
1 décembre 2009. Réforme de la formation des enseignants des écoles, des lycées et collèges (chronique “Mastérisation“). Réunion
d’information organisée par l’Espace Avenir
(Service d’information et d’orientation) et par l’IUFM de l’université de Strasbourg. 250 étudiants présents, un amphi comble.
Questions précises des étudiants : “y aura-t-il une présélection à l’entrée du M1 du type de celle qui existait pour entrer en 1ère année d’IUFM ? Y aura-t-il une
sélection à l’entrée du M2 dans les masters organisés par les unités de formation et de recherche ? Est-ce encore utile de faire un parcours de pré-professionnalisation en licence ?
Supposons que j’obtienne le Master 2 après avoir raté le concours au premier semestre de M2 ; pour préparer à nouveau le concours, devrai-je me réinscrire dans un autre master tout en
suivant les cours de M2 Formation des enseignants ? Combien de fois pourra-t-on repasser le concours ?”.
Mépris des ministres pour les professionnels de l’information et de l’orientation, débordés de demandes pressantes des
étudiants. Aux questions précédentes, ils n’ont pu que répondre : “ce n’est pas encore décidé !”. Une seule réponse a quelque peu dérapé : “après le M2, vous pouvez vous inscrire dans une école
doctorale et repasser le concours”. Mépris pour les étudiants, en particulier pour ceux qui sont inscrits en 3ème année de licence et qui souhaitent
entreprendre un Master “Enseignement” dès octobre prochain. Mépris pour leurs familles. Et on parle de progrès dans
l’orientation !
Honte à nos deux ministres qui ne se préoccupent plus de cette réforme, qui continuent leurs effets d’annonce (à Reims, chronique : “Egalité des chances“), qui ne veulent pas entendre
les oppositions, qui laissent leurs conseillers faire n’importe quoi. Les décrets du 28 juillet 2009
laissaient la porte ouverte à des discussions sur leur mise en oeuvre. Lors de la réunion de novembre qui a suscité la colère de tous, les conseillers sont venus avec, pour seules billes
en main, un powerpoint transmis aux présents seulement en version papier. Un powerpoint et non des projets d’arrêtés ou de circulaires. C’est quoi le statut
juridique d’un powerpoint ? Honte !
Echo de la discussion avec quelques étudiants en sortie d’amphi : “on veut vraiment nous dissuader de faire le métier d’enseignant. Pourtant, on aimerait
enseigner !”
http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/12/01/mepris-et-honte/