“Le retour du retour aux fondamentaux ”.
Le titre utilisé par 20 minutes résume assez bien le sentiment à la lecture du discours de Périgueux du 15 février qui rassemble les propositions de Nicolas Sarkozy pour l’école primaire.
Pour lui, "Notre école primaire ne se porte pas bien". Ainsi, "15% des élèves sortent de notre école primaire en grande difficulté", soit "100.000 enfants par an". Il s’est donné pour objectif
de "diviser par trois d’ici la fin de mon quinquennat le taux d’échec scolaire à l’issue du CM2". Comment ?
Par le retour aux fameux “fondamentaux”, tarte à la crème de tous les ministres et particulièrement de Gilles de Robien. Comme si l’enseignement des fondamentaux avait été abandonné un jour...
s’insurge une directrice d’école interrogée par 20 minutes.
Résumons les principaux ingrédients de la recette. Moins d’heures de cours puisque l’école du samedi c’est fini mais mise en place d’une école du soir pour les élèves en difficulté et stages de
rattrapage gratuits pendant les vacances. Les « nouveaux programmes présenteront en quelques pages, dans un langage évitant tout jargon, l’ensemble d’un cursus désormais recentré sur le
français et les mathématiques » a déclaré le président. Voilà donc ces fameux fondamentaux avec en prime une pincée d’ “anti-pédagogisme”...
Une louche d’instruction morale avec respect des valeurs et des emblèmes de la République , on demandera aussi aux enfants de se lever à l’écoute de l’hymne national. Et puis dernier ingrédient
mais non des moindres : Les enseignants seront inspectés « tous les deux ans au lieu de quatre ».La “culture du résultat” prend aussi une autre dimension : « Les deux évaluations
nationales témoins serviront à mesurer chaque année les acquis des élèves au CE1 et au CM2 ». Et chaque famille « recevra les résultats de son école ». Pour mieux en changer ? Ce
sera plus facile avec la disparition progressive de la carte scolaire...
Dans cette perspective, les syndicats craignent une mise en concurrence des écoles primaires.
Revenons maintenant sur la proposition de Nicolas Sarkozy d’associer chaque élève de CM2 au souvenir d’un enfant décédé des persécutions nazies.
Cette idée est toujours débattue. Elle horrifie Simone Veil, ancienne déportée.« On ne peut pas infliger ça à des petits de 10 ans », a t-elle répondu à l’express.fr.. Il faut rappeler aussi
que l’ancienne présidente du Parlement Européen fut un soutien important de Nicolas Sarkozy durant la campagne électorale.
Parmi les très nombreuses réactions, rajoutons la tribune de Serge Klarsfeld dans Le Monde et celle (d’un avis opposé) de Claude Lanzmann toujours dans Le Monde. Poursuivons avec l’avis
d’Annette Wieviorka (auteur de Auschwitz expliquée à ma fille (Seuil) recueilli par le JDD et plus particulièrement ce qu’elle dit sur l’incursion du politique dans le pédagogique : “Les
enseignants n’aiment guère cette incursion du politique dans leurs classes. Certes, il leur reste la liberté de travailler selon leur conscience. Mais je trouve la démarche de Nicolas Sarkozy
significative d’un manque de confiance à leur égard. Avec lui, l’Etat se mêle trop de l’enseignement de l’Histoire. Cela me choque beaucoup. Que l’Etat organise des célébrations, des
commémorations, c’est normal. Mais un président de la République n’a pas à faire le métier des enseignants à leur place. C’est insultant. Il existe des procédures régissant la rédaction des
programmes, il existe un ministère de l’Education nationale, avec des enseignants, des inspecteurs... Il n’a pas non plus à délivrer des bouts d’idéologie en permanence. C’est dangereux pour la
liberté des historiens et pour la démocratie. ”
Suite et fin de la revue de presse ici:
http://www.cahiers-pedagogiques.com/