A propos de cette affaire, on notera que le site sur lequel était visisble l'appel d'offre est désormais bloqué.
Le texte diffusé sur le net ne comprenait que 4 pages, voici le texte intégral de 8 pages. (Les pages coupées n'apportent rien de plus.)
L'intégrale de l'appel d'offres
In France Info
Deux appels d’offres, lancés par les ministères de l’Education et de l’Enseignement supérieur afin de repérer les "mouvements d’opinion", suscitent la
polémique.
C’est une "veille de l’opinion" qui fait grincer beaucoup de dents...
Il s’agit du terme utilisé pour justifier les appels d’offres lancés, au bulletin officiel des marchés publics du 4 novembre, par les ministères de Xavier Darcos (Education) et Valérie Pécresse (Enseignement supérieur).
Ceux-ci ont pour but de repérer les mouvements d’opinion, notamment sur internet.
Soit, plus précisément et selon le cahier des charges, "anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise", "alerter et préconiser en
conséquence" ou "repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence".
Quant aux "supports" concernés : la presse écrite mais aussi, et surtout, internet. Décliné ainsi : médias en ligne, sites des syndicats, blogs, forums grand public, pages personnelles.
Il n’en fallait pas moins pour que deux syndicats d’enseignants, dont les relations avec Xavier Darcos sont déjà - disons - fraîches, dénoncent le
procédé.
Ainsi, le Sgen-CFDT a estimé que cet argent "pourrait être investi plus utilement dans le dialogue social".
"Nos ministres n’envisagent donc pas d’autres moyens de connaître l’opinion et les attentes de leurs personnels que par la surveillance des échanges sur le net ?",
s’interroge-t-il.
Le SE-Unsa a de son côté expliqué, en substance, que la chasse "systématique" aux dépenses pouvait "souffrir des exceptions lorsqu’il s’agit d’un service du ministre".
Pour le ministère de l’Education, il ne s’agit là que d’une procédure habituelle, identique à celle de 2006.
Depuis quelques jours maintenant l’appel d’offre du ministère de l’Education Nationale commence à faire grand bruit sur la blogosphère et ailleurs.
Il s’agit, moyennant 220 000 euros –ce n’est pas la crise pour tout le monde…- de surveiller l’opinion sur le Net, en tête les médias et les enseignants, avec des termes qui font légèrement
froid dans le dos :
« Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
Alerter et préconiser en conséquence »
Sic ! Et de préciser, si jamais ce n’était pas assez clair :
«Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion » potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se
trouveraient impliqués. »
Cette surveillance doit porter sur les commentateurs de l’actualité, les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis, d’associations, de militants, les forums grand public, les blogs
etc. etc.
Pour se dédouaner, le ministre assure qu’il s’agit là d’une démarche banale, courante et déjà initiée par son prédécesseur, Gilles de Robien. Nous voilà totalement rassurés, puisque c’est
normal !
Véronique Radier
http://leblogdeleducation.blogs.nouvelobs.com/
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