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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 16:25
Published by christophe - dans Education Histoire
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 15:38
Published by christophe - dans Musique
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 15:31

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Voici ton nom,
Dit une femme
Puis elle disparut dans la spirale du couloir.

(…)

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai une idée qu’aucun glaive ne porte
A la terre désolée, aucun livre …
Une idée pareille à la pluie sur une montagne
Fendue par la pousse d’un brin d’herbe.
Et la force n’aura pas gagné,
Ni la justice fugitive.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai oiseau et, de mon néant,
Je puiserai mon existence. Chaque fois que mes ailes se consument,
Je me rapproche de la vérité et je renais des cendres.
Je suis le dialogue des rêveurs.
J’ai renoncé à mon corps et à mon âme
Pour accomplir mon premier voyage au sens,
Mais il me consuma et disparut.
Je suis l’absence. Je suis le céleste
Pourchassé.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serais poète
Et l’eau se soumettra à ma clairvoyance.
Métaphore de la métaphore que ma langue
Car je ne dis ni n’indique
Un lieu. Et le lieu est mon péché et mon alibi.
Je suis de là-bas.
Mon ici bondit de mes pas vers mon imagination …
Je suis qui je fus, qui je serai
Et l’espace infini me façonne, puis me tue.

(…)

Un jour je serai ce que je veux.

Voici ton nom,
Dit une femme
Puis elle disparut dans le couloir de sa blancheur.
Voici ton nom. Retiens-le bien !
Ne vous chamaillez pas pour une lettre
Et ne te soucie pas des bannières des tribus.
Sois l’ami de ton nom horizontal,
Teste-le sur les vivants et les morts,
Entraîne-le à la bonne diction en compagnie des étrangers,
Trace-le sur une paroi de la caverne.
O mon nom : tu grandiras quand je grandirai,
Tu me porteras et je te porterai,
Car l’étranger est un frère pour l’étranger.
Nous capturerons la femelle avec la voyelle longue dévolue aux flûtes.
O mon nom : où sommes-nous à présent ?
Dis ! Qu’est aujourd’hui ? Qu’est demain ?
Qu’est le temps, le lieu,
L’ancien, le nouveau ?

Un jour nous serons ce que nous voulons.

Le voyage n’a pas commencé, le chemin n’a pas abouti,
Les sages n’ont pas atteint leur exil
Ni les exilés, leur sagesse.
Des fleurs, nous n’avons connu que les coquelicots.
Montons donc au plus haut des fresques :
Verte est la terre de mon poème, haut,
Parole de Dieu à l’aube que la terre de mon poème
Et je suis le lointain,
Le lointain.

Dans chaque vent une femme se joue de son poète :
– Emprunte la direction que tu m’as offerte,
La direction qui s’est brisée,
Et rends-moi ma féminité
Car il ne me reste que la contemplation
Des rides du lac. Déleste-moi de mon lendemain,
Rends-moi le passé et laisse-nous, seuls, ensemble.
Rien, après toi, qui parte
Ou revienne.

– Reprends le poème si tu le désires.
Je n’ai que toi en lui.
Reprends ton moi. J’achèverai l’exil
Avec ce que tes mains ont laissé de lettres aux mouettes.
Qui de nous eux est moi, que je sois sa fin ?
Une étoile tombera entre l’écrit et le dit
Et le souvenir confiera ses pensées : Nous sommes nés
Aux temps de l’épée et de la flûte,
Entre figues et figuiers de Barbarie. La mort était plus lente.
Elle était plus nette. Elle était une trêve pour les passants
A l’embouchure du fleuve.
Désormais tout est machinal.
Aucun assassin ne prête l’oreille aux victimes,
Nul martyr ne donne lecture de son testament.

(…)

Dans la jarre brisée, les femmes du littoral syrien
Se plaignent de la longueur du chemin
Et brûlent sous le soleil d’août.
Je les ai vues sur le chemin de la source avant ma naissance.
J’ai entendu l’eau les pleurer dans l’argile :
Revenez au nuage et les beaux jours reviendront.

(…)

Le temps est zéro. Je n’ai pas pensé à la naissance
Lorsque la mort m’emporta dans le chaos.
Je n’étais ni vivant ni mort
Et il n’y avait ni néant ni existence.

Mon infirmière dit : Votre état s’améliore.
Puis elle m’injecte un calmant. Restez calme,
Digne de ce dont vous rêvez
Sous peu …

J’ai vu mon médecin français
Ouvrir la porte de ma cellule et,
Aidé par deux policiers de banlieue,
Me frapper avec un bâton.

J’ai vu mon père revenu
Evanoui du pèlerinage,
Victime d’un coup de soleil hijazien,
Dire à une volée d’anges l’entourant :
Eteignez-moi !

J’ai vu des jeunes Maghrébins
Jouer au ballon
Et me lancer des pierres : Repars, et ton Verbe,
Et laisse-nous notre mère,
O père qui t’es trompé de cimetière !

J’ai vu René Char
En compagnie de Heidegger
Je les ai vus
A deux mètres de moi,
Boire du vin
Sans quête de poésie …
Leur dialogue était un fil de lumière
Et un lendemain fugace patientait.

J’ai vu mes trois compagnons se lamenter
Tandis
Qu’ils me cousaient un linceul
Avec des fils d’or.

(…)

J’ai vu des pays m’enlacer
De leurs bras matinaux : Sois
Digne de l’odeur du pain,
Que les fleurs du trottoir t’aillent bien,
Car l’âtre de ta mère brûle toujours
Et le salut est encore chaud comme le pain !

Verte, verte la terre de mon poème. Un seul fleuve suffit pour que je murmure au papillon : O mon frère. Un seul fleuve suffit pour soudoyer les légendes anciennes, qu’elles demeurent sur l’aile du faucon lorsqu’il remplace bannières et sommets lointains, là où les armées ont édifiés les royaumes de l’oubli à mon intention. Aucun peuple n’est plus petit que son poème. Mais les armes élargissent encore les mots à l’attention des vivants et des morts qui les habitent, les lettres font briller le glaive à la ceinture de l’aube et le désert manque de chansons ou en déborde.

Aucune vie ne suffit pour que je tire ma fin à mon commencement.
Les pâtres ont emporté mon histoire et se sont enfoncés dans la végétation qui recouvre les attraits des vestiges. Ils ont vaincu l’oubli par les trompes et la prose rimée indivise. Ils m’ont légué la raucité du souvenir sur la pierre de l’adieu et ne sont pas revenus …

(…)

Qui es-tu, mon moi ?
Nous sommes deux sur le chemin
Et un, dans la résurrection.
Emporte-moi vers la lumière de l’anéantissement,
Que je voie mon devenir dans mon autre image.
Qui serai-je après toi, mon moi ?
Mon corps est-il derrière moi ou devant moi ?
Qui suis-je, ô toi ?
Fais-moi comme je t’ai fait,
Enduis-moi de l’huile d’amande,
Ceins-moi de la couronne de cèdre
Et porte-moi de la vallée vers une éternité
Blanche.
Enseigne-moi la vie à ta manière.
Eprouve-moi, atome dans le monde céleste.
Aide-moi contre l’ennui de l’éternité et sois clément,
Lorsque me blessent et pointent de mes veines
Les roses …

(…)

Chaque foi que je me suis retourné sur la première des chansons,
J’ai vu les traces de la gélinotte sur les mots.
Je ne fus pas un enfant heureux
Pour dire : Hier est toujours plus beau.
Mais le souvenir possède deux mains légères qui enfièvrent la terre.
Le souvenir a les parfums d’une fleur nocturne qui pleure
Et, dans le sang de l’exilé, réveille son besoin de déclamer :
" Sois le comble de ma tristesse et je trouverai mon temps … "
Et je n’ai besoin que d’un battement de mouette pour suivre
Les vaisseaux anciens.
Quel est le temps passé depuis notre découverte de ces jumeaux :
Le temps et la mort naturelle synonyme de vie ?
Et nous vivons toujours comme si la mort ne nous atteignait pas
Doués de mémoire,
Nous pouvons nous libérer sur les pas verts de Gilgamesh
Allant d’un temps à un autre temps …

(…)

Ce nom m’appartient …
Et il appartient à mes amis, où qu’ils se trouvent.
Et mon corps passager, présent ou absent, m’appartient …
Deux mètres de cette tourbe suffiront désormais …
Un mètre et soixante-quinze centimètres pour moi …
Et le reste, pour des fleurs aux couleurs désordonnées
Qui me boiront lentement. Et m’appartenait
Ce qui m’appartenait, mon passé, et ce qui m’appartiendra,
Mon lendemain lointain et le retour de l’âme prodigue.
Comme si rien n’avait été.
Comme si rien n’avait été.
Rien qu’une blessure légère au bras du présent absurde …
Et l’Histoire se rit de ses victimes
Et de ses héros …
Elle leur jette un regard et passe …
Cette mer m’appartient.
Cet air humide m’appartient.
Et mon nom,
Quand bien même je prononcerais mal mon nom gravé sur le cercueil,
Mon nom m’appartient.
Mais moi, désormais plein
De toutes les raisons du départ, moi,
Je ne m’appartiens pas,
Je ne m’appartiens pas,
Je ne m’appartiens pas …

Published by christophe
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 15:20

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C'est du moins ce que vient de prétendre la députée LR Annie Genevard, révélant ainsi l'étendue de son inculture et sa position politique extrême en l'occurrence.

La requalification des enseignements de langue et de culture d’origine (Elco) en cours de langues étrangères est semble-t-il à l’origine de l'intervention de la députée LR Annie Genevard à l'Assemblée nationale mercredi dernier : « Vous introduisez officiellement l’étude de la langue arabe dans le programme national […]. L’urgence commande que notre culture, pour être mieux partagée, s’affirme avec son mode de vie, son histoire et sa langue. Ne croyez-vous pas que l’introduction de langues communautaires dans les programmes scolaires encouragera le communautarisme qui mine la cohésion nationale ? »

Réponse tranchée et ironique de la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem: «  Je vous dois des remerciements pour cette question, par laquelle vous avez démontré, je crois, à une grande partie de nos concitoyens et j’espère qu’ils nous écoutent, la conception que vous vous faites notamment de la langue arabe […]. La langue arabe doit, bien entendu, si je vous suis, être considérée comme une langue communautaire ? Nous ne serons jamais d’accord Madame la députée ! ».

Inculture académique et historique de la députée LR Annie Genevard : l'agrégation d'arabe a été instituée en France dès 1907. Après certes celles d'allemand et d'anglais en 1849, puis celles d'espagnol et d'italien en 1900. Mais avant celles de russe en 1947, de portugais en 1973, d'hébreu moderne en 1977, de polonais en 1978, de japonais en 1984, et de chinois tout récemment.

Et inculture politique, tout bêtement, de cette ''pauvre'' députée LR Annie Genevard. Il y a un peu plus d'un an, sur ce blog (cf mon billet du 24 avril 2015) je rappelais pour l'exemple un projet de Jean-Pierre Chevènement qui ne peut assurément pas être ''soupçonné'' de quelque velléité ''communautariste'' que ce soit. C'était en 1985, alors qu'il était ministre de l'Education nationale

Selon « Le Monde » du 8 mai 1985 qui transcrivait une proposition de Jean-Pierre Chevènement de créer des lycées franco-maghrébins, le ministre de l'Education nationale avait alors proposé de créer des établissements expérimentaux reposant sur des accords bilatéraux avec les pays concernés, dont le modèle existait déjà, à savoir le lycée franco-allemand de Buc dans les Yvelines.

Cela faisait immédiatement suite au rapport rédigé à l'intention du ministre par un collectif composé d'enseignants, d'intervenants socio-éducatifs, de responsables d'associations et de membres de l'inspection générale réunis autour de Jacques Berque (professeur au collège de France et spécialiste de l'Islam) qui proposait d'intégrer les cultures d'origine rebaptisées « cultures d'apport » dans les objectifs de formation de tous les élèves et de leurs enseignants, une mise en commun permises par « une ancienne tradition humaniste » et la « dimension méridionale » de la culture française.

Le temps passe ! Et l'on voit d'autant mieux où certains en sont ...

Claude Lelièvre

Published by christophe - dans Education Langues
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 15:09

Un film pour trois classes et trois enseignants de primaire, qui ont choisi de pratiquer une pédagogie « active » dans leur classe. En zone rurale ou en éducation prioritaire, en référence à des grands pédagogues ou à leurs propres questionnements, ces trois enseignants contribuent à faire entrer l’école dans le 21ème siècle.

La suite ci-dessous

Published by christophe - dans Education Pedagogie
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 14:52

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EXTRAIT

Patrice Bonnet, responsable du master MEEF en sciences médico-sociales de l’ESPE d’Aix-Marseille, nous présente sa formation destinée aux PLP. Il revient aussi sur les attentes et les besoins de ses étudiants.

Vous êtes formateur en sciences médico-sociales au sein de l’ESPE d’Aix-Marseille. Comment se déroule la formation sur l’année ?

Je suis formateur et responsable du parcours SBSMS « enseignements professionnels et technologiques en Sciences Biotechnologiques, de Santé et Médico-Sociales ». Il s’agit d’un parcours à option assurant la formation à l’enseignement de BGB (Biochimie Génie Biologique), des BSE (Biotechnologique Santé Environnement) et des STMS (Sciences et Techniques Médico-Sociales) en lycée professionnel et technologique.

Le parcours du master MEEF s’organise en deux années : le M1 assure la construction initiale des compétences au métier. Le M2 étant construit autour d’un stage pratique, il correspond à un mi-temps de formation, soit 240 h de formation à l’année. Le M2 est une continuité du M1 dans le cadre de la maîtrise des compétences du métier.

Concrètement, quels cours proposez-vous ?

Dans le cadre du master 1, les enseignements sont de trois natures : des enseignements scientifiques et technologiques en relation avec les savoirs à enseigner dans la discipline ; des enseignements de didactique disciplinaires permettant la construction des compétences nécessaires à la conception de situations d’enseignement-apprentissage ; et des enseignements de tronc commun qui permettent la construction des compétences communes aux enseignants. Dans ce cadre de formation, les étudiants sont réunis avec des étudiants d’autres parcours du master MEEF (enseignements collège-lycée général ; enseignement professorat des écoles).

En master 2, la formation s’organise autour des contextes d’exercice des stagiaires dans leur établissement scolaire. Nous nous efforçons d’accompagner les étudiants dans le renforcement des savoirs disciplinaires ainsi que dans les compétences de conception et de mise en œuvre des situations d’enseignement. L’année est jalonnée par des TD méthodologiques et des séminaires assurant des moments d’écriture, d’analyse et de confrontation.

Y-a-t-il au sein de votre ESPE une formation de terrain suffisante ?

Oui, la maquette du master prévoit des stages en lycée à tous les semestres. Les étudiants sont ainsi confrontés au terrain tout au long de leur cursus. Cette formation de terrain permet ainsi d’émerger les problématiques alimentant les formations à l’ESPE mais sert aussi de lieu d’observation et d’expérimentation afin de développer progressivement les compétences professionnelles.

(...)

Fériel Boudjelal

La suite et la fin de cet article sont à retrouver ci-dessous:

Published by christophe - dans Education Lycées
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 14:37

Extraits

Alors que la plupart des pays européens ont entrepris des réformes en profondeur de leurs systèmes éducatifs en vue de les démocratiser, l’école française reste une des plus élitistes. Pierre Merle revient sur la mesure des inégalités scolaires et les réformes nécessaires.

La rentrée scolaire 2015 a fait l’objet de polémiques centrées sur l’inégalité de l’école française. Le débat est aussi présent parmi les chercheurs : l’école française se démocratise-t-elle ou les logiques de reproduction sont-elles dominantes ? L’une et l’autre se combinent-elles ? Un bilan est-il possible ? Pour répondre à ces interrogations, les sociologues ont décliné le concept de démocratisation de l’enseignement de différentes façons : démocratisation quantitative, qualitative, uniforme, ségrégative… Autant de notions essentielles à la compréhension des transformations actuelles de l’école française. Les données empiriques les plus récentes relatives à l’évolution de la scolarisation en France remettent cependant en cause le mouvement de démocratisation. Ne faut-il pas désormais donner un nom à ces nouvelles dynamiques ? N’assiste-t-on pas à une élitisation de l’enseignement ?

Les démocratisations quantitative et qualitative de l’enseignement

Au milieu des années 1980, A. Prost (1986) a défini deux formes de démocratisation. La première, la « démocratisation quantitative », désigne l’allongement de la scolarisation. Prost précise que la démocratisation quantitative « ne supprime pas les inégalités, elle les déplace seulement ». Cette définition est problématique. Si la « consommation d’éducation » a augmenté pour tous mais que la scolarité des élèves les moins scolarisés s’est allongée moins que celle des élèves les plus scolarisés, l’inégalité s’est creusée entre les élèves et le recours au terme démocratisation est paradoxal.

La « démocratisation qualitative » est la seconde notion présentée par Prost. Elle signifie que les cursus scolaires des élèves sont moins corrélés à leur origine sociale. La notion de démocratisation qualitative bute sur une difficulté logique. Il ne peut pas exister une démocratisation qui ne serait pas qualitative sachant que, l’alternative, la démocratisation quantitative, est une notion discutable.

Les démocratisations uniforme, égalisatrice et ségrégative

Les limites des notions proposées par Prost ont favorisé de nouvelles recherches. Goux et Maurin (1995) ont montré que les élèves poursuivent en moyenne leurs études plus longtemps, obtiennent des diplômes plus élevés, mais que cette évolution est grosso modo identique quel que soit le milieu social. Pour caractériser cette transformation, Goux et Maurin ont proposé la notion de « démocratisation uniforme ». L’expression désigne d’une part l’accroissement de l’accès à l’enseignement supérieur, dynamique justifiant l’usage du terme démocratisation ; d’autre part, le maintien des inégalités d’accès à l’enseignement supérieur selon l’origine sociale.

Dans l’hypothèse où l’accroissement de l’accès à l’enseignement serait concomitant d’une réduction des inégalités d’accès selon l’origine sociale, l’expression « démocratisation égalisatrice » a pour objet de rendre compte d’une véritable démocratisation (Merle, 2000).

À ces deux premières modalités de démocratisation, uniforme et égalisatrice, il faut en ajouter une troisième. De 1985 à 1995 – période de massification forte du système scolaire – la proportion d’enfants d’origine populaire à obtenir le baccalauréat a augmenté (Insee, 2014). Cependant, ce sont les séries dont le recrutement est le plus populaire – les séries professionnelles – qui se sont ouvertes socialement. A contrario, les filières générales, dont le recrutement social est plus aisé (S, ES, L), ont globalement conservé le même recrutement social. Cette dynamique scolaire spécifique a été désignée par l’expression « démocratisation ségrégative » (Merle, 2000). Le premier terme de l’expression rend compte de l’élargissement social de l’accès au bac toutes séries confondues ; le second, de la divergence croissante du recrutement social entre les différentes séries de bac.

(...)

Les politiques d’élitisation de l’école française

Pendant que des pays comme l’Allemagne et la Pologne ont suivi les préconisations de l’OCDE centrées sur une politique d’inclusion, c’est-à-dire déségrégative, inter et intra-établissements (cf. ci-dessus), les ministres de l’éducation ont, au cours des années 2000, globalement mis en œuvre une politique inverse avec l’assouplissement de la carte scolaire, la création des Réseaux Ambition Réussite, la mise en place des internats d’excellence, le développement des options, notamment linguistiques, source de différenciation des établissements.

Toutes ces politiques sont fondées sur le principe de l’individualisation des parcours, l’instauration de cursus scolaires séparés, la différenciation de l’offre pédagogique. Ces politiques censées s’adapter aux élèves ont échoué. À la décade glorieuse 1985-1995, marquée par une forte croissance de la scolarisation, a succédé, dans les années 2000, une décennie d’inégalités, caractérisée par un accroissement des écarts de compétences entre les élèves, une croissance de la ségrégation académique et sociale, une réduction de l’inégalité des chances.

Ce constat n’est pourtant guère établi par le ministère de l’Éducation nationale. Les bilans officiels des politiques éducatives sont trop souvent incomplets, voire trompeurs (Merle, 2011). Même si les Rapports annuels de performances constituent des compléments d’analyse utiles de l’évolution des performances de l’enseignement scolaire, des indicateurs statistiques aussi centraux que les niveaux de mixité sociale et académique inter-établissements sont absents des publications régulières du ministère de l’éducation nationale et des Rapports annuels de performances. Consacré à la mixité sociale à l’école, le rapport Hébrard (2002) avait fait le constat d’un déficit de connaissances et préconisé la création de « cellules de veille et de contrôle de la mixité sociale à l’école ». La proposition transgressait un non-dit du système scolaire et n’a pas été mise en œuvre.

L’institution scolaire française demeure schizophrène. Elle diffuse haut et fort un discours sur l’égalité des chances, la citoyenneté, le « vivre ensemble » et, dans le même temps, elle ne réalise aucune mesure régulière des phénomènes ségrégatifs croissants qui la caractérisent. L’absence d’analyse statistique de la mixité sociale favorise indirectement le développement d’une forme d’apartheid scolaire. Comment le ministère de l’Éducation nationale peut-il mettre en œuvre une politique d’égalité des chances et réduire les phénomènes ségrégatifs si, avec constance, il se prive des mesures statistiques qui lui permettraient de connaître l’évolution de ceux-ci ?

(...)

Pierre Merle

Pierre Merle, « L’école française, démocratique ou élitiste ? », La Vie des idées, 8 septembre 2015. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/L-ecole-francaise-democratique-ou-elitiste.html

L'article complet est ci-dessous

Published by christophe - dans Education Elitisme
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 05:38

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Les rythmes scolaires en primaire sont l'objet d'attaques récurrentes.

C'est évidemment un droit absolu que de critiquer telle ou telle mesure.

Deux chiffres peuvent quand même faire réfléchir et apporter de l'eau au moulin de celles et ceux, très nombreux et depuis des années, qui pensent que cette réforme - améliorable - est indispensable:

le nombre de places ouvertes dans les accueils collectifs de mineurs qui proposent des activités périscolaires a augmenté de deux millions en deux ans;

la réforme des rythmes scolaires a fait passer le nombre d’élèves s’adonnant à une activité périscolaire de 25 % à 85 %, essentiellement au sein des classes populaires;

Ces chiffres sont des faits.

Ils se trouvent dans le rapport de Françoise Cartron sur les rythmes.

Christophe Chartreux

Published by christophe - dans Education Rythmes scolaires
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 05:19

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"Donner, quand on peut. Et ne pas haïr, si l’on peut."

Albert Camus

En réponse à une question (ci-dessous) posée par la revue libertaire Reconstruir en janvier 1960

- Comment voyez-vous l’avenir de l’humanité ? Que devrait-on faire pour arriver à un monde moins opprimé par le besoin et plus libre ?

                             _______________________________________________

Vient de paraître:

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Published by christophe - dans Littérature
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 05:08

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Une députée LR a lancé la polémique du jour hier à l’Assemblée et les médias ont suivi. Des infos à propos de l’enseignement supérieur, et pour finir quelques nouvelles venues d’ailleurs pour compléter cette revue.

Polémique du jour

Sur FR3. Annie Genevard dénonce l’enseignement de l’arabe, « langue communautaire ». “...la ministre de l’Education nationale a été interpellée ce mercredi lors des questions au gouvernement par la députée du Doubs Annie Genevard. La déléguée générale du parti Les Républicains en charge de l’Education a dénoncé « l’introduction des langues communautaires », comme l’arabe, qui « encouragera le communautarisme » et défendu l’enseignement du français et des langues anciennes. « Nous ne serons jamais d’accord », lui a répondu la ministre. C’est la requalification des enseignements de langue et de culture d’origine (Elco, lire ici), progressivement transformés en cours de langues étrangères classiques, qui est à l’origine de la question d’Annie Genevard.”

Sur RTL, Une députée Les Républicains dénonce l’enseignement de l’arabe dans les écoles publiques. “Pour la députée Les Républicains Annie Genevard, l’introduction de l’arabe dans le programme national réduirait la place du français et des langues anciennes et européennes.”

L’Express : Une députée LR peste contre l’enseignement de l’arabe, "langue communautaire". “A l’origine de l’intervention d’Annie Genevard, la requalification des enseignements de langue et de culture d’origine (Elco) en cours de langues étrangères. Comme l’indique LCP, ce dispositif permettait aux enfants d’immigrés de maintenir un lien avec leurs pays d’origine. A partir de la rentrée, les professeurs, extérieurs aux écoles, seront intégrés dans les sections internationales, détaille la chaîne parlementaire.”

Sur BFMTV. Enseignement de l’arabe à l’école : A la condition "d’une rupture entre cet enseignement et l’enseignement religieux" Alain Bentolila.

On aura une idée de la France d’AnnieGenevard en voyant son bandeau sur son compte twiter.

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Cheval de Troie Photomontage par Geneviève Brassaud

Plus largement, le Café pédgogique se demande si La France est-elle résistante aux réformes éducatives ?Est-il impossible de réformer l’Ecole en France ? Ce pourrait être la conclusion des travaux présentés le 24 mai au Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques de Sciences-Po. Beatriz Pont (Ocde) rendait compte de son étude sur les directions d’établissement dans les pays de l’Ocde. De tous les pays de l’Organisation, la France s’avère la plus rétive à l’idée de l’autonomie des établissements. Hélène Buisson-Fenet dévoilait la partie française d’une recherche sur le pilotage par les résultats. Impulsée par l’administration centrale, portée par les recteurs, elle montre comment cette réforme s’englue petit à petit dans les résistances du système éducatif français. Alors, impossibles les réformes ?

Enseignement supérieur

APB : le poids de l’origine sociale sur l’orientation des bacheliers. “Les résultats d’admission post-bac ne traduisent pas uniquement le choix mûri d’un futur étudiant concernant son orientation. Ils sont aussi le fruit d’une détermination sociologique, dont le lycée d’origine, la situation familiale et la situation géographique de l’élève sont autant de facteurs clés. C’est ce que révèle une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) menée sur les 23 700 lycéens scolarisés dans l’académie de Toulouse, et ayant postulé sur la plate-forme APB en 2014.”

FUN, une plate-forme de MOOCs au service des établissements d’enseignement supérieur par Catherine Mongenet. “Dans cet article, nous présenterons le projet, sa genèse et ses évolutions, ainsi que les perspectives de son développement.” Mais article à acheter ...

L’enseignement supérieur a besoin d’un CDO et d’une nouvelle pédagogie. “Le CNNum a remis le 24 mai à Thierry Mandon, secrétaire d’état chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, son rapport sur la transformation numérique de l’enseignement supérieur. Pour ne pas être désintermédié par les nouveaux modèles du numérique, l’enseignement supérieur doit en particulier réinventer sa pédagogie.” “L’ESR "doit assumer son rôle et dépasser la désintermédiation, c’est à dire l’idée qu’il pourrait ne plus être obligatoire de passer par ses établissements pour se former."

La Théorie du Lotissement appliquée à l’enseignement supérieur. “Au lieu de se regarder en concurrentes, grandes écoles et universités devraient apprendre à s’appuyer les unes sur les autres pour porter haut la compétitivité de la France à l’international. Tel est le point de vue de Loïck Roche, directeur de Grenoble école de management et président du Chapitre des écoles de management de la Conférence des grandes écoles. La "La Théorie du Lotissement1 repose sur une idée très simple : ma maison a d’autant plus de valeur que la maison du voisin a de la valeur. Plus la maison du voisin est belle, plus elle donne de valeur à ma propre maison.”

Ailleurs

De nouvelles réformes favoriseraient l’équité et la qualité du système éducatif néerlandais. “Le système éducatif néerlandais est l’un des plus performants des pays de l’OCDE, mais pour relever encore les niveaux, des réformes supplémentaires seront nécessaires afin d’améliorer les services d’éducation et de soins de la petite enfance, réduire les risques d’orientation précoce, développer le professionnalisme des enseignants tout au long du cycle de vie et enfin promouvoir la collaboration entre pairs, selon un nouveau rapport de l’OCDE.”

La "bataille des toilettes" prend de l’ampleur aux Etats-Unis. “Le Texas et dix autres Etats américains ont fait irruption mercredi dans la "bataille des toilettes" en poursuivant en justice le gouvernement de Barack Obama pour ses mesures contre la discrimination des personnes transgenres.”

Bernard Desclaux

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Inclure tous les élèves

Revue n°526 - janvier 2016
Pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, l’écart est parfois grand entre ce qui est prescrit et la réalité de leur scolarisation. Ce dossier vise à en pointer les freins et à proposer des leviers à même de faire vivre l’école inclusive refondée.

Mettre en oeuvre les EPI

Revue n°528 - mars 2016
Les enseignements pratiques interdisciplinaires vont se mettre en place à la rentrée 2016. Dans certains collèges, on anticipe déjà. Dans d’autres, les pratiques interdisciplinaires existent depuis un certain temps. On ne part
donc pas de rien et les EPI peuvent s’appuyer sur l’existant.

Published by christophe - dans Education Medias