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Si nous parlions du plaisir…
Le plaisir… On le recherche tous avidement. Pourtant il est loin de rallier tous les suffrages. Il attire et repousse en même temps… Le « démon de midi » serait
une pathologie… Absurde conviction d’une époque qui fait du plaisir un crime… Au moins une faute… Sade, mon divin marquis, y a laissé une part de sa liberté… On ne DIT pas être un jouisseur… On
l’AVOUE… Le plaisir se vend aussi, et même très bien en spa, jacuzzi, massage, relaxation, stages « new-age » et autres escroqueries qui enferment le plaisir dans le
mercantilisme !
Mais le plaisir n’est pas la jouissance. Jouir seulement, c’est répéter sans cesse la pratique des plaisirs. C’est un aboutissement que l’on veut renouveler. Et l’on s’y perd. On s’y
ennuie. C’est commencer un repas par les desserts…
Le plaisir, c’est l’enveloppe du désir… Ou inversement peut-être... Nos vies y trouvent un sens et les caresses exquises, quels que soient les sens excités, offrent au quotidien
l’envie de continuer… Qu’on soit assis à contempler les vagues, qu’on ait l’œil attiré par une jolie femme (ou par un bel homme), à chaque fois le piment dans un plat sans lui fade, mais qui en
relève le goût et lui donne du relief…
Le plaisir… Une « faute » alors ? Que non ! Il vient heureusement nous faire plus aisément accepter les contraintes. Le plaisir, à lui seul, devient une exigence, une
nécessaire obligation…
Qu’on y prenne garde ! Le plaisir est en danger ! On le menace pour nous enfermer dans la camisole des convenances… Aimer, rire, jouir deviennent suspects au pouvoir car ces actes
ouvrent les portes de la liberté peut-être, de la subversion certainement, de la transgression assurément !
Je ne nie pas la morale… Elle existe... J’en refuse la dictature !...
Christophe