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La reprise des cours, après les vacances de Toussaint, a été marquée par une très forte progression des fermetures de classes, voire d'établissements entiers, surtout des écoles et des collèges,
pour cause de grippe A(H1N1). Ces fermetures, ordonnées par les préfets pour enrayer la propagation du virus, ont obligé les chefs d'établissement concernés à s'organiser dans l'urgence pour
assurer la continuité pédagogique malgré l'arrêt des cours.
Alors qu'on ne comptait, à l'échelle nationale, que 17 classes, 4 écoles et 2 établissements secondaires fermés dans la semaine précédant les vacances de Toussaint, le ministère de l'éducation
nationale dénombrait 292 classes et 210 écoles ou établissements fermés, vendredi 20 novembre en fin de journée. Ce n'est pas toujours la contamination des élèves qui est en cause : la préfecture
du Pas-de-Calais a ainsi annoncé vendredi la fermeture de l'école Sainte-Bernadette, à Guarbecque, près de Béthune, privée de trois enseignants (sur cinq) grippés.
Dans les établissements touchés, pour les élèves non grippés mais privés de classe, chefs d'établissement et professeurs ont réalisé des dossiers avec leçons à apprendre, devoirs et exercices à
travailler à la maison.
Selon qu'ils bénéficient ou non d'un "environnement numérique de travail" (ENT, qui permet aux élèves et aux familles de rester en contact avec leur école ou leur collège grâce à Internet), les
élèves ont pu prendre connaissance des consignes de leurs enseignants via la Toile, ou en recevant une version imprimée de leurs devoirs par courrier, quand ce n'était pas en venant retirer les
consignes les concernant à la loge de l'établissement.
A l'école primaire Saint-Maurice, à Amiens (Somme), qui ne dispose pas d'ENT mais qui a anticipé sa fermeture, les devoirs sous forme imprimée ont été distribués aux 95 élèves dès le 12 novembre
au soir, la veille de la fermeture de l'école, qui a rouvert ses portes le jeudi 19 novembre... mais sans son directeur et 2 enseignants, cloués au lit par la grippe.
Toujours à Amiens, au collège Edmond-Lucas, fermé lui aussi du 13 au 18 novembre, mais qui dispose d'un ENT, le principal, Francis Tellier, a réuni un conseil pédagogique dès le 10 novembre, car
il avait déjà 220 absences sur 584 élèves en fin de journée. "Le jeudi 12, quand est venu l'ordre de fermer, les trois personnes qui s'occupent du site pouvaient déjà charger les maquettes
des cours et exercices à faire chez soi pour assurer la continuité pédagogique, témoigne M. Tellier. Le vendredi 13 novembre, nous avions environ 1 000 connexions au lieu des 350
habituelles. Cela prouve que ça a fonctionné, mais il est clair que l'on n'aurait pas pu faire cela, il y a cinq ou six ans." Pour les rares élèves non équipés d'Internet, des versions
imprimées étaient disponibles à la loge du collège.
Au collège Pierre-et-Marie-Curie de Bouligny (Meuse), qui ne rouvrira que le lundi 23 novembre, la principale, Christelle Waselinck, dit "réfléchir maintenant à équiper
l'établissement d'un ENT". Dès le lendemain de la fermeture, tous les enseignants ont coopéré à la rédaction de devoirs à donner à faire aux 165 élèves. "Ils les ont reçus par la poste.
Certains enseignants ont mis leurs adresses électroniques dans les dossiers, pour être joints par les élèves équipés d'Internet, en cas de besoin. A la reprise des cours, ils devront revenir avec
leurs documents remplis et signés par les parents", précise-t-elle.
A Rodez (Aveyron), le collège Joseph-Fabre (567 élèves) est acquis de longue date à l'ENT. Dès le lendemain de sa fermeture, le 18 novembre, "tous les devoirs à rédiger et les documents
scannés pour les élèves étaient sur le site du collège", se félicite le principal, Francis Delpeyrat. Une permanence téléphonique par des enseignants a même été instaurée pour répondre aux
questions des élèves ou des familles.
Jeudi matin, c'était Roselyne Duché-Bancel, professeur de lettres : "J'ai eu quatre appels, dont une jeune fille qui avait des problèmes de connexion et une maman qui voulait venir chercher
un livre oublié par son enfant. Impossible : l'établissement est totalement interdit d'accès." En effet, pendant la fermeture, le personnel d'entretien désinfecte tout : salles, chaises,
pupitres, poignées, claviers, souris d'ordinateur, rampes, etc.
A Brest (Finistère), le proviseur du lycée-collège de l'Harteloire, Jean-Jacques Hillion, dont la partie collège (600 élèves) a été fermée jusqu'au vendredi 20 novembre, se félicite :
"On a mis plus de 200 devoirs en ligne sur le site de l'établissement. Tous les profs ont coopéré, et l'un d'eux - professeur de lettres et référent informatique - a rapidement créé
une rubrique pour héberger les travaux proposés par ses collègues. Des élèves ont dit qu'ils avaient encore plus de travail que quand c'était ouvert. En fait, ils travaillent moins, et il ne
faudrait pas que ce genre de fermeture se reproduise. Mais, à toute crise, il y a un bon côté : des profs un peu réticents à l'égard du numérique ont été convaincus de l'intérêt de cet
outil."
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