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(La revue de presse Education vous parviendra le plus souvent possible le matin au réveil... D'où ce magnifique plateau...
Amitiés
Christophe)
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Reculade
Ce matin Libération tout comme 20 minutes , ou le Nouvel Obs.fr se livrent à l’exercice de la revue de presse et notent que la
quasi-totalité des éditoriaux commentent la soudaine marche arrière du ministre de l’Education, dictée pour certains « par la peur de la rue » et « par une
contamination venue d’Athènes ».
Beaucoup d’éditorialistes notent d’ailleurs que, tout autant que le contenu, c’est la méthode qui est sanctionnée. On ne gouverne pas avec des passages en force et des réformes à marche
forcée. Comme l’écrit D.Pourquery dans son éditorial de Libération : “ Le moment est venu
de changer de mode de réforme. Il faut écouter et discuter pour convaincre. Face à une crise qui s’annonce aiguë, le gouvernement doit choisir la voie du dialogue. ”. La politique du fait
accompli peut s’avérer explosive.
Et finalement, on peut analyser cela comme un tournant dans la politique de N.Sarkozy. Car, en effet, plus encore que Xavier Darcos, c’est lui qui est à l’origine de cette reculade . Et cela peut signifier la fin d’un cycle dans l’action présidentielle. Le Président qui déclarait récemment à propos d’une
autre réforme “Si je ne le fais pas, je serai comme tous les présidents qui ont cessé les réformes au bout de deux ans.”, se trouve aujourd’hui contraint de reculer sur la réforme des
lycées mais aussi sur le travail dominical. Après la période du début, où se succédaient les réformes et déclarations à un rythme effréné, N.Sarkozy est-il en train de se “chiraquiser” et de
remballer ses projets par crainte de la rue ?
Sur la réforme elle même, Luc Ferry, interviewé par Le
Figaro “mange le morceau” encore une fois. Il déclare “Malheureusement quand on reporte une réforme, ça signifie en langage politique qu’elle
est enterrée.” par ailleurs il rappelle la logique profonde de la réforme “Avec les deux heures et demie en moins que prévoyait le texte ces derniers jours, on aurait économisé 10 000
postes d’enseignants. Et dans le schéma initial, on réglait tous les problèmes de suppressions de postes !”
Son successeur, Xavier Darcos, est interviewé dans Le Parisien, selon lui “la
réforme du lycée est devenue l’otage de rumeurs qui affolent l’opinion publique et créent l’inquiétude chez les parents à dessein”
Même si l’abcès de fixation se fait sur le lycée, peut-on dire pour autant que la colère va retomber dans l’éducation nationale ?
La Croix liste les autres réformes de Xavier Darcos qui font débat : les
programmes et horaires du primaire, la mise en place de l’accompagnement et la suppression des Rased, le service minimum d’accueil, Le bac professionnel en trois ans, La réforme de la formation
et la suppression des IUFM...
Et puis bien sûr, et surtout, la réduction des postes. C’est toujours plus de 40 000 postes de fonctionnaires qu’il est prévu de supprimer dans l’éducation nationale au cours des prochaines
années. C’était la raison initiale de la manifestation du 19 octobre et de la grève du 20 novembre.
Après l’analyse politique, on peut se livrer aussi à une réflexion plus large sur les difficultés à réformer un système éducatif qui ne marche pas si bien que cela. C’est Bernard Gorce, le
spécialiste “éducation” de La Croix qui propose quelques clés de lecture en se basant sur les comparaisons internationales. Pour lui, de nombreux pays
européens n’arrivent pas à adapter leur école au plus grand nombre. Les pouvoirs publics ont fait passer le message de l’importance du
diplôme , ont dépensé des sommes importantes, mais ne sont pas parvenus pour autant à enrayer l’échec scolaire. Pour Éric Charbonnier, expert pour les questions
d’éducation à l’OCDE, « Ce qui s’est passé en Espagne, en Italie ou en Grèce est très similaire. Tous ces pays, à des rythmes différents, ont rattrapé une partie de leur retard en
ouvrant le chemin des études au plus grand nombre. Mais ce faisant, aucun d’entre eux n’a vraiment pris le temps de réformer en profondeur ni le contenu des programmes, ni les méthodes
pédagogiques pour s’adapter à cette nouvelle donne. ». Plus qu’une question de structures, la question est d’abord pédagogique.
Pour finir, on peut revenir à une des questions posées par les éditorialistes : “L’éducation Nationale est-elle réformable ?”. Il faut noter que dans les discours syndicaux,
aucun ne considérait que rien ne devait bouger. Une réforme est incontournable. Comme le dit François Jarraud, dans son éditorial du
Café Pédagogique “une partie non négligeable de la profession est acquise à l’idée d’un changement profond du lycée. Une vingtaine d’associations et
syndicats se sont regroupés pour pousser en ce sens. Un cercle encore plus large s’était reconnu dans un document de pilotage.”.
Soyons optimistes (il vaut mieux pour faire ce métier), après cet “essai bloqué” , peut-être y a t-il un espace pour imaginer et proposer une vraie réforme du
lycée à la fois ambitieuse et basée sur la concertation ?
Chiche....
Bonne Lecture...
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