Vendredi 28 novembre 2014 5 28 /11 /Nov /2014 07:36

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17 fois en cure de Désintox  

De meeting en meeting, le candidat Sarkozy a multiplié les grandes envolées sans fondements.Lambersart, Toulon, Mulhouse, Bordeaux, en passant par Paris. Deux mois de meetings, deux mois à noyer la France sous l’intox. Voici la sélection des meilleurs bobards de la campagne de Sarkozy.

Extrait de l'article de Libé réservé aux abonnés et disponible en version papier.  

3. Non, Hollande n’a pas promis de doubler le budget de la Culture, et ne l’a pas baissé de 30% depuis son élection      

«François Hollande avait promis de doubler le budget de la Culture !»      

Meeting de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)

«Quand je vois que le gouvernement a réduit de 30% les crédits à la culture !»

Meeting de Caen  

Parmi les engagements que François Hollande avait pris, il y avait la «sanctuarisation» du budget du ministère de la Culture… lequel a effectivement été raboté. En 2013 et en 2014, le budget a reculé de 4%, puis 2%. Même si Manuel Valls a promis en juillet de «garantir le budget de la Culture pour les trois années à venir», la promesse a bien été rompue… Sans toutefois justifier le délire des chiffres de Sarkozy, qui raconte donc l’histoire en affirmant que Hollande avait promis un doublement du budget et l’a baissé de 30%. Avec un culot d’acier, Sarkozy se permet même d’ajouter, indigné : «Un mensonge de plus !»  

7. Non, les enseignants ne travaillent pas que deux jours par semaine…  

«Avec dix-huit heures de service, les enseignants, et je peux le comprendre, bloquent l’ensemble de leurs heures sur deux jours. Et quand les enfants sortent de classe, il n’y a plus un adulte dans nos collèges et lycées.»  

C’est un scoop que Nicolas Sarkozy a livré à plusieurs reprises ces dernières semaines pour justifier sa volonté d’augmenter le temps de travail des enseignants : avec dix-huit heures de service seulement, les profs se débrouillent pour caser leurs heures de cours sur deux journées. Une belle vie que la leur.  

Il faut avoir une conception assez tranquille de ce qu’est une heure de cours pour imaginer que les profs en enchaînent neuf dans la journée par souci de confort. Sans compter que caser neuf heures de cours entre 8 heures et 16 h 30 (l’heure à laquelle les cours finissent dans de nombreux collèges), même sans s’alimenter, est juste… impossible  

9. Non, la gauche ne met pas de jupes aux enfants le jour de la «journée de la femme»  

«Le jour de la "journée de la femme", la gauche met des jupes aux enfants. C’est la théorie du genre.»  

Au meeting de Bordeaux  

Le coup de la jupe, Nicolas Sarkozy l’aura fait dans chacun de ses meetings. Cette histoire repose pourtant sur une simple initiative lycéenne, et beaucoup d’imagination. En mai à Nantes, des membres du Conseil académique à la vie lycéenne (instance élue par les lycéens) ont été à l’initiative d’une journée spéciale, intitulée «Ce que soulève la jupe». L’idée était «d’inviter filles et garçons, élèves et adultes, le temps d’une journée événement, à porter une jupe ou un autocollant "je lutte contre le sexisme, et vous ?"» Une petite trentaine d’établissements (sur 142) ont suivi l’initiative. Il n’en faut pas plus à Nicolas Sarkozy pour raconter que la gauche «met des jupes aux enfants pour la journée de la femme».  

Au passage, cette mention de la journée de la femme est un (énième) détail supplémentaire inventé par Sarkozy puisque la journée «Ce que soulève la jupe» se déroulait le 16 mai, sans aucun rapport avec la Journée pour les droits des femmes qui a lieu le 8 mars.  

11. Non, la gauche n’a pas fait disparaître les statistiques d’absentéisme dans la fonction publique…  

"On a supprimé le jour de carence dans la fonction publique et, en même temps, cessé de publier les statistiques de l’absentéisme dans la fonction publique." 

Meeting de Marseille  

On a entendu cette petite intox complotiste dans les premiers meetings de Nicolas Sarkozy… Les statistiques sur l’absentéisme des fonctionnaires auraient scandaleusement disparu en même temps que leur jour de carence était supprimé. «Une honte !» ajoutait parfois Sarkozy.  

Sauf qu’en réalité, les statistiques sur l’absentéisme dans la fonction publique n’ont jamais été aussi à jour, puisqu’elles ont été réévaluées il y a un mois et demi. Ce qui est encore impossible pour l’heure, c’est de connaître les conséquences de la suppression du jour de carence, qui n’est effective que depuis le 1er janvier. Mais il suffit de peu de choses à Sarkozy pour inventer une opération de dissimulation des statistiques  

16. Non, Nicolas Sarkozy n’a pas tenu tous ses engagements de la campagne de 2007  

«J’avais dit en 2007 que nous ferions l’union civile. Je ne l’ai pas fait, c’est même la seule mesure, à ma connaissance, de mon projet 2007, que je n’ai pas mise en œuvre.»  

Englué dans ses hésitations sur la loi Taubira sur le mariage pour tous, Nicolas Sarkozy a dû reconnaître qu’il n’avait pas tenu sa promesse de 2007 d’une union civile pour les couples homosexuels. Mais cet oubli est bien le seul, à l’en croire. Sauf qu’il suffit de se pencher sur son programme de 2007 pour constater d’autres engagements passés à la trappe. En vrac, et de manière non exhaustive, on peut citer le statut pour le beau-parent, la limitation du gouvernement à quinze ministres, l’obligation pour un titulaire d’un minimum social d’avoir une activité d’intérêt général, le contrat de travail unique, des allocations familiales pour le premier enfant, un service civique obligatoire de six mois, des plafonds annuels d’immigration…  

Baptiste Bouthier, Sarah Bosquet, Juliette Deborde et Cédric Mathiot  

http://www.liberation.fr/politiques/2014/11/27/17-fois-en-cure-de-desintox_1152217    

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
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Jeudi 27 novembre 2014 4 27 /11 /Nov /2014 18:16

La Préférence pour l'inégalité - François Dubet

“Le Parisien” publie aujourd’hui une enquête qui témoigne d’une grande défiance des Français vis-à-vis de l’Education nationale. Pour comprendre les ressorts de ce désenchantement, nous avons interrogé le sociologue François Dubet, auteur récemment de “La Préférence pour l’inégalité” (éd. Seuil).

                     __________________________________________

D’après une enquête publiée par Le Parisien ce 27 novembre, 69% des Français estiment que l’éducation nationale ne garantit plus l’égalité des chances, et 67% des Français ayant des enfants scolarisés sont demandeurs d’un soutien scolaire. Comment vous interprétez cette défiance à l’égard de l’Education nationale ?

Je l’interprète de deux manières. D’abord, la confiance dans l’égalité des chances à l’école reposait sur une certaine ignorance. Pendant très longtemps il n’y avait pas d’études sur le système scolaire, on pouvait donc penser que toutes les écoles se valaient, que tous les établissement étaient comparables et que l’école traitait tout le monde de la même manière. Je crois que les enquêtes PISA, les livres des sociologues, des économistes et des journalistes ont fait que cet enchantement de l’école s’est beaucoup effrité. Aujourd’hui pour croire dans l’égalité des chances scolaires il faut d’une certaine manière ne jamais ouvrir un journal.

La deuxième raison qui me parait beaucoup plus profonde c’est que le rapport à l’école s’est complètement transformé. Pendant très longtemps l’école était considérée comme la machine qui permettait aux enfants d’entrer dans la société, mais qui ne déterminait pas fondamentalement leur destin social. C’est-à-dire que les enfants de la bourgeoisie allaient dans les écoles bourgeoises, les enfants du peuple dans les écoles du populaires, pour se retrouver à peu près là où ils étaient au départ, à l’exception de quelques héros venus du peuple qui franchissaient les échelles de la société. Mais pour l’essentiel on attendait de l’école qu’elle éduque, qu’elle fabrique des Français, qu’elle créé une morale commune, mais pas véritablement qu’elle permette aux gens de trouver une place dans la société.

Or avec la massification scolaire d’un côté, et l’élévation de la qualification des emplois de l’autre, le rapport à l’école s’est complètement transformé. Tout le monde sait bien aujourd’hui que la qualification scolaire des enfants va très largement déterminer leurs chances d’avoir un travail ou pas, d’être bien payé ou pas, d’avoir un emploi sûr ou pas. Donc l’attente à l’égard de l’école s’est complètement transformée.

Cela créé une extrême sensibilité aux inégalités scolaires. On peut quasiment dire que la moitié des Français vont faire tout ce qu’ils peuvent pour que leurs enfants aient la meilleures réussite scolaire possible, donc le meilleur établissement, les meilleurs maîtres, etc. Au fond le rapport un peu enchanté à l’école s’est défait au profit d’une compétition de tous contre tous, pour avoir les meilleures positions scolaires. La sensibilité aux inégalités scolaires explose car on sait que tel établissement ne vaut pas tel établissement, à l’extrême limite que tel maître ne vaut pas tel autre, c’est pourquoi il y a une extrême vigilance à des inégalités qui ne sont pas nouvelles, mais qui ne jouaient pas un rôle aussi considérable.

Cette perte de confiance dans l’école se traduit par un recours accru aux soutiens scolaires hors des classes. Comment éviter que cela accroisse encore les inégalités ? 

C’est un grand chantier car il faut renverser une tendance très lourde. Il faudrait améliorer la qualité scolaire, c’est-à-dire garantir que tout soit fait pour que les établissements se valent à peu près. La seconde chose serait de faire en sorte que l’école garantisse un minimum à tout le monde, c’est l’idée du socle commun, pour éviter les logiques de fuite. Ensuite il faudrait éviter d’avoir l’oeil toujours rivé sur les élites. J’aime bien les articles comme celui du Monde sur l’Ecole polytechnique, mais il n’y a que cinq cent élèves par an dans cette école. Si on en fait entrer 50 des milieux populaires c’est une bonne chose, mais le véritable problème de l’inégalité scolaire n’est pas simplement l’inégalité des chances, c’est l’extraordinaire inégalité entre ceux qui vont réussir à avoir les diplômes rentables, et ceux qui vont sortir sans rien. Le principal problème ce sont les autres, ceux dont les parents ont peur. Je n’imagine pas que tous les parents de France rêvent que leur enfant entre à Polytechnique : ils veulent qu’ils fassent une bonne formation pour avoir du boulot à la sortie. Et cela nous ne pouvons plus le garantir.

Fondapol avance l’idée d’une assurance complémentaire éducation. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas enthousiasmé. Nous sommes depuis trente ans à peu près incapables de refonder sérieusement l’école. Ce que nous faisons à la place consiste à créer des dispositifs de soutien qui n’en finissent plus. On essaye de créer à la marge des dispositifs pour compenser les effets de la machine à produire des inégalités, comme les internats d’excellence. Une assurance qui permettrait aux gens d’avoir des soutiens scolaires rentrerait encore une fois dans ces dispositifs. Je crois qu’il faut regarder vers les sociétés qui assurent nettement mieux que nous l’égalité des chances, et qui en tout cas offrent aux élèves les moins bons les capacités de s’en sortir.

Il y a un exemple que j’aime bien, car c’est une société plutôt plus inégalitaire que la nôtre, et plutôt plus libérale, le Canada. Il y a aussi le Japon. Ces sociétés ont des pratiques scolaires qui assurent plus fortement l’égalité des chances que nous. Or je crois qu’aujourd’hui il y a un tel pessimisme sur la capacité à réformer l’école que tout le monde au fond s’oriente vers des dispositifs annexes pour s’en sortir. Pour employer une métaphore, c’est comme si on disait que, puisque l’hôpital public ne marche pas, on va créer des cliniques privées à côté.

D’où vient l’idéal, aujourd’hui égratigné, de l’égalité des chances ? 

Au niveau scolaire c’est un idéal extrêmement récent. Les pères fondateurs de l’école républicaine, comme Jules Ferry, ne parlent pas d’égalité des chances. Jules Ferry dit que chacun doit trouver la position qui lui convient. L’école est là pour créer une culture commune à tous les Français, mais on ne parle presque jamais d’égalité des chances. Celle-ci est couplée à la massification scolaire : c’est à partir du moment où tout le monde entre dans la même école que l’égalité des chances monte comme un critère de justice scolaire essentiel. A partir des années 1960-1970 on dit aux petits Français qu’ils entrent tous dans la même école et que cette école leur doit l’égalité des chances. C’est une conception de la justice scolaire relativement nouvelle.

Sa légitimité consiste à dire qu’elle doit répartir les individus de la manière la plus équitable possible, en fonction de leur mérite, parmi des positions sociales elles-mêmes inégales. Au fond c’est une forme de renoncement à produire de l’égalité, et un transfert de cette idée vers l’idée de compétition équitable, un peu comme dans le sport. Le sport est juste si l’arbitre ne triche pas. L’école a la même rhétorique.

Mathieu Dejean

http://www.lesinrocks.com/2014/11/27/actualite/rapport-enchante-lecole-sest-defait-au-profit-dune-competition-contre-11538131/

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
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Jeudi 27 novembre 2014 4 27 /11 /Nov /2014 17:37

 

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
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Jeudi 27 novembre 2014 4 27 /11 /Nov /2014 17:24

Ce n'est pas parce que nous avons quarante-cinq ans ou cinquante-cinq ans ou soixante-cinq ans que nous ne voulons plus vivre une vie intense, que nous ne voulons plus écrire des textes intenses. Ou les lire ; j'achetai, en 2008-2009 surtout, un nombre considérable de livres politiques historiques, tentant peut-être de compenser ma minorité numérique en la bardant de ces livres, les livres de littérature n'ayant pas suffi, Princesse de Clèves épiphénomène ne changeant rien à la nature spectrale, diminuante, disparaissante, de tous les romans et de l'efficace littéraire en général, minorité de tous les côtés, minorité parce que je lis des livres, minorité parce que c'est de la littérature, minorité parce que lisant des livres et en écrivant je tout de même née d'employés, eux-mêmes nés d'ouvriers, minorité parce que, bien que mesurant un mètre quatre-vingts, je suis une femme, et que j'ai de grands pieds, minorité parce que j'habite à la campagne et que la campagne est une chose bizarre, comme l'a bien suggéré Benjamin de Tarnac en décrivant les flics de la police scientifique s'égaillant tout heureux dans les champs et visitant le poulailler et disant que la campagne c'est pas mal et décidant peut-être au retour de planter des tomates.

Dernier livre paru (à lire absolument)


Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
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Jeudi 27 novembre 2014 4 27 /11 /Nov /2014 17:15

 

Rencontres et Débats Autrement du mercredi 25 janvier 2012, Invité: Bernard STIEGLER, à l'occasion de la sortie de son livre : "ETATS DE CHOC" Bêtise et savoirs au XXI è siècle.

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
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