Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 07:58
L'institution scolaire, cet outil qui sépare...

L’École se contente de séparer les enfants des adultes

Dans cette perspective, l’institution scolaire est d’abord un outil pour séparer : séparer ceux qui instruisent et éduquent, d’un côté, de ceux qui doivent recevoir l’instruction et l’éducation, de l’autre. La séparation est inscrite clairement dans les statuts et règlements, dans le mode de fonctionnement, dans l’organisation de l’espace et du temps. Les professeurs enseignent, les élèves apprennent. Les premiers notent, les seconds sont notés. Les premiers décident de tout ce qui est constitutif de l’école, les seconds sont parfois sollicités sur de vagues questions de « vie scolaire », mais jamais sur les savoirs – ils ne les possèdent pas et ne peuvent rien en dire !- ni même sur la manière de les aborder – on ne leur reconnaît pas le droit de s’exprimer sur les méthodes d’enseignement car ils mettraient alors en question le statut des professeurs.

De la sixième à la terminale, et même aux premières années d’université, aucun changement dans cette partition immuable : les mêmes rituels séparent deux castes qui ne se côtoient qu’exceptionnellement et clandestinement. D’ailleurs toute « relation » qui met en question cette séparation est vécue, aussi bien par les professeurs que les par élèves, comme une transgression insupportable. Les coupables sont vite rappelés à l’ordre et rattrapés par le groupe de pairs qui les appelle à la décence. La salle des professeurs reste un espace sacré et, pour un élève, y entrer est toujours sacrilège. Plus significatif encore peut-être : les toilettes sont strictement spécialisées et même un étudiant de troisième cycle universitaire de cinquante ans n’a pas droit à la fameuse clé dont les professeurs se réservent l’usage exclusif.

Le passage d’un statut à un autre se fait d’ailleurs très rapidement et comme par transsubstantiation. Quelques jours avant de devenir enseignants, les étudiants sont encore des « enfants » : ils sont d’une sévérité implacable pour les professeurs ou les formateurs qui les ennuient, se comportent comme des potaches face au moindre incident, cherchent à tirer systématiquement leur épingle du jeu en fournissant « le moins d’efforts possibles pour le plus d’effets utiles »… Une fois passés « de l’autre côté », ils ne peuvent plus guère imaginer qu’on s’ennuie en classe, voient dans toute comportement un peu insolent une transgression insupportable et exigent un travail « appliqué et régulier » indépendamment de toute gratification. Certains, d’ailleurs, changent jusqu’à leur manière de s’habiller ou, plus subtilement, leur façon de marcher, de parler, de regarder. Ils ont reçu un sacrement qui les transforme du jour au lendemain et leur fait oublier ce qu’ils étaient encore la veille.

Philippe Meirieu

Texte paru dans Cultures adolescentes, sous la direction de David Le Breton, Paris, Autrement, 2008

Partager cet article

Published by christophe - dans Pédagogie
31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 13:35

Partager cet article

Published by christophe - dans Musique
31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 12:16
Un Jour... Un Auteur... Arthur Rimbaud...

Vagabonds...

Pitoyable frère ! Que d'atroces veillées je lui dus ! "Je ne me saisissais pas fervemment de cette entreprise. Je m'étais joué de son infirmité. Par ma faute nous retournerions en exil, en esclavage." Il me supposait un guignon et une innocence très-bizarres, et il ajoutait des raisons inquiétantes.

Je répondais en ricanant à ce satanique docteur, et finissais par gagner la fenêtre. Je créais, par delà la campagne traversée par des bandes de musique rare, les fantômes du futur luxe nocturne.

Après cette distraction vaguement hygiénique, je m'étendais sur une paillasse. Et, presque chaque nuit, aussitôt endormi, le pauvre frère se levait, la bouche pourrie, les yeux arrachés, — tel qu'il se rêvait — et me tirait dans la salle en hurlant son songe de chagrin idiot.

J'avais en effet, en toute sincérité d'esprit, pris l'engagement de le rendre à son état primitif de fils du soleil, — et nous errions, nourris du vin des cavernes et du biscuit de la route, moi pressé de trouver le lieu et la formule.

                                         _____________________________________

Aube...

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. À la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Partager cet article

Published by christophe - dans Litterature
31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 08:52
A Lire... Où vont les pédagogues?... (Parution septembre 2015)

À côté des philosophes, des sociologues ou des didacticiens, les « pédagogues » font aujourd’hui « pâle figure ». Objets de railleries des « esprits forts », qui sont revenus de tout sans jamais y être allés, critiqués par l’intelligentzia qui leur reproche d’être ces nouveaux « joueurs de flûte » qui entraînent nos enfants vers le gouffre de l’ignorance et les fleuves tumultueux de la toute puissance où ils vont s’abîmer inexorablement… ils passent facilement pour de dangereux ou d’insignifiants personnages.

Et pourtant, sans doute, sont-ils les vrais aventuriers d’aujourd’hui et les défricheurs de demain. Plus que jamais indispensables à notre société en quête d’avenir.

À l’occasion du trajet et des engagements de Philippe Meirieu, cet ouvrage, coordonné par Jean Rakovitch, s’affronte sans complaisance aux objections et aux critiques. Chercheurs de renom, « pères fondateurs » des sciences de l’éducation, philosophes de l’éducation … questionnent les multiples champs qu’ont embrassés les recherches de Philippe Meirieu et proposent une réflexion sur les modèles et les outils idoines pour affronter le présent et construire l’avenir.

L’ouvrage montre également la fécondité de la démarche pédagogique et l’importance de ses résultats. Il dit la place essentielle des pédagogues dans un monde où chacun s’accorde sur l’importance de l’éducation mais où rares sont ceux qui en articulent les finalités et les modalités.

C’est véritablement sur la place et l’avenir de la pédagogie dans nos sociétés contemporaines que cet ouvrage invite à réfléchir.

Collection : Pédagogies
Auteurs : Collectif
Date de parution : 17 septembre 2015
Prix : 16,90 €
Distribution : dans toutes les bonnes librairies et sur www.esf-editeur.fr

Partager cet article

Published by christophe - dans Pédagogie
31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 07:14
L'école n'a rien à inventer... C'est à nous d'inventer et de réinventer l'école...

L'école n'a rien à inventer. C'est aux équipes pédagogiques, aux élèves, aux parents d'inventer et de toujours réinventer l'école.

C'est là une tâche enthousiasmante mais très  difficile à réaliser sur le terrain, au quotidien, dans des établissements tous différents par le public qu'ils accueillent, par les professeurs qui y enseignent avec passion, par les directions qui doivent faire "tourner" leurs établissements, pat les relations qu'entretiennent ces mêmes établissements avec leur environnement.

Pourtant, il me semble que l' "invention et la réinvention" de l'école (au sens large) peut (doit?) passer par l'expérience. Expérience pour les enseignants dont le métier est fait pour n'être qu'inventions et réinventions. Expérience pour les élèves qui, trop souvent encore (et je ne suis nullement exempt de cette pratique qui m'apparait comme un défaut), ne sont que de paisibles ou agités auditeurs attendant alignés en rangées de tables face au Maître la distribution des savoirs et des exercices ou contrôles qui seront tout au long de l'année sanctionnés par des notes et moyennes dont l'évolution pour les plus faibles est quasiment inexistante. Pour les meilleurs également d'ailleurs.

L'expérience, c'est à dire la découverte active hors des sentiers battus et rebattus, nous la pratiquons toutes et tous, pourrait-on, à justre titre, me dire. Et "on" aurait raison! Mais nous la pratiquons le plus souvent "à l'occasion". Ce sont des exceptions, des cerises sur le gâteau, presque des récréations que nous consentons à offrir pour revenir rapidement au déversement des savoirs. Aucun procès dans mon propos. J'ai, moi comme tant d'entre nos collègues, pratiqué de la sorte et il m'arrive de pratiquer encore ainsi. J'envie souvent mes amis professeurs d'EPS ou de matières artistiques qui, eux, pratiquent, font pratiquer en permanence. Tout dans leur pédagogie n'est qu' "expériences". Des "veinards" dont nous devrions nous inspirer souvent. Nous (enseignants et élèves) n'en serions que plus créatifs.

Car l'expérience permet, évidemment, la créativité. Celle-ci est trop souvent "bridée", empêchée pour des raisons diverses et très certainement légitimes dans un "système" construit sur des habitudes interdisant, consciemment ou pas, toutes les velleités de création. Combien de fois ai-je entendu des élèves me dire, offusqués: "Mais M'sieur, on n'a pas le droit de faire ça!"... Combien de fois ai-je entendu des collègues (et j'ai partagé parfois leurs craintes): "Mais tu crois que je peux me lancer dans tel ou tel projet? C'est dans les textes? Que vont dire les parents? Que va dire mon Inspecteur s'il apprend que je fais ça?"... C'est dire le chemin qui reste à faire avant d'atteindre le "lâcher-prise".

L'expérience (ou l'expérimentation), ce sont des projets construits en amont, exigeants, faisant appel à des SAVOIRS et les mettant en PRATIQUE autrement que par les seuls exercices ou contrôles. L'expérience n'est en aucun cas une récréation, un "cadeau" fait aux élèves juste avant des congés. C'est un travail, une RE-création dont les élèves sont les acteurs. Tout cela dans des cadres dont celui, incontournable, des programmes officiels. Tout cela dirigé et évalué par l'enseignant. Tout cela permettant la réalisation CONCRETE d'un travail de longue haleine.

Ecoutons à ce sujet Céline Baliki, professeur de Lettres:

Et lisons, pour le plaisir de les lire, ces mots si justes, de Céline Baliki:

"La relation est essentielle... Il ne s'agit plus d'enseigner comme on le faisait avant. La transmission repose sur la relation que l'on construit avec les élèves. Les élèves attendent de l'enseignant d'être considérés comme des êtres humains à part entière et non pas comme des machines, assis, prêts à recevoir ce savoir. Le savoir, ça ne veut rien dire. Le savoir se construit essentiellement par la relation, par le dialogue, par l'expérience de ce savoir. Il me semble que la relation du professeur et de l'élève, surtout en collège où elle repose sur l'affect, est essentielle. Les élèves sont sensibles à la considération qu'on leur porte, ce partage est fondamental."

Interview extraite du film "Quelle classe ma classe!"

On ne saurait mieux dire...

Christophe Chartreux

Partager cet article

Published by christophe - dans Pédagogie Education
30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 14:28

Partager cet article

Published by christophe - dans Musique
30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 14:13
Un Jour... Un Auteur... Delphine de Vigan...

Ces gens dans leur déguisement vont tous les jours au bureau. Ils marchent dans le même sens, poursuivent un objectif commun, ils parlent la même langue, cohabitent dans la même tour, ils empruntent les mêmes ascenseurs, dejeunent à la même table, ils sont rattachés à la même convention collective, ils ont un emploi, un statut et un coefficient, ils payent des cotisations sociales, ils cumulent des jours de congés et de RTT qu'ils ecoulent l'année suivante, ils perçoivent une indemnité de transport et déclarent leur net imposable à la fin de l'année. Ils travaillent. Ici, répartis sur dix étages, ils sont trois cents. Ailleurs, ils sont des millions. Ces gens dans leur déguisement ne la reconnaissent plus, ils fument leur cigarette sans même la voir. D'ailleurs, ils jettent leur mégot par terre et rentrent dans l'immeuble."

Dernier livre paru:

Un Jour... Un Auteur... Delphine de Vigan...

Partager cet article

Published by christophe - dans Littérature
30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 13:57
Mon collège à l'heure FN... (Publié le 22 mars; mis à jour le 30 juillet)

C'était un printemps comme tous les printemps. Il flottait dans l'air cette douceur oubliée pendant l'hiver. Un jour de 2020, l'avant-dernière de ma carrière d'enseignant.

Après un coup d'oeil distrait et machinal à la caméra vidéo surplombant le portique électronique filtrant les entrées, puis au drapeau tricolore qui flottait dans le vent, je retrouvai quelques collègues dans la salle des professeurs. Celle-ci avait été redécorée par notre chef d'établissement, arrivé après le cataclysme électoral de 2017... Un portrait de la Présidente de la République, un drapeau tricolore (encore!) et les photographies des élèves "méritants", ceux ayant obtenu des moyennes supérieures à seize sur vingt. Les "tableaux d'honneur". Sur le mur faisant face à celui des brillants élèves, les photographies de ceux n'ayant pas dépassé sept sur vingt. Le "mur du déshonneur". Et puis sur un troisième support, la liste des professeurs "cités à l'ordre du collège" pour leurs résultats au Brevet. Chaque matin, je ressentais ce même écoeurement, ce même dégoût... Et j'enrageais devant l'inutilité de telles méthodes. Car les pourcentages de réussite n'avaient pas évolué depuis cette "Révolution Nationale" qui se disait éducative et les résultats des élèves de notre établissement rural présentaient même de bien inquiétants signes de faiblesse aggravée. Mais il ne fallait pas en parler. C'eût été prendre le risque d'une convocation et d'un blâme de la part de notre hiérarchie qui avait tout pouvoir, y compris celui de nous licencier sur le champ! En toute discrétion, je prenais un malin plaisir pourtant à railler ces absurdités.

Résistance...

A la sonnerie du matin, les élèves, en uniformes, se rangeaient deux par deux dans la cour face au drapeau (encore!!), cette fois au pied du mât. Et gare aux retardataires, aux récalcitrants. Les surveillants, tous ayant dépassé la trentaine - il était loin le temps des "étudiants pions" - munis d'un sifflet, "chassaient" les trublions. Une fois le calme et l'ordre obtenus, une fois les rangs militairement formés avec prise de distance réglementaire, une Marseillaise était diffusée par la sono de l'établissement, reprise - c'était la règle- par tous les élèves. Deux d'entre eux, désignés la veille pour leurs classements remarquables, avaient l'honneur de hisser les trois couleurs, lentement, en gestes mesurés. La cérémonie terminée, et au coup de sifflet du Chef d'établissement en personne, les rangées pouvaient rejoindre leur salle respective, accompagnées des enseignants, tous en costume-cravate. Chaque salle portait un nom. Il y avait la salle "Bayard", la salle "Du Guesclin", la salle "Charlemagne", la salle "Jeanne d'Arc", la salle "Général Bigeard"... A l'intérieur, au-dessus de chaque tableau, trônait le portrait du Chef de l'Etat. Cette dame qui avait su si bien lisser son discours qu'elle avait séduit même les plus brillants d'entre nous. Au moins n'avait-elle pas imposé l'apprentissage par coeur de ses discours nombreux. Elle intervenait une fois par semaine sur toutes les chaînes de télévision!...

Les cours devaient, c'était la règle et les inspecteurs nouvellement nommés y veillaient avec rage, être "frontaux". Des tables rangées en colonnes, un bureau sur une estrade faisant face aux élèves, les surplombant. Le maître sait! Le maître domine! Le "pédagogisme" n'avait plus droit de cité. Les seules méthodes tolérées étaient celles inspirées par les oeuvres du Ministre de l'Education Nationale. Dans une autre vie il avait milité contre le diable en personne, Philippe Meirieu. Il avait commis quelques articles, quelques livres, avait tenu rubrique dans un magazine "de droite". Désormais, il faisait appliquer ce qu'il avait rêvé: l'école du par-coeur, de l'obéissance absolue, du silence imposé y compris par les châtiments corporels, de la notation chiffrée et uniquement chiffrée, avec classements et tableaux d'honneur ou de déshonneur. Il fallait bien alimenter les murs de la salle des professeurs.

Chaque fin d'année se terminait, en écoles maternelles, primaires, collèges et lycées, par une distribution des prix en présence des autorités de la commune. Les "cancres" n'étaient pas oubliés ce jour-là. Un bonnet d'âne leur était remis sous les huées de leurs camarades. C'est ainsi que s'opérait la sélection précoce. "L'apprentissage de la vie d'homme" avait coutûme de dire notre chef d'établissement... Cette sélection commençait dès le primaire! Il fallait mériter la sixième. Les plus "mauvais" étaient impitoyablement obligés de redoubler puis, s'ils échouaient encore, se voyaient imposer des orientations - à neuf ans! - pré professionalisantes. Les autres avaient droit à l'apprentissage du français, des mathématiques et de l'Histoire (celle des héros et des "grandes dates" surtout et quasi exclusivement), les matières nobles dont les horaires avaient été singulièrement alourdis. Cela correspondait à l'aberrant projet du parti de notre Présidente:

« Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs. » S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble. » (Extrait du programme FN)

"Vivre ensemble"... Oui bien entendu... Mais voilà... Depuis l'arrivée au pouvoir des extrémistes "nationaux-populistes", nous ne vivions "ensemble" qu'à condition d'exclure. Bien étrange vision de l' "ensemble". Année après année, les étrangers outre-méditerranéens, les "français-musulmans", les français qui n'étaient pas "de souche", avaient été écartés par divers moyens, ou s'étaient exclus d'eux-mêmes, les uns en retrouvant leur pays d'origine, les autres en étant inscrits dans des écoles privées, confessionnelles ou pas. A vouloir vivre ensemble mais entre "blancs catholiques français", notre Ecole se vidaient de ses sangs... Cela faisait plaisir aux quelques collègues membres du Collectif Racine.

Souvent en quittant le collège, après avoir contourné les règles de ces programmes absurdes, après avoir salué ceux "entrés en résistance" - et nous étions nombreux! - je serrais les poings de rage.

Et puis...

Un jour, ce devait être en janvier 2021, un matin comme tous les autres matins, après avoir craché par terre devant la caméra vidéo, après avoir jeté un oeil sur les trois couleurs, celles de la Révolution, la vraie, j'entrai dans la salle des professeurs. Je pris conscience immédiatement qu'il s'était passé quelque chose... De tragique...

Marianne, une élève de quatrième, systématiquement punie, inscrite au "tableau du déshonneur" et collectionnant les bonnets d'âne, Marianne balançait au bout d'une corde dans la salle "Jeanne d'Arc"...

Marianne...

Christophe Chartreux

PS: dès maintenant, ne nous trompons pas de cible...

Partager cet article

Published by christophe - dans college2016 Front national
30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 08:49

Acteurs : Cécile de France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky, Kévin Azaïs, Laetitia Dosch.

"En 1971, Delphine, une jeune paysanne (Izïa Higelin), installée depuis peu à Paris, découvre le militantisme féministe. Une femme la subjugue, c'est Carole (Cécile de France), une prof d'espagnol qui vit avec un homme et, après avoir refusé, se laisse aimer par Delphine..."

(...)

"La Belle Saison", le film de Catherine Corsini, emporté et équilibré, émouvant et tendu, qui sortira le 19 août. Retenez la date!

Pascal Mérigeau, L'Obs en date du 30 juillet, page 77

Partager cet article

Published by christophe - dans Cinéma
30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 08:00
Un protocole d’accord entre l’Education nationale et l’Association des Régions de France pour lutter contre le décrochage...

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, François Rebsamen, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, et François Bonneau, Vice-président de l’Association des Régions de France (ARF) ont signé ce mercredi 29 juillet 2015 un protocole d’accord entre l’État et l’Association des Régions de France pour la prise en charge des jeunes sortant de formation initiale sans qualification.

[...] Le protocole d’accord signé indique que " sur la base d’un état des lieux de la carte régionale des plates-formes et du nombre de jeunes sortants chaque année sans qualification du système de formation, les autorités compétentes au plan régional s’accorderont sur :

•la définition de la future carte des plates-formes pour leur territoire;

•la désignation des responsables des plates-formes. Une lettre de mission partagée, sera adressée aux responsables des plates-formes, dont le contenu devra s’inscrire dans la stratégie interministérielle de lutte contre le décrochage scolaire;

•un objectif quantitatif et qualitatif en termes de prise en charge et de solutions apportées aux jeunes, •les ressources dédiées au fonctionnement des PSAD, en cohérence avec les fonds européens qui pourraient être mobilisés;

•un dispositif de suivi et d’évaluation commun;

•des modalités de pilotage et d’articulation avec les acteurs concernés."

Extrait de najat-vallaud-belkhacem ?com du 29.07.15 : L’État avec les Régions de France : tous mobilisés contre le décrochage scolaire

Partager cet article

Published by christophe - dans Education Decrochage