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Vendredi 9 janvier 2009


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UNIVERSITÉS -
L'Université scientifique Lyon 1 fait partie du premier wagon d'universités françaises à être devenues au 1er janvier  "autonomes", en application de la loi LRU, dite Loi Pécresse. Le président de Lyon 1, tenait à faire de son campus un site pilote pour cette autonomie. Il doit cependant faire face à la désapprobation de nombreux enseignants et chercheurs, inquiets de cette réforme. Cette semaine, l'intersyndicale (FSU, SUD, FO, CGT) a tenté de s'opposer au vote du budget. Bernard Roux, enseignant chercheur à l'INSA de Lyon et représentant du syndicat FSU-SNESUP dans le Rhône, explique pourquoi cette réforme inquiète…


Lyon 1 est "autonome depuis le 1er janvier". Qu'est-ce que cela signifie ?


Bernard Roux - L'autonomie et la loi LRU sont en fait deux pièces distinctes d'un même dispositif. L'idée est de confier entièrement la gestion aux établissements universitaires. Sauf qu'en fait, ce n'est pas l'autonomie des établissements, c'est l'autonomie des présidents d'université au sein des universités. On a ainsi un paradoxe : sous couvert d'autonomie, on va vers une mise au pas des universités.


Quelle est aujourd'hui la marge de manoeuvre des opposants à cette réforme à Lyon 1 puisque l'autonomie est déjà là ?


Nous comptons beaucoup sur la pétition contre la réforme du statut des ensiegnants-chercheurs lancée le mois dernier qui recense déjà 12000 signatures sur la communauté de 60-70.000 chercheurs. Ce qui est en train de monter également, ce sont des actions de grèves administratives avec des mesures de rétention des notes.


Bien avant la loi LRU, Lyon 1 s'était déjà lancée dans de très nombreux partenariats avec le privé (Microsoft, plus récemment Siemens), quel bilan tirez-vous de ces interventions du privé dans l'université publique ?


Le problème, ce n'est pas le contact avec le privé. Au contraire, nous avons besoin du dialogue avec les entreprises. L'enseignement supérieur est un service public qui doit permettre de déboucher sur le marché du travail. Le problème, c'est que cela ne fonctionne pas. Exemple, Lyon 1 a créé une fondation pour récolter des fonds du privé. Or, on s'aperçoit que le principal pourvoyeur de fond dans cette fondation, c'est l'université.


Concrètement, quels types de conséquences redoutez-vous pour la recherche  ?


Un exemple concret : vous avez dans un laboratoire un chercheur qui se demande si telle ou telle technologie - par exemple la téléphonie mobile - est dangereuse pour la santé. Ces travaux s'avèrent contraire aux intérêts d'entreprises privées présentes dans l'université. Avant, il y avait des pressions. Aujourd'hui, il y aura de véritables leviers au sein de l'établissement qui permettront d'empêcher ce chercheur de publier. C'est la fin d'une recherche indépendante. Car l'autonomie va obliger à une logique de gestion. C'est bien là le véritable esprit de la loi.


Craignez-vous la hausse des droits d'inscriptions pour les étudiants ?

Les Universités vont avoir besoin d'argent. Déjà, elles ouvrent de plus en plus de nouvelles formations pour obtenir de nouveaux droits. Il est à craindre dans l'avenir une hausse importante de ces droits d'inscription. C'est contraire à la démocratisation de l'enseignement supérieur que nous défendons.


Propos recueillis par Alice Géraud

http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2009/01/universits---lu.html

- Publié dans : profencampagne - Communauté : Désirs d'avenir
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