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“Quand vous détectez chez un enfant très jeune, à la garderie, qu’il a un comportement violent, c’est le servir, c’est lui être utile à lui que de mettre en place une politique de prévention tout de suite”
Cette déclaration sur Europe 1 du porte parole de l’UMP Frédéric Lefebvre franchit un seuil
supplémentaire dans le débat sur la délinquance des mineurs déjà évoqué la semaine dernière avec les fuites sur le rapport de la commission Varinard . Frédéric Lefebvre qui a déjà montré à
plusieurs reprises que le sens de la nuance n’était pas sa qualité première relance en fait un sujet qui avait fait débat en 2006 lorsque des projets de détection précoce des troubles du
comportement dès le plus jeune âge pour prévenir la délinquance, s’appuyant sur un rapport de l’Inserm, avaient suscité un tollé chez les professionnels de la petite enfanceUne pétition intitulée
« Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans », avait recueilli alors plus de 46.000 signatures.
Mais Frédéric Lefèbvre est encore trop timoré. Ne mégottons pas : en prison à 3 ans !
“ Les lycéens hors du monde ?”
C’est le titre donné à la tribune parue dans Libération et cosignée par Sylvain David président de l’association des professeurs de SES (APSES) , les sociologues Yves Déloye et
Bernard Lahire, l’économiste Thomas Piketty et le pédagogue Philippe Meirieu
On l’a déjà dit ici à de nombreuses reprises, la réforme annoncée par Xavier Darcos aurait pu constituer une réelle opportunité pour améliorer le fonctionnement du lycée et s’interroger
sur les savoirs à enseigner aux lycéens du XXIème siècle. Mais cette réforme là, qui aurait posé d’abord la question pédagogique avant la question des structures (et des économies) demandait le
temps de la réflexion et de la concertation. Ce n’est pas le choix qui a été fait. Au final, le projet annoncé ressemble de plus en plus à la vieille ”seconde C” d’il y a 30 ans... Et surtout, le
lycée qui se dessine marginalise et même asphyxie l’enseignement des sciences économiques et sociales.
Les auteurs de cette tribune interrogent “Alors même que la crise financière actuelle montre avec une rare acuité la nécessité de doter l’ensemble des citoyens des moyens de
comprendre les questions économiques, sociales et politiques contemporaines, [...] Estime-t-on nécessaire de doter tous les lycéens d’une formation économique et sociale leur permettant de se
repérer au sein de la société et mieux appréhender les enjeux qui la traversent ?”. Ils demandent à ce que l’enseignement des SES soit intégré aux enseignements obligatoires et
appellent à manifester pour défendre cet enseignement menacé.
L’auteur de cette revue de presse marchera donc avec de nombreux autres collègues, mercredi 3 décembre prochain à Paris de La Madeleine à République (avec un petit arrêt place de la
Bourse).
On peut être classé parmi les “pédagogues” et défendre les disciplines d’enseignement pour ce qu’elles apportent comme connaissances et compétences nécessaires à la culture générale et à
la formation des citoyens. Il n’y a là aucune contradiction.
Le Figaro s’intéresse à un fait divers Un jeune garçon de 12 ans dans un collège du Havre a été frappé par ses camarades et a subi un traumatisme crânien. Sa faute ? Refuser de jouer à un jeu baptisé « le petit pont massacreur » Ce jeu consiste à lancer un objet entre les jambes de l’un d’entre eux, qui doit le rattraper faute de quoi il est roué de coups par les autres..
Le journal interviewe un pédopsychiatre, Grégory Michel, spécialiste des conduites à risques. Pour lui
“Ces jeux violents peuvent s’apparenter à des rites de passage, entre l’enfance et l’adolescence.” et il précise “Selon une étude menée auprès des jeunes en milieu scolaire, 10 à 15%
d’entre eux ont déjà participé à ces jeux. Ces jeux comme celui du foulard par exemple ont toujours existé, ils sont en expansion, touchent les enfants de plus en plus tôt parfois à l’école
primaire et sont de plus en plus violents. [...] Les motivations sont différentes selon les jeux en question, mais il y a souvent un effet de groupe, avec quelques leaders charismatiques et
plusieurs suiveurs. A chaque fois, l’effet recherché est celui de l’éprouvé intense et du franchissement de l’interdit. D’où la difficulté de la prévention : plus ces jeux sont interdits,
plus les enfants peuvent vouloir franchir l’interdit.”.
Un petit rappel pour finir
Près de 800.000 enseignants sont invités à voter mardi pour élire leurs
représentants aux commissions administratives paritaires (CAP) de l’Education nationale, une occasion de vérifier le poids des syndicats, stigmatisés par Xavier Darcos pour leur "résistance au
changement".Ces élections ont lieu tous les trois ans.
Bonne Lecture...et bon vote....
ici: http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=4091