
Il aura fallu un peu de temps pour que le parti socialiste se mobilise sur la nature de la réforme de l'audiovisuel public initiée par Nicolas Sarkozy et son corrélat, à savoir les cadeaux faits aux chaînes privées. C'est Ségolène Royal qui a ouvert le bal avant-hier soir au 20h de France 2 : « Il y a un rapt, un vol sur la publicité de France 2 et de France 3 pour enrichir les amis de M. Sarkozy, messieurs Bouygues, Lagardère et Bolloré (1), qui s'apprêtent, en plus, à se positionner pour la privatisation d'EDF et d'Areva. Est-ce normal (...) au moment où il y a une crise énergétique ?, s'est interrogée l'ex candidate à la présidentielle. Ma réponse est non. » Une conclusion en bonne partie inspirée par la lecture d'un article du Monde diplomatique paru ce mois-ci et intitulé « TF1 ou la parabole de Frankenstein. » C'est en tout cas ce qu'on appelle y aller bille en tête.
Hier, c'est Julien Dray qui en a remis une louche. « Les responsables de la majorité doivent éclaircir les rapports qui sont entretenus avec les grands groupes de médias, ainsi que les services qui leur sont rendus par la restructuration en cours du service public de l'audiovisuel », a ainsi déclaré le porte-parole du PS. Au-delà de la réforme du service public de l'audiovisuel, on voit bien que le PS veut sensibiliser l'opinion sur la mainmise, réelle ou supposée, de Nicolas Sarkozy sur une bonne partie des médias en France.
Des déclarations qui, finalement, ont fait figure d'amuse-gueules avant le plat de résistance, concocté par les sénateurs socialistes : demander la mise en place une commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance des médias. C'est ce qu'a demandé au nom de son groupe le sénateur PS Jean-Pierre Sueur, afin que celle-ci puisse enquêter « sur les liens existant entre le pouvoir exécutif et des entreprises gérant des organes de presse et des services de communication audiovisuelle ainsi que sur leurs conséquences pour l'indépendance et le pluralisme de la presse et des médias ». Rien de moins.
« Il n'est pas de jour où l'on n'apprenne la remise en cause de cette si nécessaire indépendance », justifient les sénateurs socialistes, notant que « des journalistes révèlent dans des livres ou dans d'autres publications les pressions dont ils ont été l'objet », sans toutefois citer d'exemples précis. Pour achever leur démonstration, les élus PS jugent ainsi plus que sévèrement l'intention de Nicolas Sarkozy de nommer le futur président de France Télévisions, qui « rappelle les pires heures du ministère dit de « l'information » et témoigne d'une claire volonté d'instaurer une subordination entre le pouvoir exécutif et les organes de direction des télévisions publiques ».
Si la création de cette commission n'a aucune chance d'aboutir, cette sortie en force des socialistes contre la « berlusconisation » du paysage médiatique français sous l'ère Sarkozy a toutefois le mérite de mettre sur la place publique ce qui fut longtemps un tabou, y compris au sein des rédactions. Ironie de l'histoire, ils reprennent aussi, consciemment ou non, l'un des thèmes de campagne de François Bayrou.(1) Martin Bouygues est propriétaire de TF1 et LCI,
Arnaud Lagardère de Europe 1, “Paris Match”, le “JDD”, “Elle”... et Vincent Bolloré de Direct 8, Direct Soir et “Matin Plus”.
http://television.telerama.fr/television/le-ps-en-guerre-contre-les-grands-groupes-de-medias,31392.php
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Et de l' institut de sondage CSA à 100/100 depuis avant-hier...
Mais attention: interdiction absolue d'émettre le moindre doute, le moindre soupçon. Il faut tout avaler, assis devant vos fauteuils... Pas d'esprit critique! Sinon, vous allez entendre l' UMP au
complet vous sermonner!
Christophe