chargé de nous offrir un véritable conte de fées, prenant parfois les allures d'une bluette de série B. Les médias prennent leurs lecteurs et leurs téléspectateurs pour des imbéciles en persistant à raconter sans le moindre recul, sauf celui de notre confrère Gilles Perez, et avec des trémolos dans la voix, le succès de « l'opération militaire » réussie par l'armée colombienne.

Ce n'est pas remettre en cause le courage d'Ingrid Betancourt, le plaisir d'apprendre enfin sa libération, ni son extraordinaire volonté de surmonter ses souffrances. Ce n'est pas minimiser le soulagement de ses familles. Mais le gouvernement colombien tente de vendre au monde entier comme un fait d'armes, ce qui n'est qu'une reddition d'un groupe des FARC.

Car ce groupe, il y a un peu plus de trois mois, avait fait savoir aux autorités colombiennes, qui s'en firent officiellement l'écho plus tard, qu'il était prêt à se rendre. Et qu'il était prêt à rendre les otages sous son contrôle, en échange d'une immunité et d'un départ en exil pour la France.

C'est vers la fin du mois de mars, comme le quotidien El Tiempo s'en fit l'écho avec l'interview d'un prêtre, que le groupe chargé de la garde d'Ingrid Betancourt et des trois « militaires américains » (nul ne les a vus d'ailleurs depuis leur libération mercredi) a officialisé ses contacts avec le gouvernement colombien. Le marché proposé par quelques chefs fatigués et désorientés était clair : la livraison de la quinzaine d'otages contre de l'argent et l'immunité.

Les différents recoupements effectués auprès de journalistes de Radio Caracol, la radio qui diffuse tous les jours des messages à l'intention des otages, de l'agence de presse Anncol (réputée proche des FARC) et de journalistes colombiens qui ne veulent pas s'attirer les foudres de la présidence de leur pays, permettent de reconstituer l'histoire d'une reddition transformée en opération militaire. Succès militaire qui permet opportunément de renforcer l'image de l'armée et d'un président par ailleurs occupé à faire modifier la constitution pour pouvoir se présenter une troisième fois à la prochaine élection présidentielle.

Dès le mois de mars, de premières indications sur l'opération engagée

Le 25 mai donc, le lendemain de l'annonce de la mort du vieux chef des FARC, Manuel Marulanda, le président Uribe, au cours d'une réunion informelle avec des citoyens, déclara officiellement que le groupe de guérilleros qui gardait Ingrid Betancourt et les trois Américains était prêt à les relâcher en échange de l'immunité et d'une récompense. Pour le président il s'agissait de prévenir les fuites dans la presse sur une opération de « retournement » déjà engagée depuis au moins deux mois.

C'est en effet le 27 mars, au lendemain de la mort du chef des FARC, que El Tiempo, journal proche du gouvernement, publie sa première allusion à cette manœuvre. Il s'agit alors de mettre à profit la lassitude de nombreux guérilleros désorientés par la mort de Raul Reyes. Le vieux chef a été liquidé le samedi 1er mars par un missile frappant son camp situé moins de deux kilomètres à l'intérieur du territoire de l'Equateur.

Dans l'un des trois ordinateurs de Raul Reyes, chargé habituellement de négocier avec divers intermédiaires, avec la Croix-Rouge, avec le président équatorien et Hugo Chavez, les services de renseignements de l'armée colombienne, aidés par leurs conseillers américains, ont rapidement découvert le moyen de contacter le groupe chargé d'Ingrid Betancourt et de localiser la zone où il se cachait. A ce moment, d'ailleurs, un premier mécanisme de libération de la Franco-Colombienne était en cours de réalisation.

L'ambassadeur de France en Equateur l'a laissé entendre quelques jours après la mort de Raul Reyes. Paris savait alors que le négociateur des rebelles avait établi un camp provisoire en territoire équatorien. Il était en contact étroit avec la France et les gouvernements équatoriens et vénézuéliens. Le détachement présent sur le territoire équatorien, expressément autorisé par les émissaires du président Rafael Correa, avait pour mission d'organiser le transfert des otages, depuis cette zone frontière.

Surtout, Raul Reyes, responsable de la communication de la guérilla, souhaitait changer d'interlocuteur, les interventions bruyantes du Vénézuélien Hugo Chavez risquant de remettre en cause l'éventuelle libération des membres des FARC emprisonnés en Colombie. C'est en tous les cas ce qu'auraient rapporté aux services spéciaux équatoriens deux membres des FARC, rescapés de l'attaque du camp.

Ces deux membres ont confirmé que des éléments équatoriens armés avaient fourni une aide logistique permettant à la guérilla d'installer un poste de commandement et de communication provisoire. Ces deux rescapés ont depuis été mis en sûreté dans les environs de Quito, la capitale du pays.

La Colombie fait échouer un processus de libération via l'Equateur

Ces deux guérilleros ont décrit la précision de l'attaque qui a détruit ce camp, attaque à laquelle ils ont échappé parce qu'ils s'étaient éloignés de quelques centaines de mètres. Ils ont raconté que cinq bombes ont frappé simultanément la vingtaine d'hommes qui y vivaient depuis quelques jours. Selon plusieurs sources, ces bombes ou missiles n'ont pas été largués par des avions colombiens mais par des appareils américains volant à haute altitude. Ils ont été guidés par le faisceau d'ondes émis par l'un des téléphones satellites utilisés par Raul Reyes.

Ayant réussi à se procurer quelques jours auparavant le numéro de ce téléphone, et en accord avec le gouvernement colombien, les responsables américains ont estimé nécessaire de mettre un terme à la négociation qui était sur le point d'être finalisée. La libération d'Ingrid Betancourt était alors programmée pour le 8 mars, journée internationale de la femme.

L'objectif de cette attaque, toutes les informations et tous les indices l'indiquent, était de remettre en cause la libération d'une otage médiatique. Car, dans ces conditions, cette libération aurait redoré la réputation d'une guérilla en perte de vitesse; elle aurait été portée au crédit de l'Equateur, du Venezuela et de la France. La mort, dans des conditions mal éclaircies, le vendredi 7 mars, d'un autre dirigeant des FARC, Yvan Rios, ne pouvait qu'accentuer la tentation de rupture de tout processus de négociation.

 Si ces deux opérations ont été concertées, il est évident qu'elles visaient à affaiblir la fraction des guérilleros désireuse de sortir de l'impasse et de négocier les libérations. Le président Correa de l'Equateur déclara alors publiquement : « Regardez la bassesse d'Alvaro Uribe, il savait qu'en mars douze otages allaient être libérés, parmi eux Ingrid Betancourt. Il le savait et il a utilisé ses contacts pour monter ce traquenard et faire croire au monde qu'il s'agissait de contacts politiques et pour lancer un écran de fumée sur son action injustifiable. »

Une négociation directe avec le groupe détenant Ingrid Betancourt

Une autre partie de poker politique pouvait alors être engagée par les Colombiens. Elle consista à prendre contact directement avec le groupe identifié gardant Ingrid Betancourt, et à le convaincre que la reddition était la meilleure des solutions.

L'armée se rapprocha d'eux; elle cessa de harceler ce groupe d'une centaine de personnes. Ce qui lui a permis de se procurer plus facilement des médicaments et des provisions, pour les guérilleros et pour les otages. D'où l'apparence de meilleure santé des otages libérés mercredi : ils ont eu le temps de reprendre des forces, même s'ils n'étaient évidemment pas conscients de ce qui se tramait.

Il n'y a eu, en dépit de la version officielle, aucune infiltration des services spéciaux militaires. Simplement, avec l'aide logistique (et notamment le support de drones) américaine, le groupe a été suivi jour après jour pendant que se préparait par radio, et par l'intermédiaire d'un émissaire, le scénario de reddition. Scénario reposant, comme l'a expliqué Ingrid Betancourt, sur une évacuation de sécurité par une ONG imaginaire. De quoi faire admettre, à ceux qui n'étaient pas dans le secret, l'arrivée de plusieurs hélicoptères, puisque les FARC ne disposent pas de ce type de moyens aériens.

Il a évidemment fallu plusieurs semaines pour qu'un maximum de chefs du groupe soient convaincus. La condition de ce groupe des FARC étant d'abord l'impunité promise et l'assurance qu'aucun coup de feu ne serait tiré. Le contrat a été respecté. Vers le 15 juin, le gouvernement colombien a fait demander à la France si l'offre d'accorder l'asile aux rebelles, offre faite tant par Nicolas Sarkozy que par François Fillon, tenait toujours. La réponse ayant été positive, la phase finale de l'opération a été mise en route sans que les rebelles aient à se déplacer, les otages étant à peu près désormais « présentables ».

Il ne restait plus, au moment du dénouement, qu'à accréditer l'invraisemblable version d'une opération militaire surprise, résultat d'une opération d'infiltration. La réalité est moins glorieuse pour l'armée colombienne. Mais l'essentiel est la liberté d'Ingrid Betancourt et de ses quatorze compagnons de captivité.

http://www.mediapart.fr/journal/france/040708/liberation-d-ingrid-betancourt-ce-que-ne-dit-pas-la-version-officielle

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Jeudi 3 juillet 2008

La vidéo d'Ingrid Betancourt choisie par le site du Figaro.fr présente une grosse différence avec la vidéo originale de son intervention sur le tarmac de l'aéroport de Bogota...

Amis Posteurs, saurez-vous retrouver les remerciements manquants ?

Un indice : l'originale dure 2 minutes 20 et celle du Figaro 1 minute 47 secondes.

Soyez très attentifs à partir d'1 minute 30...

33 secondes disparaissent "malencontreusement" entre le remerciement à
Nicolas Sarkozy et les derniers mots d'Ingrid Betancourt : "Merci la France".

Il s'agit tout simplement de ses remerciements au président
Jacques Chirac (qui ça ?) et de ceux, très appuyés, à Dominique de Villepin et son épouse (qui donc ?) !

1. La vidéo choisie par Le Figaro : elle est ici

2. L'originale (notamment publiée sur Le Post) :

Qui a décidé d'enlever le passage où Ingrid Betancourt remercie Chirac et Villepin ?
Alors que le Net regorge de vidéos montrant l'intégralité de l'intervention en français de la Franco-colombienne, pourquoi Le Figaro a-t-il choisi cette vidéo, mise en ligne par le
comité de soutien à Ingrid Betancourt ?

Sacré Étienne... Money mouth

Merci Lulu !

3.
Le Figaro.fr: "Pas un choix politique"

Joint par Le Post, le directeur de la rédaction du Figaro.fr, Laurent Guinier, assure que "la mise en ligne de cette vidéo ne relève en aucun cas d'un choix politique". "Nous n'avons pas fait une coupe maligne pour enlever les noms de Chirac et Villepin. Cette vidéo vient du comité de soutien à Ingrid Betancourt. Nous l'avons récupérée sur Dailymotion, dans l'urgence, pour illustrer notre feuilleton écrit de Betancourt, où figurent naturellement les noms de Chirac et Villepin (à 01h10)", précise-t-il.

D'ailleurs, Le Figaro.fr a précisé la provenance de la vidéo dans
son article qui relate le feuilleton Betancourt, comme dans l'espace propre de la vidéo.

(Sources :
Figaro.fr, AgirpourIngrid, France 2)

http://www.lepost.fr/article/2008/07/03/1218369_ingrid-betancourt-libre-chirac-et-villepin-coupes-au-montage-par-le-figaro.html

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Jeudi 3 juillet 2008


Le Penseur, Rodin

La Politique avec un P majuscule est cette activité humaine, exclusivement humaine, comme le rire, qui réunit autour de la pensée. Et citant Pascal, "toute notre dignité consiste en la pensée. C'est de là qu'il nous faut relever, et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser. Voila le principe de la morale".

Car si nous voulons garder espoir et confiance en la politique, il nous faut impérativement relever la tête, ou plus exactement ne jamais la baisser. La pensée, quelle qu'elle soit, si elle défend et promeut des idées humanistes, humanisantes même, sera toujours le levier d'actions nobles, respectables, et donc respectées.

Il ne faut rien désirer en politique. C'est en ne désirant rien que nous garderons intacte la liberté d'avoir envie. Diogène, il y a fort longtemps, l'avait fort bien compris, même si je ne recommande à personne de vivre dans un tonneau... Croire en la politique, c'est croire en l'Homme. C'est être persuadé, et ne jamais en rabattre à ce sujet, que tout Homme possède en lui la force de se dresser. De se dresser et de dire non quand il le faut, quand cela est nécessaire, vital pour la communauté humaine.

Oui, notre dignité consiste en la pensée. Or elle est en danger. Le XXIème siècle devra redevenir celui de la pensée ou il ne sera pas. Pour le moment, il n'est que celui du mercantilisme sauvage, mondial et imposé comme inéluctable. Pourtant la pensée nous dit que rien n'est jamais inéluctable, sauf à croire que l'abdication de la pensée est la seule issue.

Mais la pensée n'st-elle pas la porte éternellement ouverte sur l'infini, sans limites, sans frontières, sans contraintes? Tout le contraire de la mondialisation qu'on nous présente comme une liberté alors qu'elle n'est que des chaînes nouvelles. Oui, camarades et amis, on veut occulter la pensée comme l'a rappelé Ariane Mnouchkine en des mots justes et forts. La Culture, un des terreaux de la pensée, est en danger elle aussi! La Politique doit absolument offrir un refuge à cette pensée. Je crois que Ségolène Royal, par une démarche iconoclaste et audacieuse, permet d'espérer en la survie de la Politique et donc de l'exercice libre de la pensée.

L'Homme du XXIème siècle deviendra grand s'il se bat pour pouvoir encore s'engager dans la réflexion. L'Homme, "ce néant à l'égard de l'infini, ce tout à l'égard du néant mais ce milieu entre rien et tout", pour plagier Pascal, encore...

Politique, Pensée, Culture... Trois domaines à investir pour faire de nous des femmes et des hommes debouts, droits et qui auront l'avantage et l'honneur de faire savoir que ces domaines là sont et resteront indestructibles devant les assauts de ceux qui ont la folie de ne pas comprendre qu'ils sont indissociables de l'avenir de l' Homme!

Amitiés

Christophe

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Jeudi 3 juillet 2008
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Jeudi 3 juillet 2008



M
artine Aubry
:
"Une vision pour espérer, une volonté pour transformer". La maire de Lille appelle à "revenir aux fondamentaux", à "restaurer les valeurs historiques du socialisme et de la gauche".

Jean-Marc Ayrault : "Réussir ensemble le congrès du Parti socialiste". Le député-maire de Nantes propose au PS de s'enrichir de "l'expérience du militantisme original de l'Ouest".

Gérard Collomb - Jean-Noël Guérini - Vincent Feltesse - Manuel Valls : "La ligne claire". "Transformer la force locale du Parti socialiste en force de propositions au niveau national." Tel est l'objectif de ces élus locaux, respectivement maire de Lyon, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, président de la communauté urbaine de Bordeaux, et député-maire d'Evry.

Bertrand Delanoë : "Clarté, courage, créativité : choisir maintenant pour agir demain". Dans sa contribution, le maire de Paris reconnaît "l'efficacité du marché pour produire des richesses" mais critique "la propension du capitalisme financier à déplacer la prise de risques des actionnaires vers les salariés".

Marc Dolez : "Debout la gauche !" Pour le député du Nord, "l'état du Parti socialiste est tel" qu'il faut une "insurrection militante".

Henri Emmanuelli - Benoît Hamon : "Reconquêtes". Les chefs de file du Nouveau Parti socialiste appellent le PS à s'éloigner des modèles sociaux-démocrates européens. Ils appellent à "renouveler les équipes" du PS, sans "laisser des écuries présidentielles déchirer le Parti socialiste"

Laurent Fabius : "Reconstruire à gauche". Le député de Seine-Maritime formule "dix propositions pour reconstruire la gauche". Il souhaite que le PS "réponde aux questions de fond posées par l'électorat populaire".

Gérard Filoche. Figure de la gauche du PS, membre du conseil national, présente la contribution de son courant "Démocratie et socialisme".

Jacques Fleury : "Et si le parti restait socialiste ?". L'ancien député refuse "l'abdication des socialistes devant l'idéologie libérale et capitaliste".

Gaëtan Gorce - Louis Gautier : "Une contribution ?" Le député de la Nièvre et le délégué national du PS aux questions stratégiques s'adressent d'abord aux militants lassés d'être réduits "au rôle de supporter".

Géraud Guibert et le pôle écologique : "Pour un socialisme écologique". Le pôle écologique du PS milite pour "la nécessaire conciliation des intérêts économiques, des besoins sociaux et des impératifs écologiques".

François Hollande : "Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France". L'actuel premier secrétaire du PS, qui ne briguera pas sa reconduction en novembre, fixe un "nombre limité de priorités" à son parti, jugeant que "l'esprit de catalogue" a rendu parfois "illisible" la vision socialiste.

Pascal Jacquemin : "Pour le socialisme du XXIe siècle".

Pierre Larrouturou et "Nouvelle Gauche". Le délégué national du PS chargé de l'Europe présente une contribution intitulée "Urgence sociale".

Marylise Lebranchu :
la contribution de Mme Lebranchu. L'ancienne ministre de Lionel Jospin reproche au PS de n'avoir pas su, depuis 2007, mesurer "l'adéquation ou non de notre discours en direction de la population".

Frédéric Leveillé : "Unité et refondation".

Marie-Noëlle Lieneman - Paul Quilès : "Changer". La députée européenne et l'ancien ministre critiquent un PS "en décalage avec le peuple de gauche".

Jean-Luc Mélenchon : "Réinventer la gauche". Le sénateur de l'Essonne appelle au rassemblement de la gauche du PS, au rapprochement avec Olivier Besancenot et le Parti communiste.

Pierre Moscovici - Arnaud Montebourg : "Besoin de gauche". Ces députés posent comme priorité la nécessité de faire émerger"la nouvelle gauche européenne", qui irait vers "une croissance plus respectueuse de l'environnement", en s'appuyant sur une plus forte régulation des marchés.

Ségolène Royal : "Combattre et proposer". Pour la présidente de la région Poitou-Charentes, l'heure est "à la lucidité radicale". Parmi ses orientations, elle reprend le concept "d'Etat préventif (…) capable de suivre les individus dans tous les moments de leur vie" et suggère notamment une profonde réforme de la fiscalité.

Utopia : "Socialistes, altermondialistes, écologistes". Le petit courant Utopia propose une contribution radicalement écologiste et très ancrée à gauche, en rupture avec le projet actuel du PS.

Le Monde.fr
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Jeudi 3 juillet 2008



Le flop de Delanoë

Le Maire de Paris serait-il trop parisien pour les militants de province ?

Bertrand Delanoë a un fait un bide lors de son passage à la fête de la Rose d’Avallon, en Bourgogne, où moins de 200 personnes avaient fait le déplacement. 'Bertrand est définitivement perçu comme un Parisien par les militants', se désole un de ses supporters.

Confidentiel

Selon une enquête interne dans la fédération du Nord, soit la deuxième fédération socialiste en adhérents : Si on propose trois têtes qui déterminent trois motions:

- Delanoë+Aubry - 31 %
- Royal - 43 %
- Hamon - 21 %
- (blanc ou nul - 5% )

Revue des contributions

1) Moscovici : étalage de banalités, complétement vide, la contribution du plus petit dénominateur commun, on dirait du François Hollande dans le texte.


2) Fabius : du travail de très bonne qualité intellectuelle. Reflexion aboutie, en rapport avec le monde, des propositions intéressantes.


3) Aubry : une illisible dissertation auto-satisfaite sur l'état du monde, dont les rares propositions concrètes sont ressorties du pacte présidentiel ou complètement techno... c'est à croire qu'ils n'ont rien appris de 2002.


4) La ligne claire : ce serait plutôt à ranger dans les contributions thématiques, mais c'est du bon travail global... ça ne va vraiment pas très loin mais ça lance des pistes. L'aspect régional est de toute façon à travailler, le lien direct avec les territoires est fondamental.


5) Ségolène Royal : un peu long, mais la plus aboutie. Beaucoup depropositions concrètes, dont pas mal de vraiment intéressantes (le nouveau système de retraite, 50% de représentants des salariés au conseil d'administration, faire payer la formation par les entreprises qui licencient, la réforme de la sécurité sociale...).

6) Delanoë : aussi plat que Moscovici, aussi techno et auto satisfait qu' Aubry.

Envoyé par mon camarade MYOS


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Jeudi 3 juillet 2008


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8d/Massacre_saint_barthelemy.jpg/300px-Massacre_saint_barthelemy.jpg

L
es instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) sont promis à la disparition. Le concours de recrutement des enseignants aura lieu désormais au milieu de la cinquième année d'université (en mastère 2), quelques éléments de formation professionnelle seront dispensés entre février et juin et la prise de poste s'effectuera dès la rentrée suivante, avec un simple "compagnonnage" par des professeurs expérimentés. En reculant d'un an l'entrée dans la carrière, l'Etat fera ainsi de substantielles économies sur les salaires. Il transférera progressivement aux composantes des universités la responsabilité de la formation des enseignants et pourra fermer très vite de nombreux IUFM un peu partout.

Il reste, bien sûr, beaucoup de questions. Y aura-t-il un cadrage national des mastères préparant à l'enseignement ? Cela serait nécessaire, mais c'est contradictoire avec l'autonomie des universités qui risquent, tout simplement, de fagoter en vitesse des ersatz de mastère pour ne pas perdre des étudiants. L'inégalité de la formation sur le territoire national sera ainsi officialisée. Pour les lycées et collèges, la formation professionnelle risque de passer tout simplement à la trappe : on se contentera d'une formation disciplinaire - évidemment indispensable - et de quelques observations censées donner les "recettes" du métier.

Or, comment peut-on imaginer envoyer ainsi des professeurs débutants, sans préparation sérieuse, dans des collèges où les élèves, chauffés à blanc par la frénésie consommatrice, ont de plus en plus de mal à fixer leur attention... ou même dans des lycées qui exigent, aujourd'hui, une vraie formation pour faire face à des adolescents et de jeunes adultes qui n'entrent pas de plein gré dans les contraintes scolaires ? Et comment formera-t-on les étudiants qui se destinent à l'enseignement primaire ? S'agira-t-il d'un approfondissement dans la discipline de la licence, de compléments de formation dans les autres disciplines ou d'un cursus centré sur la pédagogie ? Imagine-t-on laisser différentes formations coexister ? Si c'est le cas, nous nous retrouverons devant un corps enseignant émietté et une école sans unité.

Par ailleurs, on sait bien que les étudiants issus des milieux populaires se feront encore plus rares au niveau du mastère : les postes mis au concours seront davantage préemptés par les enfants des classes supérieures. Et si le vivier des mastères n'est pas suffisant, on utilisera l'expédient traditionnel : le recours à des contractuels et vacataires... Quant aux professeurs de lycées professionnels, ils sont, une fois de plus, les grands oubliés : quel mastère pour les professeurs de cuisine ou de génie mécanique ? Peut-être maintiendra-t-on quelques IUFM comme structures croupions pour gérer les laissés-pour-compte !

En réalité, le recrutement par concours cinq années après le baccalauréat interdit la mise en place d'une véritable formation en alternance. Au moment où cette dernière est plébiscitée dans de nombreux domaines, l'éducation nationale, toujours à la pointe du progrès, la supprime. Quelques modules de préprofessionnalisation au cours des études suffiront : réfléchir sur ses pratiques, alterner modèles théoriques et réflexion sur la prise de décision, inscrire l'entrée en fonction dans une dynamique professionnelle : voilà qui est bon pour les mécaniciens, les ingénieurs, les médecins... mais pas pour les professeurs ! Enfin, la disparition des IUFM, c'est celle d'un lieu institutionnel dévolu à la réflexion pédagogique, permettant l'élaboration, la diffusion et l'application de recherches nationales et internationales dans les didactiques des disciplines, les sciences de l'éducation, la psychologie et bien d'autres sciences humaines. C'est l'affirmation implicite que le métier d'enseignant n'a nul besoin d'être nourri par la recherche ni soutenu par des organismes de formation initiale et continue accompagnant les transformations sociales et permettant d'affronter les nouveaux problèmes qui émergent.

Pour autant, nous ne sommes pas partisans du statu quo. Le système actuel comporte une année de bachotage pour préparer le concours et une année d'alternance avant la titularisation. Or on a voulu tout caser dans cette deuxième année : connaissance des programmes, apprentissage de la gestion de la classe, didactique des disciplines, réflexion sur les valeurs de l'école, prise en compte de la difficulté scolaire, compréhension des enjeux de l'intégration des élèves handicapés, etc. Au bout du compte, cette année de stage est un patchwork, une course de vitesse avec une multitude de choses à faire qui se télescopent... et un grand écart, pour les stagiaires, entre un statut d'"enseignant responsable de sa classe" et un statut de "collégien" dans le cadre d'une formation théorique atomisée et bien trop scolaire.

Il faudrait donc organiser la formation en cinq années cohérentes : après trois années de licence, comportant une découverte progressive du métier, le concours de recrutement doit donner accès à deux années de formation professionnelle en alternance, correctement rétribuées et certifiées par un mastère professionnel... Avec une organisation des études permettant aux étudiants et aux stagiaires d'avoir prise sur leur formation et de ne pas se sentir infantilisés par des systèmes d'évaluation obsolètes.

Mais le ministre de l'éducation nationale semble vouloir passer en force cet été, en promulguant sa réforme en juillet. Un tel calendrier est déraisonnable sur le plan technique et inacceptable au regard des enjeux. La formation des enseignants nécessite une réflexion collective impliquant toutes les parties prenantes : le ministère de l'éducation nationale, les universités, les IUFM et les professionnels concernés, mais aussi les organisations étudiantes et même les parents d'élèves qu'on est en train de tromper gravement. Des voix nombreuses demandent un moratoire d'une année pour rendre possibles la concertation et la réflexion indispensables. Le président de la République et le ministre de l'éducation nationale doivent les entendre.

De Condorcet à Langevin et Wallon, de Carnot à Durkheim, en passant par Ferry, Buisson et Kergomard, la République a toujours considéré qu'il ne suffisait pas de savoir pour savoir enseigner et qu'elle devait à ses enfants des "maîtres pédagogues". Elle avait voulu qu'ils soient formés dans des lieux spécifiques : les Ecoles normales jusqu'en 1991, les IUFM ensuite. Une seule période fit exception, Vichy qui ferma les Ecoles normales d'instituteurs. Beaucoup d'entre nous considèrent qu'il serait exagéré de rapprocher cette période de celle que nous vivons. Ils croient que Xavier Darcos saura faire preuve d'esprit de responsabilité, qu'il aura à coeur de préserver le potentiel des IUFM pour le mettre au service d'une formation des maîtres digne des défis éducatifs qui se présentent à nous.

On ne peut prétendre lutter contre l'échec scolaire et saboter la formation des professeurs. On ne peut vouloir rétablir les conditions du "vivre ensemble" et "enseigner à tous les fondamentaux de la citoyenneté" en réduisant au minimum la formation pédagogique des maîtres. On ne peut préparer l'avenir en ignorant l'héritage du passé et les acteurs du présent ! Le risque est grand de payer nos errances d'aujourd'hui par des convulsions et des explosions scolaires incontrôlables. On voudrait que nos dirigeants l'entendent. Car, ils sont aussi, comme nous, responsables devant le futur.

Jean-Louis Auduc, directeur des études-premier degré à l'IUFM de Créteil ;
Rémi Brissiaud, maître de conférences à l'IUFM de Versailles ;
Sylvain Grandserre, professeur des écoles ;
Philippe Meirieu, professeur à l'université Lumière-Lyon-II ;
André Ouzoulias, professeur à l'IUFM de Versailles.

http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2008/07/03/une-saint-barthelemy-des-pedagogues_1065942_3232.html#xtor=EPR-32280123

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Jeudi 3 juillet 2008
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