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A quelques heures des résultats du bac, c'est la triche qui occupe les gazettes. Dans Le Figaro un article paru il y a quelques jours insistait sur le fait que presque tous les jeunes seraient des tricheurs. Sentiment renforcé par une information encore plus récente : à Limoges, 4 jeunes gens auraient été pris en train d'utiliser leur smartphone durant l'épreuve de philosophie du bac. Ainsi les élèves seraient devenus tricheurs et les nouvelles technologies leur simplifieraient la vie.
Si on s'intéresse autant à la triche, c'est que le plagiat renvoie la société à des interrogations qui sont globales. Quelle est la vertu du travail dans un système éducatif dont on sait qu'il est socialement injuste ? Qu'est ce que l'égalité des chances quand on peut commander un corrigé pour des centaines d'euros ? Et ce n'est pas le moindre des paradoxes que de voir les défenseurs de l'école traditionnelle dénoncer la triche alors qu'ils ont toujours soutenu le travail à la maison qui est une forme réglementaire de la triche et des inégalités. Combien de devoirs, de tout temps, ont été faits à la maison avec l'aide des parents dans les familles favorisées ?
Alors acceptons que le plagiat interroge aussi l'Ecole. Ce n'est peut-être pas un hasard si la triche limousine a eu lieu en philosophie. Beaucoup la croiraient plus facile en maths ou en sciences. Or c'est le contraire. La triche peut d'autant plus facilement s'installer que l'épreuve est plus ancienne et ignore les TIC. Or de toutes les épreuves, celle de philosophie, qui est octogénaire, est probablement la plus classique et prévisible.
Car la triche pose déjà la question de ce qu'on veut évaluer. L'introduction des calculettes en maths n'a pas faussé le résultat des évaluations de maths parce qu'elles ont intégré ce nouvel outil pleinement dans les épreuves. Or on est bien loin d'avoir fait le même travail pour Internet dans les évaluations. Combien d'établissements s'intéressent à la façon dont travaillent les enfants à la maison ? Combien forment leurs élèves au respect du droit d'auteur sur Internet ? Combien d'épreuves du bac reposent encore essentiellement sur la mémorisation la plus simple ? Combien nécessitent une recherche documentaire critique ? Combien d'établissements disposent d'une charte réellement comprise de l'utilisation d'Internet pour le travail scolaire ? Combien de travaux évaluent plus le chemin parcouru pour traiter un devoir et moins le résultat final ?
Soyons donc reconnaissants aux tricheurs de demander à l'Ecole sans cesse d'affronter ses défis. Mais gare à eux !
François Jarraud
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/07/05072010Accueil.aspx
http://blogs.lexpress.fr/cuisines-assemblee/sciences%20po.jpg
Richard Descoings continue de tisser sa toile. Après avoir créé une Ecole de journalisme à Sciences Po, une autre de communication, puis une de droit, le voilà qui lance à la rentrée l'Ecole des Affaires Internationales (la Paris School of International Affairs - PSIA), dans les anciens locaux rénovés des Ponts-et-Chaussées, sur 10 000 mètres carrés rue des Saint Pères.
"Situé à Saint-Germain-des -Prés, l'un des quartiers intellectuels les plus célèbres de Paris, l'Ecole est à deux pas du siège de l'UNESCO, de l'Assemblée nationale, du Quai d'Orsay et des ministères - côtoyant ainsi l'antre du pouvoir politique français", vante le communiqué de presse. "Avec un total prévu d'un millier d'étudiants sur ses deux ans, l'Ecole compte parmi les plus grandes écoles des affaires internationales dans le monde"...
Les 500 étudiants de première année sont déjà inscrits. Un tiers viennent du premier cycle de Sciences Po appelé "collège universitaire". Beaucoup ont été recrutés à travers le réseau de correspondants-maison dans le monde.
Sciences Po n'a pas vraiment eu besoin de lancer d'appels à candidatures. Si son flamboyant directeur est controversé, l'école de la rue saint Guillaume,
elle, attire toujours plus... Cette année, 4 700 élèves se sont inscrits au concours d'entrée contre 3 100 en 2009.
Comme pour les autres écoles, Richard Descoings - un as de la communication - est allé chercher des personnalités réputées, et de préférence célèbres et médiatiques. Le politologue franco-libanais Ghassan Salamé, qui a été ministre de la Culture du Liban et conseiller spécial du Secrétaire général de l'ONU, la dirige.
Le comité de préfiguration est, lui, dirigé par Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité des marchés financiers. L'ex-ministre allemand des Affaires Etrangères Joschka Fischer y côtoie l'ancien sous-secrétaire général des Nations Unies Lakhdar Brahimi, une juriste de la London School of Economics, un professeur de Georgetown University, etc.
En France, l'Ecole n'a pas son pareil, d'après ses promoteurs: il y a bien des universités qui délivrent des masters de droit, d'économie ou d'histoire internationale. Mais nulle part, assurent-ils, on ne trouve une offre aussi complète avec à côté des disciplines classiques, des matières comme Droits de l'homme et humanitaire, Santé publique, Développement, etc. L'Ecole se veut en outre professionnalisante, avec des stages et des mineures plus spécialisées.
Une innovation: des étudiants étrangers non francophones pourront suivre un cursus exclusivement en anglais. "Ils seront aussi encouragés à apprendre le français, a précisé Richard Descoings, mais ce ne sera pas obligatoire, plutôt le signe de leur ouverture d'esprit". Les francophones suivront des cours dans l'une ou l'autre langue, et auront alors un choix plus large (320 cours au total). Six masters seront proposés dès la rentrée - Sécurité internationale, Environnement, International Project Finance, etc.
La moitié des enseignants seront étrangers. "Ils seront recrutés sur le marché international, aux prix du marché, c'est-à-dire supérieurs aux rémunérations des universitaires en France", a répondu Richard. Descoings, "c'est normal qu'ils ne veuillent pas perdre de pouvoir d'achat. Souvent, ils ont un conjoint, parfois des enfants. Et puis il faut aussi penser à leur retraite".
Les étudiants paieront les droits de scolarité récemment augmentés - Sciences Po ayant le statut de grand établissement, comme Dauphine, peut sélectionner ses étudiants et fixer des frais de scolarité. Les boursiers sociaux ne paient rien. Pour les autres, cela dépend du quotient familial et peut aller jusqu'à 12 500 euros l'année.
L'Ecole a un budget de 3 millions d'euros, sur un budget total de 130 millions - la moitié venant de l'Etat, un quart des contributions des élèves, un autre quart de la formation continue, des contrats de recherche, des dons des entreprises et un peu des anciens, etc..
Lors de la conférence de presse, un journaliste américain a parlé de Sciences Po comme d'une grande école, s'étonnant de la césure typiquement française Universités-Grandes écoles. Richard Descoings, qui rêve de faire de Sciences Po la première université privée de France, a alors un peu tiqué: "avec plus de 9 000 étudiants, nous ne sommes pas une grande école. Une grande université privée américaine, est-ce si considérablement différent d'une école comme la nôtre ?".
Véronique Soulé
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Les enseignant(e)s de maternelle sont "vigilants et très inquiets", estime la présidente de l'AGEEM (l'association générale des enseignants des écoles maternelles publiques) qui était réunie en congrès à Annecy depuis mercredi, rapporte le Dauphiné libéré. Pour eux, cette "exception française" est, aujourd'hui, menacée. "Sur fond de projets de réformes et de coupes budgétaires, cet avenir s'écrit en effet sous forme de questions", écrit le quotidien qui se demande si des "jardins d'éveil (communaux et payants) pourraient remplacer l'école jusqu'à 3, voire 4 ans". Ne resterait de la maternelle que la grande section, sorte de "classe préparatoire au CP intégrée à l'école élémentaire".
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