
www.defense.gouv.fr/
On trouve sur www.elysee.fr le texte et la vidéo d’une grande partie des discours du Président
de la République, j’y ai téléchargé hier l’allocution prononcée à Saint Lô (oui, vous savez, là où les sifflets ont coûté leurs postes au préfet de la Manche et au directeur
départemental de la sécurité publique...) à destination des « personnels de l’Education ». Il semble évident que l’origine du document (site de la Présidence de la République), comme la
position, au sommet de l’Etat, de celui qui l’a prononcé, confèrent à ce texte une forte valeur officielle. Les enfants des écoles comme leurs maîtres, les observateurs du système éducatif en
France et à l’étranger devraient pouvoir y trouver matière à réflexion.
Or ce qui frappe aussitôt, c’est l’incroyable négligence présidant à la mise en ligne de ce qui ressemble plus à un brouillon qu’à un discours de chef d’Etat. Dès la deuxième page on bute
sur une magistrale faute d’orthographe, associée à une syntaxe pour le moins relâchée: ... « Mais si la solution de plus d'argent était la bonne, mais alors pourquoi tous
les ministres de l'Éducation précédents on (sic) échoué »...Plus loin une faute de frappe : « car en abaissant el (re-sic) niveau d’exigence on accroît les
inégalités». Ailleurs, à une orthographe déficiente (ah les accords !), est associé l’usage d’un néologisme : « Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il y a des
enfants qui ont besoin d’être plus encadrés que les autres, parce qu’ils ont plus de difficulté, souvent d’ailleurs corolées avec les difficultés sociales de la famille ».
Passons sur l’aspect « prudhommesque » de sentences, dont la plus emblématique est celle-ci: « Un pays de 60 millions d’habitants, qui recruterait ses élites parmi 10% de sa population serait l’équivalent d’un pays de 6 millions d’habitants », pour constater que le style général du discours se verrait qualifié à tout le moins de « relâché » dans une copie de collège ; ainsi on peut lire : « Il y a eu des périodes plus faciles pour diriger un pays que la crise que nous connaissons aujourd’hui » et cela conduit parfois à des phrases carrément incompréhensibles, comme celle qui suit : « Toute la solidarité que nous devons à ceux de nos enfants qui doivent s'en sortir ne résoudra pas ce problème, on ne peut pas travailler à la place de celui de saisir la chance que la société lui donne ». Guère plus claire l’affirmation selon laquelle « En la matière, la gauche et la droite devraient faire preuve de beaucoup d’humilité sur le chantier de la réforme en matière d’éducation nationale parce que j’en vois beaucoup qui parlent et assez peu qui pourraient donner des leçons compte tenu de ce que fut la réalité à ce moment-là ».
Mais ce qui a provoqué chez moi une inquiétude dont je ne suis pas remise, c’est la phrase suivante (son contenu, pas sa construction , pour le moins acrobatique pourtant, ni sa
ponctuation, elle aussi problématique...) qui me plongea dans des abîmes d’interrogations : «...S’il suffisait, pour répondre au malaise de ne rien faire ou donner davantage
d’argent, mais c’est ce qu’ils ont fait tous, de gauche comme de droite, M. CHIRAC avec M. DEVAQUET, M. JOSPIN avec M. ALLEGRE, M. PERIGROUX( ?) n’a rien eu du tout, bien évidemment puisque, de
son point de vue non plus, on ne peut pas dire qu’il ait annoncé ou mis de son côté le moindre projet de réforme... ». Connaissant bien l’Education Nationale, pour y avoir occupé de
nombreuses fonctions, je fus fort étonnée de découvrir un nouvel acteur du système éducatif, acteur dont j’ignorais tout. Perigroux pourtant, à lire le texte présidentiel (et à
l’entendre car je m’en fus vérifier avec la version parlée et j’ai entendu le Président évoquer avec conviction l’échec patent du dit Périgroux), était à mettre sur le même plan que Messieurs
Chirac et Jospin, premier ministre donc peut-être... Et je n’en savais rien ! Perigroux m’avait échappé ! Certes il n’avait annoncé aucun projet de réforme, certes il n’avait
obtenu aucun résultat, mais quand même, comme pouvais-je ne pas connaître quelqu’un que le Président considérait comme si évidemment notoire ? Heureusement Google existe et
allait certainement renforcer ma honte en me déroulant le curriculum vitae de ce personnage important. Curieusement, Google renvoyait uniquement ...Au discours de Saint Lô !
Yahoo appelé à la rescousse, ne trouvait pas mieux. Ne pouvant imaginer que Nicolas Sarkozy en soit réduit à inventer des hommes politiques pour justifier ses propos, je supplie les
lecteurs de ce texte qui en sauraient plus de mettre fin à la question qui me taraude : mais qui est donc Périgroux ? En attendant que ce mystère soit résolu, mieux vaut éloigner
les enfants du site de l’Elysée, leur niveau scolaire s’en ressentirait.
http://www.mediapart.fr/club/blog/marie-lavin/030209/le-discours-de-saint-lo-ou-qui-connait-monsieur-perigroux
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Excellent chère Marie!
Bises
Christophe