Samedi 21 septembre 2013 6 21 /09 /Sep /2013 17:01

Vers la mise en place de quatre fondamentaux pédagogiques

L’expérimentation (au sens large) par l’élève lui-même :

La recherche documentaire sous toutes ses formes, en intensifiant les efforts en direction des TICE, et en privilégiant une approche critique des sources et leur usage raisonné.

La création de textes (littéraires, poétiques, synthétiques, documentaires, compte-rendu, description…) ; d’œuvres artistique, technique, théâtrale ; d’outils de communication

Les échanges entre pairs

Pouvoir formaliser - même de manière rudimentaire par quelques mots clés ou un schéma - ce que l’on pense avoir compris est un exercice extrêmement formateur. Simplement, il faut revisiter complètement l’exercice canonique de « l’exposé » (qui ne sert en général qu’à celui qui le fait) pour favoriser la communication réelle.

Les expériences dans ce domaine sont nombreuses, les enseignants ayant perçu les avantages que peuvent avoir, par exemple, les échanges par internet. Nous ne développons ici qu’un exemple, à bien des égards « exemplaire ». S’appuyant sur ce qui se passe dans des labos de recherche (la lecture d’un Bruno Latour s’exprimant librement sur son métier de chercheur est instructive), un chercheur de l’INRP a suggéré à plusieurs enseignants d’écoles primaires de transposer à la classe les pratiques des débats scientifiques constitutifs de l’activité même de construction de la science. Ils ont ainsi constitué une « communauté scientifique scolaire » regroupant 11 classes de cycle 3 réparties dans plusieurs écoles du département de l’Oise. Reliées par internet, elles ont travaillé sur un « objet de recherche commun » déployé en plusieurs programmes autour du thème : qu’est-ce que l’air ? Ces cyber-équipes ont ainsi fonctionné pendant un an, les matériaux précieusement rassemblés. Cette expérience très riche (c’est fou ce que les enseignants ont de l’imagination quand on le leur permet) a illustré excellemment ce que nombres d’autres travaux de recherche avaient déjà pointé : le rôle essentiel des activités langagières dans les apprentissages scientifiques. Qu’il s’agisse d’explorer le sujet proposé (Pourquoi n’y a-t-il pas d’air sur les autres planètes ? Pourquoi peut-on gonfler un ballon grâce à une bouteille d’eau gazeuse ?...) ; qu’il s’agisse de se livrer à des investigations (concevoir, réaliser, interpréter des expériences) ; qu’il s’agisse de confronter des résultats de « recherche », de discuter de d’hypothèses …les échanges entre jeunes élèves montrent des potentialités collectives étonnantes. Il est intéressant de noter qu’à titre individuel les élèves les plus performants ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

Or, bâtir un protocole d’expérience (puisqu’il va falloir le communiquer) ; décrire ce que l’on voit ; faire des hypothèses ; interpréter ; discuter la « thèse » d’un autre élève, la réfuter en argumentant, est formateur pour la pensée. Cela permet de construire des connaissances en même temps que les outils intellectuels pour les appréhender. Si - bien évidemment - pour de jeunes enfants de 11 ans, ces savoirs et les discours qu’ils produisent ont des formes encore embryonnaires, l’étude minutieuse des productions individuelles invite à explorer de manière plus systématique ces pratiques d’enseignement-apprentissage.

Christophe Chartreux

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Septembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés