
Sénèque...
15 juillet...
II- « Et tout le reste n'est pas du temps, mais de la vie ! »
Sénèque, Traité sur la brièveté de la vie
- L'information est un bruit permanent...
Chaque jour, volontairement d'abord puis, peu à peu, par habitude, nous brûlons nos heures en des milliers d'incendies successifs. Du matin dans nos salles de bain à la Grand-messe du 20 h dans nos salons, en passant par les dizaines de flashs radiophoniques, nous plongeons dans le bain de l'information, liquide fait de milliers de rumeurs sur lesquelles nous n'avons en général aucune prise. Mais l'essentiel est là : nous sommes informés ! Tellement même que cette « surinformation » devient une soupe d'événements déversée dans nos oreilles et dont il ne reste que très peu de choses. Pourtant, demain, nous nous précipiterons sur la radio pour ne surtout pas rater les « nouvelles ».
Pour la plupart d'entre ces millions d'auditeurs, téléspectateurs, lecteurs, internautes, les raisons de cet appétit sont fort louables :
- vivre en tâchant de comprendre son époque, pour ensuite mieux agir
- agir en citoyen responsable d'une démocratie fondée sur la libre information
Mais aussi le besoin d'échapper à soi-même et à son ennui, à ses angoisses. Mais aussi échapper à la peur panique du silence, cet écrasant silence du matin... Spectateurs, lecteurs, auditeurs, « cliqueurs », nous assistons gratuitement au spectacle du monde qui va, qui nous distrait de nous-mêmes et souvent, nous aliène. Pourtant, rappelons-nous malgré cette légèreté du propos que dans de très nombreux pays, la liberté de la presse n'existe pas. Elle est exceptionnelle à travers le vaste monde. Elle reste une conquête incertaine et dangereuse.
Néanmoins, la sur-information exerce autant d'effets pervers que la sous-information. Ce matraquage permanent relève du harcèlement. Nous ne sommes plus alors dans l'information mais dans la communication, bruit de fond composé de nouvelles utiles ou inutiles, de messages publicitaires, de commentaires savants, de racolage de politiciens. Et nous entendons plus que nous n'écoutons. Nous ne retenons que très peu. Puis, sans qu'on n'y prenne garde, insensiblement, cette communication envahissante nous éloigne du réel. Du réel et des quelques vivants qui passent à notre portée, submergés eux-aussi par ce tohu-bohu.
Et nous traversons nos vies, autistes, dans un vacarme assourdissant mais un désert de paroles échangées...
(D'après l'article de Jean Claude Guillebaud, Nouvel Obs supplément télé, page 66)
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- Degré zéro de la politique...
« Ségolène Royal est vraiment trop ! Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer. »
Nicolas Sarkozy devant les députés UMP/Mardi 15 juillet
C'est vrai, il faudrait... Mais elle existe !...
Incroyables ces gens qui ne peuvent pas se passer d'elle. Nicolas rêverait-il de Ségolène à l'heure du marchand de sable, ou bien le matin en se rasant ?
Le degré zéro de la politique lorsque la presse relaie inutilement d'inutiles propos...
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- Carla...
En septembre 2008, Carla Bruni-Sarkozy sera la Rédactrice en chef d'un jour du « Grand Journal de Canal + », ceci à l'occasion de la 800ème de l'émission.
La seconde Première Dame de France du quinquennat compose elle-même son plateau :
Osera-t-elle Barbelivien, Doc Gynéco flanqué de Christine Angot, Enrico Macias, Mireille Mathieu et Jean-Marie Bigard ?
Si oui, ce n'est plus du courage! C'est de l'amour !
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- Concentration...
TF1 et BFM TV vont se rapprocher, dit-on dans les milieux qui se disent eux-mêmes bien informés. TF1 pouvait se contenter de LCI, déjà sous sa coupe. Mais voila, BFM TV, déjà associé à RMC, présente l'avantage d'être diffusé gratuitement sur la TNT. Ce qui n'est pas le cas pour LCI.
TF1, LCI, BFM TV, RMC... Quand vous écoutez l'un, vous regardez l'autre et inversement...
N'oubliez pas! Vous êtes cernés !
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- Coupable, levez-vous !...
Quelle violence contre Ségolène Royal, coupable, immédiatement COUPABLE d'avoir osé établir un rapport entre la seconde mise à sac (établie par les rapports de police et l'instruction) de son appartement et la mainmise du clan sarkozyste en France. Le dit clan qui a prouvé immédiatement son existence en s'employant maladroitement à faire passer l'ex candidate, première femme dans l'histoire de la République à avoir atteint le second tour d'une échéance majeure, pour une hystérique « ayant perdu le contrôle de ses nerfs », selon les dires de François Fillon. Emboitant le pas du Médecin-chef de Matignon, les sarkozystes, Frédéric Lefebvre en tête (Dominique Paillé est moins en pointe), ont surenchéri :
« Elle a pété les plombs »
« Elle délire et relève de l'hôpital psychiatrique »
Madame Nadine Morano a tenté et réussi à décrocher le pompon :
« Royal a atteint le degré poubelle de la politique ».
Parole d'experte en cette nauséabonde matière...
Libération en rajoutait avec délectation. Joffrin éditorialisant comme on assassine : « Que dire pour défendre Ségolène Royal ? Rien ». Un lynchage en bonne et due forme. Aucune circonstance atténuante. Rien à dire pour la défendre, mais quatre pages, dont la « une » pour la descendre...
Dès le lendemain, elle persistait et signait, à juste titre.
Contrairement à ce qu'a affirmé Libération, la mise à sac de l'appartement de Ségolène Royal n'a rien à voir avec celui de « millions de français cambriolés au fil des années ». Eux n'affrontent pas le chef de l'Etat. Ils le subissent dans leur grande majorité. Elle, elle l'affronte seule, les leaders socialistes ne réagissant qu'en fonction du Congrès de Reims en novembre, les leaders de la gauche extrême gardant un silence aussi profond que le vide de leurs propositions.
La France de 2008, et si l'on n'y prend pas garde, jusqu'en 2012, sera celle du silence disais-je plus haut...
(D'après un article de Nicolas Domenach, Marianne numéro 586, page 4)
En tout cas, si Ségolène Royal a voulu faire sortir le clan Sarkozy du bois, elle a parfaitement réussi... Un vrai coup de maître...
Dans quelques jours, François Bayrou accusera, sans preuves, le Chef de l'Etat d'être intervenu directement dans l'affaire Tapie... On n'entendra pas une seule fois Frédéric Lefebvre et la « bande » offrir une camisole au béarnais...
Ni Libération crucifier en une :
« Bayrou : la gaffattitude ! »
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- Quand Thomas More évalue les « réformes »...
Jean-Thomas Lesueur, Directeur des études à l'Institut Thomas-More (Bruxelles) a publié son « rapport semestriel des réformes de Nicolas Sarkozy ».
Personne en France, évidemment, n'en fait la promotion. Et pour cause...
Ce rapport établit les 10 promesses les plus significatives non tenues : de la TVA sociale à l'adhésion de la Turquie dans l'UE en passant par le retour à la police de proximité, la mise en oeuvre d'un service minimum (qui n'en est pas un dans les établissements scolaires primaires, à peine un ersatz...), l'abandon de l'interdiction des parachutes dorés, le renoncement à la réduction des déficits, l'insuffisance du « Plan Marshall » pour les banlieues... Autant de promesses qui avaient marqué l'opinion pendant la campagne présidentielle.
Jean-Thomas Lesueur nous apprend aussi que le rapport semestriel de l'Institut Thomas-More est très mal accueilli par l'Elysée, où les proches du Président vivent coupés des réalités. Ils sont persuadés qu'ils sont irréprochables, que tout est parfait, sous contrôle. Pourtant à l'UMP, où le rapport semestriel de l'institut est également lu, l'ambiance est radicalement différente et inquiète !
L'Institut Thomas-More est un think-tank pourtant très libéral. Son jugement au sujet du « libéralisme » de la France sarkozyste néanmoins est très mitigé. Ce qui, en soi, pourrait me réjouir. Mais voila, Nicolas Sarkozy nadopte pas, comme à son habitude, une « ligne claire ». Il brouille les pistes et son image. En de nombreuses occasions, il s'est montré interventionniste. Populiste même, se laissant porter par l'opinion comme à Gandrange en février 2008. Nicolas Sarkozy, pour l'Institut Thomas-More, aime la réussite beaucoup plus que la réflexion.
L'Institut Thomas-More n'a pas d'équivalent en France. Quand on voit que lon confie au Ministre Eric Besson le soin d'évaluer des ministres-collègues dans un gouvernement dont il est solidaire, on comprend qu'en France, seul l'Etat soit légitime.
(D'après l'interview de Marina Bellot, Marianne numéro 586, page 38)
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- Immense moment de solitude...
Christine Albanel, notre Ministre de la Culture, aime Jean Echenoz et Harold Pinter...
Las, les références aujourd'hui sont Christian Clavier et Jean Marie Bigard...
Une minute de silence pour la Culture à la rentrée des classes Madame la Ministre ?
Le Président adore les minutes de silence...
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- L'argent pervertit les médias...
Le groupe de BTP Bouygues à fait main basse, il y a maintenant des années, sur TF1. Un pouvoir industriel et financier contrôle aujourd'hui le plus puissant des médias français, diffuseur d'informations et d'opinions. Précédemment, le groupe d'armement MATRA avait pris le contrôle d'Hachette et de ses dizaines de journaux, magazines et radios. L'autre groupe d'armement, Dassault, s'est emparé du Figaro.
Tout cela éclaire d'un jour nouveau la caution apportée par Le Figaro à la visite indécente du Colonel Kadhafi. Serge Dassault souhaitait au plus haut point que cette visite ne connaisse pas d'anicroches, espérant vendre plusieurs dizaines d'avions Rafale au dictateur lybien.
Ce même pouvoir médiatique a apporté de manière spectaculaire et décomplexée son soutien au candidat Sarkozy. Son adversaire socialiste l'a maintes fois dénoncé. Peine perdue puisque sans relai d'opinion. Et pourtant, elle avait raison... Tous les patrons de grands groupes de presse, TOUS, Arnault, Bolloré, Lagardère, Bouygues, Dassault -à l'exception de François Pinault- sont de très grands amis de l'actuel Président de la République, ex Maire de la ville où habitent toutes ces personnalités. D'ailleurs, depuis l'élection, Arnault a conquis le quotidien économique Les Echos, Hachette (Lagardère) a un oeil sur Le Monde, le fils Hersant dispose de la totalité des journaux du Midi. Quant aux journaux de l'est de la France, de Metz à Grenoble, ils sont contrôlés par le Crédit Mutuel.
Mais rien n'est perdu car paradoxalement, le pouvoir exercé par l'argent permet à ceux qui veulent y échapper de se développer. Sans ce pouvoir financier, jamais Le Canard Enchaîné, Marianne, Charlie Hebdo, le Monde diplomatique n'auraient connu autant de lecteurs. Jamais autant de sites Internet contestataires n'auraient vu le jour. Par leur volonté de formater l'information, les grands groupes financiers ont provoqué l'émergence ou le développement d'une contre culture, d'une contre information. Les succès des sites d'informations tels que RUE89, Mediapart, Arrêt sur images, Bondy blog, Bakchich sont la preuve d'une extraordinaire envie de savoir, mais de savoir librement, en toute indépendance...
Liberté et indépendance à défendre chaque jour car en danger permanent.
(D'après l'article de Jean François Kahn, Marianne numéro 586, page 26 à 28)
PS1 : le groupe Bolloré, l' « homme du yacht », est désormais propriétaire de cent pour cent des parts de l'institut de sondage CSA. Il possède également la chaîne Direct 8 et quelques autres babioles...
PS2 : Jean-François Kahn surévalue je pense l'audience réelle et donc l'impact des quotidiens et sites Internet qu'il cite. A coté des grands médias « traditionnels » (TF1/FRANCE2/Le Figaro/RTL/Le Monde), la pénétration dans lopinion des Canard Enchaîné et autres Bakchich est quasiment anecdotique. Mais JFK a raison d'en souligner lexistence, l'enthousiasme, la créativité !
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- « Parlons d'école... »
Toujours dans mon grenier -j'y passe du temps- me voila face à un de mes compagnons de route lorsque j'étais en quatrième : le Lagarde et Michard, édition 1969, année érotique d'après Gainsbourg... Il est une chose certaine : le Lagarde et Michard 1969 n'avait rien, mais vraiment rien, d'érotique !
Quoi que... Feuilletant l'ouvrage d'un doigt distrait, il me revint en mémoire que les illustrations nombreuses faisaient rêver l'adolescent... Ah le sourire de Micheline Boudet page 257, dans Le Bourgeois Gentilhomme ! Mais que dire alors du décolleté de la même, page 273, dans Le Malade Imaginaire, au coté d'un Jean Piat qui ne sait où donner de la prunelle !
Prunelle que je pris le temps de jeter au bas des textes. Et là, je ne pus que constater la répétition des questions, les mêmes qu'en 1948 dans le Chevaillier, Audiat et Aumeunier: Pourquoi...? Comment...? Quel sentiment...? Relevez... (Dieu que j'ai pu « relever » !!!) Distinguez les parties du récit... (Parfois une variante, quelle audace ! « Indiquez les grandes parties du récit... ». Et nous passions des heures à découper de beaux textes en morceaux... Jamais on ne m'a dit à quoi cela servait...).
Par hasard, je tombe sur un « morceau choisi » -on raffolait à l'époque des « morceaux choisis »- de L'Avare. Question 6 en fin de texte, page 219 : « Quelle doit être, à votre avis, l'attitude d'Elise ? »
Mais je ne voulais pas donner mon avis sur l'attitude d'Elise, moi ! Je voulais qu'Elise m'emmène avec elle, qu'elle ait l'attitude de son choix, qu'elle me parle, m'aime, m'embrasse ou me gronde, bref qu'elle vive sa vie ! J'aurais adoré écrire à Elise... Pourquoi diable Lagarde et Michard, que je ne connaissais pas, voulaient-ils à tout prix me faire dire des choses que je ne voulais pas dire ? Elise, je la voulais libre ! Libre d'être ce que le texte nous donnait à lire et non ce qu'on nous imposait à penser d'elle...
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Si la gauche veut des idées
Mieux comprendre pour mieux agir, pages 17 à 27.
« La plus dure des inégalités dans notre société réside entre celles et ceux qui ont la possibilité de construire leur vie ou qui même malgré les difficultés ont encore la main sur leur destin et une certaine maîtrise de leur devenir, et ceux qui ont perdu la main ,qui ne se sentent plus sujets de leur existence ».
« La conception libérale traditionnelle est une fiction : un individu, en effet, n'existe et ne se construit jamais seul. Un individu est dabord un être social, il subit ou bénéficie des pesanteurs sociales et familiales. (...) L'individualisme de droite est donc fondé sur une erreur de perspective. De ce fait, il est aussi restrictif : l'épanouissement de l'individu est réduit à la poursuite de son intérêt personnel, dont la traduction ultime sera sa réussite matérielle et financière ».
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