Mardi 9 février 2010
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www.mathovore.fr
AUTEUR: Philippe Watrelot
SOURCE:
http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6685
Obstinations - éco sans socio n’est que ruine de l’âme - Salade-tomate-oignons… ?-
Obstinations
Les enseignants du lycée Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine où s’est déroulée une agression la semaine dernière continueront à exercer leur “droit de
retrait” mardi. “Nous nous rendrons vers 11h au ministère, dans la mesure où, après 5 rendez-vous au rectorat, nous ne comprenons pas pourquoi on nous propose des médiateurs de réussite
scolaire et non les assistants d’éducation que nous demandons. Le rectorat nous ayant rétorqué l’argument monétaire et budgétaire, nous souhaitons être reçus au Ministère” a déclaré un
représentant des enseignants.
Le ministre de l’Éducation Nationaleavait
demandé dimanche que les enseignants reprennent leurs cours « Je crois qu’aujourd’hui, il faut surmonter son émotion et la
place des professeurs est à mon sens davantage dans les classes auprès des élèves ». Le ministère de l’Education nationale a fait savoir qu’à compter de vendredi, ces arrêts de travail
seraient considérés comme des journées de grève, et à ce titre non-payés.
Autre obstination, celle de Luc Chatel à propos du court métrage d’animation Le Baiser de la Lune. Pour le ministre de l’éducation, ce projet "n’a pas vocation à être montré en
primaire". Interrogé dimanche 7 février sur France 5, Luc Chatel a déclaré qu’"en primaire, on parle de l’anatomie, de la reproduction (...) mais pas d’homosexualité".
Sébastien Watel, le producteur et réalisateur, dont le projet s’adresse aux enfants de CM1 et CM2, a déclaré le même jour au Monde qu’il s’agit, "au-delà de la problématique
homosexuelle, de parler du "vivre ensemble", notion figurant dans le socle commun de connaissances et de compétences qui est au programme à l’école".
Le SNUipp "regrette cette attitude frileuse et passéiste, il demande au ministre de revenir sur ces propos, de s’abstenir de toute interdiction et de faire confiance aux enseignants pour
aborder ces questions avec les outils pédagogiques de leur choix".
Pour le SNUipp, "tout montre que les stéréotypes et les comportements discriminatoires se construisent très tôt dans l’histoire individuelle".Il estime qu’"en tenant compte de l’âge
des élèves et de leur maturité, en travaillant avec les parents d’élèves, l’école peut contribuer à faire reculer ces stéréotypes et ces discriminations". Le SNUipp juge ainsi que "dès
la maternelle il est possible de parler de la diversité des familles et de parler d’amour à partir des interrogations des enfants, de la lecture d’albums ou de travailler à partir d’autres
documents pédagogiques".
éco sans socio n’est que ruine de l’âme
Parmi les lectures incontournables du jour, il faut signaler une tribune de Stéphane Beaud dans
Libération de soutien aux Sciences économiques et sociales.
Le professeur de sociologie à l’ENS (Ulm) se souvient qu’il a débuté comme professeur de SES et raconte un souvenir de ses débuts marqué par une visite au tribunal avec des élèves de seconde.
Pour lui, la réforme des SES en Seconde risque de ne plus rendre possible ce type d’expérience pédagogique. Mais au delà, la réduction horaire conduit à marginaliser cette discipline qui dérange.
“En supprimant tous les aspects de la réalité sociale qui peuvent désespérer le lycéen, il s’agit d’imposer une vision réductrice et tronquée du monde réel dans lequel nous vivons, une
perception irénique et déréalisée du monde social. ”. Et il poursuit “Cela fait des années que certaines officines du Medef planchent sur le sujet : en finir avec une conception des
sciences économiques au lycée qui vise à appréhender les phénomènes économiques dans leur encastrement social et leur historicité (d’où le « et » de SES : sciences économiques et
sociales). En supprimant le volet sciences sociales, le gouvernement poursuit un objectif dont il faut dire et redire qu’il est purement idéologique : former des élèves de 15 ans à la
science économique d’aujourd’hui, truffée d’abstractions et fortement formalisée ; leur apprendre les rudiments d’une science qui devrait les aider à bien penser ; les détourner d’un
enseignement qui pourrait avoir une perspective critique. ”.
Si Stéphane Beaud évoque la sociologie, dans Les Échos, deux économistes Jean Gadrey et Gilles Raveaud s’intéressent,
eux à l’économie. Ils réagissent en fait à une tribune parue dans le même journal le 1er février où six économistes impliqués
dans la confection des programmes disaient y voir une chance pour la “ la diffusion d’une véritable culture économique en France ”. Raveaud et Gadrey réfutent, point par point, ce texte
en montrant que ce que les auteurs appellent un “langage commun” est en réalité très marqué idéologiquement. Ils ajoutent “Si nos six collègues ne parlent plus que de « culture
économique », c’est qu’en effet le projet actuel fait pratiquement disparaître la dimension sociale de la compréhension du monde. Exit par exemple le chômage, les catégories
professionnelles, l’organisation du travail ou la famille… Cela explique la récente démission du sociologue François Dubet de la commission des programmes.”
Comme on l’a déjà écrit ici à de nombreuses reprises, la question de la défense des SES ne doit pas être lue comme étant l’expression de méchants ”corporatistes” défendant leurs postes et leurs
heures mais comme un enjeu important en termes de connaissances et de formation du citoyen. Laissons le mot de la fin à Stéphane Beaud : “Les sciences sociales ont cette vertu,
indispensable en démocratie, de donner à voir la réalité sociale telle qu’elle l’est et non pas telle que le pouvoir, ou les pouvoirs, souhaiteraient qu’elle soit. Le maigre corps des professeurs
de SES a besoin du soutien des enseignants des autres disciplines sœurs, du monde universitaire et de la recherche, des syndicats, des parents d’élèves sensibles à ces questions, des élus
nationaux et locaux, etc. bref de tous ceux qui ne résignent pas à cette dangereuse entreprise de dilapidation par le gouvernement actuel du précieux héritage culturel que constitue la présence
plus que quarantenaire des sciences sociales au lycée. ”
Salade-tomate-oignons… ?
Après la cagnotte, le Kebab…
On apprend dans 20 minutes qu’à Mont de Marsan, un vendeur de kebab a décide de fixer à moitié prix les
sandwichs pour les lycéens qui présentent des bonnes notes. L’initiative rencontre un certain succès. Grâce à leurs bonnes notes, les lycéens vont pouvoir augmenter aussi leur note en
cholestérol…
Bonne Lecture...