Jeudi 10 juillet 2008
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Aussitôt après l'annonce par Xavier Darcos, le ministre de l'Education, du non remplacement de 13.500
départs à la retraite dans l'Education pour la rentrée 2009, les syndicats ont réagi violemment, dénonçant "un scénario catastrophe", des "saignées",
une "logique purement comptable" et promettant une "mobilisation" en septembre.
Tour d'horizon des principales déclarations des syndicats :
Union nationale des lycées : les lycéens à nouveau mobilisés à la rentrée
L'Union nationale des lycéens (UNL), l'un des syndicats à l'origine du mouvement lycéen du printemps contre les suppressions de postes dans l'Education en 2008, a prévenu qu'il
"reprendrait la mobilisation" à la rentrée pour "contrer" les nouvelles annonces de Xavier Darcos concernant 2009. "Les lycéens n'assisteront pas sans réaction au
démantèlement de leur éducation et seront prêts à reprendre dès la rentrée leur mobilisation avec les enseignants, les parents d'élèves et les étudiants pour contrer ces attaques", a averti
l'UNL. "M. Darcos a fait le choix de la totale irresponsabilité pour le futur de l'Education nationale. Comment prétendre avoir une réelle ambition pour le lycée dans ces conditions?", a
interrogé l'organisation. L'UNL rappelle que ces nouvelles suppressions de postes, "d'une ampleur sans précédent", interviennent après les 11.200 déjà prévues à la rentrée 2008. "Le
gouvernement fait donc le choix de poursuivre une politique désastreuse qui sacrifie la réussite de tous les élèves à des logiques comptables", conclut le communiqué.
SE-Unsa : "scénario catastrophe"
"Ca nous semble des chiffres extrêmement graves, on bat le record de suppressions d'emplois du budget 2008. On reste dans un scénario catastrophe, même si on est dans la fourchette
basse du scénario" (le ministère des Finances proposant 19.000 à 20.000 non renouvellement de départs à la retraite, NDLR), a déclaré le secrétaire général du SE-Unsa (enseignants) Luc
Bérille. Les conséquences vont être "une dégradation des taux d'encadrement, moins de remplaçants, moins de choix d'options, moins de dédoublement de classes et de dispositifs particulier
pour les plus élèves en difficultés", a encore expliqué le responsable du SE-Unsa (2e syndicat en primaire, 4e dans les collèges et lycées). Il s'est par ailleurs dit "très étonné des
prévisions démographiques faites par le ministre de l'Education". Dans Libération, M. Darcos affirme qu'il y aura en septembre 2009 30.000 élèves de moins en collèges et lycées. Mais, selon
M. Bérille, les services du ministère "font état d'une hausse d'élèves de 7.500 en primaire et d'une baisse de 14.500 dans le secondaire". "Pour un élève perdu on supprimerait deux
postes", a-t-il fait remarquer. "La nécessité de mobiliser reste intacte: nous avons proposé, à l'Unsa-Education, une grande manifestation nationale" à l'automne a-t-il
rappelé.
Sgen-CFDT : une "logique purement comptable"
"A aucun moment, le gouvernement ne se pose la question de savoir quels sont les besoins du système éducatif. On reste donc dans cette logique purement comptable", qui a déjà
prévalu en 2008 avec 11.200 postes non remplacés dans l'Education dans le budget 2008, a affirmé à l'AFP le secrétaire général du Sgen-CFDT (enseignants), Thierry Cadart. "On peut
s'interroger sur cette logique", d'autant que "année après année, les suppressions s'accumulent, ça rend de plus en plus difficile le fonctionnement dans les établissements", a-t-il
regretté. "On est en train de transformer - et c'est nécessaire - le système éducatif (réforme du bac pro, du lycée, dans l'école primaire, réforme du recrutement des enseignants), mais dans
le cadre contraint des suppressions de postes, c'est quand même très compliqué", a-t-il ajouté. Il a déploré que le gouvernement veuille puiser les économies de postes dans les postes de
remplacements. "Si on supprime des postes là, les remplacements seront moins bien assurés, on aura des situations graves. Or le remplacement fait partie des objectifs du service public".
Lors d'une réunion des fédérations de l'Education le 26 août et à la rentrée, "on envisagera ensemble la façon dont on va réagir à ces annonces". Selon lui, cela devrait converger vers
"une action forte en octobre ou novembre". "On n'acceptera pas un calcul disant que les suppressions de postes revalorisent les débuts de carrière" des enseignants, a-t-il aussi
prévenu.
FSU : "des saignées"
"Ce sont de nouvelles coupes qui viennent s'ajouter aux suppressions des années antérieures. Elles sont d'une ampleur inégalée", a déclaré à l'AFP le responsable de la FSU,
la première fédération de l'Education, Gérard Aschieri. "On a des Diafoirus (médecin dans "Le Malade Imaginaire de Molière, ndlr) de la rigueur qui multiplient les purges et les saignées en
ignorant les besoins et les attentes de la population", a-t-il ajouté. Ces suppressions de postes "vont ne faire qu'amplifier ce qu'on a connu cette année: suppressions ou réduction de
l'offre d'options, réduction des possibilités de remplacement, accroissement du nombre d'élèves par classe et réductions des possibilités de régler les problèmes scolaires", a détaillé M.
Aschieri. Le responsable syndical a en outre mis en garde pour les années suivantes : "ça ne va pas s'arrêter, car le gouvernement a un plan triennal des dépenses publiques qui laisse croire
que ça va s'amplifier en 2010 et 2011. Il y a une escalade dans les suppressions". M. Aschieri a souligné qu'une réunion entre fédérations de l'Education était prévue le 26 août et que la
FSU appelait "ses collègues à de premières initiatives dès les premiers jours de la rentrée: manifestations, rassemblements, distribution de tracts, réunions des parents".
Unef : l'avenir de la jeunesse sacrifié "sur l'autel de la rigueur"
Selon l'Unef, premier syndicat des étudiants, "le gouvernement prend le risque d'amplifier un peu plus" la "rupture avec la jeunesse, qui sent son éducation et son avenir
sacrifiés sur l'autel de la rigueur". Le syndicat dénonce "une politique du chiffre à courte vue" car selon lui les effectifs d'élèves dans les années à venir seront en augmentation
dans le primaire ce qui se traduira "par une hausse dans le secondaire dans quelques années". Non seulement les élèves, mais aussi les étudiants, vont être "victimes" des
suppressions de postes car elles vont "fermer des débouchés professionnels". "La baisse des postes ouverts aux concours de l'enseignement en 2008 est déjà particulièrement drastique
(-9,2% par rapport à 2007 et -30,5% par rapport à 2005) et risque de s'amplifier. L'avenir des étudiants qui se sont engagés depuis plusieurs années dans une voie universitaire avec pour objectif
l'enseignement apparaît bien sombre", commente le syndicat.
SNE-CSEN : "nécessaire revalorisation salariale de l'ensemble de la profession enseignante"
Le SNE-CSEN (minoritaire, traditionnellement classé à droite), "notant avec intérêt certains éléments des déclarations" de M. Darcos, estime que "la revalorisation
indemnitaire des directeurs d'école évoquée par le ministre ne saurait cependant se substituer à une revalorisation indiciaire, véritable reconnaissance du métier de directeur d'école". Il
ajoute que "l'idée d'une prime pour les débuts de carrière, si elle peut paraître séduisante, ne saurait occulter la nécessaire revalorisation salariale de l'ensemble de la profession
enseignante". Et concernant les suppressions de postes, le SNE-CSEN "restera vigilant quant au respect du projet de ne pas diminuer l'encadrement des élèves en classe, ni de restreindre
les moyens de remplacement".
(source AFP)
http://www.lesechos.fr/info/france/300279142.htm