Vendredi 13 novembre 2009
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http://www.restaumarche-chassieu.com/gifs/cafe.jpg
AUTEUR: Philippe Watrelot
Source: http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6507
(Pour rappel, la revue de presse est complêtée en suivant le lien ci-dessus)
Des SES pour tous ! – La galère des “sans bahut” – les collégiens et Internet – Soyez gentils vendredi -
Pour un enseignement de SES pour tous
C’est le “fait du jour” pour le Café
Pédagogique. Après les comptes-rendus des syndicats sur la réunion multilatérale de lundi dernier (toujours pas de compte-rendu officiel), les professeurs de SES se sentent
menacés à deux niveaux.
Tout d’abord sur la nature même de leur enseignement. Dans une dépêche AEF, un des participants déclare même, à propos de la série ES « la seule information, c’est qu’il compte séparer
enseignement social et enseignement économique, ce qui risque de fortement déplaire aux enseignants de SES. ». Il y a quelques temps, Richard Descoings, auteur du rapport sur la
réforme du lycée avait qualifié, dans une tribune, de
“non-sens” la conjonction entre économie et sciences sociales. On voit donc qu’il y a une continuité dans l’action du cabinet deChatel.
La menace concerne aussi la place des SES
dans l’architecture du lycée de demain. En seconde, il ne s’agirait que d’une heure et demie d’enseignement de détermination et d’une manière plus général on assiste à une mise en
concurrence (un contournement ?) avec d’autres enseignements créés pour la circonstance tels que « la connaissance du monde contemporain » ou bien encore les «
principes fondamentaux de l’économie ».
Estimant la place des SES menacée par la nouvelle réforme, l’APSES lance une pétition pour
obtenir un enseignement de SES pour tous les lycéens de seconde. Dans le Café Pédagogique, on pourra lire aussi un entretien avec Sylvain David, président de l’APSES . Il s’interroge :
“ Une fois encore, l’institution demande aux SES de justifier leur présence au sein de la formation dispensée aux lycéens. Alors même que le ministère élabore le lycée du XXIe siècle, il
s’obstine, quitte à aller contre une demande très largement partagée, à refuser de pallier la carence en formation en sciences économiques et sociales qu’un grand nombre de personnes ou
d’organismes déplorent. Cela est très étonnant.” . Pour lui, et pour la quasi-totalité des profs de SES, il s’agit d’un “enjeu démocratique important ”
L’enseignement de SES (comme en témoigne un des derniers
numéros des Cahiers Pédagogiques) est surtout un enseignement de culture générale dont l’objectif est de former les élèves aux démarches propres aux différentes
sciences sociales (et pas seulement à l’économie) afin de les aider à mieux se repérer dans la société dans laquelle ils vivent.
Évidemment, on peut avoir une lecture de tout ce qui précède en termes simples de “logique corporatiste” et de lutte d’influence des “lobbies disciplinaires”. Et on conviendra
bien volontiers que cette dimension existe. Mais on rappellera aussi que cette critique est souvent portée par des personnes qui peuvent se payer le luxe de raisonner ainsi car elles sont, elles,
dans des disciplines peu menacées. Et puis surtout, on peut admettre que cette discipline est un peu trop souvent sommée de “montrer ses papiers” et de justifier de son identité. On voit aussi
l’enjeu politique (et pédagogique) qu’il peut y avoir derrière la volonté de dissocier l’économie et la sociologie et de marginaliser cet enseignement.
Plusieurs questions se posent alors. Les disciplines scolaires doivent-elles être l’exact prolongement des disciplines savantes ? L’apprentissage des ” fondamentaux” doit-il être
forcément un préalable à la confrontation à des “questions vives” ? Quel rôle doit avoir le politique (et les groupes de pression) dans la définition de ce qui doit être
enseigné ? A t-on besoin des sciences sociales et de la démarche des SES dans la formation des citoyens de demain ? Autant de questions que posent les enseignants de SES et les
signataires de la
pétition .
La galère des "sans-bahut"
L’Humanité nous alerte sur “ La
galère sans fin des sans-bahut”
Plus de deux mois après la rentrée scolaire, de nombreux élèves, notamment dans la filière professionnelle, sont toujours sans affectation scolaire. Ils sont près d’un millier en
Seine-Saint-Denis. Un exemple ? Sur la Seine-Saint-Denis, on comptait une quinzaine de BEP sanitaire et social mais aujourd’hui, il n’existe qu’un bac professionnel équivalent (service
proximité vie locale), avec quatre classes sur l’ensemble du département. « À ces jeunes sans affectation , le rectorat propose de faire un autre choix, explique Michel Hervieu,
responsable local de la FCPE. Mais vous croyez qu’un élève qui voulait faire BEP boulangerie et se retrouve en BEP plomberie va aller sérieusement en cours ? L’orientation, ce n’est pas
du remplissage… »
Les collégiens et Internet
Selon une enquête pour la fédération La Voix de l’Enfant. 87% des enfants
seraient déjà tombés sur du contenu choquant sur Internet.
C’est dans
20 minutes qu’on apprend ce chiffre et d’autres encore sur le rapport des jeunes avec Internet. 97% des collégiens interrogés (33 418 jeunes âgés de 11 à 15 ans)
déclarent avoir Internet à la maison, contre 93% l’an dernier. 51% ont un ordinateur dans leur chambre (46% dans le baromètre précédent). 80% disent se faire aider par Internet pour leurs
devoirs, 77% utilisent les messageries, mails et chats, 62% recourent à Internet pour la musique et le cinéma, 55% pour les jeux, 41% pour des informations diverses et 35% pour suivre
l’actualité. Les enfants interrogés téléchargent de la musique (51%), des jeux (35%), des films, clips et séries télévisées (21%) et près d’un sur deux (45%) est déjà tombé sur des images ou
contenus choquants en les ayant téléchargés.
On ne naît pas internaute, on le devient.. Il serait donc utile, plutôt que de
diaboliser cet outil, de proposer une éducation aux usages de l’Internet.
On peut aussi faire réfléchir les jeunes à la gestion de notre identité numérique. C’est ce que souligne Emmanuel Hoog,
en rappelant les propos de Barack Obama face à de jeunes écoliers : “je voudrais que vous tous fassiez attention à ce que vous postez sur Facebook, parce que, à l’époque de
YouTube, quoique vous fassiez, on vous le ressortira à un moment ou un autre de votre vie. Et quand on est jeune, on fait des erreurs, on fait des trucs idiots ”Le président de l’Institut
National de l’Audiovisuel, qui signe cette chronique, met lui aussi en garde les internautes : leurs moindres propos peuvent rester gravés dans le « marbre du numérique ». Et il
propose “ l’invention d’un véritable habeas corpus numérique garantissant à chaque citoyen non seulement un contrôle réel et effectif sur ses données, c’est-à-dire sa vie, mais aussi un
véritable droit à l’effacement des traces, c’est-à-dire à l’intimité ”. Des sénateurs vont dans le même sens puisqu’ils
viennent de faire une proposition de loi pour « le droit à l’oubli numérique » qui va plus loin que l’idée d’une charte proposée par Nathalie Kosciusko-Morizet.
Vendredi, soyez gentils
Il y a des journées pour tout… Entre la Journée internationale de lutte contre le terrorisme et celle des diabétiques, Le JDD.fr nous apprend que cevendredi (13 !) est la journée
mondiale de la gentillesse.
La gentillesse est souvent vue de manière péjorative comme une faiblesse ou une vulnérabilité (“Je ne veux pas être méchante, mais c’est vrai qu’elle est gentille” est une des phrases
cultes du Père Noël est une ordure”). Pourtant, les scientifiques ont réhabilité les émotions positives. Le cancérologue suédois Stefan Einhorn, auteur du bestseller L’Art d’être
bon. Oser la gentillesse (Belfond), a notamment révélé que les personnes altruistes possédaient de meilleures défenses immunitaires et vivaient en moyenne plus longtemps. Les bonnes actions
stimulaient la production de sérotonine, un des principaux neurotransmetteurs du système nerveux central, qui influence l’humeur et intervient dans l’inhibition, l’agressivité et le rapport à la
souffrance. Elles entraîneraient aussi une diminution du cortisol, une des hormones du stress et seraient un puissant antidépresseur.
Il faudrait donc faire le bien pour se faire du bien. Même si les méchants se font plus remarquer (des noms !), les gentils vivent plus vieux…
Bonne Lecture...