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PROF EN CAMPAGNE

Lundi 12 mai 2008


http://users.skynet.be/marc.faucon/vigJournaux.jpg


Une semaine compliquée pour Xavier Darcos.
Pour Le Figaro c’est même une semaine décisive. ”. Il faut rappeler que la journée de jeudi 15 mai est celle d’un grand mouvement de grève de l’éducation nationale. Ce jour-là les enseignants et même les parents d’élèves pourraient être nombreux à protester contre la suppression des 11 200 postes dans l’Éducation nationale pour la rentrée 2008. D’autant plus que beaucoup ont compris que les suppressions de cette année ouvrent la porte à encore plus pour les années suivantes...

Avec le journal Le Monde, on semble en savoir un peu plus sur la prochaine réforme des lycées. Interrogé sur ce sujet le ministre de l’éducation avance la notion de "modularité" des enseignements. C’est-à-dire basée sur la construction de parcours individuel et non plus sur des séries bien déterminées.
M. Darcos refuse d’entrer plus avant dans la description technique de sa réforme et assure que celle-ci doit faire l’objet d’un travail approfondi. Il prévoit de désigner "au plus tard le 10 juillet" une personnalité "issue de la maison"dont la mission sera de mener à bien la réforme du lycée, pour application à la rentrée 2009. Il précise cependant que les emplois du temps devraient alterner les cours et des "moments d’étude". Et il propose surtout d’"offrir systématiquement du soutien à ceux qui en ont besoin". Il envisage aussi de "remplacer le redoublement par des enseignements complémentaires". Il faut souligner qu’éliminer les redoublements au lycée permettrait ainsi d’économiser des milliers de postes. On voit aussi que cette réforme des lycées a à voir également avec la redéfinition du métier d’enseignant développée dans la commission Pochard.

Encore une annonce... . Mais une annonce est-elle une information ?
Samedi matin, lors d’une cérémonie commémorant l’esclavage, au jardin du Luxembourg à Paris, le président Nicolas Sarkozy a annoncé que « la traite des noirs, l’esclavage ainsi que leur abolition » seraient inscrits dans les programmes de l’enseignement primaire dès la prochaine rentrée scolaire. Même si on peut approuver le contenu de cette annonce, cela pose toujours la même question que formule
Martin Vidberg sur son blog J’avoue que je suis toujours un peu mal à l’aise quand un homme politique décide du contenu d’un manuel d’histoire, même s’il s’agit du Président de la République.[...] Alors qui doit écrire les manuels d’histoire puisqu’il faut bien que quelqu’un décide ? ”.

Mais au delà de l’effet d’annonce
et de l’absence de mémoire des médias comme le dit une tribune de Rue89, il faut surtout rappeler que cet enseignement est déjà présent dans les programmes du primaire ! Dans les programmes de 2002, cycle des approfondissements, on lit « Histoire : “le temps des découvertes : la planète désormais accessible,
mais l’apparition d’une nouvelle forme d’esclavage,” ». Ça en dit long aussi sur la manière dont se fabrique l’opinion et sur les insuffisances de la presse dans son devoir de vérification et de vigilance vis-à-vis de la communication politique.

Pour lire la suite et la fin de cette revue de presse du lundi 12 mai 2008 et obtenir les liens avec le renvoi vers les articles

Allez sur
<
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=3738>
Ou
<
http://philippe-watrelot.blogspot.com/2008/05/revue-de-presse-du-lundi-12-m
ai-2008.html>

Philippe Watrelot (CRAP-Cahiers Pédagogiques)

Site :
http://www.cahiers-pedagogiques.com

Et le blog : http://philippe-watrelot.blogspot.com/
ou
http://www.cahiers-pedagogiques.com/revue_presse.php3


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Lundi 12 mai 2008

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Lundi 12 mai 2008

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Lundi 12 mai 2008


http://accel23.mettre-put-idata.over-blog.com/0/44/76/88/sarko_caricature_promesses.jpg

Nicolas Sarkozy accepte la critique, mais pas la caricature. C'est le message qu'a fait passer Catherine Pégard, conseillère politique du Président de la République, dimanche sur le plateau de l'émission politique «Dimanche +».

«Ce qu'il n'apprécie pas, c'est d'être caricaturé. La critique, si elle est justifiée, est légitime. La caricature ne l'est pas, pour n'importe quel journaliste», a estimé Catherine Pégard. Une petite phrase de plus à rajouter à l'épais dossier 2008 des
relations difficiles entre Nicolas Sarkozy et la presse.

«Du plaisir» avec les journalistes

Interrogée sur les rapports de Nicolas Sarkozy avec la presse, la conseillère politique a expliqué que le Président «a beaucoup donné aux journalistes, il les a beaucoup vus, il les voit beaucoup. On sent qu'il a du plaisir à les rencontrer, car il y a une sorte de jeu qui se tisse entre les journalistes politiques et les hommes politiques, on le sait bien.»

Catherine Pégard connaît bien ce petit «jeu». Ancienne rédactrice en chef au «Point», très proche des hommes politiques, avide de «petites phrases», elle a
fini par rejoindre l'Elysée après l'élection de Nicolas Sarkozy.

Le Président n'aimerait donc pas la caricature. Anne Roumanoff et ses désormais célèbres chroniques chez Michel Drucker doit-elle se sentir visée ou Catherine Pégard n'évoque t-elle que la caricature journalistique?


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Lundi 12 mai 2008
 
http://www.wizishop.com/blog/wp-content/uploads/2007/10/salon-internet.jpg

Facebook, Myspace, Skyrock Blogs... les internautes sont de plus en plus nombreux à divulguer leur vie privée sur le web. Parfois consciemment. Et parfois sans se rendre compte des implications possibles. Pour sensibiliser les 12-17 ans, ceux qui sont nés avec l’essor du net, ou ceux qui ont grandi avec, à ces questions de sécurité des données personnelles, la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) profite de la Fête de l’Internet, qui débute aujourd’hui, pour mettre en ligne un document de prévention.

Le document en PDF (pourquoi pas plutôt un site ? Le PDF n’est de loin pas le format le plus pratique sur le web) pose ainsi quelques questions directes, du genre « Cela ne vous dérange pas d’être une cible publicitaire ? » ou « Ça vous dirait que dans 10 ans votre futur employeur sache comment s’est passée votre dernière petit fête entre amis ? ». Le document insiste sur le fait que les entreprises qui dirigent les réseaux sociaux, et accumulent ainsi des monceaux de données personnelles, sont rarement aussi gentilles et amicales qu’elles le prétentent. La CNIL pointe également du doigt le fait que chacun a un « droit à l’oubli ». Tandis que le web, lui, n’oublie pas.

Le document évoque également les questions d’anonymat (rappelant qu’un pseudonyme ne garantit pas l’anonymat lors de la visite d’un site) et de responsabilité : l’auteur d’un blog est responsable de ce qu’il y publie. Et pour les mineurs, c’est la responsabilité des parents qui est engagée.

Côté web, l’opération de prévention de la CNIL est un peu légère (le document tient en quatre pages, aucun site dédié). La Fête de l’Internet sera en revanche l’occasion de diffuser plus largement le document. Via un partenariat avec le site Internet sans crainte, l’opération sera relayée dans 250 communes. Le ministère de l’Education Nationale compte également diffuser le message de prévention dans ses établissements.

http://www.ecrans.fr/Vie-privee-sur-net-la-CNIL-veut,4071.html


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Lundi 12 mai 2008


http://www.brazza.culture.fr/img/afrique/illus/esclavage1_illust.jpg

Du Journal du Dimanche à Libération, en passant par Le Monde, Le Figaro ou le Nouvel Observateur, la plupart des médias ont repris dans leur titre "l’annonce" du président Sarkozy faite le 10 mai, à l’occasion de la Journée de commémoration de l’esclavage:

"Sarkozy: l’esclavage enseigné à l’école" (JDD)

 

"L’histoire de l’esclavage sera enseignée à l'école primaire" (Le Monde) 

"Abolition de l’esclavage : Sarkozy : "cette histoire doit être enseignée à l’école" (TF1)

"L’esclavage enseigné en primaire dès la rentrée" (Nouvel Obs)

"La traite des Noirs enseignée en primaire, annonce Sarkozy" (Libération)

"L’histoire de l’esclavage enseignée en primaire" (Le Figaro)


Et pourtant, derrière ces annonces en fanfare faites au nom de la mémoire… l’oubli.

Oubliés les dizaines de milliers d’enseignants qui enseignent l’esclavage depuis plusieurs années; niés les
programmes de 2002 du primaire, qui eux ont officiellement introduit cette page de notre histoire comme jamais auparavant; nié l’effort entrepris par les éditeurs des manuels tant du primaire que du secondaire pour transmettre cet épisode à nos élèves; méprisé le travail de deux années de la commission des programmes du collège qui vient de proposer pour la première fois les traites et l’esclavage comme un thème d’histoire à part entière en classe de 4e.

De l’ « immémoire collective »

Comme le rappelait Chris Marker il y a quelques temps déjà, notre époque vit sans cesse de cette « immémoire collective » que l’actualité construit chaque jour. Le président Sarkozy participe activement à cette entreprise en se forgeant l’image du héros national ouvrant une nouvelle page de l’histoire de France…et les médias suivent en cœur cette mascarade, au mépris d’un patient et rigoureux travail mené depuis maintenant plusieurs années.

Avec la loi Taubira de 2001, puis les polémiques de 2005 autour du rôle positif de la colonisation, une véritable réflexion avait été amorcée sur la transmission pédagogique de l’esclavage à l’école. Cette réflexion s’est concrétisée et nourrie au travers de l’écriture des programmes de l’enseignement primaire et secondaire, et des manuels scolaires. De plus en plus de projets abordant cette histoire ont été réalisés dans de nombreuses académies de France, notamment à Nantes, Bordeaux, Rouen. Le monde scolaire dans son ensemble, en particulier justement dans le primaire, a donc commencé à s’emparer de l’histoire des traites, de l’esclavage et de leurs abolitions.
Il faut bien avouer que ce non-événement présidentiel a été facilité par les revendications d’associations militantes qui n’ont pas vu ou voulu voir ce travail effectué par l’école pour sortir l’histoire de l’esclavage des marges de l’enseignement. C’est ainsi que SOS Racisme vient de lancer une pétition intitulée "Appel pour l’enseignement de l’histoire de la colonisation et de l’esclavage", tendant à faire croire que l’occultation se poursuit. Or, il n’en est rien, et cette méconnaissance de la part de militants engagés pour une juste cause accrédite le geste du "prince".

A qui sert l’oubli ?

La journée du 10 mai 2008 restera une nouvelle illustration de la fabrique de l’opinion sans mémoire. Les informations du monde inondent notre vie pour s’oublier aussitôt. Les décisions ou déclarations politiques s’appuient de plus en plus sur cet oubli pour mieux s’imposer à nous, à un rythme qui s’accélère. Au terme d’un an de pouvoir, la communication présidentielle s’évertue encore à créer artificiellement des événements fondateurs. Hier avec la mémoire des enfants exterminés pendant la Shoah que devaient endosser les élèves de CM2, aujourd’hui avec l’esclavage au primaire, elle compte sur notre amnésie collective pour brouiller le réel et faire croire que tout commence avec son prestidigitateur.

http://www.rue89.com/2008/05/12/esclavage-sarkozy-et-les-medias-ont-la-memoire-courte


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Lundi 12 mai 2008

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Lundi 12 mai 2008


Xavier Darcos a reçu cet après-midi les organisations lycéennes pour ouvrir le dialogue et annoncer un certain nombre de mesures en réponse aux inquiétudes des lycéens mobilisés massivement depuis deux mois. Ces annonces vont dans le bon sens, mais restent très insuffisantes puisqu’elles ne répondent pas à la revendication principale des lycéens : le gel des suppressions massives de postes prévues pour 2008 et les années suivantes qui menacent le service public d’éducation.

Le Ministre s’est engagé à ce que le BEP soit maintenu et à ce que le bac pro puisse continuer à être organisé en 4 ans, en fonction du niveau des élèves et des filières. Les lycéens ont également obtenu la mise en place d’une session de rattrapage pour le bac pro à l’image de ce qui existe pour les bacs généraux et technologiques, permettant enfin l’égalité des droits entre tous les lycéens.

Les lycéens ont également obtenu des outils pour permettre la réussite de tous avec la création d’un service public d’aide scolaire permettant de lutter contre les entreprises de soutien scolaire privées, réservées aux lycéens issus des familles les plus favorisées. Le Ministre s’est aussi engagé à ce que 1500 assistants d’éducation soient recrutés à la rentrée 2008 pour développer l’encadrement dans les lycées.

Le Ministre a annoncé la mise en place d’un statut du lycéen, prévoyant notamment la généralisation des maisons des lycéens, d’augmentation des prérogatives des CVL et CAVL et la mise en place d’une carte nationale du lycéen ouvrant des droits (culture, transport, etc...).

Enfin, les lycéens ont obtenu l’engagement du Ministre que la réforme du lycée permette de l’autonomie des lycéens et l’interdisciplinarité.

Cependant, ces avancées ne permettent pas de répondre à l’inquiétude majeure des lycéens sur l’avenir du service public d’éducation. Le ministre n’a répondu ni sur le rétablissement des 11 200 postes supprimés à la rentrée prochaine, ni sur le gel nécessaire des suppressions prévues les années suivantes (80 000 dans les 3 ans). Comment parler de réussite et permettre une réforme du lycée en supprimant à priori plusieurs dizaines de milliers de postes ?

L’UNL dénonce l’aveuglement idéologique du Ministre qui semble bien plus préoccupé par la recherche d’économies à tout prix plutôt que par l’avenir des lycéens et la qualité du système éducatif. Plutôt que de dénoncer « les lycéens qui manifestent tous les 15 mois » (Darcos) ou de trouver normal, « quand on est jeune, [d’être] forcément inquiet » (Sarkozy), le gouvernement serait bien inspiré d’entendre enfin le malaise et l’inquiétude des lycéens, à laquelle il ne répond pas, mais qu’il contribue à amplifier en appliquant une politique éducative régressive.

L’UNL constate avec satisfaction que Xavier Darcos a fait le choix du dialogue avec les lycéens. Le rendez-vous d’aujourd’hui tranche de manière significative avec les provocations de ces derniers jours, où le ministre dénonçait les manifestations lycéennes qui « ne servent à rien » et qui s’apparentaient à « une bouffonnerie ». En ouvrant le dialogue et en apportant aujourd’hui de premiers éléments de réponse à la mobilisation des lycéens, Xavier Darcos fait la démonstration que les manifestations ne servent pas à rien ! L’UNL lui demande de poursuivre ce dialogue.

L’UNL appellent donc l’ensemble des lycéens à poursuivre la mobilisation en manifestant massivement le 15 mai aux côtés des enseignants pour exiger le rétablissement des 11 200 postes en 2008, l’amélioration des conditions d’encadrement à la rentrée prochaine et la non application de la suppression d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite pour l’éducation dans les années à venir.

Florian Lecoultre
Président de l'UNL

http://www.unl-fr.org/actu_view.php?id=312


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Lundi 12 mai 2008

Célestin Freinet

A Montpellier, toute une école primaire a basculé en pédagogie coopérative à la rentrée 2007. Les enseignants se sont appuyés sur la méthode du pédagogue Célestin Freinet pour transformer les dix classes de l'école Antoine-Balard en dix classes uniques. Chacune regroupe une vingtaine d' élèves du CP au CM2 qui s' entraident et décident ensemble des règles. Ici, nul maître au tableau noir. Professeur des écoles, Sylvain Connac a son bureau au fond de la classe. Tour à tour, les élèves qui en ressentent le besoin vont le voir avec leurs cahiers. Pendant ce temps, Rihab, 10 ans et présidente de la classe pour un jour, s' assure du calme dans la classe. Quand elle dit «code rouge», les enfants s’assoient en silence. «Code orange» : ils peuvent circuler entre les tables en chuchotant.

Quelques-uns se plantent devant le tableau pour réfléchir ensemble à u n problème de maths. Chayma, 7 ans et demi, tape sur l'ordinateur le texte qu’elle a imaginé après une sortie au lac du Salagou (Hérault). Mohamed, 7 ans, demande à Rihab, sa tutrice : «Comment on écrit : "aujourd' hui on va à la piscine" ?» Puis Sylvain Connac se lève pour résoudre l' exercice de maths : «Le but du jeu n'est pas d' avoir le résultat, c' est de comprendre !» répondent en choeur les élèves. Ici, pas de notes mais des ceintures de couleurs auxquelles correspondent des droits. Plus les enfants se montrent responsables, plus ils ont de droits, comme celui de circuler librement dans l' école. Ainsi pendant les récréations, certains choisissent de rester en classe, d' autres se rendent en salle informatique, dans le calme. Pourtant, aboutir à ce fonctionnement n' a pas été de tout repos.

Barres.

Les premiers outils de pédagogie coopérative ont été mis en place en 1998, après l' accroissement des violences dans les relations entre élèves et adultes. Dans cette école classée en zone d' éducation prioritaire (ZEP), au milieu des barres excentrées de la Paillade, la majorité des enfants est d' origine maghrébine. «Il y avait le feu. On s' est dit : "Cela ne peut pas venir que des élèves"», raconte Martine Azaïs, institutrice. L' équipe obtient une semaine de formation en lien avec le mouvement Freinet du département. En 2004, cinq classes sur dix basculent en classes uniques. Toutes le deviennent trois ans plus tard, à la faveur de l’arrivée de cinq profs attirés par Balard, désignée comme «école à projet spécifique» par l' Education nationale. Dès cet été, les cinq «nouveaux» choisissent leur tuteur parmi les cinq «anciens», à l' image du tutorat pratiqué entre élèves. «Il a fallu tout aborder. Les rituels, le conseil d' enfant, la monnaie, les fichiers autocorrectifs, les cahiers et les logiciels utilisés, etc.» , rapporte Mireille Laporte Davin, qui a organisé plusieurs séances de travail avec son tutoré avant la rentrée. Pendant l' année scolaire, les réunions entre instits sont également fréquentes pour ajuster les règles de fonctionnement de l’école et mettre en place les projets. Par exemple, la mise au point des ateliers interclasses créés cette année : une heure par jour, chaque élève a le choix entre une dizaine d’ateliers sur l' histoire, les sciences, la littérature, les arts visuels, etc. Appliquant entre eux leurs pratiques de classes, les enseignants discutent alors selon les mêmes principes que les conseils d' enfants. Une présidence tournante, la parole distribuée à tous ceux qui la demandent, des votes pour entériner les décisions et des «bilans météo» à la fin, pour que chacun puisse donner son sentiment (soleil, nuage ou pluie) sur la réunion. Pas de directeur non plus pour ces professeurs qui prônent l' autonomie et l' émancipation des élèves. Ils partagent entre eux les tâches de direction.

Tensions.

Bien sûr, tout n' est pas toujours rose. Entre ces personnes qui se voient souvent et s’impliquent fortement dans la vie de l' école, les tensions sont inévitables. Il leur faut aussi lutter contre les a priori négatifs de parents ou d' autres membres de l’Education nationale. «Certains ont l' image d' une pédagogie pas cadrée parce que les enfants se lèvent en cours», note Laurent Leseur. Pourtant, l' école fait ses preuves. «L' hétérogénéité des classes crée de la sérénité, les enfants sont beaucoup moins tendus. Et depuis deux ans, tous les CE2 maîtrisent les règles de base de lecture et d’écriture», assure Sylvain Connac, qui est aussi docteur en sciences de l' éducation. Fin mars, l' équipe a été primée à Rennes lors du premier forum des enseignants innovants
.

http://www.liberation.fr/actualite/societe/325827.FR.php


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Dimanche 11 mai 2008



P
artant du principe que la meilleure défense est l'attaque, Xavier Darcos se lance dans une nouvelle bataille : il veut bâtir "le lycée à la carte" et il veut le faire en s'appuyant sur les lycéens, ceux-là mêmes, en partie, qui le contestent dans la rue depuis le mois de mars.

Interrogé vendredi 9 mai 2008 sur ce projet par Le Monde, le ministre de l'éducation avance la notion de "modularité" des enseignements. C'est-à-dire que l'esprit et le mode de fonctionnement de ce nouveau lycée se rapprocherait plus d'une logique universitaire (la construction d'un parcours individuel) que de l'organisation scolaire traditionnelle.M. Darcos juge ainsi que les emplois du temps devraient alterner les cours et des "moments d'étude". Et il propose surtout d'"offrir systématiquement du soutien à ceux qui en ont besoin". Il envisage aussi de "remplacer le redoublement par des enseignements complémentaires".

Ce point pourrait être crucial, car éliminer les redoublements au lycée permettrait d'économiser des milliers de postes. Serait ainsi illustrée l'idée énoncée par Nicolas Sarkozy dans sa prestation télévisée du 24 avril : ce ne sont pas les réductions de postes qui obligent à réformer, mais "les réformes qui permettront les réductions de postes". En évoquant la réforme du lycée, le chef de l'Etat avait rappelé qu'elle devrait permettre " d'alléger les heures de cours, supérieures à tous les autres pays européens". Il s'en prenait aussi à "tout un tas d'options où personne ne va".

M. Darcos refuse d'entrer plus avant dans la description technique de sa réforme et assure que celle-ci doit faire l'objet d'un travail approfondi. Il prévoit de désigner "au plus tard le 10 juillet" une personnalité "issue de la maison", et pas forcément de droite, dont la mission sera de mener à bien la réforme du lycée, pour application à la rentrée 2009.

M. Darcos veut toutefois éviter de toucher au baccalauréat. Il est "l'un des blocs de granit sur lequel la République s'est faite", avait-il déclaré le 16 avril au magazine Phosphore. En revanche, il souhaite une meilleure préparation des lycéens de terminale à la première année d'université. Il n'exclut pas totalement, concernant le bac, des "évolutions internes" et n'a pas renoncé à "rééquilibrer" les filières des séries générales.

La réforme du lycée, estime-t-il, demandera un "aggiornamento important" de la part des enseignants, car "on ne peut pas la séparer de la commission Pochard sur l'évolution du métier". Si la prise en compte des travaux de cette commission a été "retardée" par les perturbations liées aux grèves, M. Darcos assure que "la revalorisation promise aux jeunes enseignants sera faite".

PLUS D'AUTONOMIE

Après avoir passé plusieurs mois à distiller certains aspects possibles de cette réforme (le lycée ne peut plus être "une machine à distribuer des cours", déclarait-il aussi à Phosphore), le ministre va engager sa mise en oeuvre. Il a fait un pas décisif en ce sens en recevant, vendredi 9 mai, l'Union nationale lycéenne (UNL) et la Fédération indépendante démocratique et lycéenne (FIDL). Ces organisations ont réaffirmé leur désaccord sur les suppressions de postes d'enseignants (11 200 suppressions prévues à la rentrée de septembre 2008). Mais elles ont accepté que soient "actés", au sujet du lycée, une liste de "points de convergence".

Le ministre a annoncé la mise en place "à titre expérimental", dès la rentrée 2008, d'un dispositif de "réussite scolaire au lycée" dans les 200 établissements rencontrant les plus grandes difficultés scolaires. Concentrée sur les actions de soutien aux élèves, cette initiative n'en sera pas moins une vitrine de la future réforme. Pour M. Darcos, ce projet est aussi une tentative de "sortir par le haut" de la fronde contre les suppressions de postes d'enseignants. Parmi les "points de convergence", le ministère évoque le fait que "les lycéens aspirent à un nouveau lycée, plus efficace" (...) et que le ministre veut "permettre une plus grande autonomie des lycéens, s'appuyant sur un enseignement plus personnalisé et préparant mieux à l'enseignement supérieur".

La réforme "intégrera la mise en place du service public d'orientation" et "s'intéressera également à la place du lycéen dans le fonctionnement de l'établissement". M. Darcos voit "une continuité" avec les travaux déjà menés, en 1996 par Roger Fauroux à l'occasion de son rapport sur l'école, puis en 1998 par Philippe Meirieu. Mais cette continuité, taxée de "pédagogisme", est violemment contestée à l'UMP et par ceux qui ont soutenu le ministre sur les programmes du primaire. M. Darcos se trouverait donc à fronts renversés, mais refuse de s'en inquiéter par avance. "J'essaye de suivre ma ligne de ministre réformateur", dit-il.

Luc Cédelle

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2008/05/10/xavier-darcos-veut-batir-un-lycee-a-la-carte_1043336_3224.html


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