Samedi 12 juillet 2008
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Il avait l'air fier de lui, le président. Content de son coup comme un gosse dans une cour d'école qui fait rire ses copains du bon tour qu'il vient de jouer au « petit-chose » de la classe.
C'était samedi 5 juillet à la Mutualité et il y avait, autour d'un président-garnement, 2000 potaches de l'UMP réunis en conseil national, plus quelques invités comme Manuel Barroso, le président
de la commission européenne, ou Hans-Gert Pöttering, président du Parlement de Strasbourg. Et devant tous ces amis de droite, voilà Sarkozy qui s'exclame sur le ton du « entre nous on peut bien
se le dire » : « maintenant quand il y a une grève, plus personne ne s'en aperçoit ». Et de rire, puisqu'elle est bien bonne. D'autres le prennent mal, et
on les comprend : si on suit la pensée présidentielle, l'important dans un conflit social, ce n'est pas la revendication qui en est l'origine, ce n'est pas le fait qu'il interrompe la production
(de bien ou de service). Non. L'important, c'est qu'il soit médiatique ou pas. A croire qu'il ne regarde que la télévision ! De la part d'un chef de l'Etat, c'est atterrant.
Sarkozy ne voit plus les grèves? Il va bientôt en voir trop
D'autant que si les grèves en France ont diminué, ce qui est réel, que si la CFDT et la CGT ont échoué (et elles en ont bien conscience) à mobiliser contre la loi sur le temps de travail qui
vient d'être votée, et qui va bien plus loin que la mise aux oubliettes des 35 heures, il faut raison garder : le mécontentement social, en particulier sur la question salariale, est patent. Des
conflits plus que sporadiques éclatent dans des entreprises privées qui n'en avaient pas connu depuis longtemps, comme par exemple dans la grande distribution. Et la loi que le gouvernement est
si fier d'avoir fait voter à l'Assemblée contient une disposition qui pourrait bien se révéler une redoutable boîte à gifles. Selon son article 17, en effet, toutes les branches professionnelles
(elles sont plus de 340), toutes les entreprises, devront renégocier leurs accords sur le temps de travail avant le 1er janvier 2010. Certains directeurs des relations humaines se souviennent
avec terreur de l'exercice qu'ils durent accomplir en 1999-2001. Les entreprises étaient au bord de l'affrontement, entre direction et salariés, mais aussi entre salariés, ou catégories de
salariés. Il n'y a qu'à regarder ce qui se passe chez Goodyear à Amiens pour comprendre. Le même scénario va se reproduire l'an prochain. Les conflits éclateront, par branche, ou dans chaque
entreprise, et pour peu que la croissance soit lente comme en ce moment, tout cela se déroulera dans un climat de régression économique et sociale ! Mais le président s'en fiche, « cela ne se
verra pas » !
http://www.marianne2.fr/Pour-les-greves,-rendez-vous-en-2009-!_a89101.html?PHPSESSID=f5d2c9f29b7331903d7868e93a624a6e
Publié dans : profencampagne
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