Xavier Darcos a assuré hier entendre la colère des enseignants en grève – la quatrième dans la fonction publique et les écoles en deux mois –, mais il
poursuivra les suppressions dans l’Education nationale, soit 13.500 postes en moins à la rentrée 2009.
Le ministre de l’Education a raillé hier matin sur RTL un mode de protestation « démodé », une « culture de la grève ».
« Le manque de moyens, les ministres qui n’entendent pas, le mépris… combien de fois a-t-on entendu ça depuis une trentaine d’années ? », a-t-il
lancé. Ajoutant : « Les professeurs méritent mieux que d’avoir des syndicats dont la fonction principale est d’organiser la résistance au changement. »
A la question de savoir si les suppressions de postes se poursuivront, Xavier Darcos a répondu catégoriquement : « Oui, elles se poursuivront, parce que
ce qui compte, ce sont les services que nous rendons, c’est la manière dont nous organisons l’école et pas simplement le nombre de professeurs. La question n’est pas de savoir combien ils sont
mais comment ils vont. Les courbes qui m’intéressent, ce sont les courbes des résultats, ce ne sont pas les courbes du nombre des enseignants », a-t-il poursuivi.
Service « minimal »
Concernant le service minimum d’accueil (SMA), Xavier Darcos a dénoncé les « prétextes » politiques avancés par les municipalités socialistes pour refuser de l’appliquer, comme
à Paris, Lyon, Lille ou Strasbourg. « Tout ça, c’est de la blague, puisque toutes les communes de droite y arrivent », a-t-il affirmé. « Il y a des communes de gauche où on a
inventé un nouveau concept : autrefois il y avait les congés payés, eh bien maintenant, il y a les congés forcés », a-t-il ironisé, épinglant « les congés forcés Delanoë à Paris,
les congés forcés Collomb à Lyon ». Pourtant, bon nombre de mairies, notamment en zone rurale, s’avouent impuissantes à mobiliser en 48 heures des personnels municipaux pour prendre en
charge les enfants, quelle que soit leur couleur politique. Xavier Darcos a rappelé cependant que ces municipalités « hors la loi » s’exposaient à des sanctions financières en cas de
non-application du SMA.
Edition France Soir du vendredi 21 novembre 2008 n°19960 page 6
http://www.francesoir.fr/societe/2008/11/21/ecole-xavier-darcos-garde-le-cap-de-la-reforme.html