Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 11:29

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La France d'aujourd'hui? Une France d'Ancien Régime...  (Texte 2007)


L' état de l'économie française rend inéluctables de nouvelles mesures d'austérité sociale. Tous les projets du gouvernement visent à alléger la fiscalité sur les hauts revenus et sur le patrimoine et à reporter le poids du financement des dépenses publiques et sociales sur les foyers à revenus moyens et modestes. Le programme du Président Sarkozy et de son gouvernement fantôme vise de fait au démontage de l' ensemble des mécanismes de redistribution et de protection des salariés français. Un retour à une France d' Ancien Régime...


Sans oublier que les injustices fiscales furent l' une des causes de la Révolution Française.


Si la réforme sur l' Impôt sur le Revenu était appliquée telle quelle, telle que la nouvelle droite la projette, c'est un siècle en arrière que nous nous retrouverions, bien avant la Loi Caillaux. Défendue par le Sénateur UMP Philippe Marini, cette réforme abolirait toute progressivité par la création d'un impôt à taux unique appelée «flax tax» aux Etats-Unis. Le coût cumulé de la baisse de la progressivité du seul Impôt sur le Revenu entre 2000 et 2007 est chiffré à 50 milliards d' euros.


Quant à la Loi TEPA, appelée aussi paquet fiscal, elle ne fait que creuser les injustices. La quasi suppression des droits de succession des 15% des ménages les plus fortunés est totalement contraire au principe pourtant très libéral d' égalité des chances. (Bill Gates lui-même s' est élevé contre un projet de ce type aux Etats-Unis). Le coût, en France, de cette opération est de 2,2 milliards d' euros.


Le bouclier fiscal supprime de fait l' ISF pour les très hauts revenus. Rappelons quelque chiffres parlants concernant ce bouclier fiscal:


  • Il bénéficie à 235 000 familles

  • L' Etat leur reverse 600 millions d' euros

  • Les 13 000 ménages les plus fortunés touchent chacun un chèque de 45 000 euros

  • La quasi suppression de l' ISF, créé en partie pour financer le RMI dont le coût est de 8 milliards/an, amputera ses ressources de 4 milliards d' euros. Pendant ce temps, la précarité s' étend. Pendant ce temps, les impôts locaux vont aller en augmentant puisque, dans le cadre d'une décentralisation bien pratique cette fois, c'est aux Conseils Généraux qu' incombera la gestion du RMI. Sans parler de l' inclusion de la CSG et du CRDS dans le dispositif du bouclier fiscal qui rend le financement de la protection sociale carrément dégressif: plus on est riche, moins on contribue à la slidarité nationale en matière de santé.

Le Crédit d' impôt pour les intérêts d' emprunt de l' habitation principale est une merveille pour les ménages aisés. Il ne fera, outre le bonheur apporté à ces familles qui pourtant n'en manque déjà pas, qu' entretenir la flambée des prix de l'immobilier. Le coût de la mesure en question est de 3,7 milliards d' euros.


La défiscalisation des heures supplémentaires laisse entendre que ceux qui ne voudraient pas «travailler plus» seront désignés comme seuls responsables de la stagnation de leur pouvoir d' achat. Elle dissuadera les entreprises d'embaucher, réduira les ressources de la Sécurité Sociale. De fait, cette Loi revient à légaliser le travail sans cotisations sociales, le travail au noir. Son coût est de 6 milliards d' euros.


Et comme si tout cela n'était pas encore suffisant, le projet de Loi de finances 2008 envisage d'alléger la taxation des actionnaires. Les dividendes pourraient ne plus être assujettis à l' impôt sur le revenu, leurs bénéficiaires pouvant opter pour un prélèvement libératoire de 16%. Un cadeau fiscal qui s' élèverait à 500 millions d' euros, soit la moitié de l'économie réalisée sur les 23 900 postes de fonctionnaires que le Gouvernement prévoit de supprimer en 2008. Dans l' Ancien Régime, les privilèges de la Noblesse étaient liés à la propriété terrienne. Dans le nouveau capitalisme, la Noblesse d'argent tire ses privilèges d'actifs financiers. Ses gains ont explosé ces dix dernières années alors que les revenus de l'immense majorité de la population stagne.


(Pour mémoire:


  • Le revenu déclaré des 10% des foyers les plus riches s'est élevé de 32% entre 1998 et 2005. Celui des 90% restants n'augmentait que de 4,6%.

  • Le revenu médian (celui d' un français gagnant moins de 1500 euros pr mois) a évolué lui, dans la même période, de 0,6% par an.

  • Le revenu réel des classes moyennes a donc en fait baissé en raison d'une inflation de 2% l'an.)

Enfin, pour financer le déficit de la Sécurité Sociale, le scénario envisagé est particulièrement inique. Il consiste à instaurer une franchise médicale et à remplacer les cotisations sociales par une hausse de la TVA dont le taux serait majoré de 3 à 5 points. La TVA est l'exemple même de l' impôt dégressif digne de l' Ancien Régime. Les «gueux» la paient au premier centime d'euro dépensé; les 10% des ménages les plus pauvres y consacrent 8% de leur revenu et les 10% des ménages les plus riches seulement 3%.


Les réformes en cours vont accélérer l'érosion des ressources de l' Etat. Les détenteurs de hauts revenus ne consacreront à la consommation qu'une infime partie du cadeau qu'on leur a fait. Le reste ira grossir la bulle boursière et stimulera la spéculation immobilière qui renforce le pouvoir des propriétaires face à une masse de locataires condamnés à verser des rentes de plus en plus élevées.


Une économie de rentiers, la spéculation des classes privilégiées... Pour le meilleur et pour le pire...


Comme dans l'Ancien Régime...

Christophe (Texte 2007)

Publié dans : profencampagne - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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