
La Reine Brunehaut...
29 juillet...
XVI- « Je permets que tu parles mais j'exige que tu te taises »
Victor Hugo
- Mondialisation néo libérale imposée ? Non merci !...
La mondialisation néo libérale est confrontée à un double échec :
1- 2001 : Lancement du cycle de Doha. On nous promet à l'époque que l'ouverture et l'expansion du commerce mondial seront le point de départ d'une nouvelle ère de prospérité qui bénéficierait d'abord aux plus pauvres. C'est tout le contraire qui s'est produit : enrichissement extraordinaire d'un petit nombre de nantis, accumulation invraisemblable de capitaux pour les plus grands groupes d'un coté. De l'autre, stagnation ou appauvrissement des salariés occidentaux comme de ceux des pays d'Asie. Toute l'économie est sous la coupe des marchés financiers et de la spéculation. Les prix de l'alimentation et de l'énergie explosent.
La mondialisation « heureuse » a certes provoqué une croissance record mais le nombre des pauvres qui vivent avec moins de 2 dollars/jour continue d'augmenter.
2- 11 septembre 2001 : après les attentats, la mondialisation devait être une réponse économique au terrorisme. Or cette « mondialisation bienfaisante » a juste servi à accompagner les errements diplomatiques et militaires des Etats-Unis jusqu'à Bagdad.
Les tenants du néo libéralisme connaissent ces critiques. Ils y opposent un nouveau danger : le « protectionnisme » synonyme de xénophobie, de haine de l'autre, de fascisme ! Ils le voient autant dans les discours d'Obama que dans les « non » irlandais et français au traité de Lisbonne.
En fait, la seule réalité qui vaille, c'est que les peuples en ont assez de cette mondialisation néo libérale !
(Voir l'article d'Hervé Nathan, Marianne 26 juillet page 7)
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- Réponse à cinq jeunes camarades...
Et en même temps, réponse à Libération qui « fait parler » cinq « jeunes » militants choisis pour justifier le titre de l'article signé Laure Equy, page 6, le 26 juillet :
Au PS, la jeunesse se rebelle
Au-dessus du titre, le « chapeau » indique que les jeunes socialistes (tous donc ?) réunis à Carpentras avec leurs homologues européens sont très critiques envers la direction et les orientations de leur parti.
Et sous le chapeau, un article de la journaliste préposée à la réunion de Carpentras, suivi des déclarations de notre panel de jeunes socialistes,
A propos de « jeunes », le premier à être cité dans l'article est un certain Razzy Hammadi, ex Président du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes). Notre camarade réclame un « bing-bang générationnel ». Amusant de la part d'un homme dont le mouvement, sous sa responsabilité, a toujours été d'un incroyable sectarisme, cornaqué par les plus « vieilles barbes » du PS !
Puis la parole est donnée à... François Hollande, 1er Secrétaire, qui déclare (et il a raison mais croit-il une seule seconde à la portée de ce qu'il dit ?) :
« Chacun peut déposer une motion et voir l'autorité qui est la sienne à travers le vote des militants »
Enfin, c'est au tour de Bertrand Delanoë, poulain libéral de Libération qui ne manque pas l'occasion de rappeler qu'il est le favori des « sympathisants » PS avec 31% d'avis favorable. Favorable à le voir prendre la tête du PS, contre 29% à Royal et 16% à Aubry... Pas un mot en revanche sur un « sondage » grandeur nature qui est fourni par le nombre de signatures obtenu par les contributions des candidats... Pour rappel, celle de Ségolène Royal en a obtenu plus que toutes les autres réunies ! Mais Libération a oublié d'en parler... Cela peut arriver...
Bertrand Delanoë, nous apprend le journal, est en train de lire les contributions justement. Ca tombe bien ! Le Maire du Paris y trouve des idées (ouf !!!) mais il souhaite qu'on aille plus loin dans l'audace (le Maire de Paris ne manque jamais une occasion de répéter le mot « audace », atteint certainement par la fièvre « Obama » ; d'autres aiment le mot « juste ». Je préfère le second, nettement plus socialiste...) et la créativité. Nous n'en saurons pas plus...
Hammadi, Hollande, Delanoë... Vous sentez toutes et tous avec moi le vent du renouvellement... Non ? Ah bon...
Alors allons le chercher avec nos cinq « jeunes » socialistes qui donnent leur opinion, manifestent leur « rébellion »...
Et là, ça fait peur !
1- Une étudiante documentaliste à Paris, deux étudiants en philo de Lille et Montpellier, une prof d'arts appliqués (et un militant MJS belge dont on ne sait rien de la profession). Pas très représentatif de la réalité sociologique du pays ; très représentatif en revanche de la réalité sociologique du PS. Donc un choix justifié.
2- On cherche ensuite les propos révoltés, la rébellion, en un mot la REVOLUTION que Libération annonce en titre... Je reprends, au mot près, les mots les plus forts, les plus violents.
Hélas, à en juger par la puissance de cette « révolte », le PS n'est pas prêt de changer!
- Rose, l'étudiante documentaliste : « A Solferino, la rénovation a commencé par le changement des photocopieuses ! Faire trois forums de la rénovation n'a jamais suffi à remettre un parti en marche. Et des dérives comme le vote de Jack Lang pour les institutions ce n'est pas normal. Ce n'est pas parce qu'il a un passé d'électron libre et de personnage brillant qu'il peut déroger aux consignes de vote. Statutairement, il devrait être exclu. (...) Le congrès de Reims devra donc absolument trancher, donner une ligne pour sortir de cette confusion. (...) Personne ne sait ce qu'elle pèse (A propos de Martine Aubry) »
Résumons : on exclut le 1er qui « moufte » ; mais seulement au nom des statuts (Lisez les statuts du PS ! Désespérant d'immobilisme institutionnalisé !); on attend tout du congrès qui doit « donner une ligne ; Martine Aubry pèse des voix... On reste bien dans le jeu des alliances quoi...
Rose, une rebelle ?
- Julien, l'étudiant en philo : « Que dit le PS sur le pouvoir d'achat ? (...) Il nous faut plus de fond sur la répartition du capital ou la fiscalité. (...) Nous les jeunes militants, on a encore la volonté de faire évoluer le parti, même s'il faut parfois faire des efforts pour y croire. La contribution « Reconquêtes » de Benoit Hamon m'intéresse beaucoup. Elle n'a pas vocation à être décorative ».
Résumons : Le fond sur le capital et la fiscalité ? Lire (entre autres) Royal et Touraine, Si la gauche veut des idées, pages 225/255 ; faire évoluer le parti en suivant Hamon... Aïe !
Julien, un rebelle ?
- Vincent, le second étudiant en philo : « Ce qui nous a manqué, c'est de parler d'une voix unique, face à une droite qui donne l'impression de se serrer les coudes. (...) A partir du moment où on aura dégagé une ligne de fond on pourra sans doute se poser comme une opposition costaude. (...) J'ai signé la contribution de Pierre Moscovici...»
Résumons : L'ensemble du propos est solide. Mais Vincent ne peut pas se départir du bon vieux réflexe du militant qui ATTEND une ligne. Il reproche à la droite de « donner l'impression » de se serrer les coudes. Il oublie de dire qu'au PS, ces deux dernières années (mais avant aussi), beaucoup ont donné la certitude d'être des « opposants internes » ! Enfin il signe la contribution de Moscovici...
Vincent, un rebelle ?
- Marie-Lise, la prof d'arts appliqués : Pour le coup, je ne reprendrai pas les propos en extraits puisque j'adhère à tout ce que dit ma collègue ! Pas parce qu'elle est prof, mais parce que je sens, à travers des mots forts, une vraie révolte ! Elle récuse un libéralisme revendiqué, elle veut voir le PS dans les manifestations (pour que Nicolas Sarkozy nous voit...), elle n'en peut plus de ces éléphants accrochés à leur fauteuil, elle regrette que les militants PS ne s'écoutent plus...
Bref Marie-Lise a la révolte au bout de la langue. Il y en a au moins une sur les quatre...
Libération a néanmoins réussi l'exploit de ne trouver aucun jeune socialiste signataire de la contribution « Royal »... C'est peut-être là que se cache la vraie faiblesse du PS... Vouloir parler d'une seule voix, mais à condition de faire taire d'abord celle(s) qui dérange(nt)...
La Révolution... dans la ligne, dans le respect des statuts et sans faire de vagues...
Chers jeunes camarades, REVEILLEZ-VOUS, REBELLEZ-VOUS VRAIMENT ET SURTOUT AIMEZ-VOUS !!!!
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- « Je permets que tu parles mais j'exige que tu te taises » Victor Hugo
Le grand homme, monument absolu et absolument monumental, doit être désacralisé. Pour son bien. A le vouloir monumental, on l'a rendu illisible. Ou confiné dans des manuels de morceaux choisis indigestes...
On a déifié l'auteur des Misérables ; on a oublié celui du Dernier jour d'un condamné ou de Napoléon le Petit...
On a oublié le socialiste, déclarant un jour de juillet 1849 à l'Assemblée Nationale :
« Je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère »
On a oublié le pamphlétaire, écrivant dans Napoléon le Petit (Heureusement réédité chez Actes Sud) :
« Il a réussi. Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte ».
Hugo parle de Napoléon III... Plus loin, il écrit aussi, évoquant la complaisance de la presse :
« Ses paroles étant naturellement obscènes, défense aux journaux d'y faire la moindre allusion (...) Tout le décret de la presse peut se résumer en une ligne : je permets que tu parles mais jexige que tu te taises ».
Hugo parle encore de Napoléon III...
Le petit...
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- L'ère du soupçon... mais pas trop !...
Libération du 29 juillet consacre deux pages pleines à l'affaire Tapie.
Très bien !
Et offre à Christine Lagarde l'occasion de réaffirmer qu'elle n'a reçu aucune instruction de Nicolas Sarkozy.
Soit !
Quant au quotidien, dans un petit encart, il nous informe qu'il persiste dans ses accusations à l'encontre du Chef de l'Etat. Du moins quand ce dernier était Ministre de l'économie en 2004. Et Grégoire Biseau, l'auteur de l'article, de conclure :
« Quant à savoir si Sarkozy a pu influencer les juges ? On ne dispose d'aucune preuve pour l'affirmer ou l'infirmer ».
Pourquoi poser la question alors ?
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- A lire...
L'Afrique de Sarkozy : un déni d'histoire, dirigé par Jean Pierre Chrétien, édition Khartala
Réponse au discours de Dakar
Recommandé à Monsieur Guaino...
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- La Reine Brunehaut, Femme d'Etat indésirable...
Libération et Le Monde, succombant tous les deux à une tradition journalistique estivale et historiciste, publient quasiment le même jour une biographie de la Reine Brunehaut dont la noire légende fut enseignée sur les bancs de l'école sous la IIIème République.
Noire légende, pouvoir fragile, territoires aux frontières incertaines, intrigues, successions dynastiques incompréhensibles aux non-initiés, Brunehaut doit sa « fortune » à l'historien Augustin Thierry qui, en 1840, dans ses Récits des temps mérovingiens, rendit sa gloire à la Reine au funeste destin, pour parler comme Homère, une gloire fondée sur l'érudition certes, mais sur beaucoup d'imagination aussi. Pas moins de cinq sources différentes nous rendent compte de son horrible fin, exposée d'abord nue sur un chameau, puis traînée vivante (ou à peu près) attachée par un bras, une jambe et les cheveux (on n'est jamais trop prudent) à la queue d'un cheval sauvage.
Elle en mourut... Son corps déchiqueté fut brulé. Nul autre sépulcre donc que celui des flammes pour éviter tout culte à la martyrisée...
Que devait donc retenir les écoliers devant cette scène reproduite dans tous les manuels d'Histoire ? La terrible barbarie du temps ? La cruauté légitime de la sanction qui menace le souverain désavoué ? La punition dune femme ayant usurpé le pouvoir, juste sanction pour cette IIIème République qui refuse aux femmes le droit de vote ?
Ou simplement l'outrecuidance et inexpiable défaut d'une femme désireuse d'être en même temps femme et « homme d'état », dans une société occidentale qui, pas plus au Moyen Age qu'aujourd'hui, ne leur reconnait cette masculine possibilité ? J'opterais assez pour cette dernière hypothèse...
Car la Femme d'état n'a depuis fort longtemps plus très bonne presse. Les « figures » féminines mises en avant dans les programmes scolaires sont surtout négatives :
- Isabeau de Bavière « perdant la France » au traité de Troyes (1420)
- Catherine de Médicis, rendue responsable du massacre de la Saint-Barthélemy (1572)
- Marie de Médicis et Anne d'Autriche, Reines sous influence
- Marie-Antoinette, Reine indigne et irresponsable, traîtresse à la Nation (ce qui est historiquement vrai)
On met même en avant La Pompadour, illégitime favorite... Entre une femme et une catin, c'est bien connu, la frontière est si mince...
Quant à Blanche de Castille qui régna en régente au nom de Louis IX futur Saint, quant à Anne de France qui fit de même au nom de son frère Charles VIII, quant à Louise de Savoie, mère de François Ier, qui demeure aux affaires pendant la captivité du « Roi chevalier », l'Histoire officielle en a peu à peu effacé toute trace.
Des femmes d'Etat ! Presqu'un contresens !
Heureusement, de nos jours, on dresse les chevaux...
(Voir l'excellent article de Philippe-Jean Catinchi et Josyane Savigneau, Le Monde 29 juillet page 15)
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« Parlons d'école »
Les Héritiers sont-ils de retour ?
Il faut relire Les Héritiers. Les étudiants et la culture écrit en 1964 par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron.
Nous sommes en 1964...
A l'époque, un fils de cadre supérieur a 80 fois plus de probabilités dentrer à l'université qu'un enfant d'ouvrier agricole, 40 fois plus qu'un fils d'ouvrier, 2 fois plus qu'un fils de cadre moyen. « Pour les classes défavorisées, il s'agit purement et simplement d'élimination » disent Bourdieu et Passeron dès le début de leur livre. Se doutent-ils qu'ils vont provoquer un débat majeur chez les étudiants, les professeurs, dans le primaire, le secondaire et à l'université ?
Bourdieu et Passeron ne sont pas les premiers à avoir dénoncé les inégalités sociales à l'école et dans l'enseignement supérieur. Dès 1950, l'INED (Institut National d'Etudes Démographiques) dirigé par Alfred Sauvy avait travaillé sur l'origine sociale des élèves, sur leurs résultats scolaires en fin de primaire (une étude qu'il serait judicieux de faire relire aux tenants anti-pédagogues du « c'était mieux avant »), sur la poursuite des études secondaires chez les élèves d'origine modeste. Pierre Naville, en 1959 dans Ecole et société, avait publié une étude sur les origines sociales des élèves de l'enseignement technique. Ces travaux resteront néanmoins confidentiels et réservés aux spécialistes.
Avec Les Héritiers, Bourdieu et Passeron atteignent un public plus large. Dans une société française en mouvement. La guerre d'Algérie est terminée ; les enfants du baby-boom achèvent leur formation primaire et secondaire ; l'ascension sociale semble possible. Dans les milieux ouvriers, des espérances objectives existent, fondées sur une « estimation empirique » de la situation. Dans les classes moyennes, « classes de transition », on adhère très fortement aux promesses de l'école en matière de carrière et de statut social.
De son coté, le pouvoir prépare des réformes de fond et envisage de « recruter des élites sur une base démocratique » comme le dit Antoine Prost dans son Histoire de l'enseignement en France de 1945 à nos jours. Comment, dans ces conditions, ne pas être sensible à la mise en lumière d'une institution qui cache ses pratiques inégalitaires derrière les rares succès de quelques fils d'agriculteurs ou d'ouvriers qui ont eu la capacité de « forcer le destin social » pour échapper à « l'avenir objectif » de leur catégorie sociale. Bourdieu et Passeron frappent fort et juste :
- l'université favorise dabord les savoir-faire, les savoir-dire
- l'université favorise les disciplines culturelles peu ou non enseignées
- l'université favorise un patrimoine qui s'acquiert dans les familles
Et d'ajouter qu'il est illusoire de croire à une égalisation des moyens économiques qui réglerait la question. Dans le Nouvel Observateur du 19 novembre 1964, Dominique Fernandez écrira au sujet du livre : « C'est le procès du système ».
Le livre de Bourdieu et Passeron, un an avant La sociologie de l'action d'Alain Touraine, un classique de la sociologie, est construit à partir de l'utilisation systématique des données statistiques, ce qui était à l'époque très nouveau. Tout l'appareil statistique fut construit par Alain Darbel au sein du Centre de Sociologie Européenne fondé par Raymond Aron. Malgré la rigueur scientifique, le livre fut néanmoins très contesté, à commencer par Aron lui-même qui sonna la charge en mettant en doute le sérieux des enquêtes. Les Héritiers passait de la sociologie à la polémique.
Que reproche-t-on à Bourdieu et Passeron ? Pêle-mêle :
- la mise en doute de la rigueur scientifique des enquêtes
- la généralisation des attaques à l'ensemble du milieu universitaire alors que l'enquête ne s'appuie que sur quelques facultés des lettres
- le fait de laisser croire qu'il existerait une possible égalité des chances
Les clivages, les ruptures, les polémiques, les disputes, les débats sur les sujets ouverts par Bourdieu et Passeron se poursuivent aujourd'hui... Les auteurs des Héritiers, non seulement attaquaient tous les acteurs de l'institution universitaire, mais -audace suprême- proposaient des pistes pour une réforme de l'enseignement supérieur, dont certaines sont les lignes de rupture des clivages actuels :
- valoriser la pédagogie
- favoriser un encadrement des étudiants
- renforcer la discipline, la rigueur et vanter l'effort
Toutes les raisons d'une querelle « anciens/modernes » sont, dès 1964, en place. Ce qui est surtout reproché à Bourdieu et Passeron, c'est de tourner le dos à plusieurs décennies consécutives de magistère sacralisé. Le maître absolu trônant du haut de sa chaire, c'est fini. Mai 68 couve... Et, in fine, comme dans toute « bonne » polémique, le faux procès viendra vite puisqu'on accusera les deux universitaires d'encourager une forme d' « hédonisme universitaire » de la jeunesse alors que c'est évidemment tout le contraire qui était proposé. Mais quand l'institution, quelle qu'elle soit, veut abattre un adversaire, tous les moyens sont employés.
En 2008, les enseignants les plus conservateurs nont pas varié d'un iota dans leur détestation du livre de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron. Ils reviennent au devant de la scène ces temps derniers.
Le retour des Héritiers ?
(D'après l'article d'Yves-Marc Ajchenbaum, Le Monde 29 juillet page 14)
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Si la gauche veut des idées
Le monde bouge, la gauche doit bouger pages 225-255 (suite et fin)
« La seule évocation du mot « ordre » heurte, à tort, une partie de la gauche. Alors que c'est tout le contraire qui devrait choquer puisque le désordre est la loi du plus fort. Et pourtant l'action même de la gauche tend à définir un nouvel ordre social et international, c'est-à-dire des règles du jeu qui orientent les acteurs (individus, institutions, entreprises) ».
« L'ordre juste signe aussi l'ambition de ne pas laisser à la droite le monopole de la lutte contre l'insécurité, la délinquance ou la violence ».
« Le combat d'aujourd'hui doit porter contre le désordre d'une société soumise à l'affaiblissement des grands principes républicains et à la sauvagerie du capitalisme financier. Le résultat catastrophique c'est l'inversion de cet ascenseur social qui faisait jadis converger vers le haut les modes et les niveaux de vie des classes moyennes, et donner l'espoir à chaque nouvelle génération de progresser ; autrement dit qui garantissait à chaque génération le pouvoir de transmettre et d'encourager la suivante ».
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