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Faire du neuf avec du vœu...
Dans ses vœux du 31 décembre, le Président de la République a affirmé qu’il poursuivrait les réformes. En évoquant la réforme du lycée considérée comme son premier gros recul, il a
déclaré "J’ai demandé que soit pris le temps de la concertation". En ajoutant « prendre le temps de réfléchir ensemble, ce n’est pas perdre du temps pour la réforme. C’est en
gagner ».
A condition qu’on ne confonde pas “explication” et réelle concertation et comme c’est ce que nous ne cessons de dire dans cette chronique, prenons au pied de la lettre ce vœu présidentiel !
Mais ne soyons pas naïfs non plus... On nous a surtout promis du sang et des larmes Faire du neuf avec du vœu...
Dans ses vœux du 31 décembre, le Président de la République a affirmé qu’il poursuivrait les réformes. En évoquant la réforme du lycée considérée comme son premier gros recul, il a déclaré
"J’ai demandé que soit pris le temps de la concertation". En ajoutant « prendre le temps de réfléchir ensemble, ce n’est pas perdre du temps pour la réforme. C’est en
gagner »..
A condition qu’on ne confonde pas “explication” et réelle concertation et comme c’est ce que nous ne cessons de dire dans cette chronique, prenons au pied de la lettre ce vœu présidentiel !
Mais ne soyons pas naïfs non plus... On nous a surtout promis du sang et des larmes et une situation économique très tendue...
A propos de vœux et d’éducation, les plus drôles sont ceux de Véronique Soulé (de Libération) qui souhaite une bonne année à M. Darcos... avec treize vœux
un peu fous.
Quoi de ...neuf en deux mille...neuf ?
Parmi les nouveautés du 1er janvier 2009, une première vague de vingt universités (liste dans plusieurs de vos journaux) , vont devenir autonomes, dotées ainsi de compétences élargies
en matière de gestion de leur budget, de leur masse salariale et de ressources humaines dans le cadre de la loi "libertés et
responsabilités des universités" (LRU) votée à l’été 2007.
Concrètement, les présidents des premières universités autonomes pourront prendre des décisions (titularisation, détachement, délégation, avancement) touchant l’ensemble des personnels, Ils
pourront aussi moduler les obligations de service de chaque enseignant-chercheur et seront compétents en matière de primes et d’intéressement. Autre compétence : la possibilité de recruter
des contractuels en CDD ou CDI pour assurer les fonctions d’enseignement, de recherche, techniques ou administratives. Enfin, l’université devenue "autonome" disposera de 100% de son budget,
alors qu’actuellement, elle ne dispose d’une marge de manoeuvre que sur près de 25% du budget.
Universités toujours. Un rapport prédit que le nombre d’étudiants devrait baisser dans les prochaines années. D’après une étude de la DEPP , on évoque une baisse de 7% jusqu’en 2017. Le Figaro reprend cette information déjà évoquée dans d’autres journaux. . Il y
aurait deux explications à cette évolution. D’abord un “creux” démographique mais aussi une désaffection des bacheliers pour les études universitaires. Ceux-ci préférant arrêter leurs études, ou
se diriger vers d’autres formations en France ou à l’étranger, selon la note d’information.
On peut rapprocher cela d’une chronique d’abonnés du journal Le
Monde où on apprend que selon une enquête réalisée auprès de 1 000 jeunes Français par le syndicat professionnel du conseil en recrutement Syntec,
en partenariat avec le Medef, 22 % seulement des jeunes interrogés savent dire spontanément quel métier leur semble le plus accessible pour un premier emploi. On peut constater en effet que des
progrès sont encore à faire pour améliorer l’orientation post-bac et éviter l’échec à l’université. Mais la chronique en question en profite surtout pour plaider pour un service privé de
l’orientation
A l’occasion des désormais habituels incendies de voitures de la Saint-Sylvestre , Le sociologue Didier Lapeyronnie est interviewé par Le Monde . Il affirme que les quartiers
sensibles sont en train de se transformer en “ghettos urbains”. “Pour que se constitue un ghetto,dit-il il faut à la fois une fermeture d’un territoire vis-à-vis du reste de
la société et la construction, dans cette cité, d’une contre-société ou d’un mode de vie particulier. Autrement dit, les ghettos se construisent autant par l’extérieur - cela correspond aux
effets de la ségrégation sociale et raciale - que par l’intérieur - l’élaboration d’une organisation sociale qui permet de compenser un peu les blessures infligées par la société. ”. Il met
aussi en évidence un lien (que l’on constate aussi à l’école) entre l’existence des ghettos et la détérioration des rapports hommes-femmes. Face à une émancipation et une réussite scolaire plus
grande des filles, on voit en effet les jeunes hommes se crisper sur un “machisme” et une vision rétrograde des rôles masculins et féminins. La discrimination devient ainsi une sorte de
“mistigri” qu’on essaie alors de faire endosser aux autres...
Que retiendra t-on de 2008 ?
Comme chaque fin d’année, c’est le moment des rétrospectives et des bilans. On en trouvera sur tous les sujets dans vos journaux. Mais en matière de bilan, le plus précis et le plus pertinent est
certainement celui que l’on trouve dans la lettre ouverte que Philippe Meirieu adresse à Xavier Darcos . Au delà du report de la réforme du
lycée, il qualifie la politique de X.Darcos de “démantèlement” de l’école républicaine. C’est, dit-il une politique dangereuse “parce qu’elle sacrifie l’avenir de notre pays à des
équilibres financiers à court terme” et “qu’elle ne calcule jamais les coûts sociaux, à moyen et long termes, de ses choix : coût de l’échec scolaire et de la désespérance de jeunes
qui y sont assignés à résidence, coût des conflits et des gaspillages provoqués par la concurrence attisée entre l’État et les collectivités territoriales, entre les parents et l’école, entre les
établissements et, peut-être bientôt, entre les enseignants eux-mêmes courant après les petits avantages que vous accordez aux uns et refusez aux autres...”. Il fait aussi le constat du
découragement des enseignants qui voient mise à mal leur identité de “professeurs”. Une identité et une professionnalité qui risque d’être remise en cause durablement avec la réforme de la
formation qu’il dénonce également.
Pour finir, il appelle à des “États généraux de l’Éducation” pour transformer l’école et en (re ?)faire une école démocratique.
Une lecture de combat pour cette nouvelle année où il faudra comme le disaient Antonio Gramsci et Romain Rolland “conjuguer le pessimisme de la raison et l’optimisme de
l’action”.
C’est avec cette citation (qui est presque une devise pour tout militant) que je formule mes vœux pour cette année 2009...
Bonne Lecture...
La suite: http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=4180
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