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"Main basse sur l'école publique", un livre de Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi
"Jamais un chef de l'État ne s'était immiscé avec autant d'insistance dans les salles de classe, dans l'esprit des élèves, et dans les programmes et la feuille de route des enseignants", écrivent
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi, dans "Main basse sur l'école publique", publié aux éditions Démopolis. Ils relèvent que, depuis son élection, Nicolas Sarkozy a eu "l'occasion d'imposer dans
l'agenda médiatique une authentique révolution libérale dans l'Éducation nationale".
Selon eux, alors que "le président de la République est dépositaire de la laïcité, fondement de notre Constitution", le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle a choisi très vite de privilégier l'enseignement privé: "Dans ses discours de campagne, [il] n'évoquait quasiment jamais l'Éducation nationale, proposant, a contrario, et de façon très explicite, un redéploiement et une extension des établissements privés." Une préférence qui, d'après les auteurs, s'est confirmée une fois Nicolas Sarkozy élu, avec "le privilège octroyé à l'enseignement privé catholique" au sein du plan banlieues, "qui revient à permettre à la puissance publique d'aider, là où les besoins sont les plus criants, à l'essor d'une concurrence […] au service public". Cette situation profiterait, selon eux, à l'enseignement catholique, qui "fait figure d'arche de Noé […] devant le naufrage annoncé" de l'Éducation nationale. Un tel contexte serait le fruit d'une "sainte alliance entre les libéraux défenseurs d'une école marchande et des [catholiques] traditionalistes rêvant de voir les églises retrouver le monopole perdu […] de la formation des esprits".
FORMER DE FUTURS CITOYENS
Face au modèle d'enseignement privé qui "incarne une école qui fonctionne et s'administre sur le mode libéral: recrutement des élèves et des professeurs, libre choix des familles derrière lequel s'impose, en réalité, celui des chefs d'établissement", les auteurs revendiquent plutôt une école qui prend en compte "les besoins de la société" et qui "se doit aussi de former des futurs citoyens, libres et autonomes". "Or seul le service public est susceptible d'assumer cette mission dans le respect de l'égalité d'accès de tous, conformément au principe de laïcité inscrit dans le marbre de la Constitution", concluent-ils.
Main basse sur l'école publique, Eddy Khaldi, Muriel Fitoussi, Démopolis, 224 pages, 20 euros. À paraître le 25 août 2008.
ISBN: 978-2-35457-011-8
Contact: Éditions Démopolis, Laurent Hebenstreit, relations presse, 01 47 07 30 77, lhebenstreit@demopolis.fr, www.demopolis.fr