Concours

Liens

PROF EN CAMPAGNE

Dimanche 5 juillet 2009


http://kamizole.blog.lemonde.fr/files/2008/12/les-gens-gare-du-nord.1228083190.jpg

par Giorgione •

Si une autorité (président, ministre, etc.) se déplace en province, on nous dira, on nous fera savoir qu’il est allé à la rencontre des «vrais gens». De même, un documentaire précis, détaillé, recevra l’éloge d’avoir montré «les vrais gens», loin de toute fiction et de toute représentation factice ou stéréotypée.

Chacun comprend bien le sens de cette locution qui évolue selon les contextes de son emploi: dans un contexte politique, elle désigne les (simples) citoyens par rapport aux gouvernants: les «vrais gens», en ce sens, rappelle la notion maurrassienne de «pays réel» par opposition à celle de «pays légal»; si l’approche est sociale ou sociologique, «les vrais gens», ce sont les travailleurs par opposition aux décideurs; ce sont aussi les «obscurs», les «sans grade», «la France d’en bas», si chère à Jean-Pierre Raffarin. Ce sont les anonymes par opposition aux «célébrités», ceux que l’on appelle maintenant les «people», -à prononcer pipol ou pipeul.

Résumons-nous un peu: «les vrais gens» sont ceux dont on (= les medias, les rapports administratifs) ne parle pas, qu’on ne voit pas à la télévision, qui n’occupent pas le devant de la scène. En gros, c’est vous et c’est moi…

Que ces gens soient qualifiés de «vrais» mérite qu’on y regarde d’un peu plus près.

D’abord remarquons que, par rapport aux people, l'expression les «vrais gens» marque comme une réappropriation du mot: il n’y a pas, en fait, de gens (people, en anglais), que ceux que l’on dit tels. Et nous aussi, nous sommes gens et des vrais en plus.

Car cette locution constate, en creux, une vision tronquée ou incomplète, un mensonge, ou une illusion qui présenteraient de «faux gens» -termes dont notre mode courant d’expression ne se sert pas, curieusement. Des «faux gens», que faut-il entendre par là?

C’est ce qu’illustrerait l’anecdote célèbre de ces villages russes tout en trompe-l’œil qu’avait fabriqués à dessein Potemkine, amant et ministre de Catherine II de Russie parcourant son vaste empire. Le bon peuple avait des maisons (mais il n’avait fait construire que des façades!), le bon peuple aimait sa souveraine (mais il y avait des soldats chargés de convaincre les plus récalcitrants!): tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles…

Si Catherine II ne vit pas de «vrais gens», les chances d’en voir aujourd’hui sont-elles plus grandes? Rien n’est moins sûr: Barack Obama sait-il qu’à Strasbourg il ne vit de foule enthousiaste et chaleureuse que celle dûment rameutée et chapeautée par l’UMP?

Les «vrais gens» existent sans doute, mais il n’est pas sûr qu’on les rencontre à la demande et au moment où on le voudrait. Nicolas II a peut-être eu plus de chance que sa lointaine aïeule: il a dû en entendre parler quand les marins du Potemkine ont fait éclater la vérité en plein jour…

http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2009/05/les-vrais-gens-une-expression-diss%C3%A9qu%C3%A9e.html#more



- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 5 juillet 2009
- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 5 juillet 2009
 

mollillikimou.files.wordpress.com/2009/03/plu...

Chère L.

Je t’ai rencontrée en septembre, puis côtoyée pendant neuf mois. Jeune professeur, j’ai lu ton enthousiasme, tes doutes et tes certitudes. Tu "débutes" dans la carrière et je me suis bien gardé de t'accabler de conseils. Qui suis-je pour être un "conseilleur" ? Peut-être les as-tu souhaités… Mais tu ne m’en as rien dit… Alors nous avons vécu, en parallèle, toi ne sachant même pas que, sans indiscrétion aucune, je t’observais… Une seule fois ou deux, nous avons quand même travaillé ensemble... C'est bien peu sur une année scolaire... Ce fut pourtant pour moi, je l'espère pour toi aussi, un réel bonheur partagé...

Ce métier, en collège en tout cas et je ne connais que lui, offre toutes les occasions imaginables de travailler ensemble, de partager nos expériences, d’échanger nos idées. Et pourtant nous ne le faisons que rarement. Il faut parfois des années à deux enseignants du même établissement pour s’apercevoir un jour que bien des choses les rapprochent. Mais voilà, chacun ferme sa porte de salle de classe, ne l’ouvre que pour faire entrer les élèves du groupe suivant. Puis vient la sonnerie, celle d’une fin de journée qui pour les uns se termine à midi, pour d’autres à quatorze heure…Nous nous croisons bien plus que nous ne nous voyons…Oh bien sûr, il y a les récréations, la machine à café et la cantine, parfois un banc dehors qui accueille les fumeurs et les confidences… Mais les dialogues sont toujours un peu les mêmes, les propos sont pesés et soupesés… De quel droit pourrais-je te demander ce que tu fais dans ta classe, comment tu parviens à obtenir de Cécile ou de Mokhtar ce que je n’obtiens pas ? De quel droit pourrais-je te dire que j’ai fait lire Sébastien, que Marie apprend ses leçons alors qu’avec toi elle n’y parvient pas ? Oui, de quel droit ?

Un jour, t’en souviens-tu, en conseil de classe je t’ai dit tout bas comme un élève soucieux de ne pas se faire prendre, remarquant que tu ne prenais pas la parole :

« Vas-y, dis ce que tu as à dire… allez… »

Mais les mots ne sont pas venus… Ou tu n’as pas voulu… Curieux métier qui nous fait tant parler A nos élèves mais si peu ou si mal DE nos élèves… Un jour, L. , tu la prendras cette parole à ton tour… Tu seras alors entrée vraiment dans la carrière. Espérons qu’on t’écoute… Mais ça, c’est une autre histoire…




Dans quelques jours les vacances vont séparer les collègues. Toi, tu ne reviendras pas. Je penserai souvent à toi, jeune enseignante car je me suis revu en toi il y a vingt-neuf ans. Moi non plus je ne parlais pas beaucoup. Je ne partageais pas. Je ne partage toujours pas plus que nécessaire… Par pudeur sans doute… Et nous avons bien tort ! Notre profession souffre, nous et nos élèves avec, de tous ces lourds silences, de ces portes closes sur nos pratiques et le poids du secret étouffe nos enthousiasmes. Parlons-nous ! Engueulons-nous même s’il le faut ! Cela vaudra toujours mieux que tous les non-dits…

Chère L, je te souhaite d’aimer ce métier, le plus beau du monde. Je te souhaite de ne pas voir passer les heures, les journées ni les années. Je te souhaite de croiser des regards et des sourires sur les visages de tes élèves, ces regards et ces sourires qui nous font les aimer, les haïr aussi…Cela arrive… Oui L., exprime-toi ! Dis ce que tu penses, fais ce que tu dis et dans vingt-neuf ans, en repassant le film, n’aie aucun regret ! Tu es Professeur !

Fais-toi plaisir !

Je t'embrasse!!!!! A l'année prochaine néanmoins pour une autre aventure...

Christophe

(PS: les prénoms des élèves, par discrétion, sont imaginaires...)

- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009


- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009


http://blog.lerouvillois.org/wp-content/uploads/2009/06/burqa.jpg

S
ix ans ont passé mais la passion semble intacte. Le travail parlementaire qui s'est engagé, mercredi 1er juillet, pour six mois sur le port du voile intégral (burqa ou niqab) en France, fait écho aux débats qui ont précédé la loi de mars 2004 sur le port des "signes religieux à l'école", en particulier le voile islamique.

Les valeurs républicaines, le principe de laïcité, le "vivre-ensemble", l'égalité homme-femme sont, aujourd'hui comme alors, évoqués par les membres de la mission, composée de 32 députés de droite et de gauche et présidée par André Gerin (PCF), pour justifier le lancement d'un travail qui devrait déboucher sur l'"état des lieux" de cette pratique, adoptée par une frange très minoritaire des musulmanes vivant en France.

Du foulard islamique au voile intégral, les termes du débat sont pourtant différents. La mission d'information parlementaire sur la question des signes religieux à l'école, mise en place entre mai et décembre 2003 sous la présidence de Jean-Louis Debré, s'inscrivait clairement dans la défense des principes de laïcité au sein d'un service public, l'école. La burqa concerne l'espace public et des femmes majeures. "Or dans la rue, la laïcité n'impose pas de contraintes particulières", rappelle Jean Baubérot, spécialiste de la laïcité et membre de la commission Stasi, qui avait aussi travaillé en 2003 sur "l'application du principe de laïcité dans la République".

"EN QUELQUES SEMAINES"

Le débat sur le voile à l'école est survenu après une quinzaine d'années de tensions récurrentes. "Le problème de la burqa semble, lui, avoir surgi en quelques semaines et tout le monde s'est précipité, y compris le président de la République à Versailles", s'étonne M. Baubérot. Nicolas Sarkozy a déclaré, le 22 juin, que la burqa n'était "pas la bienvenue" en France.

L'ampleur des deux pratiques - simple foulard ou niqab - est aussi sans commune mesure. De même que diffère leur signification psychologique, sociétale et religieuse. Si la plupart des responsables musulmans considèrent le foulard comme une prescription religieuse, ils la récusent pour le port du voile intégral. Reprenant la formule de M. Sarkozy pour qui il ne s'agit "pas d'un problème religieux", le rapporteur de la mission, Eric Raoult (UMP), veut faire le point sur les effets de cette pratique quant à la liberté, la vie quotidienne et la dignité des femmes.

Pour Jean Glavany (PS), membre des missions Debré et Gerin, des similitudes existent néanmoins entre la problématique du voile islamique à l'école et celle de la burqa : "Il y a derrière ces pratiques des groupes intégristes qui poussent à la déstabilisation de la République ; or si la laïcité ne combat pas les religions, elle doit combattre les intégrismes." Pour autant, le député n'élude pas les difficultés pour éradiquer ce phénomène dans le cadre du droit.

L'hypothèse d'une loi ne fait pas l'unanimité chez les membres de la mission Gerin. Lionnel Luca (UMP) plaide pour "la fermeté contre ce petit noyau qui défie notre République". Jacques Myard (UMP) a déposé, dès septembre 2008, une proposition de loi interdisant "à toute personne de voiler son visage sur la voix publique" sauf "missions spéciales, carnaval et tournage d'un film", sous peine de 15 000 euros d'amende. Nicolas Perruchot (Nouveau Centre), l'un des rares députés à avoir voté contre la loi de 2004, se montre "dubitatif sur le fait qu'une loi puisse réparer ce que le contact avec les personnes ne parvient pas à faire. Légiférer pourrait provoquer davantage de défiance dans la communauté musulmane".

La mission auditionnera, dès mercredi 8 juillet, des responsables de collectivités locales et d'associations féministes. Au cours de ses travaux, elle devrait tenter de rencontrer des femmes en burqa.

Stéphanie Le Bars

L'imam d'Al-Azhar : "Se conformer aux lois du pays"

Commentant dans un entretien au quotidien Al Arabiya du 30 juin le débat français sur le port du voile intégral, Mohammed Sayed Tantawi, imam de la mosquée égyptienne d'Al-Azhar et l'une des autorités de l'islam sunnite, a rappelé que "le port du niqab par la femme musulmane n'est pas une obligation". "La position de Nicolas Sarkozy selon laquelle le niqab n'est pas un symbole religieux mais un signe d'oppression de la femme est une affaire qui ne regarde que la France", selon lui, et "la règle pour les musulmanes qui portent le niqab en France est de se conformer aux lois du pays". En décembre 2003, M. Sarkozy, ministre de l'intérieur, l'avait rencontré sur l'affaire du voile.

- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009
- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009


gn.telediaspora.net/.../justice%20symbole.jpg

Vous souvenez-vous de ce professeur de philosophie marseillais poursuivi en mars pour avoir répété « Sarkozy je te vois » à deux reprises sous le nez de policiers pratiquant un contrôle de police dans la gare Saint-Charles à une heure de pointe ?

Rue89 avait notamment publié
le témoignage du prévenu, accompagné par le procès-verbal dressé par les agents. Le cas avait ensuite été très médiatisé.

Au point que Nicolas Sarkozy lui-même y est revenu dans
l'nterview accordée cette semaine au Nouvel Observateur. Il y affirme n'avoir « jamais porté plainte » contre l'enseignant, qui a été poursuivi pour « tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d'autrui ».

Pas de « tapage diurne », estime le juge

Sans lien avec la prise de position présidentielle publique puisque la décision était prise en amont côté magistrats, le prévenu a appris ce vendredi 3 juillet, sur le coup de neuf heures du matin, qu'il était relaxé.

Précisions auprès de son avocat, Me Vouland :

« Le juge a motivé sa décision en précisant que la parole de mon client n'avait pas outrepassé, en termes de décibels, la rumeur normale dans un lieu public à une heure de forte fréquentation.

Il a nié le caractère injurieux tout en reconnaissant le côté « maladroit » de son intervention. Il a enfin souligné qu'il n'y avait pas d'intention manifeste de troubler la tranquilité publique. »
  

De son côté, l'enseignant, qui tient toujours à rester anonyme, ne dénigre pas l'emploi du terme « maladroit ». Voilà ce qu'il disait à Rue89 juste après avoir appris le jugement :

« C'est justement le job du philosophe de feindre la maladresse pour interroger la société sur ce qui ne va pas. Je ne regrette pas ce procès, car il ne faut pas manquer une occasion d'ouvrir le débat. »  

 Téléchargez le proces verbal du proces « Sarkozy je te vois »


A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
Ailleurs sur le Web

http://www.rue89.com/2009/07/03/le-prof-qui-avait-dit-sarkozy-je-te-vois-relaxe-par-le-tribunal

 

- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009
- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009



A l'occasion de la participation de philippe Meirieu à l'Ecole d'été de Rosa Sensat à Barcelone du 7 au 12 juillet


- Vous avez dit, à plusieurs occasions, que l'éducateur a la responsabilité de susciter le désir d'apprendre, mais quels éléments permettent d’y parvenir ?


Je fais l’hypothèse, comme la plupart des psychologues et des spécialistes de l’apprentissage, que tout enfant a spontanément le désir de savoir. Il cherche à percer le mystère de ses origines, il veut savoir qui sont ses parents et pourquoi ils le grondent… Il veut savoir comment être aimé, comment obtenir satisfaction… Il veut savoir « comment ça marche », comment fonctionnent les objets qu’il a sous la main et le monde qui l’entoure… Mais vouloir savoir ne signifie pas vouloir apprendre. D’ailleurs, quand on observe un enfant qui veut faire marcher un appareil et qu’on lui demande d’interrompre son tâtonnement fébrile pour écouter une explication précise, il manifeste de l’agacement, reprend l’objet et nous signifie qu’on lui fait perdre du temps. Apprendre, c’est accepter de perdre de vue, au moins un moment, la satisfaction immédiate. Apprendre, c’est, souvent, gâcher du matériel ; c’est, toujours, surseoir à la volonté de réussir dans l’instant… Et cette rupture entre savoir et apprendre est exacerbée par les progrès techniques : ces derniers, en effet, permettent, de plus en plus et systématiquement, de savoir sans apprendre. On peut savoir faire une bonne photo sans avoir appris les lois de l’optique, comme on peut fort bien conduire une automobile sans avoir appris ni la mécanique ni l’électronique. Les élèves le savent et sont pris dans cette aspiration d’un « savoir sans apprentissage » ou avec des apprentissages réduits au minimum.

Face à cela, la réponse de la pédagogie, reprise par les didactiques, est de s’attacher à l’obstacle.C’est la fameuse « ruse pédagogique » développée par Jean-Jacques Rousseau dans l’Émile : on se soumet apparemment au désir de savoir de l’enfant et l’on introduit un obstacle à la réalisation de ce désir qui impose d’apprendre. On trouve cela dans les « méthodes actives » de l’Éducation nouvelle : le projet mobilisateur impose des acquisitions qui sont ensuite réinvesties dans le projet lui-même. On trouve cela dans les « situations-problèmes » où l’enseignant organise la rencontre avec un obstacle qui permet de dériver l’énergie cognitive vers des apprentissages programmés. On trouve cela dans la distinction fondamentale entre la tâche (qui renvoie à la mobilisation sur un projet et au désir de réussir au mieux et au plus vite) et l’objectif (que l’on rencontre à l’occasion de la mise en œuvre de la tâche, qui fait l’objet d’une acquisition mentalisée et stabilisée et qui peut être transféré). Quoique moins immédiatement visible, l’objectif est donc plus important que la tâche… puisqu’une fois la tâche terminée et oubliée, il va demeurer et contribuer au développement du sujet.


Reste que ces distinctions, aussi importantes soient-elles, ne résolvent pas miraculeusement la question du désir d’apprendre : car désirer apprendre, suppose qu’on sache ou pressente qu’il y a du plaisir et de la jouissance à apprendre et comprendre. Or le désir appartient au sujet et ne peut être déclenché mécaniquement. Le désir naît dans une rencontre : rencontre avec un autre apprentissage (celui d’ « un maître » qui accepte d’être « du même côté du  savoir » que l’élève, qui accepte d’être pédagogiquement et didactiquement « en apprentissage » avec lui)… Rencontre avec des objets culturels qui font écho à ses questions et relient, au-delà des temps et des circonstances, ses préoccupations les plus intimes (sur son destin, celui des hommes et du monde) avec les œuvres les plus universelles.

- Beaucoup de propositions didactiques actives restent comme de la pure théorie, les curriculums officiels n'arrivent jamais à être une réalité à l'école. Comment pourrait-on changer cela?

La pédagogie est action. Aucune décision technique ou politique ne peut, dans ce domaine, se substituer à la détermination des acteurs : parents, enseignants et éducateurs. L’histoire nous montre qu’il y a une véritable illusion à penser qu’il suffit de décréter des réformes pédagogiques pour qu’elles passent dans les faits. L’École est une organisation, une institution sociale qui gère des flux d’élèves et obéit à des logiques largement déterminées par les situations économiques. C’est aussi une organisation entropique et conservatrice, comme toutes les institutions, qui cherche à se reproduire au moindre coût. Quand elle affiche des projets généreux et « révolutionnaires », ce n’est pas vraiment pour les réaliser ; c’est, le plus souvent, pour se positionner dans le champ idéologique et afficher des intentions sans vouloir vraiment les mettre en œuvre. Au point qu’il arrive que les acteurs qui les prennent au sérieux soient surpris d’être considérés comme des gêneurs !

Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à agir sur les plans politiques et institutionnels. Cela veut dire qu’il faut accompagner cette action d’un travail de mobilisation et de formation des enseignants et des cadres de l’École, ainsi que d’un travail de communication envers les parents. C’est e que fait Rosa Sensat et c’est pourquoi je considère son action comme si importante.

- Comment sera l'École du futur ?

Rien n’est joué. Plusieurs scénarios sont possibles. Il y a, me semble-t-il, un vrai danger de dissolution de l’école publique et de disparition progressive de ses valeurs. L’idéologie dominante aujourd’hui explique que la panacée, dans tous les domaines, c’est la concurrence. Si l’on applique cela à l’éducation, nous allons voir émerger une multitude d’initiatives concurrentes qui vont, toutes, chercher à capter de la clientèle. Il y aura, alors, non plus une institution centrée sur la valeur fondatrice de l’école publique – transmettre et émanciper en même temps –, mais des officines plus ou moins privées qui chercheront à offrir des services de plus en plus performants et à court terme aux familles. L’éducation comme projet politique collectif disparaîtra au profit de la marchandisation…


Mais on doit imaginer un projet alternatif : une véritable école publique renforcée, ferme sur ses missions et, en même temps, inventive sur ses méthodes. Il faudrait proposer systématiquement des unités pédagogiques à taille humaine (pas plus de cent élèves) gérées par des enseignants constituant de véritables équipes solidaires. Ces équipes devraient, alors, mettre en œuvre une véritable « pédagogie populaire » associant mobilisation des élèves dans des projets forts, acquisitions formalisées et suivi individualisé. Il faudrait, dans ce cadre, stimuler la démarche expérimentale et la recherche documentaire qui sont les deux outils principaux pour apprendre à « penser par soi-même ». Il faudrait aussi développer la solidarité entre élèves et avec l’environnement. Il faudrait, enfin, une école ouverte vers les adultes, accueillante aux parents et en interaction avec son quartier. Ce n’est pas facile et rien n’est joué. Entre l' "école des marchands" et "l’école des pédagogues", nous devrons choisir.

http://www.meirieu.com/TEXTESDECIRCONSTANCE/rosasensat.htm

- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009

- Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
- Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus