Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 09:59

http://www.pratique.fr/aides-etat-education.html

La «dette» semble devoir être le maître-mot de la campagne présidentielle. A quelques mois de l’élection, c’est autour de cet enjeu – de sa genèse comme des propositions en vue de sa résorption – que se structure l’essentiel du débat. Mais de quoi parlons-nous au juste ? La question mérite d’être posée, car la dette que nous devrons affronter en mai prochain, si les Français font confiance à François Hollande et à la gauche, n’est pas unidimensionnelle. La dette «budgétaire» en cache une autre, tout aussi profonde dans son contenu, tout aussi importante à réduire pour l’avenir de notre pays. Il s’agit de la dette éducative. Pour un gouvernement de gauche, l’héritage de la droite en mai 2012, ce ne sera pas seulement des comptes publics grevés par des années d’impérities budgétaires et de cadeaux fiscaux aux plus fortunés. L’héritage, ce sera aussi une blessure sans précédent dans notre histoire républicaine : la blessure faite à l’école.

En cinq ans, presque 10% des effectifs enseignants ont été supprimés. La formation des professeurs a été réduite à néant, tant et si bien que 70% des nouveaux enseignants se retrouvent devant leurs classes, à temps complet, sans avoir reçu de formation pratique ni avoir rencontré un seul élève. Les réseaux d’aide spécialisés aux élèves en difficulté ont été démantelés. La scolarisation des moins de 3 ans, que l’on sait essentielle pour la lutte contre les inégalités et l’échec scolaire, est passée de 35% à 13%. Autant de mesures dictées par un seul impératif : réduire les coûts quelqu’en soit le prix. Sans compter les diatribes insensées pour décréter le curé et le pasteur plus compétents que l’instituteur pour renseigner sur le sens de la vie. Choix de valeur et choix budgétaire marchent toujours ensemble.

Les conséquences de cette politique court-termiste à forte teneur idéologique sont déjà visibles : la France, a continuellement chuté depuis 2000 dans tous les classements internationaux qui évaluent les résultats des élèves. Elle est désormais le pays de l’OCDE où les inégalités sociales ont l’impact le plus fort sur les inégalités scolaires, où le taux d’encadrement en primaire est le plus faible (5 enseignants pour 100 élèves). Le métier n’attire plus et le ministère peine à trouver des candidats pour les quelques postes qu’il offre encore. Près de 150 000 jeunes sortent sans qualification du système scolaire. Les performances des élèves à l’entrée en 6e, pour la maîtrise de la langue comme pour les mathématiques, ne cessent de se dégrader. Les évaluations nationales, celles de la Cour des comptes ou du Haut Conseil à l’éducation, viennent confirmer ce piteux diagnostic. Les intérêts de cette dette éducative, ce sont nos enfants qui vont devoir les payer, à moyen comme à long terme. Le gouvernement essaie par tous les moyens de cacher son échec. Le ministre Châtel entrave la publication de rapports de l’Inspection générale de l’éducation nationale qui l’accablent.

Nos liquidateurs en chef de l’Education nationale voudraient échapper à leurs responsabilités. Ils ne trompent plus qu’eux-mêmes : parents d’élèves comme enseignants, observateurs internationaux comme responsables nationaux, tous convergent pour dire que la dette éducative de notre pays s’est, ces cinq dernières années, creusée comme jamais.

Autant dire que le triple A de l’éducation, la France l’a perdu depuis longtemps. Et pour longtemps si l’on ne réagit pas très vite. C’est le sens de la priorité donnée à la jeunesse et à l’éducation par François Hollande et par le projet de refondation de l’école de la République qu’il porte. L’ampleur de la dévastation est telle qu’on ne pourra en faire l’économie. Donner les moyens à l’école de réussir sa mission, ce n’est pas dépenser, c’est investir dans l’avenir. Même Standard & Poor’s – qui n’a pas toujours brillé par autant de clairvoyance – nous le dit : la clé de la croissance de demain se trouve dans les investissements massifs que nous devons faire aujourd’hui dans l’enseignement, la formation et la recherche, de la maternelle aux doctorats, et au-delà.

Mais les moyens n’ont de sens qu’en ce qu’ils permettent de servir des fins. Celles-ci s’appellent pour nous : briser le noyau dur de l’échec scolaire, mettre sur pied une formation initiale et continue des enseignants digne de ce nom, réformer les rythmes scolaires, faire évoluer le métier d’enseignant, revaloriser l’enseignement professionnel.

Des fins d’efficacité, mais aussi de justice. Creuser la dette éducative, c’est creuser le sillon de notre déclin collectif. L’inverse est tout aussi vrai : le redressement de la France, de son modèle républicain et de son économie, passe par la refondation de son école et l’investissement dans la connaissance. C’est le projet que porte François Hollande.

Vincent Peillon

http://www.vincent-peillon.fr/lautre-dette-est-educative/2418

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
Voir les 0 commentaires
Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 18:28
Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
Voir les 0 commentaires
Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 18:16

A peine Rassoul a-t-il levé la hache pour l'abattre sur la tête de la vieille dame que l'histoire de Crime et châtiment lui traverse l'esprit. Elle le foudroie. Ses bras tressaillent ; ses jambes vacillent. Et la hache lui échappe des mains. Elle fend le crâne de la femme, et s'y enfonce. Sans un cri, la vieille s'écroule sur le tapis rouge et noir. Son voile aux motifs de fleurs de pommier flotte dans l'air avant de choir sur son corps replet et flasque. Elle est secouée de spasmes. Encore un souffle ; peut-être deux. Ses yeux écarquillés fixent Rassoul, debout au milieu de la pièce, l'haleine suspendue, plus livide qu'un cadavre. Son patou tombe de ses épaules saillantes. Son regard effrayé s'absorbe dans le flot de sang, ce sang qui coule du crâne de la vieille, se confond avec le rouge du tapis, recouvrant ainsi ses tracés noirs, puis ruisselle lentement vers la main charnue de la femme qui tient ferme une liasse de billets. L'argent sera taché de sang. 

Bouge, Rassoul, bouge ! 

Inertie totale. 

Rassoul ? 

Qu'est-ce qui lui prend ? A quoi pense-t-il ? 

A Crime et châtiment. C'est ça, à Raskolnikov, à son destin. 

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
Voir les 0 commentaires
Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 12:44

http://www.encyclopedie-bourges.com/loi1905.htm

François Hollande a fait preuve d'un certain cran et levé un espoir en annonçant la "constitutionnalisation de la loi de 1905". Ce serait un progrès. L'actuelle Constitution se contente de proclamer la République comme "laïque", sans la moindre précision. Ce qui laisse libre court à toutes les interprétations. Bien des nations se disent laïques et ne renoncent pas pour autant à mêler politique et religieux. La loi de 1905 donne à la laïcité française toute sa consistance, en affirmant la séparation des Eglises et de l'Etat. Son article 2 précise : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte".
Voilà pour les principes. Dans les faits, la cloison souhaitée par la loi de 1905 est percée de partout. Certains territoires de la République y échappent pour des raisons historiques mais aussi politiques. Le fait que l'Alsace et la Moselle aient réintégré le giron français après la loi de 1905 est invoqué pour conserver un statut concordataire. L'Etat y indemnise des prêtres, des pasteurs ou des professeurs croyants pour faire du prosélytisme en classe, sous couvert de cours sur la morale et sous le magistère d'un crucifix. Les enfants de musulmans, d'athées ou d'agnostiques doivent faire des pieds et des mains pour obtenir une dispense. Ce qui n'est ni laïque ni égalitaire.

Ailleurs, ce sont les élus locaux - de droite comme de gauche - qui contournent par tous les moyens la loi de 1905 pour répondre aux demandes insatiables d'associations religieuses. Que ce soit pour construire des lieux de culte, financer des centres d'abattage rituel ou subventionner des crèches loubavitch. Une dérive encouragée par le Conseil d'Etat, qui semble vouloir faire passer les "accommodements religieux" avant le principe de séparation.

L'annonce de François Hollande au Bourget, le 22 janvier, promet d'y mettre un coup d'arrêt. C'est dire si elle est importante et si les critiques allaient pleuvoir. Après avoir ironisé sur le fait que cela ne changeait rien, l'UMP s'est mise à hurler que cela changeait tout. Nicolas Sarkozy est allé jusqu'à parler d'une vision "intégriste de la laïcité" qui menace le "consensus".

Alsace et Moselle

Un excès peu surprenant dans la bouche du président. Lui qui a renoncé in extremis à "toiletter la loi de 1905" parle d'encourager les citoyens "à croire" et souhaite une laïcité plus "positive", c'est-à-dire plus ouverte aux religions.

Le premier effet de cette annonce est d'avoir poussé Nicolas Sarkozy à dévoiler sa vision profondément concordataire de la laïcité. Le deuxième est plus mitigé. Lu dans le détail, le programme de François Hollande prévoit d'inscrire dans la Constitution les principes énoncés "au titre du titre premier de la loi de 1905", soit ses articles 1er et 2. Autrement dit, renforcer le principe de séparation et stopper l'évolution vers une laïcité à l'anglo-saxonne, dite "ouverte" ou "positive". Mais il est aussitôt précisé : "sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle". Au risque de renoncer à l'égalité des départements devant la loi de 1905 et à en faire des territoires perdus de la laïcité. Cette reconquête demanderait, il est vrai, bien plus que du cran. Un sacré courage.

Essayiste et journaliste, rédactrice en chef de la revue ProChoix, Caroline Fourest est l'auteure notamment de La Dernière Utopie (Grasset, 2009) et de Libres de le dire, avec Taslima Nasreen (Flammarion, 2010).

Caroline Fourest

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/27/loi-de-1905-la-constitution-et-le-courage_1635566_3232.html

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
Voir les 0 commentaires
Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 12:34

L'affaire des étudiants étrangers virés de France par la circulaire Guéant se poursuit.

Le blog {Sciences²} publie ci-dessous la lettre envoyée hier au Premier Ministre François Fillon par le mathématicien Michel Broué. Il y dénonce le scandale que constitue le refus de titre de séjour à un jeune chercheur biélorusse particulièrement brillant, Trafim Lasy.

Trafym Lassy doit soutenir le 2 février prochain une thèse en mathématiques à l'Université Denis Diderot (Paris-7) devant un jury international de très haut niveau. Et ensuite ?

Voici ce qu'en écrit Michel Broué : «Et ensuite ? Eh bien ensuite, et ensuite seulement, Trafim Lasy pourra se porter candidat post-doctorant dans diverses institutions, en France ou ailleurs. Pour ce faire, il devra subir des interviews, publier tout ou partie de sa thèse, et continuer quelques mois encore à travailler dans l’équipe ou il a été formé. C’est en tout cas ainsi que cela se serait passé en France jusqu’à cette année, et c’est ainsi que cela se passe dans tous les pays civilisés et scientifiquement actifs. Mais qu’arrive-t-il ici ?

Le titre de sejour de«"travailleur temporaire» dont bénéficiait Trafim Lasy expire le 7 fevrier prochain, et on lui dit qu’il doit retourner en Bielorussie, «puisqu’il ne dispose pas de ressources suffisantes pour subvenir durablement a ses besoins et ne peut donc pas être considere comme ayant une résidence stable sur le territoire francais».

On perd la tête, je pense. On lui dit qu’il doit quitter la France, là, tout de suite, puisque ses études sont finies. On ne va donc pas permettre à ce jeune homme d’organiser son avenir une fois sa thèse soutenue, on ne va pas lui laisser le temps d’obtenir le post-doc indispensable à son avenir de chercheur ? On va donc lui interdire l’acces a cette vocation, à ce métier de chercheur pour lequel nous le préparons depuis près de dix ans ? «On» est tout simplement inculte, incompétent, et «on» saccage le travail de la communauté scientifique !

Monsieur le Premier ministre, cette situation est inacceptable, au plein sens du terme. Je ne l’accepte pas, et je n’imagine pas qu’un seul de mes collegues ait une reaction différente de la mienne. Vous pouvez sans doute obtenir de votre gouvernement qu’une solution immediate soit trouvée à cette impasse grotesque. Comme il y a urgence, et comme ce probleme n’est malheureusement pas le seul de son genre, je prends la liberté, Monsieur le Premier ministre, de faire de cette lettre une espèce de lettre ouverte.»

Voici copie intégrale de sa lettre ( ici en pdf)

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/01/etudiants-%C3%A9trangers-m-brou%C3%A9-d%C3%A9nonce-un-scandale-%C3%A0-fran%C3%A7ois-fillon.html

 

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

Liens

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés