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AUTEUR: Philippe Watrelot
Source: http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6533
Grève et manifs - disciplines – grippe et web 2.0 -
Grève et manifs
C’est toujours, à chaque grève, la même bataille de chiffres. 40% de grévistes dans les collèges et lycées, 31% en primaire selon la FSU... Le ministère de l’Education nationale ne fait pas le même
calcul : il a annoncé mardi à la mi-journée que la grève pour la totalité des académies était suivie à 11,57 % en moyenne générale "pondérée". Dans le détail, les
chiffres annoncés sont les suivants : "13,39 % pour les enseignants du 1er degré ; 14,72 % par ceux du collège ; 8,48 % dans les lycées professionnels ; 10,
41% dans lycées d’enseignement général et technologique".
Pourquoi ces manifestations ?
Véronique Soulé, de Libération dresse, sur son blog, la liste des sujets de mécontentement qui poussent à manifester. . On trouvera aussi dans Le Monde, un article
interactif où de nombreux enseignants s’expriment sur les raisons qui les amènent à faire grève et manifester.
Les 16.000 suppressions de poste prévues en 2010 sont le principal grief des syndicats qui comptent 50.000 postes détruits en trois ans et demandent aussi une revalorisation des salaires et la
révision de la réforme de la formation des enseignants
La formation des enseignants est un sujet qui, jusque là, n’a pas mobilisé les foules enseignantes. On peut même dire que sa mise en œuvre a bénéficié d’une relative indifférence de certains
syndicats. Mais les choses évoluent…
Le SNUipp-FSU a dénoncé mardi dans un communiqué une réforme qui va conduire à sélectionner les étudiants sur "les aspects disciplinaires, ignorant la connaissance du développement de
l’enfant, les dimensions didactiques et pédagogiques sur les savoirs à enseigner et les pratiques professionnelles". Le syndicat dénonce les choix qui constituent selon lui "un recul
sans précédent sur la formation professionnelle des enseignants, au détriment de la réussite de tous les élèves". Le SNUipp appelle le gouvernement à retirer "ce projet ainsi que des
textes et décrets qui l’accompagnent pour ouvrir de réelles négociations sur une toute autre réforme de la formation et du recrutement des enseignants".
L’Unef, quant à elle, a annoncé ce mardi
dans un communiqué qu’elle convoquait pour vendredi à 15H30, à son siège, une "réunion intersyndicale" avec la volonté de "mettre en échec" le projet
gouvernemental de réforme de la formation des enseignants.
Disciplines
Les mêmes causes produisent les mêmes effets. On se souvient que la réforme Darcos avait échoué, entre autres, parce qu’elle s’était heurtée aux logiques disciplinaires à l’œuvre pour protester
contre les réductions horaires et l’absence de telle ou telle discipline du tronc commun ou d’un autre niveau d’enseignement.
On retrouve cette même logique avec les protestations des professeurs de SES qui s’interrogent sur les conditions de travail dans l’enseignement exploratoire d’une heure et demie qui leur est
proposé. Mais c’est maintenant l’Histoire-Géographie qui rentre dans la danse avec un article dans Rue89 qui se fait lui
même l’écho d’une tribune Jacques
Sapir dans Marianne qui annonçait que l’histoire-géographie serait supprimée en Terminale S.
On attend les réactions des profs de maths…
Grippe et web 2.0
A lire, un reportage du
journal Le Monde sur les nouvelles technologies dans l’enseignement à l’heure où la grippe et les fermetures de classe commencent à prendre de l’ampleur. En fait cet
article rend surtout compte d’un “bar-camp qui s’est tenu à
La Cantine à Paris sous la houlette de Silicon Sentier . Dans l’assistance,
des membres du secrétariat d’Etat chargé de la prospective et du développement de l’économie numérique, des représentants de sites disciplinaires (Sésamath, Weblettres, etc.) ou d’enseignants (Le
Café pédagogique), et d’associations diverses. Mais aussi des éditeurs venus défendre le droit des auteurs de manuels lors de la mise en ligne des contenus. Pour organiser les débats, Christophe
Aguiton, à la fois chercheur dans le laboratoire en sciences humaines et sociales d’Orange et militant d’Attac-France, et le généticien François Taddei, qui a rédigé, pour l’Organisation de
coopération et de développement économiques (OCDE), un rapport
intitulé "Former des constructeurs de savoirs collaboratifs et créatifs". Tous les participants estiment que le dispositif élaboré par l’éducation nationale pour
assurer une continuité de l’enseignement malgré la grippe A n’atteindra pas ses buts.
Pourquoi ? "Parce qu’il y a une lourdeur qui vient du ministère et des inspecteurs généraux qui veulent contrôler les savoirs", répond Caroline Jouneau-Sion, présidente des
Clionautes, le site Web des professeurs d’histoire-géographie. Tout aussi réservée, Caroline
d’Atabekian, professeure de lettres et présidente du site Weblettres estime que
"les émissions prévues sur France 5 et France Culture serviront plus à rassurer les parents. Quant aux ENT (environnement numérique de travail reliant l’établissement, l’élève, et sa
famille), c’est loin d’être au point !".
François Jarraud du Café pédagogique résume bien les enjeux " La continuité
pédagogique, ce n’est pas mettre les cours en ligne et remplacer les manuels papier par des manuels informatisés. C’est donner la possibilité aux profs de continuer à enseigner avec des élèves à
distance. Mais pour cela, il faut savoir manier le Web 2.0 ; savoir créer un blog et le faire fonctionner. Qui formera les enseignants ?".
Encore et toujours l’essentielle question de la formation…
Bonne Lecture...