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Samedi 8 décembre 2007

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Samedi 8 décembre 2007


"Tu vois, mon pote, on vieillit et les ennuis s'accumulent. Un jour, toi et moi, on sera en train de déambuler dans une ruelle, tous les deux, au coucher du soleil, et de fouiller les poubelles.
- Tu veux dire qu'on finira comme de vieux clochards?
- Pourquoi pas, mon pote? Naturellement on y arrivera si on en a le désir, avec tout ce que ça comporte. Il n'y a rien de mal à finir de cette façon. Tu passes toute une vie sans t'occuper de ce que veulent les autres, y compris les politiciens et les richards, et personne ne se soucie de toi et tu te défiles et tu frayes ta propre route." J'approuvai. Il en venait à la résolution taoiste par la voie la plus simple et la plus directe. "Quelle est ta route, mon pote? C'est la route du saint, la route du fou, la route d'arc-en-ciel, la route idiote, n'importe quelle route. C'est une route de n'importe où pour n'importe qui n'importe comment. Où qui comment?" Nous hochâmes la tête sous la pluie. "Merrrde, et il faut faire gaffe à sa pomme. Ce n'est pas un homme qui ne galoppe pas, écoute ce que dit le docteur. Je vais te dire, Sal, carrément, peu importe où j'habite, ma valoche dépasse toujours par-dessous le lit, je suis prêt à partir ou à me faire virer. J'ai décidé de laisser tout me filer entre les doigts. Tu m'as vu, toi, m'évertuer et me crever le cul pour réussir et tu sais, toi, que c'est sans importance et que nous avons le sens du temps, la façon de le ralentir et d'arpenter et de savourer et de se contenter des voluptés du nègre antique, et que sont les autres voluptés? Nous autres, nous savons." On soupirait sous la pluie. Elle tombait d'un bout à l'autre de la vallée de l'Hudson, cette nuit-là. Les grands quais internationaux le long du fleuve vaste comme la mer en étaient inondés, les vieux pontons des vapeurs de Poughkeepsie en étaient inondés, les vieux Lac des sources de Split Rock en était inondé, le mont Vanderwacker en était inondé.
- C'est ainsi, dit Dean, que je déambule dans l'existence, je la laisse me promener.

Jack Kerouac, Sur la route, p 355

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Samedi 8 décembre 2007

NOUVELOBS.COM | 08.12.2007 | 15:37

Le syndicat des personnels de l'Education révèle la consigne du ministère de geler les annonces d'ouvertures et fermetures de classes jusqu'après les élections. Le but: éviter les mécontements dus aux 11.200 suppressions de postes prévues.

Le Sgen-CFDT accuse, vendredi 7 décembre, le ministère de l'Education nationale d'avoir donné consigne aux inspecteurs d'académie de repousser l'annonce de la carte scolaire 2008 après les élections municipales de mars, afin d'éviter les mécontentements liés aux 11.200 suppressions de postes prévues à l'Education nationale.
Joint par l'Associated Press, vendredi en fin d'après-midi, le ministère explique qu'il est "d'usage", au moment d'élections municipales, d'attendre que la nouvelle équipe soit en place pour "terminer les négociations sur la carte scolaire". Il rejette toute "démarche électorale".

"Cuisine électorale"

La carte scolaire est l'annonce de la répartition des postes par établissements. Elle est préparée entre janvier et mars, chaque année, pour la rentrée scolaire du mois de septembre suivant.
"Onze mille deux cents suppressions de postes annoncées pour l'Education nationale dans le budget 2008, évidemment ça se voit sur le territoire!", ironise le Sgen-CFDT dans un communiqué publié vendredi.
Dans ce texte intitulé "Quand l'école est réquisitionnée au service de la cuisine électorale", le syndicat affirme que "pour éviter que les fermetures de classes ou d'écoles ne soient connues avant les élections municipales, le ministère (...) a donné consigne aux inspecteurs d'académie de retarder l'annonce de la carte scolaire pour la rentrée 2008".

"Légèreté"

Le syndicat des personnels de l'Education "dénonce cette décision scandaleuse qui révèle un mépris profond pour les citoyens, doublée d'une légèreté coupable vis-à-vis du fonctionnement de l'école".
"En effet", ajoute le syndicat, "retarder les opérations de carte scolaire, c'est rendre très difficile les opérations d'affectation des personnels et la préparation pédagogique de la rentrée 2008 dans les écoles, aggraver les conditions de travail des personnels administratifs chargés de mettre en oeuvre ces opérations et mettre en difficulté les municipalités qui doivent prévoir des mesures d'accompagnement".
"Le gouvernement doit assumer ses choix budgétaires et revenir à un calendrier plus respectueux de l'organisation de l'école que des opérations électorales", tance le communiqué. (Avec AP)
     

http://tempsreel.nouvelobs.com/

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Samedi 8 décembre 2007

1 771 000 entrées à la Bibliothèque publique d’information du centre Georges Pompidou, à Paris, en 2005 ; il est vrai que la fréquentation y avait culminé à 4 252 000 personnes en 1985. Cela représente aujourd’hui 5730 personnes qui chaque jour espèrent ou parviennent à entrer dans cet espace de lecture de 10000 m². Or la Bpi n’offre jamais que 2000 places auxquelles il faut certes ajouter 370 postes multimédias en consultation.

2370 places pour 5730 lecteurs; si certains ont la mauvaise idée de s’attarder à leur table, mécaniquement, la queue se forme, et ce sont des heures d’attente, des heures perdues, que les lecteurs doivent subir. Le Centre n’a jamais mis en place d’autre système d’entrée que l’ordre d’arrivée ; à l’heure de l’Internet, on en reste étonné. Des principes de fonctionnement hérités de longue date ne doivent-ils pas être repensés, lorsque le bien-être de tous aurait tout à y gagner?

L’effort en faveur des bibliothèques est en effet indispensable; une bibliothèque n’est pas seulement un lieu de lecture. On y mène des recherches et il n’est pas de bonne recherche qui se passe d’une documentation de qualité, que l’accès à internet ne saurait remplacer mais seulement compléter. Une bibliothèque, c’est aussi un lieu de socialisation.

Si la Bpi se trouve ainsi engorgée, c’est parce que notre offre de bibliothèques ne suffit pas à répondre aux besoins. Dans le fond, à la grande misère de nos universités, répondent les insuffisances de notre offre en bibliothèques. Parmi les profondes défaillances de cette offre, se pose la question des horaires d’ouverture. L’attente à la Bpi, mais aussi à la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris, et aussi dans les bibliothèques en région, pourraient être pour partie limitées grâce à un accroissement des plages horaires de fonctionnement de l’ensemble des bibliothèques. Faut-il en effet mentionner les fermetures de l’été, celles des dimanches, bref, celles des moments disponibles pour la recherche ?

Christine Albanel a annoncé, dans le cadre d’un plan plus vaste en faveur du livre et de la lecture, un plan en faveur de l’ouverture des bibliothèques, élément essentiel de l’amélioration de la condition étudiante. Il s’agirait d’élargir les plages horaires existantes en employant des étudiants dans le cadre du monitorat. L’objectif est donc double: amplifier l'ouverture au public tout en créant des emplois (il faut savoir que près de 50% des étudiants exercent une activité salariée, qui peut aller de la garde d'enfants à des emplois d’encadrement, leçons particulières, emplois dans la restauration rapide, activités d'animation, d'enquête, de surveillance ou d'enseignement). Le plan s’inspire des expériences qui existent déjà. A Toulouse par exemple, des étudiants prêtent main forte au personnel habituel ; à Bordeaux de même l'ouverture a pu passer de 36 à 47 heures hebdomadaires grâce au monitorat, dont il faut espérer que les rémunérations sont correctes.

Il y a fort à faire: pour comparaison, la bibliothèque publique de New-York ouvre 49 heures par semaine. Nous sommes surtout bien loin des horaires d’ouverture des bibliothèques universitaires américaines ; à Berkeley, la bibliothèque est ouverte non stop de 9 heures du matin à 9 heures du soir du mardi au samedi. Il faut ajouter à cela 7 heures le lundi, 8 le samedi, et 6 le dimanche. Un total de 69 heures.

Bref, le projet du ministère est une bonne nouvelle, même si l’on sent bien que dans la pénurie d’argent public et les priorités jusqu’ici affichées, le plan d’ouverture reste à finaliser. Il passe notamment par une meilleure concertation entre les deux ministères plus souvent frères ennemis que bons camarades, celui de l’éducation, et celui de la culture.

http://rue89.com/blog/en-pleine-culture/la-grande-misere-des-bibliotheques-francaises

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Samedi 8 décembre 2007

Le pouvoir d’achat, c’est le nom savant de l’argent. Et la plupart de ceux qui ont voté pour Nicolas Sarkozy tardent à voir leur retour sur investissement électoral. Le pouvoir d’achat, c’est l’Arlésienne, c’est Godot, son augmentation est toujours pour demain. On l’imaginait différemment, la manne présidentielle : pour la pluie, c’est fait ; pour le blé, ce n’est pas ça. On ne demande pourtant pas le même pouvoir d’achat que les amis du Président, Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré, Martin Bouygues. Il y a de la marge. D’un autre côté, si la paupérisation du pays est en marche, il faut en voir aussi les avantages. Plus besoin de délocaliser, le travail va finir par être aussi bon marché chez nous qu’en Asie. Et la question de l’immigration sera résolue une fois pour toutes : les pauvres ne verront plus l’intérêt de venir travailler dans un pays de pauvres. Allez, patrons, encore un effort ! Afin de fluidifier les rapports sociaux, il faudra que les Restos du cœur fassent école dans d’autres activités. Des «banques du cœur» distribueront de l’argent dans les rues. On pourrait prendre une mesure pas trop compliquée pour augmenter le pouvoir d’achat, baisser le prix du loto. Seuls les amis des animaux se satisfont de la situation actuelle qui fera s’effondrer la vente de foie gras. Noël sans pouvoir d’achat, c’est la fiesta pour les oies. Bientôt on travaillera tellement plus qu’on n’aura même plus le temps d’acheter quoi que ce soit.

Dans les régimes communistes non plus, les gens ne pouvaient rien s’acheter, mais, au moins, ils ne fichaient rien. Augmenter la productivité ? Ce n’est pas notre faute si on n’est pas des Chinois ou des Japonais, on n’est que des Français. Décidément, on a pris de mauvaises habitudes : on a notre dimanche, on s’interrompt pour déjeuner, et aujourd’hui il faudrait construire des pyramides ? On n’est pas trop chauds. Il y a des contestations sur l’inflation. On devrait intégrer un appartement de deux cents mètres carrés au Trocadéro dans l’indice des prix, on se rendrait mieux compte comme ils ont augmenté. Et les «avantages acquis». L’emploi de ces mots est désormais tel que c’est comme si ces avantages avaient été mal acquis et ne devaient jamais nous profiter, en toute morale. Mais s’ils sont acquis, on ne devrait pas avoir le droit de nous en priver. Donner c’est donner, reprendre c’est voler. Et, au contraire, on apparaît maintenant comme des parvenus. «Eux, ils se la pètent avec leurs trente-cinq heures, mais pour qui ils se prennent ? Ça veut tout. Ils ont une voiture, ils ont un portable et ils réclament encore du pouvoir d’achat ?» En revendiquer avec la dette qu’on a, pour un peu ce serait indécent. On a l’impression que le gouvernement veut organiser les soldes sur les avantages acquis. Tout doit disparaître.

On lèche le cul de Kadhafi, celui de Poutine, celui de Bush, et pas un sou de plus. A quoi bon ? C’est de la perversion pure et simple. Que le prix du pétrole augmente, on n’y peut rien. Mais celui du Ricard ? On devrait mettre des taxes flottantes sur le pastis. On nous dit qu’on a mangé notre pain blanc, mais on ne savait pas que c’était le pain blanc ; et maintenant, sous prétexte de liberté, égalité, fraternité, c’est pain noir pour tout le monde (ou presque). A quoi ça sert que TF1 nous vide le cerveau pour le rendre plus accessible à Coca-Cola si on ne peut plus acheter quoi que ce soit ? Tout le monde sera bien avancé quand on aura à la fois le cerveau et le ventre vides.

http://www.liberation.fr/rebonds/chroniques/voxpopuli/296622.FR.php

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Samedi 8 décembre 2007

Pour Bertrand Monthubert, président de l’association Sauvons la recherche (SLR), « les médias ont mal traduit le sentiment du monde universitaire sur la loi Pécresse, en donnant la parole aux présidents d'université » qui se voient confier des pouvoirs exhorbitants, porteurs de nombreuses dérives. Il dénonce la « responsabilité extrêmement grave qu’a pris le pouvoir politique » en n'ouvrant pas le dialogue à l'université: « On encourage les formes les plus radicales de contestation ».

La nouvelle pétition contre la loi LRU lancée par Sauvons la recherche, Appel pour une autre réforme du service public d'enseignement supérieur et de la recherche a été signée par 16.000 personnes. Une autre pétition est à signer en ligne «les présidents d’université ne parlent pas en notre nom ».

 

 

Qu’est-ce que vous pensez de la couverture médiatique du mouvement contre la loi Pécresse. On a l’impression que le mouvement est moins compris et moins suivi que ne l’avait été celui du CPE?

La manière dont les médias ont couvert la mobilisation étudiante n’est pas tout à fait conforme à ce que l’on perçoit. On a focalisé l’attention sur certains mots d’ordre qui n’étaient pas les plus mobilisateurs pour le monde enseignant. En réalité les revendications des étudiants et des enseignants chercheurs étaient très souvent convergentes, notamment sur la crainte d’une hyperprésidentialisation des universités induite par la loi Liberté et Responsabilité des Universités (LRU). Les présidents d’université vont avoir d’énormes pouvoirs au détriment de formes de collégialité qui sont historiques et essentielles dans le fonctionnement de l’université. A cela s’ajoute les craintes - partagées par les étudiants et les personnels - d’un désengagement potentiel de l’Etat, sachant que l’Etat aujourd’hui est déjà peu engagé, et que la situation risque d’empirer avec des inégalités extrêmement fortes entre les établissements. Notre pétition a un objectif un peu plus large, c’est d’expliquer que la loi LRU ne peut pas être vue de manière isolée. C’est une pièce d’un puzzle de réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche. Simultanément à l’adoption de la loi LRU, on a eu des évolutions sur les organismes de recherche, en particulier le CNRS qui s’est trouvé affaibli. Il y a la crainte d’un démantèlement dans les mois ou les années à venir. Des protestations et une lettre ouverte ont été adressée à la ministre signée par plus de 70% des directeurs de laboratoires CNRS.

Vous avez tardé à entrer dans le mouvement, vous avez peut être même attendu sa fin…

On ne peut pas dire ça. On a commencé à expliquer que la loi LRU portait des graves risques de dérive, dès le mois de juin, au moment où l’on a eu les première version de cette loi. Des actions ont été menées au cours de l’été. Nous ne sommes pas restés passifs. Le fait que les étudiants se soient mobilisés a été important pour nous. Et cela nous a conduit à essayer de mobiliser les enseignants et les chercheurs. Nous ne souhaitions pas parler uniquement de la loi LRU et de son abrogation, mais de l’ensemble du dispositif de l’enseignement supérieur et de recherche. Pour nous, le fait que les laboratoires de recherches, qui pour beaucoup sont des unités mixtes entre le CNRS et les universités, soient fragilisés c’est extrêmement grave aussi.

Vous dites dans votre pétition que les journalistes ont essentiellement relayé la parole des présidents d’université….

En ce qui concerne les personnels, on a vu beaucoup de commentaires selon lesquels les universitaires étaient satisfaits de cette loi et ce n’est pas vrai. Un certain nombre de présidents d’université - et encore pas tous -, sont satisfaits de cette loi et la soutiennent. Mais pas forcément les enseignants-chercheurs qui dans les université ont analysé cette loi et ont vu les dangers qu’elle comportait. Donc, il y a eu une mauvaise traduction du climat chez les personnels de l’enseignement supérieur par un certain nombre de médias.

Vous dénoncez les pouvoirs accrus, voire même le despotisme des présidents d’Université que risque d’engendrer la loi Pécresse…

Oui, il y a un renforcement fort du pouvoir des présidents d’université au détriment de la collégialité, et cela se fait sans l’établissement d’aucun contre-pouvoir. Si l’on regarde les grandes universités américaines par exemple ont des présidents qui ont des pouvoirs non négligeables mais qui à chaque fois sont accompagnés de contre-pouvoirs. Il y a par exemple des sénats de professeurs qui peuvent exprimer une opposition et éviter des dérives. Avec la loi qui a été votée, on ne pourra pas s’opposer à certaines dérives. Très concrètement, une des choses les plus importantes dans les universités, c’est ce moment où l’on recrute des enseignants chercheurs. La loi permet aux présidents d’université d’exclure des jurys de recrutement des personnes qu’elles ne souhaiterait pas. Cela signifie la possibilité de mener des guérillas universitaires. C’est très préoccupant. Chacun sait la manière dont les choses risquent de se passer dans son université - les magouilles, les copinages, etc. L’autre chose c’est que le Président va avoir des pouvoirs très importants pour recruter des personnels contractuels sans passer par un processus d’évaluation par des experts compétents, c’est aussi la porte ouverte à des dérives importantes.

Vous parlez du risque d’un désengagement financier de l’Etat mais vous parlez assez peu de celui de l’entrée des partenaires privés, comme le font les étudiants…

Les étudiants ont raison de s’inquiéter du fait que les partenaires privés pourraient obtenir un poids important, qu’une dépendance s’installe vis à vis de certaines entreprises pour l’élaboration de certains diplômes. Il est clair qu’un financement privé doit être absolument assorti de grosses garanties en terme d’indépendance à ce niveau là. Ce qu’on peut craindre aussi, c’est que le financement privé soit cantonné à quelques filières de quelques grosses universités. Et qu’en réalité la plupart des universités n’en touchent à peu près rien. Il ne faut pas en rester à la question "est-ce qu’on veut ou pas du financement privé?", il faut se poser la question "est-ce qu’il y en aura?". Le gouvernement a habilement joué en faisant porter le débat sur la question "est-ce qu’il en faut ou pas?" Et en laissant miroiter le fait qu’il y aurait du financement privé alors que rien n’indique qu’il y en aura. Pourquoi il y en aurait demain plus qu’aujourd’hui? Si l’on regarde la loi, la seule évolution concerne la création des fondations, mais il y avait déjà des mesures de défiscalisation dans le système précédent, à hauteur des deux tiers des sommes données à des universités. Est-ce que pour autant les entreprises en donnaient? Pas tellement. Donc on risque de se retrouver dans une situation où l’on aura fait miroiter le fait qu’il y aurait de l’argent privé, et concrètement l’Etat ne s’engagera pas suffisamment. Si le secteur privé ne s’engage pas, les universités se retrouveront toujours aussi pauvres.

On a l’impression qu’une page se tourne question concertation… La loi est votée au mois d’août, les présidents n’hésitent plus à accompagner les CRS à l’intérieur des universités…

On est dans une situation qui est très préoccupante, par l’absence de prise en compte du dialogue – tout en jouant sur l’image du dialogue. Le gouvernement a dit qu’il lançait une concertation qui était tout à fait factice. En deux semaines, il n'a vu que quelques organisations. Tout ceux qui suivaient de près la situation ont vu que c’était de la poudre aux yeux. Il n’y avait pas de réelle concertation. Les gens qui se sont mobilisés ont compris que le dialogue était impossible et que le gouvernement avait une idée fixe dont il démordrait peu. Cela encourage évidemment les formes les plus radicales de contestation. C’est une responsabilité extrêmement grave qu’a pris le pouvoir politique. Il y a une évolution des formes de mobilisation. Une crispation préjudiciable qui va à l’encontre de l’esprit de l’Université. La responsabilité est à chercher dans le fait que le gouvernement a refusé le dialogue constructif.

L’entrée des enseignants dans le mouvement peut rouvrir le dialogue?

Il faudra bien réussir à rouvrir le dialogue. Essayer de violer une communauté en lui imposant des modifications profondes qui ne vont pas dans le sens de ce qu’elle a besoin ou de ce qu’elle souhaite, cela crée une situation de blocage. Il faut souhaiter que le dialogue se rouvre le plus vite possible plutôt que d’entrer à une situation de blocage institutionnel si le gouvernement persiste à ne rien entendre. La mobilisation on ne peut pas la mesurer au nombre de gens qui sont descendus dans la rue. Notre pétition qui en quelques jours a réuni 16.000 signatures montre qu’il y a un mouvement de fond, qui est le prélude à une mobilisation, qui s’installera dans la durée. Beaucoup de conseils d’université ont voté des motions dénonçant les dérives de la LRU. D’autres instances d’évaluation des organismes de recherche ou des universités -comme le conseil national des Universités - doivent continuer à exprimer leur préoccupation. Notre pétition par exemple a été signée par le président des sections du comité national de la recherche scientifique ainsi que par la présidente de la conférence permanente du conseil national des universités, c’est tout à fait significatif.»

Propos recueillis par KARL LASKE

http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/12/bla-bla-quest-c.html

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Samedi 8 décembre 2007

rebellyon.info/article3277.html.

Manifestation de Survie, devant les grilles du Sénat, ce jeudi (A. Chareyron)

Nicolas Sarkozy avait promis, durant sa campagne présidentielle, une rupture avec les régimes corrompus et autoritaires. Et annoncé, lors de son discours d'investiture, une politique de la France au service des droits de l'homme dans le monde. Ces espoirs ont été vite déçus.

Les visites d'Omar Bongo, de Denis Sassou Nguesso ou du président centrafricain François Bozizé à l'Elysée, le voyage de Nicolas Sarkozy au Gabon, n'ont été accompagnés d'aucun discours de fermeté. Force est de constater que, sur le plan de la communication présidentielle relative aux droits de l'homme, l'Afrique apparaît totalement absente.

Ce mercredi 6 décembre, à l'instant où les radios retransmettaient les messages radios adressés par Nicolas Sarkozy pour la libération d'Ingrid Bétancourt, signe d'un volontarisme diplomatique que l'on ne peut que saluer, on pouvait regretter de voir s'ouvrir au Sénat, sous le patronage de ce même président, un "Forum mondial du développement durable" inauguré par le pétro-dictateur congolais Denis Sassou Nguesso et organisé par la revue Passages.

Les partenaires habituels de la "dictature durable" au Congo, les groupes Total ou Bolloré ne manquaient évidemment pas à l'appel, de même que d'autres sponsors de poids comme Suez, BP, EDF, la Poste et la Sncf, sans oublier le ministère des Affaires étrangères.

Une seule sénatrice a réagi à ce colloque

Après les hommages rendus à Bongo, le paternalisme du discours de Dakar, les accolades au tchadien Idriss Déby (malgré un contexte diplomatique difficile), c'est donc aujourd'hui un camouflet de plus que la France adresse aux démocrates africains, cette fois au Palais du Luxembourg, enceinte censée incarner la démocratie et la représentation populaire. Les parlementaires français qui réclament depuis longtemps plus de contrôle sur la politique étrangère peuvent-ils cautionner un tel cynisme diplomatique dans leurs propres murs?

Peu ont malheureusement réagi aux courriers de protestation émanant d'une quinzaine d'associations qui les invitaient à dénoncer la présence du dictateur congolais à ce colloque parrainé par le Sénat, en particulier par sa commission des finances. A part une sénatrice, qui s'est fendue d'un courrier au président Poncelet et quelques attachés parlementaires "compatissants", les réactions ont brillé par leur absence.

Les manifestants venus afficher leur opposition à ce colloque ont même été surpris de se voir refuser par la police l'accès aux jardins du Palais du Luxembourg, lieu prétendument "privé". Mais n'est-ce pas les citoyens que l'on a ainsi privés d'expression? Etait-il normal de voir, comme cela a pu être constaté sur place, des policiers dissuader des passants de rejoindre un rassemblement pacifique organisé dans un lieu aussi symbolique, et fouiller systématiquement leurs sacs? Triste image qui permet également de relativiser l'état de la démocratie en France.

Manifestation de Survie devant les grilles du Sénat, ce jeudi (A. Chareyron)

Il y a en Afrique des laissés pour compte de la "rupture"

Les paradoxes de la diplomatie française amènent des questionnements sur la valeur relative accordée au droits de l'homme en fonction des continents, car pour quelques infirmières bulgares, un poignée de zozos humanitaires français ou une femme politique franco-colombienne pour lesquels d'importants efforts diplomatiques sont fournis, combien d'Africains seront laissés à leur triste sort, combien de Congolais condamnés à la pauvreté, combien de journalistes emprisonnés dans le silence?

Il y a manifestement en Afrique des laissés pour compte de la "rupture" et de l'hyper communication présidentielle sur cette prétendue défense des droits de l'homme. Des droits si vite oubliés quand les intérêts économiques sont en jeu en Libye, au Congo, au Gabon (mais aussi en Russie, on l'a vu récemment). On peut pourtant le dire sans provocation et sans relativiser le sort des victimes qui bénéficient du soutien de la France: il y a 3 millions d'otages au Congo, victimes de l'arbitraire, de la répression et de la mauvaise gestion des affaires publiques. Il y a également des milliers de familles qui pleurent les crimes impunis du régime congolais (à l'exemple des 353 "disparus du Beach" assassinés en 1999).

Quel message tient aujourd'hui à leur adresser Nicolas Sarkozy? Demain s'ouvre à Lisbonne le deuxième sommet UE-Afrique, un sommet qui aurait pu ne pas avoir lieu car les Britanniques menaçaient de le boycotter, si le président zimbabwéen Robert Mugabé était invité. La présence de Denis Sassou Nguesso, d'Omar Bongo et des autres dictateurs de la Françafrique n'a malheureusement pas posé autant de problème, en tout cas pas à la France.

Mais comme il est bien prévu à l'ordre du jour de ce sommet de parler de gouvernance et de démocratie, il paraît légitime d'espérer qu'à cette occasion, le président français osera prononcer un discours ferme sur le respect des droits de l'homme en Afrique et lancer ainsi un message de soutien à un continent tout entier qui l'attend avec impatience. Mais au-delà des discours incantatoires, ce sont bien des actes qui devront être enfin posés par la diplomatie française en matière de démocratie et de respect des droits de l'Homme.

http://rue89.com/2007/12/06/au-congo-trois-millions-dotages-de-la-francafrique

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