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21 juillet...
VIII -Bernard Tapie et voitures brûlées ? Silence partout !...
- Quand RMC raconte -et fait croire- n'importe quoi...
Depuis des mois, les médias, souvent de manière très claire, nous parlent de la réforme de la Constitution. Cette réforme arrive ce jour devant le Congrès, Députés et Sénateurs réunis à Versailles.
Ecoutant Radio Monte Carlo, j'entends l'animateur habituel de la tranche horaire du matin nous dire que le Président de la République a fait de nouvelles propositions, en direction de l'opposition qui votera, non pas comme cela a été dit contre le contenu du texte, mais contre les vides importants qu'il comporte et qu'il faut rappeler :
*la fin du cumul des mandats
*la possibilité donnée aux immigrés en France depuis plus de « x » années de participer aux élections locales
*une dose de proportionnelle aux législatives
*la réforme du scrutin sénatorial, le plus antidémocratique du monde
*la prise en compte des interventions présidentielles dans le calcul des temps de parole
D'une oreille distraite, j'écoute ce journaliste qui, enfin, fait intervenir un Constitutionnaliste. Guy Carcassonne je crois. Et j'entends que les propositions du Président de la République devraient faire pencher la balance en faveur du texte proposé.
Sauf que...
Sauf que, pour la première fois depuis des mois, l'auditeur apprend par la bouche du constitutionnaliste invité et au grand étonnement du journaliste (dont le métier est d'informer de manière juste) que les dernières propositions du Chef de l'Etat ne font pas partie du texte qui sera voté dans le courant de l'après-midi. En effet, ce texte est « intouchable » depuis fort longtemps. Il n'est plus amendable, mais on s'est bien gardé de nous le dire, laissant le Président de la République occuper le terrain médiatique, donnant l'image du responsable généreux et prêt à faire des concessions.
Voila un exemple de plus d'une information négligente qui, involontairement j'espère, trompe les auditeurs, téléspectateurs et lecteurs.
Et le pire, c'est que malgré les informations fournies par d'éminents spécialistes, les intervenants suivants ont continué, sans correction aucune, d'affirmer que les dernières
propositions du Chef de l'Etat faisaient partie intégrante du texte proposé au Congrès ! Et pas seulement sur RMC
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- François Bayrou ? Mais tout le monde s'en fout là-haut !...
Ici en Béarn, François Bayrou est chez lui. Il est béarnais. Un « béarnais parisien » comme me disait encore hier soir mon ami restaurateur, « mais bon, il nous a apporté beaucoup ! ».
Alors pourquoi n'est-il pas entendu ? Pourquoi, lorsqu'il affirme que le Président de la République est intervenu personnellement dans l'affaire Tapie, ne provoque-t-il pas les aboiements des « chiens » comme François Mitterrand avait appelé les journalistes lors de l'hommage qu'il rendit à Pierre Bérégovoy après que celui-ci se fût donné la mort ? Pourquoi les habituels provocateurs de l'UMP ne daignent-ils même pas se fendre d'un communiqué de presse ? A l'AFP...
« Mais parce que là-haut, tout le monde s'en fout de Bayrou ! Tout le monde ne rêve que d'une chose : la revanche Sarko/Royal ! Et si possible, avec un Bayrou qui cette fois choisisse bien son camp ! ».
La province béarnaise, par la voix de cet ami, les provinces en général, sont souvent pleines de bon sens...
Il pleut aujourd'hui...
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- Jeunesses extrêmes...
Jean Michel Dumay dans une chronique du Monde (21 juillet) nous parlait de l'avenir incertain des jeunesses extrêmes. En Angleterre, le Gouvernement tente de trouver des solutions contre la recrudescence spectaculaire et sanglante des agressions à l'arme blanche. Gordon Brown, Premier Ministre, a pris en personne l'affaire en main et il déclarait quelques jours auparavant : « Les mères ou les pères ont perdu le contrôle de leurs enfants. Et leurs vies ne sont que difficultés ».
Et en France ?
Ici, pas de guerre aux couteaux, mais une « guerre aux goulots ». Le Ministère de la santé s'attaque au « binge drinking », cette manière de plonger dans une ivresse rapide en ingurgitant le maximum d'alcool.
Armes blanches en Angleterre (et alcoolisme), « binge drinking » en France... Que révèlent ces comportements extrêmes, comportements violents contre les autres, contre soi-même ? Philippe Jeammet, psychanalyste et psychiatre, et Christian Baudelot, sociologue, livrent quelques réponses possibles dans la revue Etudes de juillet-août 2008. Pour le premier, « les difficultés -adolescentes- sont une sorte de miroir grossissant permettant de voir ce que nous voyons moins bien quand tout va bien ». Et il poursuit en observant que le temps n'est plus ni à l'autorité indiscutable et légitime des parents, ni à celle des éducateurs « hors-famille ». Pour lui, les adultes ont déserté le face-à-face qui contribuait à forger le caractère des aînés. « Ce nest pas qu'on interdise à l'adolescent de faire des choses ; c'est qu'il ne sait pas quoi faire » dit Philippe Jeammet.
Quant aux parents, qu'il observe également, « ils réfléchissent trop à l'éducation de leurs enfants. Ils les écoutent trop ; ils veulent trop les comprendre ». Or, pour ce praticien, la compréhension parfois nécessaire ne suffit pas, toute seule, à mettre les mots justes sur la souffrance des ados. Pour lui, le « contrat de confiance » parents/enfants est rompu. Là où beaucoup d'adultes devraient témoigner positivement de leurs expériences de vie, c'est au contraire le doute qui s'est installé, qui s'est imposé. Inévitablement, cela est ressenti par les adolescents, beaucoup plus sensibles qu'ils ne le montrent aux souffrances de leurs parents.
Christian Baudelot, dans la revue Projet, numéro spécial « Jeunesse, l'avenir au présent », juillet 2008, nous dit, s'agissant du marché du travail :
« Priver d'emploi sérieux des jeunes mieux formés que leurs parents, c'est instiller le doute sur les valeurs centrales de linvestissement éducatif dans les familles comme sur la légitimité du pouvoir dans la vie professionnelle ».
A la fin, ce peut être en effet détonant...
(D'après la chronique de Jean-Michel Dumay, Le Monde 20 juillet page 2)
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- Prisons : Pays-Bas/France... deux politiques aux antipodes...
La France se débat dans des problèmes de surpopulation carcérale. Pendant ce temps, les Pays-Bas envisagent de fermer des prisons ! Une cellule sur cinq y est vide, soit 4000 au total. Après un semi-échec des peines dites « de service communautaire » (des condamnés à des peines n'excédant pas huit mois fermes étaient employés évidemment gratuitement la plupart du temps dans des cantines d'établissements publics ; la plupart du temps hélas, ils n'accomplissaient pas ou très mal leurs taches), les Pays-Bas commencent à multiplier les assignations à résidence avec port obligatoire et inviolable de bracelets électroniques (toujours pour des condamnés à des peines n'excédant pas huit mois fermes). Les résultats à ce jour sont très positifs : 93% des détenus ayant subi des assignations à résidence depuis 2003 ont respecté les règles.
En France, le nombre de détenus dans les prisons devrait dépasser les 64 000 en juillet. L'absence de grâces le 14 juillet, incompréhensible décision du Président de la République, n'a rien arrangé. 63% des établissements pénitentiaires de l'hexagone sont en surpopulation et 7% atteignent une densité de 200%, soit deux détenus pour une place.
(Il y a trois ans, j'ai eu l'occasion d'entrer dans une maison d'arrêt. Je témoigne ici de l'état absolument lamentable des bâtiments, de la violence permanente qui règne à tout moment, de l'inhumanité dans laquelle vivent détenus et personnels de surveillance. S'il n'est pas question de transformer les prisons françaises en maisons de repos, comment peut-on espérer la réinsertion de femmes et d'hommes transformés en bêtes fauves dans les conditions actuelles ?
Les prisons françaises sont un scandale permanent et silencieux !)
(Voir l'article de Sabine Cessou, correspondante de Libération à Amsterdam, 21 juillet page 9)
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- Bernard Tapie et voitures brûlées ? Silence partout !...
600 voitures ont brulé dans la nuit du 14 juillet 2008. Aucune chaîne de télévision, pas une seule radio, pas un seul quotidien n'en a dit le moindre mot. Le chiffre est en augmentation par rapport à l'an dernier. Un commissaire a été blessé à l'oeil ; Asnières a particulièrement souffert. La banlieue va exploser. Quand ? C'est comme les séismes... Imprévisibles, mais certains... Quatre jeunes, arrêtés, ont été jugés en comparution immédiate (aucun d'entre eux n'est impliqué dans la blessure du fonctionnaire de police ; pour deux d'entre eux, ils n'étaient même pas concernés par les affrontements)
Tous iront grossir les effectifs des prisons.
Ce type de nouvelle n'intéresse pas les rédactions en été. La France explose en silence, tranquillement, paisiblement. Mieux vaut passer quinze minutes par journal télévisé à parler du « terrible » scandale du dopage sur le Tour de France...
L'affaire Tapie, qui aurait encaissé entre 300 et 400 millions d'euros attribués par un « tribunal privé » (!!!???), après dit-on ici et là une intervention d'un très haut personnage très haut placé au très haut sommet de l'Etat, n'a pas non plus fait les gros titres. Pourtant le contribuable, ce « cochon de payeur », aurait été intéressé de connaître la destination de cet argent. Car c'est le contribuable qui va payer ! Hommage néanmoins au Canard enchaîné, au Nouvel Observateur, à Marianne et au Monde. Hommage aussi à François Bayrou qui a eu le courage de dénoncer le scandale (sans que cela fasse réagir qui que ce soit).
A cette affaire, véritable scandale dEtat qui, aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne auraient fait la « une » de TOUTE la presse radio, télé et magazine, la France préfère se passionner pour les photos volées dune Renault. Quelques journalistes ont pourtant du demander d'aller enquêter... Mais on leur a répondu sans doute qu'en vacances, l'intérêt cétait le dopage et les conseils minceur/bronzage pour madame !
A nous d'exiger, ici et ailleurs, une information responsable digne de ce nom !
(Voir l'article de Daniel Schneidermann, Libération 21 juillet page 23)
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Si la gauche veut des idées
Pour un nouveau pacte éducatif, pages 151 à 173 (suite et fin)
« Nous pourrions trouver des solutions pour donner aux enseignants des lieux de travail, et leur permettre non seulement de passer ponctuellement dans leurs établissements pour donner leurs cours, mais d'y rester durablement et de s'y sentir à leur place. Il leur faudrait pour cela des bureaux où ils pourraient assurer des permanences ».
« (...) comme le souligne Alain Touraine à fort juste titre, les élèves qui viennent des milieux défavorisés sont généralement ceux qui, lorsqu'ils font face à un problème, ne peuvent trouver un appui que chez l'enseignant ».
« Tout cela est encore plus vrai à l'Université, où le manque de locaux confine parfois au scandale et où les étudiants, plus qu'ailleurs, sont livrés à eux-mêmes. La plupart du temps les enseignants y sont en effet plus préoccupés par leurs recherches que par leurs étudiants, parce qu'en France la carrière des enseignants à l'université ne dépend que de leur travail de chercheur, et en aucun cas de leur investissement dans des tâches pédagogiques. Il est impensable que cette situation perdure...».
« Mettre les personnes au coeur du système scolaire, cela commence en définitive par leur offrir à chacun une place. Les enseignants ont une mission de première importance à remplir dans et pour notre société, il n'est donc pas concevable de les maintenir dans des positions souvent marginales, quand elles ne sont pas tout simplement invisibles. C'est cela aussi donner sens à leur mission ».