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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 15:24

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Published by christophe - dans Musique
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 15:07

Comme chaque vendredi le blog se repose...

Mais il revient demain!

A très vite donc...

Christophe

 

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Published by christophe - dans Divers
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 14:38

Notre système éducatif est un des plus discriminants et anxiogène. Louis Maurin (Observatoire des inégalités) dénonce le lobby et l’idéologie élitistes.

L’école française, qui se targue d’être gratuite, républicaine et égalitaire, avec sa fameuse « méritocratie », serait une des plus discriminantes, et elle est loin d’être parmi les plus performantes. En cause, une pédagogie datant des années 50, un système élitiste de reproduction sociale, une idéologie anxiogène, et des intérêts concertés pour que rien ne bouge.

Louis Maurin est l’un des fondateurs de l’Observatoire des inégalités qui, depuis 2002, met en lumière les failles de la société française. Pour lui, l’école est le premier lieu des souffrances sociales mais aussi humaines : la réforme qu’il appelle profiterait à tous, aux enfants « favorisés », essorés par une pression délirante, aux enseignants, et à un pays qui a plus besoin de têtes créatives bien faites que de têtes bien remplies.

Rue89 : On parle beaucoup des « super-riches ». Selon vous, le cœur des discriminations en France se trouve dans notre système éducatif.

Louis Maurin : Le problème français avec son éducation vient de cette angoisse généralisée par rapport aux diplômes. On est un pays où l’école a un rôle extraordinaire. Pour moi, cette question est bien plus importante que le fait que les « super-riches » se soient super enrichis.

Toutes les études le montrent, la France est le pays qui a le système qui favorise le plus les catégories les plus favorisées.

On a massifié l’école, on l’a démocratisée en ouvrant le collège et une partie du lycée, mais on n’a pas modernisé notre enseignement, contrairement à ce qu’ont fait la plupart des pays du monde.

Notre système éducatif reste un système ultra-académique, ultraformel, élitiste, anxiogène et évaluatif. C’est malheur aux perdants, à ceux qui ratent une marche, ne sont pas prêts assez tôt, c’est-à-dire les catégories sociales les plus défavorisées.

Dans la réforme Haby du collège unique des années 70, il y avait tout un volet sur la transformation des manières d’enseigner, et on l’a passé à la trappe. En France, il y a une énorme barrière difficilement franchissable, pour certains élèves, entre l’école primaire et le secondaire.

Ce n’est pourtant pas par manque de réflexion, d’études, de rapports ?

On est le pays où, en matière de réflexion pédagogique, on est allé le plus loin. On a un ensemble de penseurs et de chercheurs parmi les plus importants. Mais, en matière de pratique, on est le pays où on est allé le moins loin.

Il y a dans ce pays un mépris envers les « pédagos » (comme les « droits-de-l’hommistes », « féministes » ou « égalitaristes »), ces gens qui vont dégrader le système par le bas, le fameux « nivellement par le bas ». Les profs sont soumis à une pression d’enfer, ils doivent faire des évaluations, et certains parents demandent plus de notes.

Tout le monde à gauche ne pense pas comme vous...

Il y a dans notre pays des intérêts convergents, qui traversent largement l’espace politique, et sont en grande partie représentés à gauche dans le milieu enseignant. Et pour de nombreuses raisons.

Des mauvaises, pas tout à fait avouées : on veut faire l’école pour nos enfants, parce que ça nous allait bien à nous, anciens bons élèves qui avons bien réussi, et que ça va bien également à nos rejetons.

Globalement, les taux d’accès au bac augmentent, mais les enfants d’enseignants ont quatorze fois plus de chances relatives d’avoir le bac que ceux d’ouvriers non-qualifiés.

Pour de légitimes raisons aussi : le monde enseignant a été maltraité, méprisé, souvent par son ministre. Bon nombre de réformes n’ont rien changé. Il y a eu une crispation logique : « Si vous nous prenez pour des gens qui ne foutent rien et ne veulent rien changer, on ne va rien changer, on ne va rien faire pour faire évoluer les choses. » La combinaison de ces attitudes a congelé notre système.

Les victimes, ce sont les classes populaires, qui ne disent rien, ne comprennent pas bien les enjeux de l’orientation, le classement des lycées ou les astuces de la carte scolaire. Les enquêtes de l’OCDE montrent qu’en France, elles sont les plus pénalisées.

La « méritocratie » serait donc un mythe ?

Les corporations de défense de l’école d’hier, qui pensent que les années 50 étaient un âge d’or, de défense de l’élitisme républicain, sont extrêmement bien représentées. Mais les pays où le niveau scolaire est le meilleur sont ceux où on apprend à lire le plus tard, pas à 4 ans mais à 7, où on note le moins, où on met le moins la pression sur les élèves. Et cela n’a rien à voir avec un quelconque « nivellement par le bas ».

De très nombreux enseignants effectuent un travail remarquable. Ils font en sorte que la mobilité sociale existe. Il est faux de dire que l’école « produit des inégalités ».

Là non plus, cela ne sert à rien de dramatiser. Mais elle ne les réduit pas assez. L’école favorise les plus favorisés dans tous les pays, et la France en rajoute une louche. Mais elle se raconte une autre histoire, celle de la « méritocratie » républicaine.

Quelle serait la réforme vraiment de gauche ?

On est malheureusement loin d’une vraie réforme de l’école. Evidemment, il faut faire une carte scolaire vraiment mixte, les ZEP, la remédiation, du soutien, c’est l’urgence. Mais c’est comme l’aide humanitaire, cela ne règle pas le problème. Il faut relâcher la pression sur les disciplines et la valorisation des unes et des autres, revoir la notation, alléger les horaires, revoir les filières... changer la façon de faire l’école, la pédagogie.

Il nous faut des jeunes autonomes, intelligents, pas des élèves qui accumulent des savoirs par cœur. Si trop de Français échouent, ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas assez d’école, mais que la façon dont on enseigne n’est pas la bonne.

On sait qu’il y a une suprématie de la filière scientifique qui est totalement anormale, et on donne aux mathématiques un rôle qu’elles n’ont pas à jouer. Faisons un seul bac et cela disparaît. Ça veut pas dire qu’on aura moins d’excellents ingénieurs !

Développons des matières techniques au collège pour tous, pas de voies de relégation. Les pays qui ont le moins d’inégalités et le niveau le plus élevé sont ceux où l’unicité des filières est la plus longue, ceux où on se spécialise le plus tard. La durée de vie s’allonge, allongeons la scolarité générale et faisons passer le bac à 19 ou 20 ans.

Vous parlez aussi beaucoup des rythmes insensés qui affectent tous les élèves...

Cela profiterait à tous ceux qui sont le plus éloignés du discours et du capital scolaires. Tout le monde aurait à y gagner : ce système fait des victimes dans toutes les catégories sociales. On parle des enfants violents, mais ceux-là ils expriment leurs colère. Nombre d’enfants dits « favorisés » craquent parce que l’écart entre ce qu’on leur fait porter et ce dont ils sont capables est trop grand.

Les enfants qui sont surchargés et qui sont en dépression se replient sur eux-mêmes, on les oublie.

Pour quelques-uns qui réussissent, combien explosent en vol en classes prépas ? Tout le monde sait que l’ampleur du travail demandé dans les filières élitistes est totalement démesuré. Qu’elle produit des élèves qui ont une tête bien pleine, mais pas toujours bien faite, qu’elle favorise les plus favorisés, aidés à plein-temps par papa et maman, qui assurent les finances et la logistique. Mais qui changera ça ?

Qui est capable en France de porter cette révolution éducative ?

Ce projet scolaire est central, je ne suis pas sûr que la volonté politique soit là. Qui a envie de s’opposer aux lobbies des conservateurs de l’école, les différentes sociétés des agrégés, les défenseurs des grandes écoles, toutes ces associations qui ont une audience médiatique inconsidérée par rapport à leur représentation ?

Il n’existe malheureusement pas de lobbies des mères de famille caissières, des parents ouvriers non diplômés, des jeunes de Segpa [Section d’enseignement général et professionnel adapté, ndlr].

Je ne crois pas au Grand Soir de l’école. Il faudrait pouvoir agir dans la durée, sur dix ans, et modifier progressivement l’école en s’appuyant sur les enseignants, dont la grande majorité sont pour le changement.

Blandine Grosjean

                                          ______________________________________

Classes prépas pas plus ouvertes

En finir avec la gratuité des classes prépas ? Une enquête montre qu’il n’y a que 15% d’enfants d’ouvriers alors qu’ils forment la moitié de la population active. Les enfants de cadres supérieurs représentent toujours environ la moitié des élèves, alors que leurs parents constituent 16% des actifs.

La floraison de dispositifs du type « égalité des chances », visant à intégrer ici ou là une poignée d’élèves de milieux moins favorisés, n’a pas eu d’impact au niveau général « et sert surtout à éviter une remise en cause plus générale du recrutement de ces filières ».

 

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Published by christophe - dans Education College Réforme Inegalites
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 08:58

Apprendre est une gourmandise...

La réforme du collège a, parmi bien d'autres objectifs, celui de donner plus de goûts aux apprentissages. Que ce soit pour les enseignants ou pour les élèves.

L'Ecole, au sens large, semble avoir oublié cet aspect pourtant essentiel sans lequel il ne peut exister de "plaisir d'apprendre". Oh, bien sûr, des milliers d'enseignants, chaque jour, inventent, imaginent, créent et recréent pour offrir à leurs élèves des "moments d'être", ces moments où, comme par miracle, les murs de la salle de classe s'effondrent pour laisser place à un autre lieu, indéfinissable, invisible ou visible aux seuls participants. Un lieu et un moment partagés  : ceux du bonheur d'apprendre, de comprendre et, donc, de toucher au plus près le trésor offert à nos élèves  : la LIBERTE, seul outil nécessaire permettant de contourner, d'écraser même, les fatalités, les destins écrits d'avance, les têtes baissées devant l'échec, la résignation et ce sentiment atroce de ne pouvoir jamais accéder aux savoirs toujours réservés aux mêmes, aux mêmes mais pas à tous.

Pas à tous ceux qui, happés par une société qu'on leur présente comme "idéal" mais n'étant que celle de la "consommation/pulsion", du jeu vidéo à outrance, des émissions de télévisions plus stupides les unes que les autres, iront grossir les rangs déjà très serrés des décrocheurs, "en difficultés majeures", abandonnés sur le bord de la route tracée par et pour d'autres: les initiés. Ceux-là ont perdu le goût... La gourmandise leur est inconnue, eux qui avalent leur soupe vespérale à la grimace des devoirs à la maison que, de mauvaises notes en mauvaises notes, ils ne font même plus. 

Mais voilà. Notre Ecole est fabriquée pour fabriquer des "modèles". Et si possible des "modèles" qui aiment souffrir, qui ont acquis les codes qu'avant eux leurs parents avaient aussi très facilement acquis, qui ont suivi les "bonnes" filières, ont choisi les "bonnes" options, qui savent courber l'échine, garder le silence, lever la main, comprendre vite... En 55 minutes pour le collège, multipliées au quotidien par d'autres 55 minutes. Tu n'as pas eu le temps de comprendre l'accord du participe passé avec avoir  ? Tant pis  ! Va essayer de comprendre quelques phrases d'anglais puis les inégalités des systèmes de santé dans le monde (programmes de 5ème en géographie!). Puis tant d'autres choses que tu ne comprendras pas parce que tu n'as plus d'appétit, plus de plaisir, plus d'envie, plus rien... D'ailleurs on va te laisser tellement tranquille que bientôt tu n'existeras plus que par le chiffre "150 000". Ces 150 000 enfants laissés en chemin et qui, aigris, en échec permanent iront grossir l'électorat du Front National qui adore "apprivoiser le désespoir"...

Heureusement, et je le dis et le pense avec sincérité, des milliers de collègues, en maternelle, primaire et secondaire, accomplissent chaque jour, chaque heure, chaque minute des miracles. Oui des MIRACLES! Dans la difficulté, minés parfois par le découragement, ils y reviennent. Les uns transformant leurs cours en happening insensés, les autres en toute discrétion laissant leurs élèves investir l'espace des savoirs, les accompagnant dans la découverte d'îles merveilleusement inconnues. Il n'existe pas de méthodes idéales, uniques pour redonner du goût aux savoirs à transmettre. Mais il est quelque chose qui ne peut pas ne pas être présent, toujours: la passion du "Maître". Elle doit se voir et surtout se partager. Jamais l'élève ne saisira le plaisir d'apprendre si face à lui se trouve un Maitre désabusé, découragé, uniquement soucieux de son confort et étant persuadé que "le silence est la condition de l'attention quand elle n'est que la condition du sommeil".

J'ai la conviction que la réforme "Collège2016", aussi timide soit-elle, est une absolue nécessité. La rejeter, la remplacer par quelques propositions qui ne sont au final que la défense du statu quo, la retarder, c'est jeter un voile pudique sur NOS échecs collectifs. C'est ignorer NOS réussites laissées dans l'ombre. C'est passer à coté de l'essentiel.

Le bonheur d'aller à l' Ecole existe. Il faut aller le chercher et, après l'avoir trouvé, le faire partager. Loin de toutes "bisounourseries" démagogiques.

Le partager pour élever l'élève vers ce qu'il saura vous rendre:

le sourire et le bonheur lu dans ses yeux d'avoir appris, d'avoir compris!

Christophe Chartreux

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Published by christophe - dans Education Réforme college2016
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 05:04

Reforme - Programmes - Socle - Trucs en plus

L’actualité du jour tourne, toujours et encore, autour de la réforme du collège et des nouveaux programmes. Le socle nouveau est arrivé au bulletin officiel et fera probablement l’objet de critiques à son tour. Enfin, pour conclure la revue, je vous propose quelques petites bricoles relevées sur la toile.

Réforme

Plus le temps passe, plus je me dis que réformer l’Éducation Nationale relève de la "mission impossible". Je ne parle pas spécialement de la dernière réforme du collège d’ailleurs. Il suffit de se pencher sur les tentatives successives des différents ministres. Pourtant et c’est paradoxal, personne (ne parlons pas des quelques illuminés qui font exception) ne remet en cause la nécessité de réformer un système qui creuse des inégalités et qui ne parvient pas à enrayer le décrochage.

Quoi qu’il en soit, la réforme du collège continue d’alimenter les débats sur la toile.
Ainsi sur le site du Figaro, on peut lire que " la grogne contre les nouveaux programmes s’étend". Une fois encore, c’est par l’entrée de l’enseignement des langues vivantes (ou anciennes et même régionales) que la grogne se propage.
Marie-Estelle Pech rappelle que " si la crainte d’un affaiblissement du latin a rapidement fait son apparition, ce sont aujourd’hui les professeurs des langues vivantes qui s’inquiètent, ceux d’allemand en premier lieu, une préoccupation relayée par l’ex-premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien professeur d’allemand". Elle ajoute que " Najat Vallaud-Belkacem n’a pu faire l’économie de recevoir l’ambassadrice d’Allemagne lundi soir. Sans réussir à convaincre cette dernière du bien-fondé de ses choix". Marie-Estelle Pech passe ensuite en revue les autres points de friction suscités par la réforme.

Toujours à propos de cette délicate question de l’enseignement des langues, on apprend sur Francetvinfo que " le Parti Occitan (autonomiste et écologiste de gauche) reproche à la réforme des collèges d’avoir complètement oublié l’enseignement des langues régionales et de l’occitan en particulier. Au ministère, on rétorque au contraire que la réforme impacte positivement les langues régionales". La même information est d’ailleurs relayée par Tahiti-infos.

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le dessin de JiMo

Programmes

Là encore, nombreux sont ceux qui déclaraient il n’y a pas si longtemps que les programmes n’étaient pas adaptés. La réforme repose en partie sur une réécriture de ces fameux programmes et forcément, comme on pouvait s’y attendre, les détracteurs (qui à défaut de se faire attendre) se font entendre.

Les arguments sont divers. Certains pinaillent sur le jargon employé pour certaines disciplines, notamment l’éducation physique et sportive (EPS). J’avoue que ça me soûle aussi ce vocabulaire des sciences de l’éducation. Les plus anciens se souviendront du " fameux référentiel bondissant" pour décrire un ballon ... (Merci au passage à Emilie Kochert pour m’avoir appris que cette histoire du référentiel bondissant était un mythe). Mais quand même, est-ce là le plus important ? Avant de se préoccuper de la forme, ne ferait-on pas mieux de s’intéresser aux contenus ?
Sur le site du Monde, on lira à propos du "jargon" employé : " là où vous diriez « les élèves apprennent à nager », les projets de nouveaux programmes scolaires fixent pour objectif de « traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête » dans un « milieu aquatique profond standardisé »". L’article revient sur la colère des professeurs d’EPS face aux moqueries relayées par différents médias sur les termes employés pour décrire les activités. Ainsi, " Le Snep-FSU pointe « une forme de condescendance et d’ignorance bienséante lorsqu’il s’agit d’EPS et de sport à l’école. Un enseignement se préoccupant du corps (donc considéré comme de bas niveau intellectuel ?) devrait forcément s’écrire dans un langage trivial et non se théoriser », regrette-t-il, avant de justifier les formulations retenues". On pourra s’amuser de la prise de position de la FSU en faveur du jargon employé alors que jusqu’à présent, c’est l’un des syndicats les plus opposés à la réforme (toutes catégories de personnels confondues).
Najat Vallaud-Belkacem a indiqué qu’elle souhaitait " que les programmes soient lisibles par tous et donc écrits dans une langue que tout le monde peut comprendre".

Sur le même sujet, sur le site du Point, Marie-Sandrine Sgherri donne les mêmes informations. Cependant, à propos de l’EPS, à la fin de l’article, elle fait part d’une autre position syndicale : celle de l’UNSA qui déplore " une disparition des compétences méthodologiques et sociales et le retour à une approche purement motrice. Pour le syndicat, l’enseignement centré sur la performance sportive plutôt que sur une éducation physique pour tous mettra en échec les jeunes qui ne sont pas sportifs, les jeunes en surpoids ou les jeunes en situation de handicap".

Toujours à propos des programmes plusieurs critiques émergent et concernent l’enseignement de l’histoire. Louis Manaranche, agrégé d’histoire et président du laboratoire d’idées " Fonder demain" estime dans une tribune pour le Figaro que " les nouveaux programmes privilégient la balade thématique à un enseignement continu et logique de l’histoire". (Il y a une très jolie faute d’orthographe sur le site ...). L’auteur précise : " éclater l’enseignement de l’histoire en une myriade de rapides incursions ici ou là, c’est empêcher que l’on rentre dans l’intelligence d’une époque, condition préalable à l’exercice de l’esprit critique".
Dans une autre tribune, sur le même site, Madeleine Bazin de Jessey, agrégée de lettres classiques, secrétaire nationale en charge des programmes de formation à l’UMP, " s’interroge sur la pertinence des nouveaux programmes d’histoire et craint que ces derniers n’enferment les élèves dans une logique de repentance". Elle déplore que "l’étude de l’Islam" devienne " obligatoire", " mais celle du christianisme médiéval facultative - Elle ajoute : " ceux qui choisiront de l’enseigner devront le faire uniquement sous l’angle de l’ « emprise de l’Eglise sur les mentalités rurales ». Dans une société en mal d’intégration et de cohésion nationale, on ne manquera pas de s’étonner d’une curiosité si grande pour les religions venues d’ailleurs, et d’une révulsion si manifeste pour nos racines judéo-chrétiennes". Certains arguments supposent que les enseignants d’histoire ne sont pas en mesure de concevoir et d’organiser leurs progressions comme ils l’entendent. Ce qui, bien entendu, n’est pas le cas. D’autant que, pour le coup, les nouveaux programmes permettent une liberté pédagogique accrue.
Enfin, je laisse le soin, à celles et ceux que ça intéresse, de lire les commentaires, en bas de page, dans lesquels certains "décomplexés" affirment que les choix du contenu des programmes en ce qui concerne l’Islam ne sont que le résultat de la double nationalité de la ministre.

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Le dessin de Geneviève Brassaud

Socle

Histoire d’en remettre une couche : le socle nouveau est paru au bulletin officiel.
Il " entre en vigueur à compter de la rentrée scolaire de septembre 2016".
Je n’entre pas dans le détail. La bonne nouvelle, c’est que plusieurs formats sont disponibles (en ligne, PDF mais aussi au format DOCX ou ODT). C’est pratique pour travailler.

Trucs en plus

Une autre réforme est en cours : celle qui concerne les territoires. Sur le site de l’ Esen, on peut lire que " neuf recteurs coordonnateurs sont désignés dans les sept nouvelles régions (respectivement les recteurs de Nancy-Metz, Bordeaux, Lyon, Besançon, Toulouse, Caen, Lille) ainsi que dans les régions d’Ile-de-France et de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (recteurs des académies de Paris et d’Aix-Marseille). Chacun d’entre eux mène, en lien avec le préfet préfigurateur et les autres recteurs concernés, la concertation avec les organisations syndicales pour élaborer un projet d’organisation inter-académique, pouvant aller de dispositifs de coopération renforcée à une intégration conduisant à une fusion d’académies. Ces projets de convergence sans alignement sur les nouvelles régions feront également l’objet de décisions en juillet 2015". Plus d’infos sont disponibles sur le site du ministère.

Parmi les brèves, Bernard Desclaux a relevé celle de La Nouvelle République qui nous apprend que 5 centres d’information et d’orientation (CIO) vont être fermés dans la Vienne. Plusieurs CIO ont été fermés ces dernières années. Les directeurs de ces établissements et les conseillers d’orientation psychologues sont peu représentés. Ces fermetures ne provoquent donc que peu d’émoi.

Enfin, le site du Ciep nous informe que " la collection complète des numéros de la Revue internationale d’éducation de Sèvres est désormais accessible en ligne sur la plateforme en sciences humaines et sociales OpenEdition revues.org. Un libre accès à ses archives est offert à la communauté des chercheurs, des étudiants, des acteurs de l’éducation, ainsi qu’à tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’éducation dans le monde. La mise à disposition de tous les numéros au format numérique conclut un projet commencé il y a quatre ans. Des index détaillés par mots-clés, par pays et par auteurs facilitent les recherches".

Demain c’est Géraldine Duboz qui sera à la manœuvre de la revue de presse.

Pascal Thomas
(et toutes les petites mains qui ont œuvré discrètement dans l’arrière-salle de la revue)

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

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Published by christophe - dans Education Medias Réforme College
23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 15:46

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Published by christophe - dans Musi
23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 15:34

HÉRODE

Vous voyez, vous ne m'écoutez pas. Mais soyez calme. Moi, je suis très calme. Je suis tout à fait calme. Écoutez. J'ai des bijoux cachés ici que même votre mère n'a jamais vus, des bijoux tout à fait extraordinaires. J'ai un collier de perles à quatre rangs. On dirait des lunes enchaînées de rayons d'argent. On dirait cinquante lunes captives dans un filet d'or. Une reine l'a porté sur l'ivoire de ses seins. Toi, quand tu le porteras, tu seras aussi belle qu'une reine. J'ai des améthystes de deux espèces. Une qui est noire comme le vin. L'autre qui est rouge comme du vin qu'on a coloré avec de l'eau. J'ai des topazes jaunes comme les yeux des tigres, et des topazes roses comme les yeux des pigeons, et des topazes vertes comme les yeux des chats. J'ai des opales qui brûlent toujours avec une flamme qui est très froide, des opales qui attristent les esprits et ont peur des ténèbres. J'ai des onyx semblables aux prunelles d'une morte. J'ai des sélénites qui changent quand la lune change et deviennent pâles quand elles voient le soleil. J'ai des saphirs grands comme des neufs et bleus comme des fleurs bleues. La mer erre dedans, et la lune ne vient jamais troubler le bleu de ses flots. J'ai des chrysolithes et des béryls, j'ai des chrysoprases et des rubis, j'ai des sardonyx et des hyacinthes, et des calcédoines et je vous les donnerai tous, mais tous, et j'ajouterai d'autres choses. Le roi des Indes vient justement de m'envoyer quatre éventails faits de plumes de perroquets, et le roi de Numidie une robe faite de plumes d'autruche. J'ai un cristal qu'il n'est pas permis aux femmes de voir et que même les jeunes hommes ne doivent regarder qu'après avoir été flagellés de verges. Dans un coffret de nacre j'ai trois turquoises merveilleuses. Quand on les porte sur le front on peut imaginer des choses qui n'existent pas, et quand on les porte dans la main on peut rendre les femmes stériles. Ce sont des trésors de grande valeur. Ce sont des trésors sans prix. Et ce n'est pas tout. Dans un coffret d'ébène j'ai deux coupes d'ambre qui ressemblent à des pommes d'or. Si un ennemi verse du poison dans ces coupes elles deviennent comme des pommes d'argent. Dans un coffret incrusté d'ambre j'ai des sandales incrustées de verre. J'ai des manteaux qui viennent du pays des Sères et des bracelets garnis d'escarboucles et de jade qui viennent de la ville d'Euphrate... Enfin, que veux-tu, Salomé ? Dis-moi ce que tu désires et je te le donnerai. Je te donnerai tout ce que tu demanderas, sauf une chose. Je te donnerai tout ce que je possède, sauf une vie. Je te donnerai le manteau du grand prêtre. Je te donnerai le le voile du sanctuaire.

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Published by christophe - dans Littérature
23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 14:03

Jacqueline de Romilly  a rejoint Aristophane, Sophocle et Thucydide... C'était il y  quelques années...

Sans doute est-elle plus heureuse en leur compagnie tant elle a souffert de la défaite des Humanités en France... Défaite ancienne, lente et aux multiples causes... A relativiser dans certains cas... Le temps me manque pour développer...

Cette disparition -mais disparaît-on totalement quand on laisse une oeuvre?- m'inspire  ces quelques réflexions, trop rapides sans doute.

Oui Madame de Romilly avait raison d'hurler à la mort annoncée des lettres classiques. Comme les professeurs d'allemand ont raison aujourd'hui d'avoir peur de la disparition lente mais inéluctable de l'enseignement de la langue de Goethe.

Ces deux matières ont en commun d'être infectées poutant d'un terrifiant virus. Le grec -plus encore que le latin- et l'allemand, tout le monde le sait et en premier lieu les parents "bien informés", ont servi, servent encore, d'outils puissants pour contourner la carte scolaire (qui n'a en rien véritablement disparu) et ont toujours été présentés comme des matières dites "nobles" contrairement aux autres. A tel point que les Lettres Modernes furent longtemps considérées en parents pauvres par les Lettres Classiques. Ayant fait les deux, je peux en témoigner...

Cet élitisme -ce n'est en aucun cas un mot grossier dans ma bouche et je défends l'élitisme quand il s'adresse à toutes et tous- a peu à peu vidé les salles de cours d'allemand et de grec. Je me souviens, en grec justement au lycée... C'était dans les années 1974/75... Nous étions douze en seconde, huit en première et quatre en terminale. Aujourd'hui les collègues d'allemand "draguent" littéralement les élèves pour les supplier de choisir leur langue. Je me souviens de l'une d'entre ces collègues user de tous les subterfuges imaginables pour conquérir quelques uns. Et déprimer beaucoup en constatant l'échec de son entreprise pourtant passionnée et passionnante.

Je déplore cette désertion fort ancienne et contre laquelle on n'a pas entendu souvent ni faisant autant de "bruit" quelques syndicats soudain réveillés! Mais elle s'explique par le fait d'avoir, sans doute par amour sincère de leurs matières, voulu toujours placer Aristophane et Schiller sur des sommets inaccessibles au commun des élèves.

A tel point qu'un jour, il n'y eût plus aucun élève...

La vulgarisation des Humanités en eût évité l'abandon...

En eût évité aussi la détresse d'une admirable Jacqueline de Romilly...

Vive le latin! Vive le grec! Pour toutes et tous!

Christophe Chartreux

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Published by christophe - dans Education Réforme
23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 13:10

Je viens de lire un ouvrage, passé trop inaperçu à mon goût, écrit par Bernard Stiegler (philosophe) et Serge Tisseron (pédopsychiatre), intitulé : Faut-il interdire les écrans aux enfants ?, Edition Mordicus. Alors qu'aujourd'hui un enfant de 12 ans passe 1200 heures par an dévant un écran de télévision, et de télévision seulement, quand il n' en passe que 900 à l'école, toujours pendant un an, la question mérite en effet d'être posée.

Pour Tisseron, la télévision ne présente pas les dangers que beaucoup lui attribuent. L'enfant contemporain, né après l'arrivée des nouvelles technologies informatiques, maîtriserait bien mieux que ses parents et à fortiori ses grands-parents l'outil "télévision". On parle même, pour cette génération, de Digital Natives.

Le discours de Bernard Stiegler est tout à fait à l'opposé. Il n'hésite pas à parler d'addiction aux écrans. Une addiction alimentée par les professionnels du marketing qui, par des méthodes savantes, sont parvenus à remplacer le désir par la pulsion. Les cibles visées sont, en outre, de plus en plus jeunes. J'ai par exemple découvert récemment l'existence d'une chaîne dont les programmes sont exclusivement destinés aux 3 mois / 3 ans ! (Baby First TV). On entre là ans le "Digital NEW Natives"! A quand des émissions que pourraient suivre nos bambins avant même leur arrivée dans ce monde quand même passablement fou ?

Les pouvoirs publics seraient bien avisés de réfléchir, de proposer, de légiférer afin de rendre au désir la place qu'il perd peu à peu, qu'il a perdu pour toute une génération. Entendre nos députés débattre du désir... Voila qui ne pourrait qu'attirer les... caméras ! Mais, avant de légiférer, sans doute serait-il temps que l'Ecole, oui encore elle, s'empare de cet apprentissage de l'écran. Le monde associatif, l'Education Populaire pourraient, en même temps, informer et instruire des parents qui, chaque matin, allument la petite lucarne, machinalement, comme on appuie sur le bouton de la machine à café... par pulsion. Quand ce ne sont pas les enfants eux-mêmes scotchés, télécommande en main, devant des programmes souvent affligeants dont on a même supprimé les génériques afin de maintenir nos chérubins "en éveil"... Afin, aussi, de leur imposer des publicités elles-aussi très ciblées.

Lisez ce petit livre qui confronte deux visions et faites votre choix... Le mien est fait... A la pulsion, je préférerai toujours le désir !

Christophe Chartreux

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Published by christophe - dans Pedagogie Ecran
23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 12:00

Mais quel foin ! L’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, professeur d’allemand dans une autre vie, a adressé la semaine dernière une lettre ouverte à Najat Vallaud-Belkacem pour lui faire part de son inquiétude. «La réforme du collège aura pour conséquence la disparition de nombreuses classes bilangues […] qui ont permis à l’allemand de rester la troisième langue vivante enseignée en France.» Cet enseignement, insiste-t-il, se situe «au cœur de la coopération franco-allemande». Une soixantaine de députés du groupe d’amitié France-Allemagne en ont remis une couche dès le lendemain.

De l’autre côté de la frontière, c’est encore pire : cette décision de revenir sur les classes bilangues irrite jusqu’au sommet. Le gouvernement allemand a réagi de façon inhabituellement virulente. «Ce projet ne doit pas voir le jour», a balancé la secrétaire d’Etat, Maria Böhmer. La chancelière, Angela Merkel, et le ministre des Affaires étrangères seraient prêts à peser de tout leur poids contre la décision de la ministre française de l’Education. Pourquoi des réactions aussi enflammées ?

Engagement. L’enjeu dépasse largement le cadre pédagogique, il est politique. Et diplomatique. Le traité de l’Elysée, qui lie depuis 1963 la France et l’Allemagne, prévoit explicitement que «les deux gouvernements s’efforc[ent] de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre d’élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande.» Un engagement réaffirmé lors des cérémonies du cinquantième anniversaire du traité par François Hollande et Angela Merkel.

Sauf que, dans les faits, c’est plus compliqué. Les petits Français veulent de moins en moins apprendre l’allemand. Et les petits Allemands ne se passionnent guère plus pour le français. En France, les collégiens ne sont plus que 6,5% à opter pour l’allemand en première langue et 14,6% en deuxième langue en quatrième. Les classes bilangues anglais-allemand permettaient de doper les effectifs, en rameutant 11% des sixièmes. Soit, tout cumulé, 485 000 collégiens. D’où l’inquiétude. La ministre veut rassurer, affirmant même son «ambition» de le «développer». Pour preuve, dit-elle, les classes bilangues seront maintenues pour les élèves ayant commencé l’allemand en primaire et le nombre de postes de profs d’allemand au concours est passé de 199 en 2010 à 514 l’année dernière.

Désintéressement. Côté allemand, moins d’un tiers des élèves apprennent le français, chiffre en baisse. En 2011, 1,5 million de collégiens suivaient des cours de français, soit 300 000 de moins qu’en 2007. Du coup, pour respecter le fameux traité, dans certains Länder, comme le Bade-Wurtemberg (frontalier), le français est obligatoire dès le primaire, au grand dam des parents. 470 écoles primaires et 60 lycées sont concernés (à l’exception de quelques établissements proposant le latin en première langue obligatoire). Mais les familles se révoltent contre le diktat du français. Plusieurs plaintes ont été déposées depuis l’introduction de l’obligation dans le primaire, en 2002, et à partir du secondaire, en 2007. La mesure est jugée injuste et discriminatoire parce que défavorisant certains enfants sur le marché du travail. La Sarre (elle aussi frontalière avec la France) va plus loin encore. La région a décidé d’introduire le français pour tous dès le jardin d’enfants, avec l’objectif de devenir bilingue à l’horizon 2043, date à laquelle une nouvelle génération arrivera sur le marché du travail… L’Office franco-allemand pour la jeunesse s’inquiète : «La mesure unilatérale française va avoir des conséquences sur l’apprentissage du français en Allemagne.» Il sera bien plus difficile pour les autorités de continuer à soutenir - ou à imposer par endroits - le français en première langue.

 

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