Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 18:03

 

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
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Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 17:42

Dans le train, je ferme les yeux, je fais semblant de dormir, et je me souviens de la voix de la Fille à l’héroïne: C’est si chaud, tu sais, si chaud; dans ma chambre, j’ai collé au plafond des étoiles et chaque fois que me couche, que je renverse la tête, chaque fois je vais dans ce vide qui n’est plus le vide, qui n’est plus l’espace, qui n’est plus le néant, c’est là que je voudrais être, parce que c’est là que je pourrais retrouver ma sensation de n’être plus rien, d’être légère, d’être dans la poussière, d’être volatile, de pénétrer le monde et non l’inverse, tu comprends? Tu penses que je suis une paumée de droguée, n’est-ce pas ? Et tu te sens salie parce que je ne t’ai rien dit, ma drogue est d’une grande douceur, c’est ma maison à moi, c’est mon trou aussi, et j’aime y dormir, et j’aime m’y enfoncer, je suis un petit chien recroquevillé près d’un feu et je suis le feu de ce petit chien je suis la houle en mer et je suis le radeau qui se laisse emporter, je ne me quitte pas, chaque fois ce sont des retrouvailles, chaque fois je me regarde enfin, de moi à moi, tu comprends, sans le bruit du monde, sans ses forces, sans sa mécanique, je marche à l’envers et je sais que c’est le bon sens, la drogue, c’est cela chez moi, c’est mon intelligence, et je ne suis pas comme les paumés de Stalingrad, ne crois pas cela, moi je sais ce qu’il y a en moi, je sais ; Quand je tiens ma poudre, dans mon poing fermé, je suis déjà partie, tu sais, partie, les lumières de Paris sont dans ma tête et elles sont tellement plus belles que les tiennes, mon océan s’ouvre à l’intérieur de mon corps et je nage en moi, je nage dans ce qu’il y a de plus beau: mon corps ressuscité; Je suis mon enfant et je suis la mère de cet enfant, je pense en multiples, toi tu n’as que des opinions, moi je suis l’idée et bien plus encore, je vois ce que tu ne verras jamais, je vois la vérité des choses, je vois le sens avant la forme, j’entends le mot avant la voix, je sais la mort avant la vie, et je n’ai plus peur de rien, tu sais, c’est la peur qui dévore le cerveau, c’est la peur qui dévore le corps, c’est la peur qui brise les liens, moi je n’ai pas peur, parce que j’existe à partir de la peur, tu comprends? Je vais loin dans le ciel, et mes bras sont immenses quand ils portent les nuages.

http://www.tricotin.net/France/75/SalonLivre/B/pages/Bouraoui%20Nina.htm

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
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Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 17:20

Lorsque j'ai commencé, il y a huit ans déjà, à réfléchir aux billets qui ouvrirait la série de ceux que j'écris désormais irrégulièrement, j'ai immédiatement pensé à parler d'école. C'était l'évidence... Il ne pouvait en être autrement.

Professeur, passionné d'éducation et de pédagogie, amoureux des livres et des textes, transporté par les sourires ou les larmes des enfants, attendri par un paysage, catastrophé de constater les ravages de la bêtise télévisée, je devais parler d'école, d'élèves, d'enseignants, de pédagogie, du métier, du plus beau métier du monde, celui qui comble l'immensité entre les générations, celui qui fait de nous des "passeurs", des amants du langage, des amoureux des savoirs, de tous les savoirs qui appartiennent à tous sans exclusive et qu'il nous est impératif de donner en partage. Qui fait de nous des découvreurs de terres vierges, "Christophe Colomb" abordant les Amériques de la littérature, des sciences, des arts, des techniques, des sports, non pour les asséner magistralement à un public passif, résigné, esclave de son ennui mais pour les délivrer à des élèves heureux... Si possible heureux... 

Je devais parler d'école quand, il y a quelques années, je tombai sur quelques articles consacrés à une autre rentrée : la rentrée littéraire... Pas de cloches qui sonnent, pas de cahiers neufs, pas de cris dans les cours, pas de mains qui se lèvent... Non, juste la mise en lumière de trois grâces ! Car on parlait beaucoup, et beaucoup trop, de nos trois grâces : Catherine Millet, Christine Angot et Amélie Nothomb... Accordons à Catherine Millet le mérite d'avoir écrit un beau livre traitant la jalousie : Jour de souffrance (Flammarion, Paris, 2008). En revanche, il y avait Amélie Nothomb ou pire, Christine Angot narrant par le menu ses amours avec Doc Gynéco !... Pourquoi la critique littéraire mettait-elle en avant des auteurs à la mode, même quand les livres sont mauvais ? Car les deux derniers étaient mauvais ! Mais étaient à la mode, dans l'air du temps... Quel triste temps ! Laissez donc ces stars surfaites de coté...

J'avais alors conseillé, si vous aimez les ailes féminines, de lire plutôt Nina Bouraoui. Son dernier ouvrage de l'époque était et reste un régal des sens et de l'esprit, l'un et l'autre intimes : Appelez-moi par mon prénom (Stock, Paris, 2008). Quelques lignes :

« Dans la rue mon regard couvrait les hommes et les femmes. J'imaginais le nombre de rendez-vous manqués. L'amour dépendant du hasard en devenait fragile et irréel. Je me sentais appartenir au monde, à son coeur, à ses pulsations. La vie me semblait liquide. Tout coulait autour de moi comme la sève des arbres, comme la salive ou la sueur, comme les pluies d'orage, comme tout ce que j'imaginais de lui, son odeur et son souffle, sa force et sa douceur ».

Par comparaison, je ne résiste pas au « plaisir » de vous livrer quelques lignes de Christine Angot dans Le Marché des Amants (Seuil Paris, 2008). C'est Claire Devarrieux dans Libération qui disait avoir beaucoup aimé. Du second degré j'espère ! Même pas sans doute ! « J'essaierai de t'expliquer comme t'es difficile à vivre. Mais t'es une fille bien comme on dit chez nous » (Doc parlant de Christine). « Il dit voilà, voi-là en montant sur la dernière » (syllabe). Commentaire de la critique de Libération : « C'est l'un des charmes de l'écriture d'Angot : on entend tout ce qui se dit ». Pourquoi alors préciser, chère Christine : « ...en montant sur la dernière » ? Le silence, le vrai, a des charmes que vous semblez ne pas connaître... Et Claire Devarrieux de s'embraser enfin : "Quelle fille ne se reconnaîtra pas, à l'arrière du scooter, dans la phrase suivante : (c'est bien connu, les filles ne sont JAMAIS à l'avant des scooters - note de l'auteur du présent billet) : « Mes bras autour de Bruno, sur ses flancs bien doux, bien ronds, je me calais derrière lui, je glissais mes mains sous son blouson » ?... « Il était spontané, impulsif, dans l'instant, moi j'avais besoin de m'organiser » Et il y en a plus de 300 pages... quand même !

Je devais parler d'école... J'en ai parlé... L'école est dans le monde, et non à côté de lui. Il en est d'elle comme des livres... Elle est ouverte à nos curiosités ; elle se "lit" elle aussi, avec délectation, comme les phrases de Nina Bouraoui, l'école et ce qu'on imagine d'elle...

L'école... "Son odeur et son souffle, sa force et sa douceur"...

Christophe Chartreux

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
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Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 17:08

Environ 140 000 jeunes quittent, chaque année, l’école sans aucun diplôme. Mais ils sont aujourd'hui 900 000 à n'être ni en formation, ni en études, ni en recherche d'emploi. Une enquête du ministère de l'éducation montre comment cette difficulté à résorber le nombre de jeunes pas ou peu formés est un moteur de la crise sociale. 

La publication l’an dernier des résultats de l’enquête PISA, consacrant le système scolaire français comme le plus inégalitaire des pays de l’OCDE, avait créé un électrochoc. La France découvrait qu’en dépit de ses discours et postures républicaines, elle était devenue le pays où les résultats scolaires sont le plus corrélés au milieu social d’origine.  

La dernière livraison de statistiques produites par la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l'éducation) sur l’état de l’école détaille à la fois le niveau de financement, le fonctionnement et les résultats du système scolaire français. Surtout, elle apporte un éclairage particulièrement intéressant sur la manière dont la crise scolaire croise la crise sociale et l’alimente.

Si globalement le pays parvient à emmener un nombre important de jeunes vers une qualification générale (72 % de la population des 20-24 ans en 2013 a le bac), avec sur ce point un considérable effort depuis trente ans, le nombre de laissés-pour-compte du système – ceux qui le quittent avec peu ou pas de qualification – est, lui, très préoccupant. Il explique d’ailleurs en grande partie la contre-performance de la France aux tests PISA puisqu’elle continue, par ailleurs, et semble s’en satisfaire, de former une petite élite de très bon niveau. « Ce petit nombre de jeunes très bien formés ne compense pas le fait que le wagon de queue est trop important », résume Catherine Moisan, la directrice de la DEPP. 

Si les 20-24 ans possèdent un niveau de diplôme plus élevé que le reste de la population, les jeunes très peu qualifiés (aucun diplôme ou juste le brevet) représentaient l'an dernier 14 % de cette tranche d’âge. L’étude publiée ce vendredi 17 octobre montre ainsi que 9 % des élèves sortent du système avant d’avoir atteint une classe diplômante (CAP/BEP/bac/brevet professionnel). Depuis plus de dix ans, le nombre des « décrocheurs », avec de légères variations, stagne. Et ce sont donc entre 140 000 et 150 000 jeunes qui, chaque année, quittent l’école sans aucun diplôme.

Dans le contexte économique actuel, précise la directrice de la DEPP, « le danger de se retrouver au chômage quand on n’a pas de diplôme n’a jamais été aussi fort ». Un à quatre ans après avoir quitté leur formation initiale, 10 % des diplômés du supérieur sont au chômage, contre 25 % pour ceux qui n’ont que le bac ou un CAP/BEP. Et ils sont 49 % lorsqu’ils n’ont que le niveau brevet ou rien. « Nous avons 900 000 jeunes aujourd’hui en stock qui ne sont ni en formation ni en études et qui ne cherchent pas d’emploi. C’est une vraie préoccupation économique et sociale. » Leur profil est évidemment variable et recouvre des situations contrastées, du jeune qui veut prendre une année sabbatique à la jeune mère au foyer ; leur nombre montre quand même avant tout le découragement des peu ou pas diplômés à entrer sur le marché du travail.

Ce taux de jeunes ni en études, ni en formation, ni en emploi, les NEET (« not in employment, education or training », un indicateur européen mesuré depuis 2010) représente en France 15 % des 15-29 ans, comme l’avait récemment montré une étude du Conseil d’analyse économique soulignant les faiblesses de l’enseignement professionnel comme « de l’accompagnement vers l’emploi des jeunes les moins qualifiés ».

Avoir un diplôme professionnel ne protège pas toujours du chômage. « En 2013, trois ans après leur sortie du système scolaire, 22 % des jeunes actifs sont en recherche d’emploi, plus haut niveau observé dans les enquêtes d’insertion du Cereq. Face à la crise les écarts entre niveau de diplôme se creusent et les peu diplômés s’insèrent de plus en plus difficilement. » Pour les titulaires d’un BEP/CAP, l’insertion professionnelle s’est très nettement dégradée en dix ans, passant de 17 % de taux de chômage après trois ans à 31 %.

L’intérêt de l’enquête de la DEPP est de montrer comment l’incapacité de l’école à résorber en amont le taux d’élèves faibles – le talon d’Achille du système français – nourrit cette crise sociale. « Nous avons comme caractéristique d’avoir un noyau dur d’élèves en difficulté qui ne diminue pas », souligne Catherine Moisan. 

Le destin scolaire des élèves les plus faibles se fige de plus très tôt puisqu’en fin de CM2, 30 % des élèves ne maîtrisent pas « les principaux éléments de mathématiques », et 20 % n'ont pas la « maîtrise de la langue française ». Des lacunes qui, on le sait, sont ensuite difficilement rattrapables et suscitent des départs précoces de l’école.

Le lien entre échec scolaire et difficulté à s’insérer professionnellement est d’autant plus choquant en France que les inégalités sociales pèsent bien plus fort qu’ailleurs. Les chances d’acquérir les savoirs de base dans les établissements de l’éducation – où se concentrent les difficultés sociales – sont ainsi bien moindres que dans les établissements « classiques », montre l’enquête. « Nous sommes plus inégalitaires que le Royaume-Uni ou l’Allemagne, des pays qui nous ressemblent et où il y a des inégalités comme chez nous, des ghettos urbains comme chez nous », précise la directrice de la DEPP.

Le sous-financement de l’école primaire, rappelé par l’enquête, est évidemment une nouvelle fois pointé du doigt. Pour la directrice de la DEPP, il y a surtout une difficulté en France à penser l'école en termes de « réussite collective ». « Si l'on continue à percevoir l’école comme une somme d’intérêts particuliers, à penser à la réussite de son enfant uniquement, les inégalités vont augmenter », ajoute-t-elle. 

Lucie Delaporte

http://www.mediapart.fr/journal/france/171014/resultat-de-la-crise-scolaire-900000-jeunes-sont-hors-systeme

Par christophe - Publié dans : profencampagne - Communauté : Pédagogie-Education.
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Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 16:25

La semaine dernière Nicolas Sarkozy a déclaré dans deux meeting successifs qu'il fallait augmenter de 30% le temps de travail des enseignants, augmenter de 30% leur rémunération, et diminuer de 30% leur nombre.

Mercredi dernier, lors d'une réunion publique à Toulouse, l'ancien président de la République candidat à la présidence de l'UMP a repris une idée qu'il avait déjà formulée lors de sa campagne pour les présidentielles de 2012 « augmentation de la durée de travail des enseignants afin que chacun puisse consacrer 4 ou 5 heures en plus pour aider en dehors de la classe des enfants dans l'établissement qui ont du mal à suivre », mais en situant cette ancienne proposition dans un ensemble tout à fait nouveau destiné sans doute à'' frapper les esprits'' : « 30% d'heures en plus pour les enseignants, 30% de rémunération en plus pour les enseignants, et 30% d'enseignants en moins : cela me semble une politique adaptée à la situation que connaît notre pays ».

 Selon les statistiques du ministère de l'Education nationale, il y avait 840 000 enseignants en France pour l'année scolaire 2013-2014. Il faudrait donc supprimer environ 250 000 postes. En deux quinquennats (soit 25000 postes par an, à peu près les départs à la retraite) ? Ou en un quinquennat ( soit les départs à la retraite, plus environ 25 000 licenciements nets par an) ?

Par ailleurs, puisque son idée d'augmentation du travail des enseignants est qu'ils travaillent « 4 à 5 heures en plus pour aider en dehors de la classe des enfants qui ont du mal à suivre », baisser le nombre des enseignants reviendrait donc mécaniquement à augmenter le nombre d'élèves par classe dans l'ensemble de la France.

On peut comprendre que, contacté par « Le HuffPost » juste après ce meeting, le porte-parole de Nicolas Sarkozy ( Gérald Darmanin) assure qu'il s'agit d'une erreur : « il a dit, pas de créations de postes » . Mais, problème, la vidéo retranscrivant ces propos de Nicolas Sarkozy est bien là ; ainsi que ces chiffres repris dans la foulée par son compte Twitter. Gérald Darmanin assure que quoi qu'il en soit, tout cela ne reflète pas la pensée de Nicolas Sarkozy...

Hélas ! Trois fois hélas ! Pour son cinquième meeting à Saint-Cyr-sur-Loire, dans la soirée de mercredi dernier, profitant de la dernière question posée dans salle, Nicolas Sarkozy n'hésite pas un seul instant à entonner son nouveau refrain des trois 30% : « Il faudra accepter la réduction très sensible du nombre des fonctionnaires. Si je prends comme seul exemple les enseignants, pour qui j'ai beaucoup de respect, je le dis nous n'avons pas les moyens d'avoir un million d'enseignants formés, de qualité, étant engagés comme il se doit dans leur métier. Il faut augmenter de 30% le travail des enseignants, augmenter de 30% leur rémunération, et diminuer leur nombre de 30%, ainsi vous aurez le meilleur pour vos enfants ».

Interrogé vendredi dernier sur Radio Classique à propos de ces propositions de son rival Nicolas Sarkozy, Alain Juppé a répondu qu'il entendait "renouer avec le principe du non -remplacement d'un fonctionaire sur deux partant à la retraite", en précisant que "si on veut réduire la dépense publique, il faut naturellement travailler sur l'ensemble des effectifs des fonctionnaires". "La France n'a pas les moyens d'entretenir un million d'enseignants, même motivés"a-t-il ajouté.. Ah , qu'en termes ''galants'' ces choses là sont dites!

Claude Lelièvre

http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/181014/sarkozy-la-regle-de-30-tout-va

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