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Histoire : chronique d’un emballement médiatique - Le fisc, l’UMP et le marché du soutien scolaire privé…
Histoire : chronique d’un emballement médiatique
Quand on tape “Histoire Terminale” sur Google actualités , on obtient près de 300 occurrences… et le rythme des articles ne faiblit pas. Tout cela ressemble à un emballement qu’il nous faut
continuer à chroniquer…
C’est le titre “L’Histoire en phase terminale” qui fait la Une du journal
Libération et le dossier de trois pages donne même lieu à un éditorial de Laurent Joffrin. Celui-ci montre, bien malgré lui, ce que peut donner un éditorial qui donne un avis sur un sujet mal maîtrisé. Il considère qu’
“écartée de la terminale pour les sections les plus prestigieuses, l’histoire, par la force des choses, s’en trouvera déclassée. On comprendra qu’elle est seconde dans la formation des futurs
responsables.”. Au passage, il fait la preuve que le rééquilibrage des séries et l’égale dignité des parcours s’ils peuvent être des éléments de discours généreux ne résistent pas longtemps
au poids des stéréotypes. Et il prédit ensuite qu’avec cette décision “l’histoire s’estompera au profit de la mémoire, fragile et orientée, ou pis, au profit des catéchismes idéologiques qui
réécrivent la genèse de nos sociétés pour le plus grand bénéfice des fanatiques et des hurluberlus sectaires.”. Une interview de Benjamin Stora dans le même journal va dans la même emphase
prophétique en considérant que “ L’histoire va rejoindre les langues mortes ”.
Les politiques ne sont pas en reste puisque on apprend que plusieurs députés UMP se sont émus de cette “menace” sur l’histoire. Dominique de Villepin, lyrique comme à son habitude se dit
prêt “à mener un combat pour l’histoire”. François Bayrou n’est pas en reste, pour lui “c’est une décision qui va à l’encontre des principes que nous devrions défendre dans
l’Education nationale française ”. Comme le dit sous forme ironique le Café Pédagogique “Qu’est-ce qu’être français ? La réponse
est simple : c’est être pour l’enseignement de l’histoire-géo en terminale S”. Et dans ces situations d’unanimisme, il est toujours difficile d’avoir un avis nuancé et à contre-courant.
Tout le contraire d’un débat…
En dehors de Luc Chatel, lui même, on trouve cependant quelques personnalités pour soutenir ce projet. Soutien de Martin Hirsch dans une chronique sur le site de
Libération “En réalité, la terminale S était devenue, au fil des ans, une sorte de première année de classe préparatoire, au détriment des autres filières. Il
est donc nécessaire de favoriser le passage d’une filière à une autre : c’est ce que vise une autre répartition des disciplines entre la seconde, la première et la terminale. Cela implique
aussi de pouvoir donner aux élèves la possibilité de construire leur parcours, avec des options qu’ils choisissent, à un âge où ils sont capables de décider ce qui correspond à leurs
aspirations. ” On peut lire aussi une interview de Richard Descoings, directeur de Sciences-Po toujours dans Libération où il continue à défendre ce qui est au final la conséquence de
son rapport et de la volonté de rééquilibrer les séries : « La questiondit-il est de savoir si on se paie de mots et si on est sur des grands principes où si on s’intéresse
à la formation qui est réellement reçue par les jeunes et si on tient compte des constats qui ont été faits par tout le monde sur le malaise au lycée en cherchant à en tirer les
conséquences »
On notera quand même que du côté des différents acteurs du débat sur l’école, on arrive à avoir un avis plus nuancé. Le SE-UNSA et le SGEN-CFDT, les fédérations de parents d’élèves FCPE et PEEP
considèrent que cette question n’est pas centrale et mettent l’accent sur la compensation en Première. Antoine Evennou de l’UNL invite quant à lui à dépasser la question de l’histoire. "Si
les inquiétudes sont légitimes, dit-il il faut regarder la politique éducative dans son ensemble : sur la réforme de la formation des enseignants et sur les moyens alloués à
l’éducation, le gouvernement va à contre-sens des attentes de la société, et la réussite de la réforme du lycée est aussi déterminée par ces politiques.
Mais porter ce débat là et aller au delà des excès et des approximations des emballements médiatiques, c’est une autre histoire…
Le fisc, l’UMP et le marché du soutien scolaire privé…
Le “marché de l’angoisse” a eu chaud…
Le Sénat a rétabli lundi l’avantage fiscal dont bénéficient les personnes recourant à une entreprise de soutien scolaire pour des cours à domicile et
qui avait été supprimé par l’Assemblée nationale en première lecture du projet de loi de finances pour 2010.
Le député Lionnel Tardy (UMP) avait en effet fait voter un amendement supprimant cet avantage fiscal, sauf lorsque le soutien scolaire est assuré par une association ou un organisme à but non
lucratif. Un amendement du groupe UMP du Sénat rétablissant l’avantage fiscal a été voté avec l’avis favorable du gouvernement.
Et cette information, pêchée dans une dépêche d’agence fait beaucoup moins de bruit que l’Histoire en Terminale S
Bonne Lecture...
“Qu’est-ce qu’être français ? La réponse est simple : c’est être pour l’enseignement de l’histoire-géo en terminale S”.
Excellent! Ironique mais EXCELLENT!
Quant à cette remarque fort juste:
"Tout le contraire d’un débat…":
cher Philippe, il y a fort longtemps que de débat, il n'y a plus en France. Aujourd'hui on POLEMIQUE! C'est beaucoup plus rentable pour la presse en général. Comme l'a dit un jour Jean-Claude
Guillebaud das une de ses merveilleuses chroniques du supplément télé du Nouvel Obs. Je cite de mémoire: "De nos jours les médias surfent sur l'écume en ignorant la houle de
l'information"...
Christophe