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AUTEUR: Philippe Watrelot
SOURCE: http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6546
Chatel’s chat – Contre-enquête -
de quoi Chatel chatte t’il ?
Le ministre de l’éducation nationale s’est livré ce jeudi 26 novembre à un dialogue avec les internautes du site Lemonde.fr
De quoi Chatel chatte-t-il ? De la réforme du lycée, bien sûr mais aussi du collège et des autres chantiers qui l’attendent. Sur le lycée, les questions qui lui sont posées sont,
pour une bonne part, des questions évoquant l’inquiétude de certaines matières devant la perte d’heures et la moindre présence à tel ou tel niveau (relevées hier dans le même journal
dans un
article de synthèse de Luc Cédelle).
Sur les sciences économiques et sociales, il rappelle “que les SES n’étaient pas obligatoires en 2de. Il y avait un enseignement de détermination, 2 h 30, qui était choisi par 43 % des
élèves. Dorénavant, les élèves choisiront deux enseignements d’exploration, deux fois 54 h par an, et les élèves choisiront parmi leurs deux enseignements au moins un des deux en économie [SES ou
Gestion] Avant, il y avait 43 % des élèves qui faisaient 2 h 30 de SES, dorénavant il y aura 100 % d’élèves qui bénéficieront d’un enseignement en économie, 1 h 30 par semaine. ”
Il répond aussi aux inquiétudes des profs d’histoire géographie qui constatent qu’il n’y aurait plus d’ H-G en terminale S “Les élèves de S auront davantage d’histoire-géo en 1re, puisqu’ils
passeront de 2,5 h à 4 h. Ce qui fait qu’ils vont passer le bac en épreuve anticipée en fin de 1re. Ce qui leur permettra, en terminale, d’être totalement mobilisés sur leur
spécialisation.”. Par ailleurs, cette matière sera proposée en option en Terminale pour ceux que cela intéresse.
La lecture des réponses du ministre laisse cependant circonspect sur certains aspects de la réforme (pourtant importants) qui ne sont pas assez précisés. C’est le cas de l’accompagnement. Tour à
tour présenté comme du soutien, de l’approfondissement, de l’apprentissage de méthodes de travail, le contenu de ces deux heures sera déterminé par le conseil pédagogique de l’établissement. Si
dans un certain nombre de ces établissements, on peut espérer que ce sera le lieu de l’innovation pédagogique, dans d’autres cela risque de n’être que le prolongement de l’aide individualisée qui
existait déjà. Le ministre évoque aussi le tutorat qui sera assuré par des professeurs volontaires (alors que l’accompagnement est, lui, inclus dans le service des enseignants et l’emploi du
temps des élèves) et qui sera plus spécialement destiné à aider les élèves dans leur processus d’orientation.
Enfin, Luc Chatel évoque d’autres chantiers. En réponse à une question, il affirme qu’il n’est “pas favorable à la suppression du collège unique, qui est une vraie avancée, mais cela
n’interdit pas les réflexions sur le collège. Mais prenons le temps de la réflexion. ”
Contre enquête
Dans un billet récent sur son blog, Emmanuel Davidenkoff
à propos de cette affaire des lycéens qui voulaient “zapper” leur prof avouait une "méfiance, toujours, pour les histoires trop simples, a fortiori quand il s’agit
d’éducation". et il ajoutait ressentir un certain “malaise. Car d’expérience, vouloir mettre 100% des torts d’un seul côté reflète rarement une réalité éducative."
Le magazine
l’Étudiant (dont il est le directeur) a donc cherché à dissiper ce “malaise" et ce qui ressort de l’enquête menée par Isabelle Maradan est beaucoup plus contrasté que ce qui était apparu initialement. La question qui est posée, pour reprendre
les mots d’Emmanuel Davidenkoff est bien celle de la relation pédagogique.
Bonne Lecture...