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PROF EN CAMPAGNE

Mardi 1 juillet 2008

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Les parents ont toujours aimé leurs enfants, mais comment? Et quels enfants? Du Moyen Age à nos jours, beaucoup de caractéristiques attribuées aux petits ont changé.

Sylvie Arsever
Mardi 1 juillet 2008

«On m'a volé mon enfance!» En 1995, Louisette Buchard-Molteni a 62 ans. Elle se bat pour faire reconnaître une réalité oubliée et pourtant récente: le malheur d'être orphelin ou enfant placé dans la Suisse des années 1930 à 1970

Des dizaines d'adultes se retrouvent dans les témoignages alors rendus publics: discipline rigide, voire perverse, des établissements; arbitraire des décisions d'internement ou de placement; dureté des travaux imposés à des enfants pour lesquels les études n'entraient pas en ligne de compte; châtiments corporels; sévices sexuels.

L'émotion est à la hauteur des dérives institutionnelles graves que ces histoires révèlent. Mais elle dit aussi autre chose: l'enfance est un dû - puisqu'on peut la voler. Chaque être humain a droit, ou devrait avoir droit, à un premier âge marqué par l'insouciance, la protection, le jeu et une éducation dont le but est de favoriser son épanouissement.

L'enfance, une invention?

C'est évident? Historiquement, la question se pose. Dans un livre publié pour la première fois en 1960, Philippe Ariès situe l'apparition du «sentiment de l'enfance» autour du XVIIe siècle. Jusque-là, soutient-il en gros, l'enfant est mêlé à la vie des adultes, volontiers séparé de sa famille à un âge encore tendre, longtemps représenté d'ailleurs comme un adulte en miniature.

L'essor de l'école à partir du XVIe siècle isole les enfants de la société, leur assigne des rôles étroitement liés à l'âge et modifie le regard des parents. Parallèlement, la famille change de fonction - moins économique, plus sentimentale. Elle se replie sur un enfant plus valorisé et plus rare, dont on suit de près l'éducation.

Cette thèse a suscité une abondante controverse et de nombreuses études portant, notamment, sur l'enfance au Moyen Age. Ceux qui les ont menées ont souvent eu à cœur de démontrer que, contrairement à ce qu'ils avaient cru lire chez Philippe Ariès, les parents médiévaux aimaient leurs enfants. Ils ont mis en évidence la présence de jouets, y compris dans certaines tombes mérovingiennes, des témoignages, dans les miracles et les fabliaux, de forts sentiments parentaux. Ils ont aussi affiné le tableau brossé par Ariès d'une vie médiévale où adultes et enfants partagent le même espace, les mêmes travaux et les mêmes jeux.

Espérance et joie

«Je l'aime plus que tout, il n'y a rien de plus beau que lui, tant que je le vois, il ne peut y avoir ni colère, ni ennui. Il est mon espérance, ma joie, mes joyaux et mes plaisirs.» Celle qui parle ainsi de son fils dans un roman du XIIIesiècle est un personnage de fiction. Mais elle témoigne d'un attachement maternel réel, que les moralistes et les clercs tendent d'ailleurs à trouver excessif.

L'un d'eux, au XIVe siècle, prodigue ces conseils aux parents trop attendris: «Habituez-les aux durs travaux et fortifiez leur corps afin que, si le besoin s'en fait sentir, ils se contentent de peu. [...] En bref, traitez-les comme des enfants de manants.» Cela pour les garçons, privilégiés. Pour la fille, «peu importe comment vous la nourrissez pourvu qu'elle reste en vie»...

Enfances dangereuses

Les enfants du peuple mènent une vie dangereuse: ils accompagnent les parents aux champs, où un coup de sabot est vite arrivé, ou sont placés sous la surveillance de très jeunes aînés qui ne parviennent pas toujours à les empêcher de tomber dans une mare ou de rouler sous un char. Ils apprennent sur le tas la profession de leurs parents, en les imitant avec des jouets - dînettes, moulins, métiers à tisser - puis, assez tôt, en mettant la main à la pâte.

Dans les ateliers de menuiserie ou de poterie, ils ramassent les copeaux, nettoient les tours. Dans les champs, ils grimpent aux arbres pour cueillir les fruits ou sont placés en faction à leur côté pour effrayer les oiseaux. On n'hésite guère à exploiter leur petite taille pour des travaux plus durs: on les descend dans les puits pour les curer et on a trouvé des traces de pieds enfantins dans les galeries de vieilles mines.

Les enfants nobles mènent une vie plus protégée mais organisée sur le même principe: équitation, chasse, voire pillage, ils apprennent par le jeu et sur le tas, dès un très jeune âge, les activités auxquelles ils sont destinés.

La famille est précaire: un enfant sur trois n'est pas élevé par ses deux parents biologiques. La disparition du père ou le souci d'une meilleure formation professionnelle peuvent amener un enfant de 6 ou 7 ans - ou, plus souvent de 12 ou 13ans - dans une maisonnée étrangère où il sera soumis à un maître comme il l'était à son père.

L'apprentissage donne souvent lieu à un contrat écrit. Au début du XVe siècle à Montpellier, on précise qu'un jeune apprenti tonnelier de 8 ans devra bénéficier d'une éducation générale «jusqu'à ce qu'il ait appris son ABC et sept psaumes». Un siècle plus tard, un apprenti potier d'Aix sait qu'il devra, s'il tombe malade, rembourser les frais encourus par son patron et rattraper le travail en retard. Le maître peut avoir recours au fouet et à la badine mais, plusieurs contrats le précisent, en évitant les coups à la tête.

Neuf contrats sur dix concernent des garçons. Les filles sont souvent placées dans des emplois moins formels - domesticité, lingerie, aide à la ferme. Mais certaines acquièrent des formations plus nobles, notamment dans l'artisanat textile.

Un visage qui change

Comment les adultes voient-ils ces marmots occupés à jouer au bord du champ ou dans un coin de l'atelier, ces travailleurs en herbe? Deux conceptions contradictoires semblent coexister. Le petit enfant baptisé, d'un côté, incarne la pureté. Le Ciel accueille ses prières avec une attention particulière, et il bénéficie parfois d'apparitions. Mais l'enfant est aussi un animal sauvage qu'il faut dresser. Un mauvais pli est vite pris, et les parents qui manquent à leur devoir de sévérité sont critiqués tant par les moralistes que par la sagesse populaire.

L'image se précise à partir du XVIIe siècle. La peinture, la littérature, et, à partir de la fin du siècle, des traités éducatifs plus nombreux témoignent de sentiments vifs et d'un intérêt nouveau envers les enfants. Les putti, parfois anges parfois profanes, envahissent les palais et les églises. Les images pieuses de l'Enfant Jésus seul se multiplient. Vélasquez se taille un succès européen avec ses portraits des enfants de PhilippeIV. Au XVIIIe siècle, la peinture de genre multipliera ces portraits à l'infini, montrant l'enfant au centre du cercle familial, en train de jouer avec d'autres ou en tête à tête avec une mère ou une sœur aimantes.

Un roi au berceau

Le médecin de Louis XIII, Jean Heroard, suit l'évolution de son patient dès sa naissance en 1601. Ses mémoires témoignent de l'attendrissement suscité par le petit enfant royal, dont toute une population de servantes, gouvernantes et dames de cour observe avec amusement les jeux, les balourdises et les espiègleries. Elles attestent d'une précocité fortement encouragée: à 2ans, le petit Louis joue du violon, à 3 il apprend à lire dans la Bible, à 5, il joue aux échecs et aux jeux de hasard. Son ascendance royale ne l'empêche pas d'être régulièrement fouetté.

Heroard décrit une promiscuité sexuelle qui friserait aujourd'hui le code pénal. Le futur roi est très fier de sa «guilleri», que sa gouvernante flatte volontiers et qu'il montre à toutes les dames pour la faire baiser. Il est mis nu avec sa sœur dans le lit de ses parents, nus eux aussi, et constate, grâce à leurs jeux, que sa guilleri change: «Il n'y a point d'os papa», puis, comme il fut un peu tendu, «il y en a ast'heure, il y en a quelquefois.» Il guigne sous les jupes des servantes ou les fait relever pour mieux y voir, fait fouetter sa nourrice.

Cette attitude décomplexée face à la sexualité enfantine n'a plus très longtemps à vivre. Jean de Gerson (1363-1429) a déjà consacré un traité préoccupé - et vite tombé dans l'oubli - à la masturbation infantile et adolescente. Son souci de conserver la pureté de l'enfant se répand au courant du XVIIe siècle. Il est particulièrement présent chez les religieux, dont l'autorité en matière d'éducation se renforce avec la généralisation des collèges. Ces derniers n'ont pas seulement pour vocation d'enseigner mais aussi d'isoler et de surveiller les écoliers qui, jusque-là, vivaient dans une promiscuité joyeuse et désordonnée avec les adultes.

Tous à l'école

L'enseignement des rudiments - quelques psaumes en latin, un peu de lecture et de calcul - est répandu dès le Moyen Age. Les paroisses ont leur école, des privés en ouvrent d'autres, où les enfants passent quelques mois aux alentours de 6 ans. Pour poursuivre sa scolarité, il faut se déplacer vers les écoles cathédrales, dont le nombre va se multiplier au XVIesiècle, puis vers les universités.

Les collèges sont d'abord des foyers d'étudiants, créés par des donateurs et réservés aux écoliers pauvres. Assez vite, les familles nanties voient l'avantage de confier leurs enfants au même encadrement, et au XVIe siècle les cours sont donnés à l'intérieur même des collèges.

Les ordres religieux, jésuites en tête, prennent le relais à partir du XVIIe. Ils organisent la vie des collégiens comme celle des congrégations, au moyen d'un règlement de discipline où sont fixés les horaires des cours, les récréations, le contrôle des présences, la progression des études et le rythme des examens. La responsabilité des professeurs s'étend au salut des élèves, que les fragilités de l'âge mettent en grand danger de damnation.

La manière d'enseigner fait l'objet de traités plus nombreux et au ton nouveau. «L'éducation des enfants est une des choses du monde de la plus grande importance», proclame un traité d'éducation en 1666. Les petits sont séparés des plus âgés. On dispute aussi de l'âge d'entrée dans l'enseignement. La précocité est désormais considérée avec méfiance.

Les choses ne changent pas en un jour. Les enfants, confiés à des soins mercenaires, continuent longtemps à n'apparaître en famille que pour divertir un moment la compagnie avec leurs maladresses ou leur impertinence. Les premières années, ils sont d'ailleurs tout simplement absents: le recours à la nourrice est plus répandu que jamais dans la noblesse et la bourgeoisie.

L'évolution, ensuite, touche avant tout les classes supérieures, une partie de la bourgeoisie et surtout les garçons. Les filles continuent le plus souvent à recevoir sur le tas une formation qui les orientera vers la vie domestique, la couture, le textile ou les métiers serviles. Seule leur moralité fait l'objet d'un intérêt aussi serré que celle des garçons. Quant aux enfants de paysans et de petits artisans, ils continuent à partager très tôt les travaux et la vie des adultes.

Et l'«Emile» arriva

C'est un auteur bien paradoxal qui précipite, un siècle plus tard, le débat sur l'éducation dans une ère nouvelle: Jean-Jacques Rousseau qui a, on le sait, abandonné les cinq enfants que lui a donnés Thérèse Le Vasseur.

Emile ou de l'éducation, qui paraît en 1762, déchaîne une tempête. Rousseau, pris de corps, doit fuir à Yverdon. Le livre est brûlé à Paris, interdit à Genève, aux Pays-Bas et à Berne. Les réfutations paraissent par dizaines. Le scandale vise surtout la «Profession de foi du vicaire savoyard», au livre IV de l'ouvrage. Jean-Jacques y vante la religion naturelle et y dénonce avec virulence les persécutions et le fanatisme engendrés par les religions établies.

Le livre, d'ailleurs, n'est pas que pédagogique. Rousseau y défend aussi une conception philosophique et politique: l'homme naît bon, une société corrompue le corrompt. Il n'en pose pas moins des principes destinés à une carrière aussi longue que controversée: l'éducation doit viser avant tout à permettre à l'enfant de se développer à son rythme et à dégager les vérités abstraites par l'expérience et l'usage de ses facultés naturelles. Avant 12 ans, cet aspect doit dominer sur la connaissance livresque.

La nouveauté n'est pas tant dans le concept d'une formation graduée, modulée sur l'évolution de l'enfant - on le considère déjà inapte aux grands apprentissages avant 7 ou 8 ans - mais dans la description de l'enfance comme un âge doté de ses propres fins et de ses propres règles, qui ne saurait se définir simplement par l'absence de certaines compétences ou leur apprentissage.

Encadrement destiné à favoriser un développement harmonieusement programmé par la nature ou une forme de dressage visant à transformer des êtres imparfaits en humain instruits et respectueux des principes? Le débat ouvert par Rousseau traverse la littérature pédagogique qui se développe à son époque et prospère au XIXe siècle. Il se double, alors, d'un affrontement ouvert entre l'Eglise catholique et l'Etat pour la mainmise sur la formation des générations montantes. Il n'est pas clos, comme en témoigne la virulence du débat actuel sur les notes.

A la maternelle

L'étude du développement enfantin est favorisée par une nouvelle extension de l'emprise de l'école. Au cours du XIXe siècle, la petite enfance cesse d'être le domaine réservé des mères. Asiles et écoles maternelles sont créés avant tout pour les petits de la classe ouvrière, dont les mères sont jugées soit incompétentes, soit trop occupées pour les prendre en charge. A cette occasion, on s'interroge sur les capacités du petit enfant avec une crainte de devancer son développement naturel qui aurait surpris Heroard.

Un des disciples de Pestalozzi, Friedrich Fröbel, crée un concept destiné à un brillant avenir: le jardin d'enfants, destinés aux plus petits, où le jeu devient instrument pédagogique. Un siècle plus tard, Maria Montessori s'inscrit dans la même démarche, axée sur l'éveil des facultés spontanées des enfants. Ils contribuent à la reconnaissance toujours plus précise d'une spécificité enfantine que pédagogues et psychologues doivent avant tout respecter. Spécificité intellectuelle, détaillée par Jean Piaget dès les années 1930, spécificité affective que les parents sont désormais dûment instruits d'avoir à protéger avec soin.

Naissance du nourrisson

Ces derniers ont aussi appris que leur nourrisson n'est pas, comme le jugeait Jean-Jacques Rousseau «rien de plus que ce qu'il était dans le sein de sa mère. Il n'a nul sentiment, nulle idée, à peine a-t-il des sensations». Le tout-petit est devenu lui aussi un sujet psychologique spécifique et complexe, doté de besoins affectifs et cognitifs variés.

C'est, si l'on veut poursuivre la théorie de Philippe Ariès, la dernière «invention» de l'enfant. Elle est toute récente, et consécutive elle aussi à une phase de régulation autoritaire qui a vu les jeunes mères encouragées, jusqu'aux années 1950, à modeler leur comportement sur celui des pouponnières: horaires de tétées stricts, pesées régulières, stérilisation de tout le matériel et, surtout, le moins de contacts physiques possible avec le bébé.

Encouragée aujourd'hui par le développement d'un marché florissant de l'enfance, cette évolution a été, comme toutes les autres, inégale. L'école, qui en est le moteur dans un premier temps, s'intéresse surtout aux garçons des milieux bourgeois. Les filles n'y accèdent que plus lentement et, dans les milieux populaires, l'entrée précoce sur le marché du travail reste longtemps la règle.

Le monstre hideux

Le travail des enfants est le grand scandale du XIXe siècle. Dénoncé par Dickens, qui en avait tâté, et par Victor Hugo, qui décrit en 1838 «ces enfants dont pas un seul ne rit» qui vont «De l'aube au soir, faire éternellement/Dans la même prison le même mouvement/Accroupis sous les dents d'une machine sombre/Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre».

Plus que l'âge - alors sans limite légale - des ouvriers, c'est la nature du monstre qui a changé. Les enfants des classes populaires n'ont pas cessé de travailler. Mais l'atelier industriel, la mine ou l'usine les soumettent à des conditions plus sévères que le champ ou l'échoppe paternels. Les horaires sont plus longs, les cadences plus soutenues et leur statut plus incertain. Souvent privés d'apprentissage, ils s'usent pour un salaire qui reste infime sans aucune garantie d'avenir.

Il y a plus: aux yeux des bourgeois qui, en nombre croissant, dénoncent le traitement imposé aux petits ouvriers, un enfant est un être démuni, dont la vocation est d'être protégé et instruit. Cette sensibilité nouvelle reste longtemps plus faible que les intérêts économiques. Ces derniers ne cèdent que pouce par pouce: la Grande-Bretagne interdit de les employer dans l'industrie avant 9ans en 1819, la France ne légifère qu'en 1841 pour placer la limite à 8 ans, puis à 12 en 1877. Leur temps maximal de travail diminue. Il passe de 11heures par jour à une demi-journée en Grande-Bretagne entre 1833 et 1878.

Au début du XXe siècle, l'âge légal au travail a atteint en Europe plus ou moins le niveau qu'on lui connaît aujourd'hui - 14 ou 15ans. Il a été lié à l'accomplissement d'une période de scolarité obligatoire qui dure sept ou huit ans. Mais là encore, tous ne sont pas concernés. Dans les campagnes, le travail familial reste la règle - les vacances scolaires sont fixées pour permettre aux enfants d'épauler leurs parents aux moments chauds des moissons ou des récoltes.

C'est surtout à la campagne que sont placés jusqu'aux jeunes années de Louisette Buchard-Molteni les enfants de l'assistance. Pour eux, il n'est guère question d'études longues, et l'Etat est pressé de se débarrasser de la charge représentée par leur entretien. Ces déracinés, dont le nombre a explosé au XIXe siècle, suscitent en outre la méfiance. Aux yeux des adultes, ils incarnent la face sombre de l'enfance, celle du désordre, de la menace sociale et d'une précocité suspecte. Une image qui va se concentrer sur un autre âge, d'apparition plus récente: l'adolescence.

http://www.letemps.ch/template/opinions.asp?page=6&article=235204

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Mardi 1 juillet 2008


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Où en est la réforme sur la formation des enseignants ? Des rencontres bilatérales ont déjà eu lieu entre la CPU, la CDIUFM, le comité de suivi master et les cabinets des ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. Au-delà de ces entrevues, la concertation entre tous ces acteurs tarde à démarrer. Xavier Darcos veut que les nouveaux concours soient déclinés à partir de 2010. La CPU et la CDIUFM s’accordent pourtant à dire que la mise en place de nouveaux masters est impossible à organiser pour la rentrée 2008… 

A l’heure de la pré-inscription des étudiants à la préparation aux concours de l’enseignement, la confusion règne dans les universités. Faut-il s’inscrire directement en master ou dans les préparations aux concours des IUFM, voire aux deux ? Les consignes données par les responsables de licence dépendent des établissements. Les IUFM enregistrent d’ores et déjà des baisses d’effectifs dans les pré-inscrits et reçoivent des demandes d’annulations de pré-inscriptions... « Si les universités mettent en place plein de masters pendant les vacances et que les étudiants s’y inscrivent, c’est la fin des IUFM », s’alarme Claire Pontais, signataire de l’appel pour une formation des enseignants de haut niveau dans des IUFM rénovés et et professeur d’EPS à l’IUFM de Basse-Normandie.    

Les IUFM montent au créneau  

Quelques IUFM sont mobilisés comme celui de Midi-Pyrénées et la quasi-totalité a voté des motions réclamant une formation des maîtres de qualité. Du côté des IUFM, la conférence des directeurs réunie les 26 et 27 juin 2008 exprime des « réserves importantes sur les premières dispositions relatives au projet de réforme de la formation et du recrutement ». Elle alerte sur la « confusion » engendrée pour les étudiants, la « précipitation » et les « dérives possibles » concernant le projet de réforme.

Autre menu détail : celui des candidats qui échoueront aux concours 2009 et dont certains seront diplômés de licence. La CDIUFM soulève le problème de leur inscription l’année suivante aux concours dans leur nouvelle version qui exigera des candidats inscrits en master 2. Elle demande donc des « mesures transitoires » leur permettant de pouvoir s’inscrire en master 2, en validant –via des commissions d’équivalences - leur préparation aux concours de l’année précédente…  

Incertitudes sur les postes aux concours  

A ces soucis liés au passage d’un système à un autre risquent de s’ajouter des grincements de dents autrement plus aigus. Le nombre de postes ouverts aux concours risquent de diminuer conséquemment aux restrictions annoncées sur les non-remplacements de départs à la retraite d’enseignants. Aux 11 200 postes supprimés et annoncés pour la rentrée 2008, Le Canard enchaîné du 25 juin 2008 croit savoir que s’ajouteront 20 000 départs à la retraite non-remplacés pour la rentrée 2009. « On ne sait pas quels concours seront ouverts l’année prochaine », ajoute Patrick Baranger, président de la CDIUFM.  

Quels masters pour mastériser ?  

D’autres questions non résolues se profilent. Pour la rentrée 2008, les nouveaux masters risquent de n’être que de pâles copies de ce qui reste à inventer. « Nous ne seront pas capables de fabriquer de nouveaux master dès 2008. A la CPU, nous sommes favorables à la mastérisation comme validation a posteriori de la formation de l’IUFM en y ajoutant une formation supplémentaire », explique Simone Bonnafous, présidente de Paris 12 et présidente à la CPU de la commission pédagogie et formation continue.

Comment reformater des masters disciplinaires pour préparer des CAPE, CAPET, CAPLP ou CPE, interroge de son côté la CDIUFM ? « On a raisonné sur le noyau dur des CAPES et des grandes disciplines qui ne représentent que 40% des étudiants concernés par les concours. Les masters disciplinaires ne sont pas adaptés pour préparer les autres concours », explique Patrick Baranger. Universités et IUFM doivent proposer une offre au ministère sur les nouveaux masters qui seraient mis en place en 2009. A eux de trouver un équilibre entre enseignements disciplinaires (ou pluridisciplinaires), didactique, professionnel et épistémologie. Un processus qui devrait prendre du temps alors qu’une harmonisation nationale de ces masters est fortement souhaitée par la CPU et la CDIUFM.

Quelle place pour la formation pratique ?

Pour cette dernière des « masters radicalement nouveaux » devront être proposés avec deux exigences : la présence de stages obligatoires tout au long de la formation, pas seulement à la fin du dernier semestre de master, et l’habilitation de master sur la base du référentiel de dix compétences professionnelle élaboré par le ministère de l’Education nationale et paru au BO il y a un an seulement… « plutôt que de faire semblant de croire que n’importe quel master peut être suffisant pour savoir enseigner », proteste le communiqué de la CDIUFM. La CPU s’aligne sur cette proposition. « On peut craindre que, pour des raisons financières, l’épreuve pratique des concours ne soit une leçon virtuelle devant un jury – in vitro – plutôt que devant une classe –in vivo », prévient Patrick Baranger pour la CDIUFM.  

Pour le moment, tous attendent que la consultation nationale commence pour débattre de leurs propositions sur les futurs masters. Xavier Darcos devrait rendre le schéma des nouveaux concours en plein l’été…          

Les postes version 2007

Le ministère de l’Education nationale vient de sortir une note d’information sur Les concours de recrutement des personnels enseignants du second degré public en 2007. Un écho des dernières tendances avant la réforme ? 11650 postes avaient été mis aux concours. Les inscriptions étaient en baisse de près de 15% par rapport à la session 2006. La quasi-totalité des postes ont été pourvus, à 84% par recrutement externe. L’âge médian des lauréats étaient de 25 ans. Qu’avaient-ils comme bagage universitaire avant le concours ? Aux concours externes, près de la moitié ont une maîtrise, plus du tiers ont une licence et plus de un sur dix a un bac+ 5 ou plus. Les candidats les plus diplômés sont aussi ceux qui ont aussi les taux de réussite aux concours les plus élevés comme le note l’étude ministérielle. +4 points par exemple entre les candidats diplômés de licence et ceux de maîtrise. Les mastérisations feront-elles grimper les scores ?

http://www.educpros.fr/detail-article/h/475fbd01b0/a/formation-des-enseignants-confusion-a-lheure-des-inscriptions.html

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Mardi 1 juillet 2008

Installé dans le studio du 19/20 à quelques minutes du début de son intervention, Nicolas Sarkozy est entre les mains des techniciens et maquilleuse de France 3. Face à lui, le directeur de l'information de la chaîne, Paul Nahon, et les trois journalistes Audrey Pulvar, Véronique Auger et Gérard Leclerc. L'ambiance est glaciale.

Un technicien vient mettre un micro au Président, qui le salue. Le technicien ne répond pas, ce qui choque Nicolas Sarkozy. Après s'être plaint de ce manque de politesse -"on n'est pas dans le service public, on est chez les manifestants"-, il finira par dire: "Ça va changer, là."

Ensuite, il plaisante sur la "placardisation" de Gérard Leclerc, qui est -avec Audrey Pulvar et d'autres présentateurs et rédacteurs en chef de France 3- l'un des signataires d'une tribune très critique sur la réforme en cours, publiée la semaine dernière dans Le Monde: "T'es resté combien de temps au placard?"

Juste avant que le son ne soit coupé depuis le studio, Nicolas Sarkozy s'assure que France 3 évoquera bien son déplacement du jour à Carcassonne. Paul Nahon lui répond que c'est prévu. Avant, pour plus de certitude, de donner un ordre dans son micro: "Donc on parlera de Carcassonne avec le Président après, hein? Yes! Parfait!"


Sarkozy en off sur le plateau de France 3
envoyé par rue89

communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 30 juin 2008
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Lundi 30 juin 2008
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Lundi 30 juin 2008

 

 


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– L' année scolaire en France compte 36 semaines réparties en 5 périodes de travail de durée comparable séparées par 4 périodes de vacances de classe. (Article L-521-1 du Code de l' Education). Ce calendrier est arrêté par le Ministre de l' Education Nationale pour une période de trois ans. (La France est le seul pays d' Europe avec le Portugal à fixer le calendrier de cette manière)

– Le calendrier est fixé dans cet ordre:

- la période de vacances d' été

- les quatre périodes de deux semaines de vacances tenant compte des contraintes de zones

- le reste étant défini comme périodes de travail

– les vacances de février, d' abord d' une semaine puis de 15 jours, désorganisent totalement tout le second trimestre. Le Code de l' Education est violé sciemment par le Ministère et ceci pour ne pas déplaire aux lobbies de l' hôtellerie française et des stations de sports d' hiver. (Moins de 9% des familles françaises vont aux sports d' hiver). Jamais personne n' a protesté contre cette désorganisation, ni les syndicats enseignants, ni les fédérations de parents d' élèves (PEEP et FCPE)

– le 3ème trimestre affiche (en zone A) 11 semaines et trois jours de travail consécutifs. Le principe des 7 semaines est une nouvelle fois violé. Outre les ponts du mois de mai, il y a les conseils de classe qui interviennent très tôt, puis le Brevet et le Baccalauréat. En général, à partir du 10 juin pour les lycées et du 20/25 juin pour les collèges, les élèves se sont envolés dans des proportions allant grandissantes chaque année. (La PEEP, si prompte à protester contre les jours de grève -0,6 jour de grève en moyenne par professeur et par an en 2006/2007- se plaignant de ne savoir par qui faire garder les enfants, la PEEP donc n' a jamais protesté contre cet absentéisme des élèves qui, par miracle, savent très bien gérer leurs absences lorsqu' ils en décident, avec la complicité de leurs parents. Cette année, du 25 juin au 2 juillet, mes classes comptaient 8 élèves maximum et... zéro minimum; chiffres identiques pour les collègues).

– La Loi qui impose 36 semaines de travail est violée chaque année, trois semaines de travail étant supprimées pour deux millions de lycéens et les 4000 lycées réquisitionnés (Chiffre à peu près identique pour les collèges)

(A lire: A condition que vous puissiez le trouver): Audit de modernisation de la grille horaire des enseignements au lycée général et technologique, Ministère délégué au budget et à la réforme de l' Etat, octobre 2006.

Cet audit est aujourd' hui caché car il remet en question le sacro-saint calendrier scolaire. Aucun candidat à la présidentielle n' a osé abordé ce sujet...et bien d'autres concernant l' Education, mais nous y reviendrons).

A titre de comparaison:

Espagne

11 semaines de vacances l' été

Italie

9 semaines mais aucune coupure ni à la Toussaint, ni en février

Danemark

Un cas à part: les écoles municipales, équivalent de nos niveaux primaires et collèges, sont libres de décider du nombre de jours de vacances et de leur répartition dans l' année, à condition d' offrir un minimum de 200 jours d' études durant une année scolaire. (En Finlande également, les dates de vacances diffèrent d' une école à l' autre)

Allemagne

6 semaines d' été communes aux 16 Länder mais les dates en sont choisies à l' intérieur d' une période de trois mois allant de mi-juin à mi-septembre. La KMK (Conférence permanente des ministres de l' Education et des affaires culturelles) qui coiffe les 16 Länder fixe en concertation avec eux et pour une période de 5 ans les dates des vacances d' été, celles des autres vacances restant totalement libres.

(Une «curiosité» allemande: Les élèves de Bavière partent en vacances d' été le 30 juillet, c' est à dire quatre jours avant la rentrée de ceux de Rhénanie-Westphalie. Un système largement accepté par les responsables politiques et par le public allemand).

Partout ailleurs les vacances d' été sont réduites pour un nombre annuel d' heures de scolarité à peu près comparable au notre:

Danemark

200 jours

Italie

200 jours

Angleterre et Pays de Galles

190 jours

Finlande

190 jours

France

175 à 180 jours

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Lundi 30 juin 2008


Gay Pride à Paris le 30 juin 2007
©AFP/ Mehdi Fedouach
http://www.france-info.com/spip.php?article0&theme=9&sous_theme=43

La Marche des fiertés lesbiennes, gay, bi et transsexuelles, la Gay Pride française, a mis l’Ecole au centre de sa 7e édition, samedi à Paris, pour souligner la nécessité d’une prévention précoce de l’homophobie et la détresse de nombreux jeunes homosexuels.

Les organisateurs ont rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes, à la hauteur des 600.000 réunies en 2007, pour cette manifestation festive organisée autour du slogan "Pour une école sans aucune discrimination".

Le thème choisi, moins politique que les années précédentes, tient compte d’un contexte moins favorable aux idées portées par les associations.

"Nicolas Sarkozy a clairement dit qu’il s’opposait au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels, mais il a laissé des ouvertures sur la question des discriminations", a expliqué Alain Piriou, porte-parole de l’Interassociative lesbienne, gay, bi et transsexuelle (Inter LGBT, qui réunit 60 associations).

"Plutôt que de s’arc-bouter sur les questions où nous sommes en opposition avec la majorité, nous préférons ne pas perdre de temps et travailler" sur les thèmes qui peuvent faire consensus, a-t-il expliqué.

Deux éléments ont poussé au choix de l’Ecole.

"Dans les affaires d’homophobie, une des caractéristiques est d’avoir des agresseurs souvent très jeunes, de 20 ans ou moins. Quelque chose n’a pas été fait en matière de prévention des comportements discriminatoires", relève M. Piriou.

Deuxièmement, "les jeunes homosexuels se suicident 13 fois plus que les hétérosexuels et 32% des homosexuels de moins de 20 ans ont fait une tentative de suicide", a ajouté Philippe Castel, du principal syndicat enseignant, la FSU.

"Un quart des tentatives de suicide des garçons de 15 à 25 ans et 10% des filles du même âge sont très liés à un problème d’homosexualité dont ils ne peuvent parler qu’à la suite de ce geste", relevait Dominique Versini, Défenseure des enfants, dans son rapport 2007.

"Nous ne demandons pas de loi mais des actions de terrain de formation et des outils d’intervention auprès des jeunes", a insisté Alain Piriou, relevant que "si des choses se font dans les lycées, il y a un point de blocage avec le ministère de l’Education pour les collèges".

Mercredi, le ministre de l’Education n’a pas hésité à parler de "l’omerta" qui entoure "l’homophobie à l’école", qui est "toujours présente", dans un entretien à Libération.

Le ministre souhaite que "tout élève qui pourrait subir des vexations, voire des violences, liées à son orientation sexuelle soit protégé".

Pour cela, la circulaire de rentrée 2008 du ministère mentionne pour la première fois explicitement la lutte contre l’homophobie.

M. Darcos entend "rendre systématique à la rentrée l’affichage de la ligne Azur (0 810 20 30 40, pour les questions sur l’identité sexuelle) dans les lycées".

Enfin, la brochure "Homophobie : savoir et réagir", à destination des enseignants et professionnels, sera disponible au sein de tous les établissements.

Samedi, les manifestants sont partis à 14h00 de la place Denfert-Rochereau pour gagner la place de la Bastille.

En passant le pont de Sully, les marcheurs ont été invités à payer "l’octroi", seule source de financement de l’Inter-LGBT, association non subventionnée.

A 16h30, trois minutes de silence ont été observées contre le sida. "Aujourd’hui en France, un gay sur cinq est séropositif", rappellent Aides et Act-Up Paris. "Il est plus que jamais nécessaire de se remobiliser massivement pour endiguer l’épidémie".

http://www.france-info.com/spip.php?article0&theme=9&sous_theme=43

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Lundi 30 juin 2008


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P
rincipalement opérée pour la première fois par un logiciel, l'affectation, pour la rentrée 2008-2009, des élèves dans les classes de seconde des lycées parisiens est "une réussite", affirme le rectorat de Paris. Le recteur, Maurice Quénet, devait donner des précisions à ce sujet, lundi 30 juin, lors d'une conférence de presse.

"L'avis général des chefs d'établissement est positif", estime pour sa part Albert Munoz, proviseur du lycée Charlemagne, indiquant que 93 % des élèves concernés dans l'académie ont été affectés par informatique. Présentée comme une "suppression de la carte scolaire" des lycées, cette réforme abolit les quatre districts à l'intérieur desquels les voeux des familles étaient formulés. Elle fonde une nouvelle régulation sur une liste de critères objectifs : proximité géographique, élèves handicapés ou malades, boursiers, regroupement de frères ou soeurs, et notes obtenues au collège.

M. Munoz connaît aussi les problèmes de carte scolaire côté collège car, comme une trentaine de ses collègues parisiens, il est à la tête d'une "cité scolaire" qui regroupe les deux types d'établissement. Il espère que l'articulation des deux modes d'affectation permettra de réduire la pression que fait peser sur son collège l'afflux des demandes.Son établissement "historique" et de centre-ville est du genre que convoitent les parents aisés des 18e, 19e et 20e arrondissements. Mais il est d'autant plus "impossible de satisfaire ces demandes" qu'elles ont été amplifiées par l'annonce, en 2007, de l'assouplissement de la carte scolaire, dans la perspective de sa suppression en 2010. N'ayant retenu que la "suppression", de nombreux demandeurs ont été déçus. "Il nous faut accueillir les élèves du secteur et, ensuite, seulement ceux hors secteur selon les critères définis par le ministère", explique le proviseur de Charlemagne.

En 2007, le rectorat a ouvert une classe de 6e supplémentaire à Charlemagne et une autre à Hélène-Boucher, autre cité scolaire. Pour 2008, le ministère a reconduit les critères fixés au niveau national en 2007 (les mêmes que pour les lycées parisiens, sauf les notes, qui ne sont pas prises en compte) et fait passer la consigne de satisfaire un maximum de demandes. Mais les capacités d'accueil n'ont pas changé et forment un butoir.

DÉROGATIONS EN HAUSSE

Toujours à Paris, mais dans un autre univers social et urbain, le collège Jean-Baptiste Clément, dans le 20e arrondissement, doit lutter contre la tendance à l'évitement de la part des milieux aisés. Avec succès jusqu'à présent : il compte 45 % de catégories socioprofessionnelles (CSP) "défavorisées", mais aussi 20 % de "favorisées".

Pour Gilles Zadem, principal depuis cinq ans et responsable, pour Paris, de la commission métier du Syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN), l'enjeu est de "faire vivre cette mixité sociale", à travers différents dispositifs attractifs (comme une section bilingue), une mobilisation d'équipe et un persévérant travail d'image réalisé avec des parents militants de la mixité. L'assouplissement de la carte scolaire, depuis la rentrée 2007, n'a eu, au final, aucune incidence sur les effectifs de ce collège.

En 2007, les dérogations accordées dans les collèges et les lycées français ont progressé de 20 % - soit 13 653 - pour atteindre un total de 67 110. L'évolution des effectifs d'un établissement peut être attribuée à de multiples causes. "C'est seulement fin septembre que l'on connaîtra vraiment la nouvelle situation de 2008", remarque Nicolas Renard, président de l'Observatoire des zones prioritaires (OZP) et principal d'un collège à Asnières (Hauts-de-Seine).

Luc Cédelle

LeMonde.fr
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Lundi 30 juin 2008


http://www.objetvolant.com/html/spaw/images/MediaReflects_frame.jpeg

Rayon médias des librairies, l'influence fait l'actualité. Laquelle? Les deux: celle du pouvoir et de l'argent sur les médias et les journalistes; celle des médias sur les électeurs et la société.

L'éviction de Patrick Poivre d'Arvor du journal télévisé de TF1 suscite de fortes suspicions à l'endroit du président Sarkozy, qui n'aurait pas supporté de se faire comparer à un «petit garçon». Le président aurait joué de ses relations avec le propriétaire de la chaîne privée, Martin Bouygues.

Autre son de cloche, l'audience du «20 heures» subit une érosion inquiétante et PPDA aurait tout simplement fait son temps.

Pressions occultes?

Au même moment, un autre exclu, Alain Genestar, publie un petit livre intitulé L'Expulsion. L'auteur a été licencié de la direction de la rédaction Paris Match, qui avait diffusé en 2005 des photographies de l'ex-Madame Sarkozy en compagnie de son amant de l'époque, aujourd'hui devenu son mari. Nicolas Sarkozy n'était alors que ministre de l'Intérieur. Il connaissait déjà très bien Arnaud Lagardère, premier actionnaire et gestionnaire éponyme du groupe auquel appartient le magazine.

Réaction de Pierre Leroy, cogérant du groupe, à la parution du livre: depuis le changement de direction, en juillet 2006, la vente en kiosque du magazine a augmenté de 10,6%, alors qu'elle s'était dégradée de 13,5% au cours des deux années précédentes. Lagardère ne serait pour rien dans la mise à pied de Genestar. D'ailleurs, L'Expulsion paraît chez Grasset, autre société du groupe (Le Figaro du 17 juin).

Quelle version retenir, dans les deux cas, des pressions occultes ou de la glaciale réalité des chiffres? Le statut de vedette, à TF1 comme à Paris Match, favorise la théorie du complot, la plus croustillante. On ose donc toucher à ces «olympiens» (pour reprendre l'heureuse trouvaille d'Edgar Morin, dont L'Esprit du temps vient d'être réédité chez Armand Colin)!

Patrick Eveno pose la question: Les médias sont-ils sous influence? J'apprécie cet historien de la presse. Il privilégie les faits, il est un honnête homme. Son livre, vif et concis, se lit d'un seul souffle.

Patrick Eveno s'intéresse aux médias et au journalisme français. Il renverse comme des quilles quelques idées reçues, qui ont aussi cours ailleurs. Influence politique, influence économique, influence de la publicité: ces influences existent, il ne le nie pas, mais elles ne datent pas d'hier. Elles ne se coulent pas toujours dans les moules convenus du discours critique. Elles passent par des contradictions et révèlent des paradoxes.

Aux voix qui s'alarment et dénoncent, on est tenté de répondre après lecture que la presse écrite n'a cessé au cours de son histoire de composer avec ces influences. Et que sur la durée, elle ne s'en est jusqu'ici pas si mal tirée.

Ce n'est pas une raison pour s'aveugler: des doutes se sont installés dans le public quant à la crédibilité et à l'indépendance des journalistes. Cela n'empêche personne de mettre en cause par ailleurs l'influence des médias sur la société et la politique!

Dernière actualité de l'édition: la parution de la première traduction française de l'ouvrage fondateur de deux chercheurs américains Elihu Katz et Paul Lazarsfeld: Influence personnelle. Ce que les gens font des médias (Armand Colin). Il aura fallu attendre plus de cinquante ans. C'est dire que la question est loin d'être épuisée.

Les médias sont-ils sous influence? de Patrick Eveno, Editions Larousse, coll. «à vrai dire», 128 pages.

http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/l_actu/culture/detail_culture/(contenu)/240810

communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 30 juin 2008


http://www.ganesha-events.fr/img/presse.jpg

Derniers jours avant les vacances. Il est donc logique que la revue de presse s’arrête elle aussi à la fin de la semaine. Mais l’actualité éducative va t-elle faire une pause ? Pas vraiment...
Dans les jours qui viennent, on devrait avoir la
publication du rapport de la commission Guesnerie sur les manuels et les programmes de sciences économiques et sociales, des propositions concernant les futurs masters d’enseignement destinés à régir la formation des enseignants de demain, et bien sûr le 10 juillet prochain, les propositions de Jean Paul de Gaudemar, recteur d’Aix-Marseille, chargé d’une mission de préparation de la réforme du lycée.

On peut légitimement s’interroger sur les raisons de ces propositions si tardives. C’est avec la multiplication des annonces, une autre dimension de la stratégie de communication du ministère et du président. Une manière d’éviter ou d’atténuer les réactions.

Alors, même en vacances, il va falloir garder un œil ouvert et rester vigilant... !

Dominique Piveteaud, enseignant à l’école Cavé, dans le 18e arrondissement de Paris, risque d’être muté d’office, voire de passer en commission de discipline. Il perdra, du même coup, la possibilité d’exercer sa mission de maître-formateur à l’IUFM, puisque toutes les écoles ne possèdent pas de tels postes. «  C’est ce que souhaite l’inspecteur de l’académie de Paris, assure-t-il. Il ne veut plus que je forme d’autres enseignants. Mais il ne veut pas non plus que cela passe pour une sanction. ».

Selon les enseignants et parents qui le soutiennent Dominique Piveteau serait victime de ses engagements pédagogiques et politiques. Il participe au mouvement RESF contre l’expulsion d’enfants sans papiers. Investi pédagogiquement, il est adhérent au Groupe français de pédagogie nouvelle (GFEN) et auteur de plusieurs ouvrages publiés à l’École des loisirs. On n’apprécierait pas, enfin, les positions qu’il affiche en conseil pédagogique, souvent opposées à celles de son inspectrice de circonscription. Celle-ci avait demandé à l’inspecter, en mars. Dominique Piveteaud a refusé. « J’ai déjà été inspecté sans problème il y a deux ans  », se défend-t-il, quand la norme est d’une inspection tous les quatre ans.
Plusieurs journaux dont L’Humanité se font l’écho de ce mouvement qui s’ajoute à toutes les autres mobilisations de cette fin d’année.

Avec Dominique Glasman, de l’université de Savoie, Stéphane Beaud, professeur à l’ENS (Ecole normale supérieure), lance une pétition intitulée « Quelle recherche en éducation demain ? » . Les deux sociologues s’inquiètent de la suppression de données indispensables pour les chercheurs, (telles que la catégorie socio-professionnelle) dans les enquêtes de l’Education nationale.

Si vous voyez un rapport dans l’information suivante avec tout ce qui précède c’est que vous avez l’esprit mal tourné...

En Roumanie, le Sénat a voté à l’unanimité une proposition de loi qui oblige les journalistes à diffuser 50% d’informations positives pour éviter “ l’extraordinaire nocivité des informations négatives et leurs effets irréversibles sur la santé et sur la vie des gens
Je vais donc finir par une information positive : il fait beau et chaud...

Bonne Lecture...

La suite ici:

http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=3817

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