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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 18:16

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Published by christophe - dans Musique
27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 06:28

En fait, j’aime bien Guy Birenbaum

Il y a des personnalités que j’aime bien en ce bas monde. Il y a des gens de ciné, de télé, de musique, de médias, de web, que j’aime bien, pour des raisons parfois loin d’être objectives. Et je m’en fous. Il suffit d’un truc qui m’accroche, parfois futile. Il y en a un paquet que j’admire sans raison vraiment justifiable.

Quelques-uns, aussi, dont j’apprécie – en plus – la forme ou le style, la capacité de synthèse bien sentie. Guy Birenbaum est de ceux-là. De sa vie d’avant le web, expat’ belge au pays de Molière, je ne sais pas grand-chose. Et en fait, je me rends compte que j’ai tout à fait le droit de m’en foutre un peu aussi. C’est des trucs de Parisiens ça, d’imaginer qu’un parcours ou des études prestigieuses augmentent la qualité d’un homme.

Tout ce qui compte pour moi, c’est cette écriture à la fois érudite et simple d’accès sur des sujets politiques et sociétaux publiés, à l’époque de ma découverte du bonhomme, sur Le Post du Monde, avant que ce dernier ne change à plusieurs reprises de crèmeries… et n’ouvre son épicerie personnelle, puis ne participe à une émission dédiée à l’évocation des internets chez Europe 1. Guy Birenbaum, je l’aime bien parce que dans mon imaginaire belge retors, c’est le gars qui est arrivé à se positionner en sniper du net, comme d’autres il y a 20 ans étaient les snipers des émissions de télé. Le type qui est arrivé à la force du clavier à se faire un nom dans les médias, dans la blogosphère, auprès des gens. C’est en lisant Vous m’avez manqué, que je me suis rendu compte que la légende n’est pas aussi iconique que mon esprit l’avait imaginée. Vous m’avez manqué contextualise un milieu, des connaissances, des déboires, une expérience de thèse, des expériences d’édition malheureuses, qui l’ont mis sur cette voie royale de l’écriture et du numérique…

Voilà, avant même que de lire son premier roman, (est-ce vraiment un hasard, qu’il le publie dans la catégorie Témoignage, lui qui renacle aux étiquettes mediatiquement établies ?) à priori positif, je l’aime bien. Même si je le jalouse aussi un peu, pour cette écriture, pour ses échanges avec ceux qui font l’actualité, mais aussi pour l’auditoire de son blog, pour son nombre de followers sur Twitter, pour l’art de l’écriture, pour l’avis sur tout avec cette connaissance du sujet, pour les invités prestigieux, les tribunes médiatiques, la capacité à encaisser des horaires de taré, pour la capacité à se distancier des attaques que sa réussite et son patronyme ne manquent pas de lui apporter… Le tout en parlant/partant du web que j’arpente et utilise depuis sa naissance,- au web, pas celle de Guy-. Bref, je jalouse un peu Guy, comme si le listing que je viens de citer se voulait être un gage d’une quelconque réussite parisienne, d’un certain swag numérique mondain.

Marrant, il parle justement de tout ça dans le livre: de cette construction progressive d’un personnage carapace. Quelque part ça me rassure, je ne suis pas plus dingue qu’un autre dans cette course à l’égotrip que mon imaginaire provincial transforme parfois en l’apparence d’une réussite idéale.

Suite et fin

Benzine Magazine

Critiques musique, cinéma, séries, littérature et bande dessinée

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Published by christophe - dans Littérature
27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 06:19

Salaires - Formation - Repères - Réforme - Bref

L’actualité éducative s’intéresse aujourd’hui aux écarts de salaires entre enseignants et à leur formation initiale. On parle aussi de la réforme du collège toujours au cœur d’une vive polémique et d’une perte de repères bien étrange, sans oublier les nombreuses brèves du jeudi.

Salaires

Savoirs & Connaissances évoque le Bilan social de l’Education nationale publié aujourd’hui par la DEPP en mentionnant que « globalement, les effectifs du personnel ont diminué de 7,3 % depuis 2006-2007 ». Vous pouvez bien entendu lire l’intégralité du rapport sur le site du Ministère.
Le quotidien Les Echos y a cherché ce qui concernait les écarts de salaires des enseignants qui dévoile que « les primes et les heures supplémentaires creusent les disparités salariales. ». On y parle non seulement des écarts entre professeurs des écoles et enseignants du second degré mais on y pointe aussi des différences dans le second degré car « Le salaire net moyen d’un professeur des écoles du secteur public atteint 2.189 euros, alors qu’il est de 5.727 euros pour les professeurs de chaire supérieure. Ces quelque 2.000 professeurs sont les enseignants les mieux rémunérés. [...] Arrivent ensuite les 45.500 professeurs agrégés, dont le salaire brut mensuel est supérieur en moyenne de 1.000 euros à celui des professeurs certifiés et d’EPS. ». Les écarts sont importants aussi entre hommes et femmes.

Comme en réponse, Jack Koch publie un dessin dans VousNousIls concernant les motivations des étudiants des ESPE intitulé « Le salaire mirobolant des enseignants, source de motivation pour les futurs profs ? ».

Formation

Justement, les ESPE, et surtout la formation initiale des futurs enseignants sont au cœur des interrogations du journal Le Progrès dans un article au titre évocateur « Enseigner, ça s’apprend comment ? ». L’auteur mentionne « Le volet pédagogique non satisfait », le manque d’outils pratiques qu’il faut aller chercher ailleurs sur divers sites (Eduscol, ESPE académiques...), On y parle d’une déconnexion du terrain « « Il y a dans les IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres, ancêtres des ESPE) des professeurs qui n’ont pas enseigné depuis quinze ans » regrettait Vincent Peillon qui voulait que les formateurs puissent « continuer à enseigner dans leur classe ». Dans la réalité, le nombre de formateurs à temps partagé n’a pas évolué. » et d’emplois du temps trop chargés. Un bilan à revoir entièrement donc, si on ajoute le « Peu de formation continue ».
La formation, Libération l’évoque aussi concernant les établissements pilotes de la refondation où les enseignants ont « Des formations pas toujours adaptées ».


Repères

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Le dessin de Jimo

C’est une question de repères que met en avant le Monde concernant l’enquête d’une commission du Sénat. « Les sénateurs ne s’attendaient pas à cet accueil. Venus en visite, lundi 23 mars, dans le lycée Paul-Eluard à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour prendre le pouls des enseignants après les attentats de janvier, les représentants de la commission d’enquête ad hoc ont dû faire face à une véritable fronde des professeurs de ce grand lycée de banlieue. Parce qu’ils ne voulaient pas « cautionner un jeu de dupes et une entreprise idéologiquement réactionnaire » » peut-on lire. On apprend ensuite que c’est le but réel de cette commission qui a irrité ces enseignants car « l a visite se tenait dans le cadre des consultations de la commission d’enquête sur « le fonctionnement du service public de l’éducation, sur la perte de repères républicains que révèle la vie dans les établissements scolaires et sur les difficultés rencontrées par les enseignants dans l’exercice de leur profession ». L’intitulé a fait tiquer dans la salle des profs. » ce qui se conçoit !
Le collectif Aggiornamento signe une tribune contre la « commission d’enquête sur “la perte de repères républicains” de nos élèves ! » reprenant le communiqué de l’établissement concerné.

Réforme

Les langues sont toujours au centre des débats sur la réforme du collège comme en témoigne cet article de L’Express sobrement intitulé « Les professeurs d’allemand sont sacrifiés ». L’enseignante qui témoigne évoque le fait qu’« Il y a deux ans, le collège dispensait encore 28 heures hebdomadaires d’allemand. Cette année, nous sommes passés à 24 heures », soit une érosion datant d’avant la réforme. Évoquant les classes européennes et bilangues de son établissement elle note que « Les abolir est la meilleure façon de sceller un système à deux vitesses avec l’école publique d’un côté, ne proposant qu’un enseignement a minima, et l’école privée de l’autre, bien plus libre de ses choix et pouvant continuer à soutenir l’enseignement des langues. ». L’enseignement privé sous contrat est lui aussi inclu dans la réforme. Par ailleurs, les annonces de Madame la Ministre, dont parle le Café Pédagogique ont probablement rassuré cette enseignante.

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Le sacrifice des profs d’Allemand vu par Geneviève Brassaud

Dans son édito intitulé « Langues anciennes, LV2 et élitisme », ce même Café Pédagogique remarque qu’elles sont souvent partie d’un système de ségrégation scolaire, y compris dans des établissements avec plus de mixité sociale. L’article se termine par cette remarque pertinente « Suffit-il de les supprimer pour voir disparaitre la ségrégation scolaire ? Probablement pas. Il sera intéressant de voir comment les établissements utiliseront leur nouvelle autonomie pour se défendre sur ce qui est bien un marché scolaire. ».
De son côté, dans la chronique radio d’Enseignement-catholique.fr, Pascal Balmand secrétaire général de l’enseignement catholique refuse la stigmatisation du collège car pour lui tout ne va pas mal au collège, cependant, il reconnaît que « le collège n’a pas été fondamentalement modifié depuis la démocratisation scolaire ».
Sur Contrepoints.org, Vincent Feré estime que le futur collège réformé est « le collège pour personne ».

Bref

Le Monde nous offre une « Première mondiale au Burundi : une université dans un camp de réfugiés », un article à lire qui permet plein d’espoir.
Dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias à l’école® déjà évoquée hier par Pascal Thomas, le journal l’Humanité publie un entretien avec Divina Frau-Meigs directrice du Clemi qui affirme que « Les élèves ne doivent pas être seuls face à Internet ». Elle y évoque l’éducation aux médias en ces termes « Il existe effectivement deux versants : d’un côté décrypter l’information et de l’autre en comprendre les mécanismes. Les former à remonter les sources, à identifier les acteurs derrière la production de documents et à vérifier les dates. C’est une question de contenu mais aussi de nature même des documents, truqués ou pas. En ce sens, il faut encourager les enseignants et les parents à y aller. Car, souvent, les élèves sont seuls avec Internet et ses images. Dans l’enseignement, on voit que les réseaux sociaux sont extrêmement négligés, jugés comme une pratique à part. Mais il faut les réinvestir, à l’école comme dans la recherche. Car, c’est là que les jeunes vont chercher leurs informations. »
Toujours dans L’Humanité l’opération Renvoyé Spécial est à l’honneur. « Dans le cadre de la semaine de la presse et des médias à l’école, le CLEMI s’associe à la Maison des journalistes pour organiser la venue dans des classes de journalistes étrangers, réfugiés politiques en France. Dans ce cadre la journaliste ivoirienne Carole Serikpa est venue à Saint Denis (93) raconter son parcours à des lycéens. »
Le journal Libération publie plusieurs articles sur les couacs dans les établissements précurseurs de la refondation dont un sur le dispositif « plus de maîtres que de classes ».
20Minutes s’intéresse aux intelligences multiples pour apprendre à travers les travaux de chercheurs en neurosciences mais aussi des expériences dans des écoles qui évoquent des méthodes qui « privilégient aussi les passerelles entre les disciplines. ».
Ma Chaine Etudiante publie un communiqué de l’Union des Professeurs de classes préparatoires Scientifiques (UPS) concernant son audition par le Conseil Supérieur des Programmes (CSP).
Enfin, Le Point rappelle que voici 58 ans « le politicien Édouard Herriot décédait après avoir milité pour que le sport devienne le plus puissant moyen d’éducation de la jeunesse. ».

Emilie Kochert qui a le plaisir de laisser la place demain à Géraldine Duboz.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Ecole et milieux populaires
Revue n°520 - mars 2015

Le mythe de l’égalité républicaine, nous n’y croyons plus trop, nous savons bien que certains élèves « ?sont plus égaux que d’autres? ». Nous ne sommes pas naïfs. Mais pour la plupart, enseignants et acteurs de l’éducation, nous pensons travailler à la promotion de tous et souhaitons souvent pouvoir « compenser » les inégalités.

Peut-on encore parler d’éducation prioritaire ?
Hors-série des Cahiers d’Éducation & Devenir n° 24 - février 2015
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF), en téléchargement depuis notre site.
Le débat public, initié lors des Assises de l’automne, propose différentes pistes à explorer

La formation des enseignants
Hors-série des Cahiers d’Éducation & Devenir n° 10 - mars 2011

Afin de sortir par le haut du débat entre « pédagogie » et « formation universitaire », afin de clarifier ce qu’est le métier d’enseignant au regard de ses mutations et de ses évolutions, ou transformations, Education & Devenir veut réaffirmer dans ce dossier son attachement à ces valeurs : un enseignant est un professionnel ; être enseignant, cela s’apprend.

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Published by christophe - dans Education Media
26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 14:27

Chers amis

En raison de réunions nombreuses et des conseils de classes, le blog connaîtra un rythme aléatoire jusqu'à samedi...

Bonne semaine à toutes et à tous

Christophe

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Published by christophe - dans Divers
26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 06:25

"Je ne me satisfais pas de le réserver à quelques uns... Il s'agit de généraliser et non de supprimer cet enseignement. Le latin sera un EPI au lieu d'une option facultative". Devant la Commission des affaires culturelles, la ministre a fait de la démocratisation des enseignements optionnels son cheval de bataille. Bien loin de supprimer ces enseignements, il s'agit pour elle de les sortir de l'élitisme. Une proposition qui fait bondir les associations de spécialistes qu'ils s'agisse de la Cnarela pour les langues anciennes ou de l'ADEAF pour l'allemand. Mais qu'en est-il vraiment ?

La Cnarela met en avant le rapport des inspecteurs généraux Klein - Soler qui aurait écarté l'idée d'un élitisme des langues anciennes. En effet, le rapport souligne la progression des langues anciennes dans l'académie de Créteil. Et François Martin, le vice président de la Cnarela, lui-même enseignant en Rep, confirme les apports des langues anciennes à la culture des élèves. Elles sont fortement créditées aussi bien pour la maitrise du français, un vrai enjeu social, que pour leur dimension citoyenne. La démocratie, après tout, est un mot qui vient de Grèce.

L'argument élitiste ne peut pourtant pas être écarté aussi facilement. Plusieurs études sociologiques montrent que les options, et particulièrement les langues anciennes et les secondes langues, sont utilisées pour construire la ségrégation sociale dans les collèges. "Les options ne sont pas prises de manière égale par les élèves des différentes classes sociales. Les plus aisés prennent plus souvent le latin ou l'allemand par exemple", explique Son Thierry Ly, auteur avec Eric Maurin et Arnaud Riegert d'une étude sur la ségrégation dans les collèges franciliens. Selon cette étude, "pour 62% des élèves ségrégués socialement (et 70% scolairement), la répartition des élèves selon leurs choix d'option et de langues suffit à expliquer la segmentation observée". En 3ème c'est 76% des élèves. Une autre étude, celle de François Baluteau, souligne le rôle du latin grec. 74% des collèges défavorisés proposent le latin mais 53% des favorisés ont latin grec.

Les enseignants de langues anciennes ou d'allemand ne sont évidemment pas responsables de cette situation. Mais sur le marché scolaire, ces options sont bien utilisées dans les stratégies familiales ou celles d'établissement pour regrouper les élèves les meilleurs ou ceux des familles moins défavorisées. Pour le ministère cette situation "n'est pas contestable", nous a-t-on dit. "L'objectif de la réforme c'est de revenir sur ces pratiques et d'ouvrir plus largement ces options". Ainsi la réforme du collège supprime ce qui est emblématique dans les stratégies familiales ou d'établissement : les sections européennes, les classes CHAM, les options de langues.

Suffit-il de les supprimer pour voir disparaitre la ségrégation scolaire ? Probablement pas. Il sera intéressant de voir comment les établissements utiliseront leur nouvelle autonomie pour se défendre sur ce qui est bien un marché scolaire. Dans certaines zones, où la concurrence entre établissements est importante, il est vital pour l'établissement de prendre en compte la demande sociale d'entre soi des familles.

Curieusement, professeurs de langues anciennes et d'allemand ne mettent pas en avant le renouvellement complet de leur enseignement en quelques années pour le rendre plus accessible aux élèves. En passant du latin aux "langues et cultures de l'antiquité", les professeurs ont changé leur façon d'enseigner et le paradoxe veut que langues anciennes et allemand soient souvent les disciplines qui appliquent les "nouvelles façons d'enseigner" que demande la ministre. C'est souvent dans ces disciplines que se manifeste le plus d'invention et de génie pédagogique. Il ne faudrait pas que la réforme casse cela.

François Jarraud

Texte Beauteau

Texte Thierry Son Ly

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Published by christophe - dans College
26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 06:12

Près de 64% d’abstention chez les jeunes de moins de 34 ans aux départementales et ils sont nombreux, parmi les votants, à avoir choisi le bulletin du parti d’extrême droite. Un peu plus d’un jeune sur trois aurait donc encore confiance dans les élections. Quelle démocratie laissons-nous à nos enfants ? Le sociologue, Louis Chauvel, l’avait déjà écrit en 2011 : «Dans les sociétés vieillissantes, la surdité aux problèmes sociaux des générations à venir peut devenir un vrai souci.» Beaucoup avaient cru qu’avec l’élection de Hollande, qui a fait de la jeunesse une priorité de son quinquennat, les choses allaient changer. Certes, un plan Priorité jeunesse avec des objectifs ambitieux (permettre, à tous les jeunes, d’accéder aux droits communs a été annoncé - la France est l’un des derniers pays de l’UE avec le Luxembourg à interdire l’accès au revenu minimum aux moins de 25 ans alors qu’il a été prouvé que le RSA n’avait aucun effet désincitatif pour l’emploi). Mais le constat est alarmant : les jeunes de 18 à 29 ans sont les plus touchés par la pauvreté (1 sur 5, soit près de 1,9 million), plus de 1,5 million ne sont ni en emploi ni en formation, 30% ont renoncé à des soins pour raisons financières. Plus de 70% connaissent des problèmes de logement, et parmi eux, 30% doivent rester chez leurs parents.

Depuis trente-cinq ans, les décideurs politiques et les partenaires sociaux n’ont opté que pour un enchevêtrement de dispositifs ciblés en fonction de critères d’âge, de statuts, de lieux d’habitation. Ceux-ci ont en grande partie échoué et la précarité est devenue la norme de l’entrée dans la vie active pour beaucoup de jeunes. L’âge moyen du premier CDI, signe de stabilité, se situe entre 28 et 29 ans, il était à 22 ans en 1992. Le diagnostic est connu depuis de nombreuses années, pourtant il est plus facile de parler du vieillissement et de dépendance que de la jeunesse, qui reste l’angle mort des politiques publiques. Montrons que la société est capable d’investir pour la jeunesse, de lui faire confiance et lui permettre de participer à l’élaboration des politiques et des décisions dans les collectivités, dans l’administration, dans les partis mais aussi dans le monde de l’entreprise et le monde associatif.

Rapporteur de l’avis «Sécuriser les parcours d’insertion des jeunes» présenté le 25 mars.

Par Antoine Dulin Membre du bureau du Conseil économique, social et environnemental

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Published by christophe - dans Politique
26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 06:07

Réformes - Casier judiciaire - Semaine de la presse - Trucs en vrac

Il était difficile de commencer cette revue de presse sans avoir une pensée pour les familles et les proches des victimes du crash de l’A320. Le fait de savoir que parmi les victimes, on compte 16 élèves et 2 professeurs résonne forcément de manière particulière pour le chef d’établissement que je suis.

Dans la revue du jour, il sera question de réformes, du fait qu’un fonctionnaire déjà condamné pour pédopornographie en 2008 puisse se retrouver en 2015 devant des enfants en qualité de directeur d’école, mais aussi de la semaine de la presse et enfin de plusieurs actualités relevées au fil de la toile.

Réformes

La réforme du collège n’en finit pas d’alimenter les débats, y compris à l’Assemblée Nationale. Najat Vallaud Belkacem a passé " une longue journée à l’Assemblée nationale, le 24 mars, à affronter l’opposition sur sa réforme du collège. Le fait nouveau c’est que la ministre a opté pour un plan de bataille net et clair, présentant ses adversaires en défenseurs des privilégiés". C’est en tout cas, ce que l’on pouvait lire ce matin chez nos voisins du café pédagogique. Questionnée par plusieurs députés, la ministre affirme que "les élèves bénéficieront exactement du même nombre d’heures qu’aujourd’hui pour pratiquer le latin les langues anciennes" et qu’il s’agit de proposer cet enseignement à davantage d’élèves. Elle tient le même raisonnement en ce qui concerne la LV2 dès la classe de cinquième.
Najat Vallaud Belkacem est aussi revenue sur les EPI "durant lesquels se croisent plusieurs disciplines pour donner du sens aux savoirs".
Un autre point a retenu toute mon attention : les chefs d’établissements (et les inspecteurs) devraient être " formés à la réforme au printemps 2015". Donc dès tout de suite ?
La ministre a par ailleurs défendu son projet devant la commission des affaires culturelles.

On l’a bien compris : de nombreux enseignants craignent de "perdre leur latin". Un article de La Croix fait le point sur les arguments des défenseurs de la réforme et ceux des opposants sur ce point précis. Rendez-vous est fixé au 10 avril, date à laquelle "la version finale du nouveau collège" devrait être présentée.

Les politiques sont nombreux à s’emparer du sujet de la réforme du collège. Quelles sont donc les propositions de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP ? Selon Libie Cousteau pour l’Express, " le programme de Sarkozy sur l’école reste flou" : " Après une rencontre électrique entre Paul Raoult, président de la FCPE, et Nicolas Sarkozy sur les projets de ce dernier concernant l’école, rien de précis n’a vraiment émergé, hormis son souhait de maintenir les notes" (...) " qui font plaisir aux parents et responsabilisent les mauvais élèves". On pourra s’interroger en quoi, mais surtout, comment une note (mauvaise forcément) pourrait "responsabiliser" un "mauvais" élève...

La réforme, territoriale, cette fois, est abordée par Eric Nunès sur le site du Monde.fr. On se souvient qu’un temps, il était envisagé de transférer la compétence de la gestion des collèges du département vers la région. Dans son article, Eric Nunès précise ce qui va changer à l’issue des élections départementales : "Rien de changera pour les collèges, sinon le nom de leur institution de tutelle. Régions et collèges pourront continuer à gérer des compétences communes chacune de son côté sans s’inquiéter des doublons. Le maintien de compétences de solidarité (protection de l’enfance, allocations, éducation) aux conseils départementaux, « c’est le choix de l’efficacité », écrit le gouvernement dans un communiqué du 10 mars 2015".

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le dessin de Jean-Marie Olaya

Casier judiciaire ?

De nombreux médias ont relayé ce fait divers : un directeur d’une école primaire de Villefontaine (Isère) a reconnu plusieurs viols d’élèves de sa classe de CP. Il avait déjà été condamné en 2008 pour pédopornographie. Les faits sont rappelés notamment sur le site du Parisien.fr. Se pose bien entendu la question des dysfonctionnements : Comment une personne condamnée pour de tels faits peut-elle continuer à exercer devant des enfants ? " L’Éducation nationale (...) n’a aucun moyen, structurellement, de vérifier régulièrement les casiers de tous ses agents. Les enseignants doivent fournir, à leur entrée dans le métier, un extrait de casier judiciaire. C’est le seul moment où leur situation pénale est systématiquement vérifiée".
De plus, " Le juge qui a condamné l’enseignant en 2008 à six mois de prison avec sursis, avec obligation de soins, n’a pas assorti sa peine d’une « mesure complémentaire » lui interdisant d’entrer en contact avec des mineurs. « Il n’en avait pas l’obligation, c’est son appréciation », relève un avocat, spécialiste de l’Éducation nationale. Si elle avait été informée des faits, l’administration aurait pu de son côté engager une procédure disciplinaire ou un licenciement « si elle considérait que les faits étaient incompatibles avec l’exercice de ses fonctions », précise Valérie Piau, avocate spécialisée dans les droits des élèves".

Un communiqué de presse a été rapidement en ligne hier sur le site du ministère de l’Éducation Nationale.

Semaine de la presse

"La Semaine de la presse et des médias dans l’École® permet aux élèves depuis plus de vingt ans de mieux connaître l’univers des médias et de comprendre ses enjeux culturels et démocratiques. Les écoles, collèges et lycées inscrits participent du lundi 23 au samedi 28 mars 2015 à cette semaine organisée par le Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (Clemi)" rappelle le Ministère de l’Éducation nationale. " Après les attentats commis en ce début d’année, le thème de cette nouvelle édition de la Semaine de la presse et des médias dans l’école® a été modifié pour " La liberté d’expression, ça s’apprend".

Ce Lundi 23 mars, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, et Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la communication, inauguraient la Semaine de la presse au collège Guy Flavien (Paris 12). Le visionnage de la conférence de rédaction du P’tit Flavien est disponible sur le site du Clemi. Les apprentis rédacteurs et journalistes auront probablement saisi l’occasion pour abonner les 2 ministres interviewées à leur journal.

Une application en téléchargement gratuit est disponible sur le site du Clemi.

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le dessin de Geneviève Brassaud

Trucs en vrac !

Pour finir, j’ai relevé quelques informations intéressantes concernant les élèves et les étudiants.

Une nouvelle note a été publiée le 23 mars sur le site de l’Enseignement supérieur et de la recherche. On y apprend notamment "qu’avec 1 505 600 étudiants inscrits dans les universités françaises en 2013-2014, les effectifs augmentent de 2,5 % par rapport à l’année précédente. Il sont en particulier en hausse en cursus licence (+ 2,5 %) et en cursus master (+ 3,0 %), mais diminuent en cursus doctorat (- 1,2 %).

A propos de doctorat, Adrien de Tricornot pour le Monde nous apprend qu’il serait " menacé par la création de nouveaux diplômes" : " La polémique monte autour des doctorats professionnels, executive doctorate ou doctorats appliqués – des diplômes d’établissements, non reconnus au niveau national. Emboîtant le pas aux écoles de commerce ou à leur consœur Paris-Dauphine, nombre d’universités y réfléchissent". Il précise : " l’arrêté ministériel qui définit les écoles doctorales et le doctorat est en cours d’actualisation. Une large concertation des différents acteurs est en cours. Le ministère de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche attend donc avant de commenter ce sujet délicat".

Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), notamment par le biais de son compte twitter @lecese, présentait aujourd’hui plusieurs données alarmantes concernant les jeunes dans le cadre de son projet d’avis sur la "garantie jeunes". Vous pouvez retrouver le diaporama ici. Néanmoins, des progrès ont été réalisés. L’Express revient sur ce dispositif dans un article intitulé " Garantie jeunes : la moitié des jeunes en emploi ou formation après un an de suivi". Rappelons qu’environ 140 000 jeunes sortent du système scolaire chaque année sans diplôme et que le taux de chômage des moins de 25 ans s’élève à 23,8%.

Dans un tout autre registre, on pouvait lire, hier, sur le site du Café pédagogique que les assistants de service social en faveur des élèves seraient en grève le 2 avril 2015. C’est suffisamment rare pour être souligné : " Pendant de trop nombreuses années, les services sociaux du ministère de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur ont souffert de redéploiements voire de suppressions de postes", annonce une intersyndicale Fsu, Cgt, Fo, Sud. "Dans ce contexte, le ministère envisage dans la circulaire de missions du service social des élèves mise en négociation de prioriser l’affectation des assistants sociaux dans les 350 réseaux REP+ comprenant le collège et les écoles rattachés (soit une augmentation d’environ 1 000 élèves en moyenne par réseau élémentaire REP +). Le ministère valide par ailleurs le fait qu’un assistant social puisse intervenir sur un nombre indéfini d’établissements dans les zones déclarées non prioritaires". L’intersyndicale estime que la coupe est pleine et invite le service social du ministère à la grève. Elle demande le remboursement des frais de déplacement, une revalorisation et des embauches pour faire face aux besoins". Ces collègues se considèrent souvent comme des "oubliés" du système. Cadres B (alors qu’ils ont un niveau d’études égal à celui des infirmiers scolaires), les assistants sociaux sont souvent les seuls à pouvoir renouer un contact avec les enfants les plus éloignés de nos considérations scolaires.

Finissons sur deux petites notes positives :
L’éclipse ... la récompense. Laurent Brice, professeur de sciences physiques nous raconte sa journée du 20 mars sur le site des Cahiers pédagogiques.
Et puis " Ça paraît loufoque, mais ça fonctionne !" De quoi peut bien parler cette enseignante ? Je vous laisse découvrir le récit, dans cet article du Parisien, de l’expérience menée au collège privé Notre-Dame, à Bressuire (Deux-Sèvres). "Cet établissement accueille des enfants précoces ou en difficulté d’apprentissage et des sections sportives à horaires aménagés et a introduit, il y a trois ans, un projet pédagogique inspiré des neurosciences et des intelligences multiples".

Demain vous retrouverez Emilie Kochert aux commandes de la revue de presse.

Pascal Thomas


JPEG - 20.3 koDans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Réussir l’école du socle - En faisant dialoguer et coopérer les disciplines
Ouvrage - 2013
Francis Blanquart, Céline Walkowiak - ESF, 2013
Organisé de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en 2de de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de « l’école du socle commun ».

L’organisation du travail, clé de toute pédagogie différenciée
Ouvrage 2012
Philippe Perrenoud, ESF, 2012.

En matière pédagogique, l’injonction est à l’ordre du jour ! Il faut, nous dit-on, faire une « école sur mesure » afin de garantir la réussite de tous. Chacun et chacune doit accéder aux « fondamentaux de la culture et de la citoyenneté », mais à son propre rythme et selon un « parcours individualisé ». Il faut que tout le monde maitrise le « socle commun », mais dans le « respect des différences » ! Face à ces exigences, la pédagogie différenciée apparait comme une perspective particulièrement prometteuse, mais elle reste, trop souvent, de l’ordre de l’intention généreuse. C’est que « différencier sa pédagogie » nécessite une autre organisation du travail scolaire, une autre manière de préparer, d’animer, de guider, d’évaluer les situations d’apprentissage. Ce n’est pas forcément plus complexe ou plus difficile que ce qui est requis dans l’enseignement traditionnel, c’est autre chose !

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Published by christophe - dans Medias
25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 17:44

Ce mardi 24 mars, Najat Vallaud-Belkacem était entendue par la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale. La ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a répondu aux questions des députés sur le « Collège 2016, mieux apprendre pour mieux réussir »

Retrouvez ici la réponse de la ministre sur la question de l’enseignement des langues anciennes au collège, en vidéo et texte :

« Sur cette question du latin et du grec, je voudrais juste que vous compreniez bien la démarche de cette réforme du collège.

J’ai dit d’ailleurs dans mon introduction, que oui pour 20% des élèves le collège actuel fonctionne très bien. Pour ceux qui en effet passent par les classes bi-langues, par les options latin, etc. On est tous d’accord, il n’y a pas de problème pour eux et pas besoin de réformer le collège.

Le sujet, c’est comment faire en sorte que tous les collégiens puissent avoir accès à cet enrichissement que constitue le fait d’avoir une seconde langue plus tôt, au lieu d’attendre la 4ème et le fait d’être ouvert aux cultures et langues de l’antiquité. Parce que je suis d’accord avec vous, mille fois d’accord. Et comme en plus j’en ai fait, je sais à quel point le Latin joue dans l’acquisition d’une culture commune, dans la construction de la citoyenneté, dans la dimension linguistique de ce que l’on y apprend, dans l’apprentissage de l’Histoire des civilisations. Et pour toutes ces raisons, je ne me satisfais pas que cela soit réservé à quelques-uns.

Donc il ne s’agit pas de supprimer un droit ou une possibilité pour quelques-uns. Il s’agit de le généraliser, comme pour la question des langues vivantes, pour tous les collégiens. Et nous le faisons de 2 façons s’agissant du latin et du grec.

La première façon, nouvelle. Nous introduisons dans l’enseignement du Français une initiation à l’étude des langues anciennes. Parce que nous estimons que les langues anciennes permettent de mieux comprendre les principes fondamentaux de la langue française, l’étymologie, la composition des mots, les fonctions grammaticales. D’une certaine façon, nous mettons de l’excellence au service de la réussite de tous les collégiens et au service de la réduction des inégalités de maitrise de la langue française.

Seconde façon. Comme actuellement, les élèves pourront apprendre le Latin de la 5ème à la 3ème et le Grec en 3ème. Comme ce qui existe aujourd’hui, sauf que cela ne s’appellera pas « Option facultative » mais ce sera un enseignement pratique interdisciplinaire (EPI).

Pourquoi est-ce que ce sera un EPI ?

Précisément pour ce que vous disiez M. Hetzel. Et j’étais étonnée que vous ne fassiez pas le lien. Parce que dans d’autres pays, on a su moderniser davantage l’apprentissage des langues et cultures anciennes. En donnant précisément autre chose à voir au-delà de la langue en tant que telle, en parlant de l’Histoire, de la civilisation aux élèves. C’est exactement à cela que sert le format enseignement pratique interdisciplinaire. C’est pouvoir aborder au-delà de la langue, mais la langue sera préservée évidemment et aura un temps. C’est pouvoir aborder l’Histoire, la civilisation, la culture. Donc avec cet enseignement pratique interdisciplinaire Langues et Culture de l’Antiquité, je vous confirme qu’il y aura le même nombre d’heures qu’aujourd’hui, avec des heures pour l’étude de la culture et de la civilisation et des heures pour l’étude de la langue. Donc les élèves n’y perdent rien. »

 

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Published by christophe - dans Latin
25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 17:04

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Published by christophe
25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 16:48

« La lettre de Commercy mit dix ans à arriver jusqu’à nous. Elle marqua pour Mathilde la fin de sa jeunesse, ce moment d’abdication où, si l’on s’autorise encore à rêver, c’est en s’interdisant désormais d’imaginer que la rêverie débouche un jour sur le réel. Dès la formule de condoléances, on comprend que rien de ce qu’on espère vraiment n’arrive jamais, qu’il n’y a pas de miracle, pas d’histoire de Polonaise aux grands yeux mettant le grappin sur un galant petit Français, pas d’amnésie provisoire, mais qu’Emile est bien mort. Simplement, son camarade signale l’avoir enterré de façon sommaire au pied d’un eucalyptus, où il saurait le retrouver si la famille se montrait désireuse de ramener le corps parmi les siens- ce qui avait été, semble-t-il, le désir du mourant et la raison de cet escamotage, pour éviter une inhumation collective ou la lente décomposition sur le champ de bataille. Mais il y a déjà plusieurs lignes que la vue de Mathide se brouille, et sur un clignement de paupières une ribambelle de larmes s’affale sur le papier. Ce n’est pas tant la confirmation de cette mort qu’elle a de toute façon apprise il y a douze ans maintenant, mais ce trait final qui clôt l’attente, cette porte qui se referme. »

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Published by christophe - dans Littérature