Dimanche 8 novembre 2009


grain-de-poemes.blogspot.com

Fier d'être français?

C'est une question qui revient souvent ces derniers jours. Je vais tenter de donner ma réponse. Elle n'engage que moi.

Je suis né par hasard en Algérie "française" en 1958, puis suis resté au Maroc de 2 à 16 ans. Mes parents sont nés, par hasard, en France , dans le Pas-de-Calais. Peut-on être fier d'être né quelque part par le plus pur des hasards? Certainement pas. Mais alors qui peut être fier d'être français?

Celles et ceux qui, après de longues démarches, de longs voyages semés d'embûches, ont VOULU devenir français. Eux seuls peuvent, au titre d'un choix, être fiers d'être français.

Ceci étant posé, j'entends ici et là que nous devons être fiers du passé de la France. De ses grandes heures, de ses hauts faits, de ses personnages illustres. Tout en n'omettant pas de rappeler les jours moins glorieux. il y en eut aussi.

Mais quelques jours avant la commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918, peut-on être fiers de cette victoire? Peut-on être fier, d'un bloc, de tous les hauts faits qui ont, incontestablemnt, jalonné et construit notre Histoire? Pour 14-18 par exemple, je ne suis pas fier des Poilus des tranchées. Je leur suis reconnaissant et redevable. Ce qui n'a rien à voir! Pourquoi serais-je fier du sacrifice de ces hommes, sacrifice que je n'ai pas partagé mais dont j'ai seulement bénéficié? En être fier serait une captation de leur mémoire. D'ailleurs, peut-on être fier de la période totale qui va d'août 1914 à novembre 1918? Certes pas! Je ne suis pas fier des ordres imbéciles qui envoyèrent à la mort certaine et inutile des milliers de jeunes hommes dans la Somme. Je ne suis pas fier des tribunaux militaires qui condamnèrent pour l' "exemple" des mutinés de 1917.

Il est très dangereux de choisir quelques grandes périodes historiques pour en faire, sans discernement, des moments de fierté. Et seulement de fierté. Redevable: oui! (notamment pour ces soldats venus des colonies mourir "pour la France". Il faudra attendre Jacques Chirac pour que les retraites de ces soldats soient identiques à celles des soldats "français de souche") Fier? Jamais!

J'entendais Mr Hortefeux demander au fils d'un gendarme partant pour le bourbier afghan: "Tu es fier de ton papa,". Le petit a répondu: "Oui j'en suis fier". Et c'est parfaitement légitime! Mais il était fier de son PERE, pas d'être français, ce que les parents firent remarquer au Ministre: "La destination nous inquiête"... Etaient-ils fiers d'être français, ces parents-là? Je crois qu'ils étaient surtout angoissés, à juste titre, d'être français en 2009 sous un gouvernement qui bientôt accueillera -ce que je ne souhaite EVIDEMMENT pas!-des cerceuils alourdis d'une Légion d'Honneur...

La Patrie reconnaissante...

Aussi est-il impossible d'être fier d'être français. On ne peut que tenter de se comporter INDIVIDUELLEMENT et COLLECTIVEMENT le mieux possible pour faire de cette Nation un peuple digne de ceux qui furent sacrifiés, se sacrifièrent pour une certaine idée de la Liberté, de l'Egalité et de la Fratrenité...

Ce qui ne serait déja pas si mal... A condition de voir nos élus et nos élites se comporter eux aussi de manière exemplaire, c'est à dire de toujours considérer la Nation comme un espoir et non comme un paquet de souvenirs plus ou moins enjolivés à seules fins d'en récupérer les lauriers immérités!

L'Histoire n'est pas un culte. C'est une science...

Christophe
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Dimanche 8 novembre 2009


Clip réalisé par Cyril Collard, l'auteur du film Les Nuits Fauves avec, entre autres, l'immense Romane Bohringer...

Cyril est mort à 35 ans du SIDA... En 1993...

1000 personnes à son enterrement. Le lendemain, le 6 mars, 10 000 personnes défilent à Paris "contre le SIDA"...

3 millions de spectateurs verront Les Nuits Fauves...

Petit rappel...

En France, on compte aujourd'hui 150.000 personnes séropositives.

Dans le monde, 33,2 millions de personnes vivent avec le virus du sida, dont 70% en Afrique subsaharienne, selon les données de l'Onusida.

40% des séropositifs sont des femmes.

Dans le monde toujours:

  • Près de 8 000 morts par jour
  • Plus de 28 millions de morts depuis 1981
  • 7 400 nouveaux cas par jour dont près de 1 000 cas chez les enfants de moins de 15 ans
  • Selon une étude de l'OMS parue en Mars 2009, le nombre de cas de SIDA chez les hommes de plus de 50 ans augmente considérablement: le recours de plus en plus fréquent au Viagra, des relations sexuelles non protégées, un âge où les hommes se sentent moins concernés par le virus Hiv expliqueraient en partie cette augmentation.

    En clair, jeunes et moins jeunes qui passez ici: SORTEZ COUVERTS MAIS CONTINUEZ D'AIMER!!!


    Christophe








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Dimanche 8 novembre 2009


http://www.csportneuf.qc.ca/epmss/ecole.jpg

Qu’est ce que l’ Ecole ?


Si la question paraît simple, la multiplicité des réponses en révèle en fait la difficulté sous-jacente. On entend d’ailleurs tout et le contraire de tout!

Depuis quelques années, la méchante humeur a trouvé ses porte-parole: SOS Education, Sauver les Lettres ou Jean Paul Brighelli, auteur de La Fabrique du Crétin et gourou auto proclamé « spécialiste » d’à peu près…tout, s’époumonent contre ceux qu’ils appellent les Pédagogues ou, pire encore, les « pédagogistes », quand ce ne sont pas les « pédagogos », responsables à leurs yeux des maux, réels, supposés et inventés, qui frappent notre Ecole. Rien de bien nouveau d’ailleurs dans leurs protestations. Ils rejoignent la mère de famille qui, après telle ou telle émission de télévision, déclare, outrée : « Mais ma fille n’apprend pas tout ça à l’école ! Sa prof est nulle ! » CQFD !... ; mais aussi cette institutrice à deux ans de la retraite et qui se souvient ou croit se souvenir de ses premiers élèves : « Ah mais ils étaient bien meilleurs ! Et bien plus polis parce que bien mieux élevés ! » ; et encore le politicien, de droite comme de gauche, faisant de l’Ecole une cible facile : «Le gaspillage financier est intolérable ! Les enfants ne  savent plus rien ! » ; enfin le syndicaliste participe lui aussi, à sa manière, au concert : «Il manque des moyens, des postes et des sous ! ».
Une cacophonie sans nom !

Dans le même temps, on entend le discours exactement inverse : « Ce que font mes enfants aujourd’hui à l’école est extraordinaire ! Comme j’aurais aimé pouvoir en faire autant, de mon temps ! Même de l’informatique ! Et ils lisent de beaux livres ! » s’émerveille une maman. « Mes élèves sont polis et leur niveau est bien plus élevé que celui auquel je m’attendais ! » renchérit ce professeur d’école tout étonné de ne pas avoir à mater une horde de sauvages. Jusqu’au Ministre qui promet, à son entrée en fonction : « Je n’attacherai pas mon nom à une nouvelle réforme. D’ailleurs, tout ne va pas si mal ! ».
L’euphorie générale!

Mais alors l’Ecole, qu’est ce que c’est ? Bien difficile à dire, n’est ce pas ?… En fait, j’affirme ici que l’Ecole n’existe pas ! Elle a toujours ses quatre murs, une cour de récréation, des salles de classes et parfois une devise républicaine à son fronton mais elle n’est que DIFFERENCES
 :

-       là une bâtisse bétonnée ou « ferraillée » surgie au milieu des HLM

-       ici une bonne vieille école de village jouxtant la Mairie et bâtie de plain-pied, en pierres, avec ses fenêtres donnant sur les platanes de la cour et juste après le muret, la campagne qui commence.
-       enfin l’école parisienne, souvent de briques rouges, dont l’entrée surmontée du Drapeau tricolore donne sur un escalier de bois blanchi par l’eau de Javel des lavages.


Et dans chaque classe, des maîtres et des maîtresses tous différents par l’âge, l’origine et la formation. Et dans chaque classe, des enfants différents par leur culture, leur milieu et leurs capacités. Et tout ce petit monde DOIT travailler ensemble, au même rythme si possible, pour atteindre toujours ensemble l’objectif assigné à l’Ecole depuis la IIIème République et toujours en vigueur : « Apprendre à lire, écrire et compter ».

Peut être est-elle là, la cause de tous ces maux, réels et imaginaires. Après la Seconde Guerre Mondiale, l’Ecole change de rôle et de fonctions, et ceci plusieurs fois de suite. Des réformes nombreuses voudront la transformer ; bien peu seront effectivement appliquées. Aucune, de fond ni d’importance, ne le sera sur des durées excédant 5 ans. Elle conserve des rites et des manies immuables. Sa « clientèle » s’est diversifiée et massifiée. Les parents et quelques autres en font le bouc émissaire d’une société post industrielle mal dans sa peau. Pourtant elle garde des règles de vie et des pratiques pédagogiques héritées du siècle dernier.
L’échec scolaire a bon dos ! Il résume tout et n’explique rien !

Christophe

(Cette réflexion s'appuie partiellement sur l'ouvrage de C. Guigon, N. Gauthier, M.-A. Guillot, Les instits, Paris, Le Seuil, 1986)

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Dimanche 8 novembre 2009

Dans l'ombre de Lévi-Strauss, un autre géant s'est éteint: Pierre Doris. Oh, je vous vois minauder: Pierre Doris? L'Académie des neuf avec la bande à Badie (Laurence): Harold Kay, Lucette Sahuquet, Patrick Topalov? Le gros Béru dégueulasse de San-Antonio? Un Pierre Olaf, un Jean Lefebvre, un Pierre Tornade des films de Dhéry ou de Pécas? Un "roi du gag" de chez Zidi? Et bien, non! Pas que! "Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoutez pas les autres", comme on dit au Splendid.

Pierre Doris, c'est, en 1967, le paysan de The Story of a 3 days pass de Melvin Van Peebles.

 


Pierre Doris, c'est encore le garde-forestier dans le plus beau téléfilm du monde, un Pialat de 1970, La Maison des bois (ici, c'est plutôt Maurice Pialat qui parle d'un sujet à la mode ces jours-ci. Voir la vidéo de présentation).

Pierre Doris, c'est aussi... Pierre Doris, c'est surtout l'inspirateur de Jean Yanne et de Pierre Desproges. "On me surnommait le Frankeinstein du rire, le Dracula de la facétie, voire le pape de l'humour noir. Le public me considérait comme un franc salaud, un bourreau d'enfants, un monstre."

Le mémorable auteur de la phrase: "C'est très beau un arbre dans un cimetière. On dirait un cercueil qui pousse..."

http://www.mediapart.fr/club/blog/edgar-salazar/061109/pierre-doris-l-identite-nationale-selon-pialat-et-le-desastre

Aujourd'hui on a Bigard et Stéphane Guillon comme "comiques" de références...

Du populisme de bas-étage... De caniveau même!

Christophe

                                                     ______________________________________________


Quelques citations-culte de Pierre Doris:

Ah! ma
femme, si vous saviez, c'est un ange! - - Félicitations! La mienne est encore en vie.

Allez comprendre: le travail anoblit l'homme, mais le rend esclave!

Aux dernières étrennes, j'ai offert une chaise à ma belle-mère. Aux prochaines, je la ferai électrifier.

Dernière parole d'un artiste sur son lit de mort: «A quelle heure je passe?»

Entre le premier cri et le dernier râle, il n'y a qu'une suite de mots sans importance!

J'ai raté mes deux mariages. Ma première femme est partie, la seconde est restée...

Les
morts ont de la chance: ils ne voient leur famille qu'une fois par an, à la Toussaint.

Ne vous tuez pas au
boulot; achetez un revolver, c'est moins fatigant.

Nuance: quand l'homme est mort, on l'enterre; quand l'arbre est mort, on le déterre!

On dit que la jeunesse ne croit plus à rien. Quelle tristesse... Et si un jour le Père Noël ne croyait plus aux enfants!

Paris sera bientôt la seule ville au monde où, au réveil, on pourra entendre les petits oiseaux tousser.

«Je m'
éteins!» dit le pompier avant de mourir.

Et la dernière pour la route:

La
tolérance, c'est quand on connaît des cons et qu'on ne dit pas les noms.












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Dimanche 8 novembre 2009


http://elysee.ch/uploads/RTEmagicC_depardon_berlin_gr.jpg.jpg

Berlin : le mur tombe


Le 9 novembre le mur de Berlin tombait, ouvrant à l'Allemagne et à l'Europe de nouvelles perspectives. Comment commémorer en classe cet événement ?

On pourra consulter en complément les dossiers documentaires mis en ligne par la presse. D'abord Le Monde qui propose un remarquable animation liant chronologie de l'Europe de l'est et témoignages d'acteurs et témoins. La Documentation française publie une synthèse événementielle enrichie du témoignage d'Helmut Kohl, le chancelier allemand de 1989. "La voie vers la réunification ressembla à la traversée d'un marais : nous étions pour ainsi dire débout dans l'eau jusqu'aux genoux, le brouillard nous empêchait de voir clair, et la seule chose que nous sachions était qu'un chemin vers la terre ferme devait bien exister quelque part. Mais nous n'en connaissions pas le tracé. Nous procédions par tâtonnements et nous arrivâmes effectivement sain et sauf de l'autre côté. Sans l'aide de Dieu, nous n'y serions sûrement pas parvenus."

Des colloques historiques sont prévus. La BDIC organise du 5 au 7 novembre un colloque sur Berlin l'effacement de straces où il sera beaucoup question des rapports entre histoire et mémoire. L'Université Verlaine de Metz accueille un colloque international sur l'unification allemande le 9 novembre.

L'animation du Monde

Le dossier de la Documentation française

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