Lundi 23 novembre 2009
1
23
/11
/2009
17:48

http://medias.lepost.fr/ill/2009/03/13/h-20-1455706-1236945756.jpg
C’est un rapport récent d’un Comité des Nations Unies qui vient d’avancer ce chiffre : 2 millions d’enfants français sont concernés par la pauvrété. A la veille du 20ème anniversaire de la
convention internationale des droits de l’enfant ce rapport sonne comme un cri d’alarme. Sera-t-il écouté ?
La discrimination qui pénalise les jeunes des banlieues issus de l’immigration et les enfants d’Outre Mer ; la situation des mineurs étrangers isolés qui sont retenus dans les zones
d’attente des aéroports sans bénéficier d’un administrateur ni d’une assistance psychologique ; le recours excessif aux mesures répressives par défaut de structures alternatives à
l’incarcération des mineurs… ce ne sont que quelques unes des remarques du Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies devant le bilan présenté par la France au mois de juin dernier.
Depuis 2007, date du dernier bilan français présenté, il y a eu, cependant, un certain nombre de progrès en France. Un âge légal du mariage identique pour les deux sexes, la modernisation du
cadre législatif de l’accouchement sous X et l’accueil élargi des enfants handicapés à l’école.
La France figure quand même parmi les bons élèves à l’échelle mondiale mais les problèmes graves pointés par le comité inquiètent les associations. Elles estiment qu’il y a des conséquences
désastreuses en termes de scolarité, d’accès à la santé et au logement pour ces 2 millions d’enfants concernés par la pauvreté.
Une régression
De son côté la défenseure des enfants, Dominique Versini, a lancé une consultation nationale auprès des jeunes. Elle a ainsi laissé la parole à des milliers d’enfants de tous les départements
français par le biais de forums. Les prises de parole concernaient surtout l’éducation, la justice, les violences, Internet, la vie privée, le handicap et la précarité. Le rapport de la
défenseure des enfants sera présenté le 20 novembre au président de la République. Ce sera peut être son dernier, car un projet de loi soumis au conseil des ministres le 9 septembre propose de
supprimer l’institution du défenseur des enfants et dilue ses fonctions dans une nouvelle instance intitulée le Défenseur des droits. D’après plusieurs associations cela serait une régression en
matière de protection des droits de l’enfant.
Des progrès, mais pas assez
Au niveau international il reste beaucoup à faire, cependant en vingt ans les progrès ont été considérables surtout en matière de santé : le recul de la polio, l’élimination du tétanos, le
contrôle de la rougeole… les grandes campagnes de vaccination ont porté leurs fruits. En revanche, c’est dans la lutte contre le Sida que le bât blesse car aujourd’hui 200 000 nourrissons sont
porteurs du virus à leur naissance et 2 millions d’enfants de moins de quinze ans l’ont contracté. La nutrition aussi est un problème loin d’être résolu. Les chiffres sont terrifiants : 4
millions d’enfants meurent encore aujourd’hui avant l’âge de cinq ans à cause de malnutrition.
La Convention Internationale pour les Droits des Enfants a été signée en 1989, reconnaissant ainsi les droits des enfants en matière de santé, alimentation, éducation, sécurité, liberté
d’expression, entre autres. C’est le traité international le plus ratifié au monde. A l’exception des Etats-Unis et de la Somalie, tous les pays ont reconnu, depuis, la nécessité de prendre à
bras-le-corps cette question en raison de leur vulnérabilité. Cependant vingt ans après, des millions d’enfants souffrent encore pour des raisons nombreuses.
En cette journée anniversaire, les associations niçoises comptent bel et bien dénoncer les inégalités existantes et la progression de la misère en France et dans le monde où 17 000 enfants
meurent chaque jour de famine et de malnutrition. Soit un enfant toutes les cinq secondes.
Insupportable !
Lidice BUSOT
http://www.le-patriote.info/spip.php?article3011
Publié dans : profencampagne
-
0
Partager